Anne Dubet

  • Les réformes de Philippe V, premier roi Bourbon d'Espagne, sont bien connues à partir du moment où elles s'institutionnalisent, à la fin de la Guerre de Succession. Mais leurs origines ont suscité moins d'intérêt. Ce livre étudie l'élaboration par Jean Orry, envoyé par Louis XIV pour « rétablir » les finances du roi d'Espagne, d'un véritable programme de gouvernement et les négociations qu'il suscite avant et pendant sa mise en place.

  • Qu'est ce qu'administrer les finances dans la monarchie espagnole, entre le XVIe et le XIXe siècle ? Ce livre aborde l'administration des finances dans une perspective dynamique - comme une activité - et sous plusieurs angles - politique, institutionnel, culturel et social - en la concevant comme un espace de relations et de négociation entre le monarque, ses agents et des contribuables qui sont aussi des sujets. Le point de vue des acteurs est privilégié : quels objectifs se donnent -ils ? Comment évaluent-ils leur administrationoe Quels savoirs sont requis pour administrer ? Quels rapports s'instaurent entre les différents acteurs impliqués dans l'élaboration d'une politique fiscale ou financière, le prélèvement des impôts, le crédit au roi ou l'organisation de la dépense ? Ces questions ont conduit notre analyse de quatre domaines des finances, liés entre eux: l'organisation des institutions chargées d'administrer l'argent du roi, le contrôle des agents du monarque, les relations avec les gens d'affaires et la négociation avec les représentants des territoires. A travers les finances, c'est le gouvernement des territoires de la monarchie que l'on observe. Le questionnement porte sur l'ensemble de ces territoires, invitant à s'interroger sur l'existence d'un modèle politique commun. En embrassant les périodes moderne et contemporaine, les auteurs ont voulu mettre en lumière la rupture instaurée par le modèle libéral au XIXe siècle, mais aussi les continuités.

  • L'ouvrage développe une réflexion critique sur le concept de modèle politique et de circulation des modèles, à la lumière des évolutions récentes de l'histoire culturelle du politique. Cette histoire, qui accorde toute son attention au travail de construction de représentations par les acteurs, critique l'idée d'une différence essentielle et irréductible entre la France et l'Espagne.

  • La recherche de Rose Duroux, marquée par l'exil précoce en France, aura sondé l'histoire contemporaine à travers la critique littéraire, l'histoire sociale, l'histoire politique, le témoignage - tout en demeurant fidèle à quelques axes indéfectibles qui sont autant de préoccupations personnelles : l'exil, l'enfance dans la guerre, la migration et le passage, géographiques ou culturels.
    Les travaux réunis dans ce volume sont des invitations au voyage et à la traversée. Ils abordent l'exil : historique, poétique ou existentiel, choisi ou subi. Les identités : individuelles ou collectives, politiques ou sexuelles, nationales ou partisanes, historiques ou fictives, souvent modelées par le passage ou la frontière, marquées par la crise, le doute existentiel ou le conflit. Le parti pris est de faire cohabiter des approches multiples, pour garantir l'ouverture des champs disciplinaires et des perspectives abordées. L'unité du livre est donnée par l'attention portée aux marges, périphéries et transitions, à l'écart pour mieux saisir la norme, à la mesure du changement pour appréhender ce qui est stable.

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  • Ce livre est l'un des premiers à présenter une histoire comparée du contrôle et de la comptabilité publique dans l'Europe des États modernes. Il l'aborde sans a priori, ni sur les « carences » ni sur les « avancées » traditionnellement mises en avant à propos de l'ancienne gestion pratiquée par les organisations étatiques. Il dégage des résultats décisifs sur les finalités et l'efficacité des comptes, les techniques comptables et les hybridations culturelles à travers l'Europe jusqu'à la formation des grands règlements normatifs du milieu du XIXe siècle.

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  • Les finances et les financiers sont-ils au coeur de la modernisation des États européens entre les XVIIe et XIXe siècles ? Sans remettre en cause leur rôle central, ce livre propose une réponse plus nuancée à cette question à partir de l'exemple des monarchies française et espagnole. La prise en compte de la culture des acteurs, de leurs stratégies individuelles et collectives et d'un contexte marqué par les guerres conduit à introduire de la complexité dans le récit trop linéaire d'une construction de l'État conçue sous le signe de la rationalisation.

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