Alexandre Adler

  • Quand le Tibet s'éveillera

    Alexandre Adler

    • Cerf
    • 27 February 2020

    Et si la lecture occidentale du conflit entre le Tibet et la Chine était complètement erronée ? Et si, au contraire des apparences, l'empire du Milieu avait pour ambition de faire du Royaume des temples un des fers de lance de son développement ? Et si, à rebours de l'histoire, le pouvoir chinois comptait sur une restauration du dalaï-lama ?
    Telles sont les thèses étonnantes, détonantes, d'Alexandre Adler.
    De l'invasion du Tibet (1950) à la révolte de Lhassa contre Pékin (2008), et relisant un demi-siècle de relations conflictuelles, le plus prophétique des essayistes annonce dans ce lumineux traité de géopolitique la réconciliation inattendue entre Xi Jiping et Tenzin Gyatso.
    En fin connaisseur des arcanes de la diplomatie, et après des années d'investigation, Adler s'attaque ici avec habileté à un des sujets les plus inflammables des relations internationales. Lucide et rigoureux, il nous ouvre les yeux sur le monde de demain.

  • Le XX siècle fut aussi celui du communisme : son irruption violente ; les espoirs immenses qu'il suscita sur tous les continents ; son apogée et sa trahison dans le stalinisme ; enfin sa chute.
    Au-delà des querelles portant sur l'ampleur de ses méfaits ou le nombre de ses victimes, l'illusion qui en serait le fondement ou le mensonge qui en aurait permis la survie, le présent livre permet d'en retracer l'histoire mondiale. Loin de toute orthodoxie, il offre une lecture originale d'un séisme politique dont on chercherait aujourd'hui en vain l'équivalent.

  • Le nouveau rapport élaboré pendant plusieurs mois par les experts des services de renseignements américains est une fois de plus un document passionnant qui nous éclaire sur le monde dans lequel se projettent les États-Unis. Une nouvelle vision qui correspond d'ailleurs assez bien au discours politique d'Obama, même si ce rapport a été élaboré avant son élection. L'ère Bush est bien terminée. Aussi subtil, clair et vivant que leur précédent rapport (Le Rapport de la CIA. Comment sera le monde en 2020 ?, Robert Laffont, 2005), ce document est aussi étonnamment différent. Il décrit un monde transformé et avance des hypothèses qui ne manqueront pas de faire parler. Ainsi les États-Unis imaginent-ils pour la première fois leur futur affaiblissement et la fin de la domination unilatérale ! Mais les experts de la CIA envisagent aussi le terrorisme en retrait, le glissement du pouvoir économique de l'Occident à l'Orient, le déclin des ressources en hydrocarbures, la pénurie d'eau qui devraient entraîner des tensions nouvelles. Ils évoquent enfin le risque d'un déséquilibre climatique irréversible. Toutes ces hypothèses sont illustrées par des scénarii-surprises dignes des meilleures plumes hollywoodiennes. D'une façon générale, le livre frappe par sa volonté de synthétiser les informations et de les rendre accessibles au plus grand nombre. Comme pour le précédent rapport, Alexandre Adler présente et décrypte le document dans une longue préface. Il défendra bien entendu le livre dans tous les médias avec son habituel brio.

