An Petiteau

  • Cerner l'homme Napoléon Bonaparte sous toutes ses facettes, telle est l'ambition de cette biographie. L'auteur propose ici de comprendre la vie d'un homme dans un temps spécifique, la Révolution française et ses lendemains, et dans un espace d'envergure, le continent européen.
    Par un retour aux sources, elle livre un portrait intérieur en montrant ses mutations permanentes au gré des événements. Elle donne à voir comment cet officier d'abord farouchement corse puis viscéralement français est devenu un homme politique tout autant qu'un génial chef de guerre. Elle souligne comment il a été perçu comme l'incarnation de la nation française, et comment il s'est lui-même pensé comme tel. Elle montre le processus par lequel il s'est enfermé dans la certitude que lui seul savait ce qu'était la bonne voie pour la France révolutionnée. Napoléon ne pouvait pas concevoir une France qui ne soit pas en position dominante en Europe. Si bien que l'enfant des Lumières et l'officier jacobin qu'il a été a finalement fait figure de tyran sanguinaire.
    L'un des intérêts de ce livre est aussi de proposer une remise en perspective de cette image légendaire.

  • L'hygiène à Versailles, la haine portée par la reine Victoria pour les nourrissons, les mignons d'Henri III et les amants de Catherine II de Russie, tous ces épisodes de la vie quotidienne des grandes cours européennes ont marqué, à leur manière, la grande Histoire.
    Marie Petitot, dont le blog se nomme Plume d'Histoire, les retrace dans cet ouvrage passionnant et inédit en ne manquant pas d'en souligner les aspects cocasses et piquants.
    Tiré en partie d'articles postés sur son blog, cet ouvrage comprend des sections inédites !

  • L'intimité des rois et des reines nous fascine, mais les historiens parlent surtout de leur vie amoureuse, sur laquelle les ragots colportés de génération en génération l'emportent souvent sur les preuves, mais rien ou presque, en général, sur leur vie intellectuelle, sur leurs lectures, sur leurs goûts personnels, sur leurs distractions, leurs manies, leurs habitudes. Ce sont pourtant ces passions-là qui nous en disent le plus sur eux et qui nous donnent le plus de clefs pour les comprendre. Pour peu que l'on se donne la peine de la trouver, la documentation disponible sur ce sujet est d'ailleurs abondante et fiable.
    Si tout le monde a entendu parler de la marotte de Louis XVI pour la serrurerie, qui sait que Louis XIII a été un compositeur de musique et un graphiste hors de pair, que Pierre le Grand aimait à « collectionner » les êtres difformes et les monstres (il les recherchait dans toute l'Europe), que l'impératrice Joséphine avait une connaissance érudite de la botanique et de la zoologie de ses Antilles natales, que Napoléon III a été un historien et archéologue de valeur, que Victoria d'Angleterre a rassemblé autour d'elle des dizaines d'animaux familiers et qu'elle n'hésitait pas à leur faire ériger de magnifiques monuments funéraires lorsqu'ils mouraient ? Etc, etc.
    Cette très originale investigation, menée et racontée par une jeune historienne qui porte un oeil absolument neuf sur la vie des grandes femmes et des grands hommes, conduit le lecteur de surprise en surprise, elle le passionne et lui donne à réfléchir. N'avons-nous pas là les trois éléments qui font un bon livre d'histoire ?

  • Ce livre analyse les conditions dans lesquelles la maltraitance est appréhendée de nos jours et les écueils de perception qui s'y rattachent: les difficultés des intervenants à agir dans l'espace familial, la notion idéalisée de l'enfant. En effet, l'idée devenue courante que l'enfant est une espèce en danger amène à aborder différemment les familles et les adultes en charge de l'enfant, et conduit à considérer l'enfant comme un adulte ou comme un roi...
    À cette représentation de l'enfant victime potentielle se conjugue celle d'un soupçon qui pèse sur les adultes de son entourage. Ce climat de suspicion ferme alors la porte à toute parole directe en cas de doute ou d'inquiétude. S'engage alors la voie de la délation au tiers judiciaire voire médical, instrumentalisé.
    L'asymétrie entre parent et enfant est le fondement de la position d'éducation et de protection de l'enfant comme sujet en devenir. Battre en brèche cette logique hiérarchique des générations et suggérer l'équivalence, c'est oublier que l'enfance est un temps d'apprentissage de la condition humaine, de la vie en société, et des règles et devoirs que la vie en commun impose.
    Dans ce contexte de remise en question de la famille comme espace de protection de l'enfant, les professionnels sont sollicités pour restaurer les parents dans leur position et leurs compétences.