  • «  Révélation de notre temps, et non fin des temps telle est la définition exacte de l'Apocalypse, que je rappelais en ouverture de J'ai vu finir le monde ancien. C'était en 2002, et les avions lancés comme deux griffons contre le World Trace center révélaient avec un génie démoniaque le commencement d'une nouvelle ère... Presque vingt ans plus tard, je ne compte plus les guerres, les tempêtes, les mensonges ou les aveux, les criminels costumés en prophètes, les invasions, les attentats, les alliances inversées, la cruauté partout. Comme vous, je ne reconnais plus le monde  : l'Odyssée américaine, que j'admire et ne cesse d'espérer, a pris un drôle de tour dont Ithaque semble absente ; le rendez-vous avez l'islam nous réserve des surprises, affreuses en Afghanistan, intrigantes en Iran, passionnantes en Arabie saoudite. Le tsar russe ressemble à une statue de Grévin et son pays menace parfois de se paralyser dans la torpeur économique. La glaciation n'est pas toujours soviétique. L'Asie est le monde  certes peu démocratique, mais peuplé, armé, éduqué, ambitieux ; et notre Europe, parapets de sable ou de vieil or, n'a peut-être pas dit son dernier mot, avec des dirigeants habiles, jeunes ou anciens... L'habileté, oui  : mais il faut du courage, et de la force, pour diriger le monde à l'instant de l'apocalypse climatique .
    Je donne ici ma vision de notre monde contemporain  : une géopolitique. A ce  moment de ma propre existence où le savoir encyclopédique se heurte à la puissance de l' événement. Si notre temps semble apocalyptique, c'est qu'il est passionnant, témoignant d' une vitalité et d'une métamorphose dont je ne pensais pas être le témoin vivant....  »

  • Revenant sur les pas du Da Vinci Code, ce livre s'interroge sur le mystère de la découverte de l'abbé Saunière dans l'église de Rennes-le-Château. Que contenait donc le pilier creux de cette petite église ? Des reliques ? Un manuscrit précieux ? Le trésor des Cathares ? La preuve que le Christ a eu un enfant, et que celui-ci vécut en Gaule, avec Marie-Madeleine, sa mère ? Dénonçant les affabulateurs, mais aussi raillant les sceptiques, Alexandre Adler retrouve sa vocation d'historien pour traquer ce mystère, et croise les sociétés secrètes qu'entoure une aura de mystère : Templiers, Rose-Croix, Francs-maçons. Il évoque l'Evangile de Jean et son occultation, René d'Anjou, le prince des alchimistes, Léonard de Vinci, le fils caché du cardinal de Richelieu, Nicolas Poussin, les jansénistes, Cassini et le méridien de Paris, mais aussi Jules Verne, le pape Benoît XV et le légendaire prieuré de Sion...

  • L'éditorialiste dévoile ici son rapport personnel au judaïsme, à Israël et à la réalité juive dans sa diversité. Avec une analyse des relations entre juifs et chrétiens d'une part, et entre juifs et musulmans d'autre part, il invite le lecteur à repenser les grandes révolutions anthropologiques, de Spinoza à Einstein, qui ont marqué l'Occident.

  • Le XXe siècle fut aussi celui du communisme : son irruption violente ; les espoirs immenses qu'il suscita sur tous les continents ; son apogée et sa trahison dans le stalinisme ; enfin sa chute finale.
    Au-delà des querelles portant sur l'ampleur de ses méfaits ou le nombre de ses victimes, l'illusion qui en serait le fondement ou le mensonge qui en aurait permis la survie, le présent livre permet d'en retracer l'histoire mondiale.
    Loin de toute orthodoxie, il offre une lecture originale d'un séisme politique dont on chercherait aujourd'hui en vain l'équivalent.
    Historien et journaliste, Alexandre Adler est ancien élève de l'ENS, directeur du Courrier international et éditorialiste au Monde.

  • Alexandre Adler a rassemblé ici près de cinq cents de ses éditoriaux parus dans Courrier international, de 1992 à 2002. On y retrouve l'érudition de l'auteur, qui a déjà fait le succès de J'ai vu finir le monde ancien. Ce livre est aussi un panorama utile de la politique mondiale de ces dix dernières années : de l'après-première guerre du Golfe aux prémices de la seconde, en passant par le conflit en ex-Yougoslavie, l'intervention de l'Otan au Kosovo, le Zaïre, l'Iran, la guerre d'Afghanistan et, bien entendu, le conflit israélo-palestinien. Mais ce ne sont pas seulement les conflits ouverts ou larvés qui retiennent l'attention de l'auteur : les évolutions de l'Amérique, de Bill Clinton à George Bush, celles de la Russie dans la difficile succession d'Elstine, ou encore les nouveaux visages de l'Europe, qui doit intégrer une Allemagne réunifiée, font l'objet de nombreuses réflexions. Enfin, cet ouvrage dessine un parcours plus personnel : le cheminement d'un homme entre le démantèlement de l'ex-URSS et le 11 septembre 2001.