    Laurence Gavarini est docteur en sociologie de l'éducation, maître de conférences à l'Université de Paris VIII.

    Psychiatre et psychanalyste, Jean-Pierre Lebrun dirige la collection "Humus, Subjectivité et Lien social" aux éditions Érès.

    Françoise Petitot est psychanalyste et directrice de la Revue du GRAPE (Groupe de Recherche et d'action pour l'enfance et l'adolescence), publiée aux éditions Érès.

  • Pourquoi on vit ? , D'où vient-on ? , Est-ce que tu crois en Dieu ? , Est-ce qu'il y a de l'amour dans le cur ? , Où on va quand on est mort ? : l'enfant, tout petit, se pose des questions existentielles et ne se prive pas d'interroger les adultes. Lorsque les parents donnent ou avancent leurs réponses, ils inscrivent l'enfant dans leur façon de penser. Qu'en est-il pour les professionnels, confrontés dans leurs pratiques, au sein de leurs institutions, à la question des croyances qui provoque interrogations et polémiques ? Quelle écoute porter à cette problématique, si peu parlée, mais si souvent rencontrée ? S'agit-il de maintenir dans le travail avec les enfants une attitude neutre et bienveillante qui consisterait à les accompagner dans leurs interrogations ?

  • Cerner l'homme Napoléon Bonaparte sous toutes ses facettes : telle est l'ambition du présent ouvrage. Depuis l'oeuvre de Jean Tulard en 1977, les études napoléoniennes se sont très largement renouvelées, notamment sous l'impulsion du Napoléon, de la mythologie à l'histoire que Natalie Petiteau a publié en 1999. Par ailleurs, de nombreuses sources nouvelles ont été mises au jour. Il était donc temps de relire l'histoire de Napoléon Bonaparte avec toutes ces données inédites, mais aussi dans une démarche qui tienne compte des nouvelles approches du genre biographique. Natalie Petiteau propose ici de comprendre la vie d'un homme, Napoléon Bonaparte, dans un temps spécifique, la Révolution française puis ses lendemains, et dans un espace d'envergure, le continent européen.
    Par un retour aux sources, elle livre un portrait intérieur en montrant ses mutations permanentes au gré des événements. Elle donne à voir comment cet officier d'abord farouchement corse puis viscéralement français est devenu un homme politique tout autant qu'un génial chef de guerre. Elle souligne comment il a été perçu comme l'incarnation de la nation française, et comment il s'est lui-même pensé comme tel. Elle montre le processus par lequel il s'est enfermé dans la certitude que lui seul savait ce qu'était la bonne voie pour la France révolutionnée. Napoléon ne pouvait pas concevoir une France qui ne soit pas en position dominante en Europe. Si bien que l'enfant des Lumières et l'officier jacobin qu'il a été a finalement fait figure de tyran sanguinaire. L'un des intérêts de ce livre est aussi de proposer une remise en perspective de cette image légendaire.

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  • Le site de Capvern serait connu depuis l'Antiquité. Au XIVe siècle, Fébus, le prince Gaston III de Foix-Béarn, s'intéressait au château de la viguerie de Mauvezin et, dans ses chroniques, Froissart mentionnait déjà des sources qui font guérir.
    Mais l'historien Frantz-E. Petiteau s'attache à une époque plus proche de nous. C'est à l'essor thermal de la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1930, qu'il consacre ce livre avec, comme fil conducteur, la photographie. Ces clichés, en leur temps, étaient d'abord le reflet de souvenirs familiaux, d'instants passés lors de la cure. Les photos de groupes de curistes ainsi que les cartes postales assuraient par leur envoi une certaine publicité à la station thermale, la « capitale française pour le traitement des maladies du rein ».

    De l'époque où la plupart des malades, faute de logement, « étaient forcés d'aller habiter le village et, bravant la longueur et la fatigue du chemin, se rendaient tous les matins à la Hount Caoude, la source chaude », à celle de la construction harmonieuse des hôtels et des thermes qu'on lui connaît encore aujourd'hui,
    Capvern-les-Bains raconte son histoire.