  • « L'élection de Donald Trump envoie un message définitif à l'establishment américain. L'expulsion des loyalistes en 1780 avait signifié le caractère irréconciliable de la rupture définitive avec la métropole britannique. La violence sanguinaire de la guerre de Sécession avait rendu définitivement inacceptable la poursuite de l'esclavage. Le reste mis un bon siècle à accoucher mais, dès cette époque, la citoyenneté était ouverte à tous les habitants noirs et, plus tard, indiens et asiatiques du pays. « Your huddled masses yearning to breathe free » (Vos rmasses exténuées aspirant à vivre libres), proclame fièrement la Statue de la Liberté du frère franc-maçon et français Bartholdi dans les vers magnifiques de la poétesse juive new-yorkaise Emma Lazarus. Aujourd'hui, malheureusement, la leçon joue dans l'autre sens : n'abandonnez pas le peuple au profit d'une culture que nous rejetons, disent enfin les électeurs de Donald Trump. Mais, que s'est-il donc passé au coeur de la société américaine pour que nous en soyons venus là ? Stupéfait moi aussi de cette élection, je questionne ici l'empire américain, l'histoire de ses héros, réels ou symboliques ; les racines de la contre-révolution ; et bien sûr les inquiétante relations internationales... »

  • Le monde ancien, c'est celui d'avant le 11 septembre 2001.
    Alexandre Adler analyse l'événement et ses conséquences comme ouvrant une nouvelle étape dans les relations internationales, mais aussi dans les choix politiques des principales nations, dans leurs assises sociales, et dans les représentations de chacun d'entre nous. La triple révélation du 11 septembre, de la vulnérabilité des Etats-Unis, de l'émergence d'une irrationalité politique radicale, et d'une irruption de conflits culturels ou civilisationnels dans la sphère des relations interétatiques vient en effet brouiller le jeu et nous oblige à de nouvelles synthèses.
    Ce livre étudie les racines profondes du terrorisme international, ses effets prévisibles et les stratégies souhaitables dans ce contexte.

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  • Avec ce nouvel essai, Alexandre Adler nous offre son histoire du monde moderne. J'ai vu finir le monde ancien s'achevait à proximité de « la plaine d'Armaggedon » - autrement dit le Proche-Orient légendaire. L'odyssée américaine s'ouvre, symboliquement, à Washington.
    L'auteur estime en effet que nous sommes au commencement du « quatrième cycle » américain. Le premier courait de 1788 à la guerre de Sécession - naissance des Etats-Unis d'Amérique, prophétisés par Bacon comme la nouvelle Atlantide. Le deuxième de 1865 à 1932 - de la réconciliation des Etats à la domination économique mondiale, incarnée par la Ford T et le gold-exchange standard. Le troisième de 1932 à 2004 - qui est l'Iliade américaine : la poursuite des ennemis hors des terres, de l'Allemagne nazie aux fous d'Allah, en passant les dictatures communistes.
    Tel un Ulysse, qui rentre dans son pays après avoir livré bataille aux peuples du monde, George W. Bush clôt en 2004 le troisième cycle américain. Fort d'avoir combattu le Mal, sur les hauts plateaux afghans, dans les plaines irakiennes, sur tous les points du globe où plane l'ombre de Ben Laden, de l'Indonésie au Maroc, de Birmingham à Francfort, le président américain s'invente un nouveau leitmotiv, loin du « America is back ! » reaganien : le « Back to America ».
    La mère-patrie n'est donc plus seulement la façade blessée du skyline new-yorkais, mais un vaste patchwork : le Capitole, les tourbes du Mississippi, les Cold mountains, le Texas des derricks...
    Contre le discours commun, Alexandre Adler affirme que les Etats-Unis ne constituent pas un empire. Et surtout, qu'ils ne veulent pas l'être. Seul le 11 septembre les a décidés à partir à la conquête du monde, avec ou sans l'ONU.
    Retraçant ces trois cycles de 72 ans chacun, l'auteur s'attache à décrire les bouleversements tectoniques de la planète. Il applique ici sa méthode coutumière : ne s'interdire aucun rapprochement géographique, historique, artistique, procéder par « sauts et gambades ». Bref, être à chaque instant, un « observateur engagé et perplexe », qui nous laisse épuisés mais conquis.

  • « Parfois les apocalypses sont de fer et de sang, forgées par les images, comme ce fut le cas le 11 septembre 2001. Nul n'a oublié cette décennie de « guerre sans fin », de Madrid à Londres, des grottes de Tora Bora aux grandes villes du Pakistan. Parfois ces apocalypses n'existent pas, et soudain, les voici devant nous, désordonnées, follement ressemblantes, telle une flamme courant de pays en pays, avec d'autres images, d'autres corps égorgés, d'autres présidents, d'autres combattants inconnus... Le Moyen Orient semble se désagréger, d'un coup, dans la haine et la fermeture au monde. Est-ce l'Islam dans sa pire radicalité ? Est-ce la haine de l'Occident, qui n'est pourtant plus incarné par Georges Bush ? Est-ce l'anarchie totale d'une région en déséquilibre depuis longtemps ? Ou bien est-ce l'instant de la grande reconfiguration ?
    Cette dernière menace incarnée par l'Etat islamique, transnational et d'une ambition illimitée -  vient sans doute clore un cycle : tout semble détruit et angoissant, mais la fabrique de l'histoire est à l'oeuvre : l'hésitation de l'Amérique ; la force de l'arc chiite ; le nouvel Iran et la nouvelle Egypte ; le jeu des grands voisins, Arabie saoudite, Turquie, Jordanie ; la prétendue guerre sans hommes... A la fin du compte, la question est de savoir si nous assistons à la naissance d'une plateforme insurrectionnelle à l'échelle d'un continent ou bien au contraire au dernier spasme d'un mouvement meurtrier. »A.A.

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  • Quatre mois après la chute du Mur de Berlin, en février 1990, un ancien officier des services secrets est-allemands, qui a choisi de garder l'anonymat, parle.
    Licencié pour cause de dissolution de la Stasi, il se remémore tous ses bons et loyaux services, son dévouement à la police politique et sa totale soumission au régime, " pour l'amour du peuple ". De ce récit à la fois larmoyant et confondant - témoignage unique en son genre -, Alexandre Adler fait une lecture cruelle autant que drôle. Le replaçant dans le contexte de l'Allemagne d'après-guerre, il établit, sur fond d'amnésie du passé, un parallèle entre la violence meurtrière de la bande à Baader à l'Ouest et celle, canalisée par le pouvoir, des organes secrets est-allemands.
    Ainsi éclairé, ce texte révèle sa signification profonde : l'incapacité des chiens de garde du régime à comprendre le développement et le sens de l'Histoire. Son commentaire s'étend à une réflexion sur les services secrets du monde communiste, les batailles de pouvoir au sein du KGB et les rivalités qui l'animaient alors, de Moscou à Berlin-Est, de Beria à Markus Wolf.

  • Il y a vingt ans, le mur de Berlin tombait et notre monde, partagé depuis un demi-siècle entre un Est et un Ouest irréconciliables, basculait. Nul n'aurait cru possible ce qui s'est passé en ce 9 novembre 1989 où le Mur. symbole de la guerre froide, s'est effondré sans faire la moindre victime. Et pourtant, cette étrange révolution trouve ses origines clans le début de la guerre froide. Déjà en 1952, Staline, inspiré par le chef des services de renseignements soviétiques Beria, adresse une note au chancelier Adenauer lui proposant de négocier une réunification de l'Allemagne. Ce plan vise essentiellement à normaliser les rapports avec le bloc ouest pour renforcer la domination de l'empire à l'Est. Dans les années 1980, quand l'Union soviétique commence à montrer ses premiers signes de faiblesse, Andropov, le nouveau secrétaire général du NOUS et ancien président du KGB, reconsidère ce très secret " plan Beria " afin de sauver l'empire soviétique. Mais, au milieu de l'exécution de ce plan de " redressement impérial ", les dirigeants soviétiques sont dépassés par leur propre complot, submergés par les forces qu'ils ont eux-mêmes activées, jusqu'à l'accélération brutale due notamment à la crise économique généralisée qui provoque la brèche de novembre 1989. Le Mur tombé, fonde de choc de Berlin-Est se propage, tout s'emballe et se défait jusqu'en août 1991, où le bloc soviétique tout entier éclate, et où le monde change à jamais...