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  • Depuis la vallée de la Garonne jusqu'aux vallées des Gaves, la montagne recouvre ici la moitié du territoire. Le pic du Vignemale, le Quayrat, les Gourgs Blancs, le massif du Néouvielle, l'Arbizon ou la Brèche de Roland sont autant de noms mythiques qui résonnent à travers les siècles. Pour l'historien, cette région évoque la Bigorre, les Quatre-Vallées, le haut Comminges et le val d'Arau. On parlera des Barégeois, Campanois, Bigourdans, Aurois, Louronais, Commingeois, Aranais. Pourtant, si le paysan de la plaine tarbaise du XIXe siècle différait du tisserand du fin fond d'Aure, tous deux s'exprimaient bien en gascon. Jusqu'au premier tiers du XIXe siècle, les Pyrénées furent souvent considérées comme terra incognita. Hivers rudes, chaumières sombres, ruines anciennes, forêts profondes, villageois farouches et bêtes féroces peuplaient des vallées inaccessibles. Dans ce magnifique recueil, les plus vieilles photographies datent des années 1890 et les cartes postales les plus récentes des années 1930. Images témoins d'un monde bien réel ou représentations symboliques, elles révèlent ce qui fait l'identité d'un terroir. Dans les deux cas, c'est la conservation des sources et surtout la sauvegarde du patrimoine immatériel pyrénéen que nous propose l'auteur. Faire connaître et faire vivre le patrimoine matériel ou immatériel est désormais possible. Frantz-E. Petiteau met ses compétences d'historien à disposition des communes qui le souhaitent. Ce livre est un bel exemple de son travail.

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  • Les montagnes de la vallée du Louron et des Bareilles qui, pour le quidam de passage, apparaissent comme de vastes étendues dépeuplées et sans limite, sont en réalité des lieux remarquables à qui sait les voir. Des êtres fantastiques, des personnages historiques, bibliques et religieux ont « construit » l'espace en fondant des villages, des quartiers, des chapelles et des oratoires, en traçant des chemins que les hommes suivent encore aujourd'hui.
    Au détour d'une page apparaît Tantugou, ce pasteur géant qui surveille bêtes et prés de toutes les montagnes, et que le mythe a transformé en croquemitaine. Les hadas, hadets et holets rejoignent ici tous les tacs, dracs, mandragòts et autres génies familiers des traditions orales qui empoisonnent le quotidien des maîtres et maîtresses de maison. Les anciens nous racontent, au coin du feu, des histoires d'animaux qui parlent, de contrebandiers ou de gentils enfants de choeur.

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  • « Nous entrons dans la vallée du Louron, riante, féconde. Les gazons sont frais, odorants. [.] Le soleil éclaire de mille feux les cimes enneigées et la vallée. [.] Partout des villages adossés aux montagnes. [.] Je me disais : «Pourquoi mon Dieu ! [.] Restons ici.» Cette vallée du Louron est délicieusement belle. » (Mes pensées de voyages, baronne de Montaran, 1866.) Au-delà de cette vision « romantique » de la vallée, l'historien Frantz-E. Petiteau raconte l'histoire contemporaine de ce coin des Pyrénées gasconnes. Les magnifiques photographies anciennes collectées pour cet ouvrage sont un témoignage et une source de recherche indispensables pour comprendre les spécificités de cette microsociété montagnarde, cette « petite patrie » pyrénéenne que constituent les vallées du Louron et des Bareilles.

    De la traditionnelle maison louronnaise aux poèmes gascons chantés à la veillée, en passant par les croyances religieuses, le jeu du palèt ou la fête du pèle porc, Frantz-E. Petiteau saura vous faire découvrir et aimer ces « bien belles vallées ».