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  • Inexorablement, depuis 2011, l'Europe, et plus précisément l'Euroland, s'est engagée dans une crise sans précédent.

    La divergence croissante des économies « vertueuses » du nord de l'Europe et des politiques laxistes du sud ont fini par faire voler en éclats la solidité de l'euro et entraîné une décrédibilisation de tout le mécanisme.

    Bientôt, des voix se sont élevées en Allemagne et aux Pays-Bas pour souhaiter la création d'un « Euro-Nord » qui ne serait autre qu'un Mark restauré et élargi, laissant à son triste sort un « Euro-Sud », bientôt condamné sans doute par un retour précipité et catastrophique aux monnaies nationales d'antan. Les conséquences, à la vérité cataclysmiques, d'une telle dérive, ont alors conduit à choisir l'unique alternative possible : l'approfondissement de la construction européenne.

    Mais si un consensus existe en ce sens, il repose néanmoins sur l'acceptation d'un règlement, pays par pays, des dettes publiques actuelles sans que l'Allemagne et ses plus proches partenaires soient contraints de faire les frais de la nouvelle solidarité. Et pour la suite, des mécanismes de discipline collective doivent être mis en place. La victoire de François Hollande n'aura fait qu'exacerber l'acuité du problème, et, désormais, c'est à une véritable refondation de toute la politique européenne qu'il va falloir procéder.

    Cette mutation, mieux que tant de proclamations creuses, nous prépare à une VIe République où les abandons de souveraineté inéluctables équivalent - voire dépassent - la césure qu'avait incarnée la Ve République gaullienne, en 1958.

  • Tout indique que nous entrons au Moyen-Orient dans une zone de tempêtes sans précédent où toutes les cartes menacent d'être bientôt redistribuées. Le coup de force de Daech aura constitué un choc structurel qui est en train d'ébranler les fondements mêmes de l'assise des principaux Etats.
    Le Moyen-Orient semble se désagréger, d'un coup, dans la haine et la fermeture du monde. Est-ce l'Islam dans sa pire radicalité ? Est-ce la haine de l'Occident ? Est-ce l'anarchie totale d'une région en déséquilibre depuis longtemps ? Ou bien est-ce l'instant de la grande reconfiguration ? Cette grande menace - incarnée par l'Etat islamique, transnational et d'une ambition illimitée - vient sans doute clore un cycle : tout semble détruit et angoissant, mais la fabrique de l'Histoire est à l'oeuvre : l'hésitation de l'Amérique ; la force de l'arc chiite ; le nouvel Iran et la nouvelle Egypte ; le jeu des grands voisins, Arabie saoudite, Turquie, Jordanie, la prétendue guerre sans hommes...