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  • L'histoire des guerre napoléoniennes a longtemps ignoré toute approche anthropologique de leurs acteurs.
    Pourtant, on ne peut écrire l'histoire de la France du XIXe siècle sans connaître le contenu de l'expérience de guerre de ces hommes. La façon dont ils ont rencontré les données du politique au sein de l'armée, les voies par lesquelles la guerre a modifié leur destins dans la société de leur temps en disent long non seulement sur le réalités de la France napoléonienne mais aussi sur celle de l'après 1815.
    Car ces hommes sont porteurs, jusque dans la France du Second Empire, d ces expériences singulières. De plus ils les transmettent, en les déformant souvent, par leurs récits ou par leu mise en écrits. Si bien que c'est tout l'univers social et politique de la France du XIXe siècle qui est marqué par l'existence, à l'orée de la période contemporaine, de ces multiples destins militaires. De l'enrôlement jusqu'à la bataille en passant par des moments où les hommes en armes sont avant tout des voyageurs, cet ouvrage saisit les réalités de la vie au quotidien sous les drapeaux.
    De la politique symbolique adoptée après 1815 à l'égard des anciens de la Grande Armée à l'image que ceux-ci ont laissée dans la littérature du XIXe siècle, ce livre montre la place de ces hommes dans la France du XIXe siècle.

  • "Les coulisses du politique dans l'Europe contemporaine" offre en 3 volumes une autre histoire du politique dans un souci de transparence par rapport à ces phénomènes, à la fois montrés du doigt et dissimulés. Rédigé par un collectif d'historiens qui éclairent d'un jour nouveau les critiques et les jugements pesant sur la scène actuelle du politique en en discréditant les acteurs, cet ouvrage met à la disposition des chercheurs, enseignants et étudiants les outils propres à décrypter cette "histoire du politique".

  • L'objet de ce livre est double : mythologie et historiographie. L'auteur décrit d'abord les deux légendes napoléoniennes, la noire et la dorée. Comment Napoléon est devenu l'idole des foules après sa mort et jusqu'au coup d'État de son neveu, futur Napoléon III. L'autre partie du livre porte sur la présentation des courants historiographiques consacrés à Napoléon et à l'Empire - courants souvent divergents, chacun s'efforçant de dégager, par-delà les faits, ce qui reste de l'héritage napoléonien.

  • L'école est souvent pour l'enfant le premier lieu de rencontre avec les autres. Dans ce lieux la sexualité des uns et des autres, bien que passée sous silence, est non seulement présente, mais s'enrichit d'expériences multiples, douces ou violentes, platoniques ou consommées, créatrices ou destructrices... Comment est-on passé de la pédophilie amour de... à la pédophilie destructrice? Quelle distance convient-il de respecter? Quelle réflexion devrait guider de façon permanente l'institution scolaire pour prendre en compte et gérer ce facteur de risque?

  • L'histoire du Premier Empire a jusqu'ici été l'objet d'approches événementielles et militaires, de biographies fleuves ou de récits anecdotiques.
    Le nouvel ouvrage que propose Natalie Petiteau, reconnue en France et à l'étranger comme l'une des meilleures spécialistes de la période, propose une lecture inédite des années 1800-1815 en portant son regard non pas sur Napoléon, mais sur les millions de Français qui ont vécu sous son règne afin de savoir comment ils ont reçu et perçu ce régime. Alors qu'ils sortaient de dix ans d'une Révolution qui avait commencé à les initier aux pratiques de la démocratie, les Français ont renoué sans révolte retentissante avec un régime monarchique qui a du reste légué au XIXe siècle une légende aux répercussions politiques importantes: il n'est pas innocent que le premier président de la République, élu au suffrage universel, ait été un Bonaparte.
    C'est dire que la compréhension du XIXe siècle passe par une lecture attentive de la façon dont l'Empire a été vécu dans les villages et les cités, parmi les humbles comme au sein des salons de la bonne société parisienne ou provinciale. Il s'agit donc d'observer ici non plus les célèbres attentats ou complots, non plus les réactions des grands personnages du régime. Le travail ici présenté, fondé sur la lecture minutieuse de nombreuses sources d'archives, à Paris comme en province, vise à saisir ce qu'était "l'état des esprits", pour reprendre la terminologie d'alors, qui s'exprime dans un espace public moins atone qu'on ne l'a longtemps dit.
    Cet ouvrage s'inscrit donc de surcroît dans une histoire de l'opinion publique jusqu'alors totalement négligée pour cette période, tant on considérait que le régime impérial l'avait totalement étouffée. Il éclaire, ce faisant, la façon dont s'est imposée, dans la vie politique française contemporaine, la référence à l'homme charismatique et omnipotent

  • Une traversée du quartier nantais Madeleine-Champ-de-Mars en compagnie de personnalités locales : architectes, acteurs culturels, élus, mais surtout riverains se passent le relais pour raconter leur Nantes à l'auteur Jean-Yves Petiteau, entre tradition et modernité.