  • Cette juxtaposition de deux incontestables grandes figures manque néanmoins, à mon avis, d'une dimension plus historique et dialectique.
    Tout se passe en effet comme si deux centres de courant alternatif, de temps à autre réunis, provoquent un impossible courant continu. Le général de Gaulle avait tracé une voie royale, mais interrompue de pannes catastrophiques où la « source Mitterrand » venait suppléer au manquement de l'Autre et apportait de vraies solutions innovantes sans lesquelles l'inspiration gaullienne aurait pu devenir inopérante : dès les origines obscures, la rébellion des mouvements de résistance à la centralisation voulue, depuis Alger, par l'Homme du 18 juin ; par la suite, la véritable invention de Mitterrand dans le combat pour la réforme de l'empire colonial, là où de Gaulle se crispe entièrement sur un RPF intransigeant, à mauvais escient, de l'Indochine à l'Afrique noire et, pour finir, au Maroc de Lyautey lui-même. Puis de Gaulle, ayant bouleversé toute sa vision de l'avenir, en sera récompensé grâce à des alliances complexes par le miracle du 13 mai 1958 où Mitterrand risque véritablement la disparition, et pas seulement politique et morale.
    Le retour de François Mitterrand scande alors les ratés du projet monarchique en restaurant une grande gauche démocratique puis en utilisant l'anarchie croissante du régime sous Giscard pour créer un principat nouveau qui instaure la régionalisation territoriale, le primat de l'Europe à l'extérieur et le primat des médias en substitut du parlementarisme. Pourtant, le projet unitaire de rétablissement de la France, né du désastre de 1940, se heurte presque parallèlement chez les deux hommes à une tentative, sans doute prématurée, d'opposition à l'hégémonie américaine en 1968 dans la tragédie, en 1990 dans la farce sans lendemain. Ces deux grands projets, pourtant héroïques, retomberont partiellement brisés.
    Et si, en 2016, la reconstitution de ce nouveau projet d'Europe indépendante, porté par une sorte de « gaullo-mitterrandisme », encore à moitié conscient, redevenait l'issue d'une crise qui s'aggrave d'heure en heure ?

  • "Nous avons connu depuis le début de l'année 2011 un bouleversement dans le monde arabe. C'est le second coup de semonce du nouveau siècle. Le premier a commencé en 1989 et s'est achevé en 1992 avec la fin du système communiste. Nous connaissons aujourd'hui un choc de la même ampleur, de Tunis à Damas, du Caire à Tripoli. Nous sommes ainsi entrés dans une phase de transition longue et heurtée, où toutes les règles longtemps en vigueur ressortent définitivement subverties. Les forces montantes de la démocratie n'ont pas encore donné pleinement. Les forces provisoirement dominantes de l'islamisme non plus. Il nous faut donc analyser, confronter, comprendre, tout en mesurant que les combats décisifs sont à venir. L'Islam n'est pas "un empire dans un empire", mais une partie dolente, vibrante, mais aussi inventive et originale de notre Humanité toujours plus unique et solidaire, même à son corps défendant. Oui, l'histoire a recommencé."A. A.

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  • « Le monde est un enfant qui joue. J'emprunte cette phrase à Héraclite. Le monde est innocent et naïf. Il titube, hésite, frappe, détruit. Il oublie sa propre histoire. Mais chacun de ses gestes est aussi une création et un apprentissage. Les années de violence n'ont pas empêché une croissance économique mondiale exceptionnelle. L'apaisement revient, alors que l'économie s'effondre. Rien n'est jamais donné dans le temps nouveau qui apparaît. Rien n'est jamais acquis. Et la crise économique sans précédent que nous traversons jouera son rôle : la purge marquera une mutation systémique et sera aussi une opportunité géostratégique. Pour l'instant, Ben Laden n'a pas gagné, mais la circulation des éléments nucléaires, bactériologiques et chimiques est incertaine dans les zones les plus dangereuses de la planète. C'est ce brouillard que je veux dissiper, en examinant comme un joueur d'échecs la situation de nos grandes lignes de fracture. » A.A.

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  • " Avec une crise financière sans précédent, au moins depuis 1929, un réchauffement de la planète unanimement constaté, la crainte de bouleversements biopolitiques dans des domaines aussi variés que l'eau, l'énergie, l'agriculture ou même les épidémies, notre inonde actuel n'incite pas toujours à l'optimisme béat. Pourtant, une prospective plus approfondie et moins terrorisée nous ouvre de nombreuses pistes, par lesquelles l'humanité du XXIe siècle devrait quand même parvenir à dégager des solutions. Il s'agira surtout de réduire la part guerrière de notre géopolitique au bénéfice des échanges, de l'innovation technologique ainsi que du développement durable. Ce sont ces prospectives à court et à moyen termes qu'explorent ici les spécialistes du renseignement américain. Les experts qui ont travaillé sur ce rapport pendant plusieurs années, et ont cette fois étendu considérablement le champ de leurs investigations, fournissent au président Obama une sorte de viatique pour commencer à entreprendre le changement planétaire que tout le inonde attend. " Alexandre Adler

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