  • Découvrir ou redécouvrir Angers dans ce beau livre qui nous amène au coeur de la cité. Capitale de l'Anjou, la ville se distingue autant par la richesse de son patrimoine que par son dynamisme économique et culturel. Également ville universitaire, Angers instruit pas moins de 30 000 étudiants... Une ville à mieux connaître auprès de Bénédicte Fillion-Braguet et Christophe Petiteau, deux spécialistes.

  • Toute une vie de médecin à la campagne et sur une île tropicale, loin du bruit des métropoles : des milliers de patients, des guérisons presque miraculeuses et des échecs douloureux, des rencontres surprenantes et des dialogues interculturels pleins de coeur et de vivacité, des patients d'une sagesse admirable ou bien d'une innocence parfois stupide. Mais Serge Petiteau a aussi pris la liberté d'aller loin dans des paysages imaginaires, surréalistes et absurdes, pleins de couleurs exubérantes et d'humour sarcastique

  • L'itinéraire comme expérience artistique, architecturale, territoriale et sociale : le sociologue Jean-Yves Petiteau réactive trois itinéraires empruntés dans les années 1990 par les dockers nantais, avant leur disparition progressive. Les photographies de Bernard Renoux ont accompagné ce projet, et illustrent cet ouvrage qui le documente.

    Jean-Yves Petiteau réalise des itinéraires. Bernard Renoux les photographie. Pour Jean-Yves Petiteau, l'expérience de l'itinéraire, c'est « suivre une personne qui nous guide par le corps et la parole sur un territoire qu'il invente et construit par la mise en scène de son récit. » C'est une expérience vécue donc autant qu'une méthode : « une démarche centrée sur l'écoute sensible de ceux qui interrogent dans leur culture et expérience quotidienne le territoire réel et imaginaire qu'ils habitent. Leur récit déstabilise tout travail d'enquête savante ou journalistique fondé sur le recueil d'un témoignage ou d'une opinion. Leur prise de parole inaugure par l'énonciation de références et contextes d'ordinaire négligés ou invisibles «un passage à l'acte» qui agence dans l'espace/temps des rapports qui construisent et ménagent un territoire. » Jean-Yves Petiteau, longtemps enseignant en école d'architecture, connaissait la nécessité de varier et décaler les outils du projet urbain ; et grâce à lui, les itinéraires sont à ranger aux nombres de ceux qu'il est dorénavant possible d'utiliser. En novembre 2011, alors qu'à Annecy s'inventait ce qui allait devenir le département Design avec son orientation « espace, territoire, situation », Jean-Yves Petiteau était venu à l'ESAAA. Stimulés par ses propositions l'ESAAA a alors décidé d'engager avec lui et son ami Bernard Renoux la composition d'un nouvel ouvrage L'expérience des itinéraires - Dockers à Nantes, associant rapidement à ce projet l'École nationale supérieure d'architecture de Nantes où Jean-Yves Petiteau enseignait. Ce livre visait à rassembler pour la première fois trois itinéraires de dockers réalisés au début des années 1990 auxquels s'ajoutaient, et là aussi pour la première fois, trois reconductions de ces itinéraires avec les mêmes dockers en 2013, grâce à la collaboration complice de Dany Rose, du Grand Desbois et de Serge Éliard (alias Belmondo) qui acceptèrent de marcher à nouveau là où ils marchèrent vingt ans plus tôt. Les premiers itinéraires avaient été réalisés au moment d'un changement de statut du métier de docker et, cela se confirma très vite, ce changement devait aboutir à leur disparition progressive de la ville de Nantes...
    L'ensemble du livre terminé aujourd'hui est introduit par un long entretien réalisé en janvier 2014 avec les auteurs des itinéraires, puis complété par une sélection de notes qu'utilisait Jean-Yves Petiteau pour ses conférences. Cet ouvrage permet de saisir la puissance d'expérience que cette méthode recèle pour l'art, le design, l'architecture, l'aménagement du territoire ou les sciences sociales. Cela (la puissance de l'expérience) est au coeur de la pédagogie pratiquée dans ces drôles de lieux d'apprentissage que sont les écoles supérieures d'art, de design et d'architecture. Tout cela n'apparait que plus précieux quand on sait que cet ouvrage initié collectivement a été conclu sans Jean-Yves, décédé en 2015.

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