Langue française

  • « Penché au-dessus de la rue, comme sur un gouffre, Sayed Karam découvrait avec gêne, et presque malgré lui, les aspects d'une réalité sinistre à force de sincérité. Ce n'était plus une réalité agrandie et rendue possible au de subterfuges. Ici, l'esprit démoniaque n'avait rien forcé, ni rien dénaturé. C'était tout simplement la réalité misérable et sans préparation, la réalité outrageante de tous les jours et de tous les instants. » Deux nouvelles désespérées et lumineuses par l'un des plus grands écrivains égyptions, ami d'Albert Camus.

  • Dans les rues du Caire, Gohar, ex-philosophe devenu mendiant, sillonne avec nonchalance les ruelles de la ville et croise des figures pittoresques et exemplaires. Dans ce petit peuple où un manchot, cul-de-jatte, subit les crises de jalousie de sa compagne, on rencontre aussi Yéghen, vendeur de hachisch, laid et heureux, et Set Amina, la mère maquerelle. Il y a aussi Nour El Dine, un policier homosexuel, autoritaire mais très vite saisi par le doute à mesure que progresse son enquête.
    Un meurtre a eu lieu, celui d'une jeune prostituée...

  • La fainéantise est élevée au rang des valeurs supérieures dans cette famille cairote : galal l'aîné n'a pas bougé de son lit depuis sept ans, rafik a renoncé à épouser la femme qu'il aime de peur qu'elle trouble sa somnolence.
    Serag, le plus jeune des frères veut commettre la folie d'aller travailler en ville au grand dam du vieil hafez qui exprime sa fureur en ces termes : " qu'est-ce que j'entends ? tu veux travailler ! qu'est-ce qui te déplaît dans cette maison ? fils ingrat ! je t'ai nourri et habillé pendant des années et voilà tes remerciements ! " albert cossery en appelle ici au sommeil comme d'autres à l'insurrection armée.

  • Dans ce recueil de cinq nouvelles, les personnages d'albert cossery survivent dans le plus total dénuement.
    Mais ils sont aussi extraordinaires par le regard qui leur donne la vie. on a rarement lu dans la littérature contemporaine des descriptions aussi aiguës, émouvantes, dramatiques de la pauvreté et de la misère mais toujours abordées avec humour et dérision. premier livre d'albert cossery, les hommes oubliés de dieu fut publié au caire en 1927 et traduit en plusieurs langues. il fut notamment publié aux etats-unis, en 1940, grâce à henry miller.

  • Samantar, le héros de ce livre, déjoue le projet monstrueux du cheikh ben kadem, premier ministre de l'émirat de dofa, qui organise des attentats pseudo-révolutionnaires dans son propre état pour attirer l'attention des grandes puissances, peu intéressées par un pays sans richesses à exploiter.
    Ben kadem illustre les ravages du désir de puissance. samantar, c'est la philosophie, la flemme et la beauté. l'action se passe à bagdad.
    Comme toujours, albert cossery fait couvre de visionnaire en anticipant sur la guerre du golfe. l'ouvrage a été publié en 1984 par les éditions gallimard. il ne manquait plus que ce titre pour que soient réunies les oeuvres d'albert cossery dans la collection arcanes aux éditions joëlle losfeld.
    " cossery a le sphinx pacha dans les veines.
    Sa seule raison sociale : l'amour sous tous les épidermes. ce dandy solitaire ne cesse de se dire que le monde est peuplé d'imposteurs, que la joie d'être peut être captée dans le cristal d'une brève seconde en marge de la comédie humaine. " patrice delbourg - l'événement du jeudi

  • " tapie au sommet de la venelle des sept filles, la maison de si khalil, le propriétaire dégoûtant, craquait sous la rafale et achevait de se convertir en ruines.
    Il faut dire l'atroce vérité. cette maison ne tenait debout que par miracle. seuls, des fils de putain, aveuglés par une misère abjecte, pouvaient abriter leur chétive existence entre ces murs délabrés. une vulgaire baladeuse de marchand de laitues, passant dans la venelle, la faisait chanceler sur sa base. aussi, pour prévenir tout danger, avait-on interdit l'accès de la venelle à tout genre de véhicule ; et même à certains vendeurs ambulants, dont la voix trop puissante risquait - par des déplacements d'air néfastes - de précipiter la catastrophe.
    "

  • Après avoir mené grande et joyeuse vie à l'étranger, teymour, le héros du roman, revient dans sa ville natale, une petite ville de province quelque part en orient.
    Parti pour étudier, il revient avec un diplôme acheté et s'en va rejoindre ses anciens amis qui s'adonnent, avec une rare santé, à la " pratique " de l'oisiveté et cultivent avec soin un goût prédominant pour la dérision et l'ironie, en même temps qu'ils revendiquent une parfaite liberté. il va sans dire que, pour toutes ces raisons, le gouvernement les considère comme de dangereux anarchistes.

  • Ce roman a pour cadre une ville du proche-orient gouvernée par un tyran grotesque.
    Un petit groupe de contestataires a décidé de le combattre avec pour arme principale la dérision. ils orchestrent donc, à son insu, une subtile campagne d'affichage qui provoque l'hilarité de la population. cette fable, contée avec un humour souvent féroce, illustre un des thèmes privilégiés d'albert cossery : la force des hommes libres contre l'idiotie des nantis.
    " c'est la condition humaine réécrite à la façon de beckett, avec beaucoup de joie de vivre en plus.
    " jean-claude le covec - le figaro magazine " sous le souriant scepticisme de façade, ce sont bien - pour reprendre le titre du roman - la violence et la dérision que dénonce un auteur décidément subtil. " jean-maurice de montrémy - la croix " ses huit ouvrages font l'éloge du dénouement, érigé en art de vivre, et de la paresse, conçue comme une philosophie et, surtout, une "façon de réfléchir".
    " marion van renterghem - le monde

  • Albert Cossery, écrivain égyptien de langue française, est né au Caire en 1913. Après avoir fréquenté les écoles françaises du Caire, il effectue à dix-sept ans son premier voyage à Paris pour terminer ses études. À vingt-sept ans, il publie son premier livre : Les hommes oubliés de Dieu. En 1990, il a obtenu le Grand Prix de la Francophonie pour l'ensemble de son oeuvre.
    Les deux volumes des oeuvres complètes d'Albert Cossery mettent en lumière le magnifique talent et l'évidente cohérence des textes de cet écrivain.

  • Un voleur habile, intelligent, élégant et ironique - de ceux qu'affectionne particulièrement albert cossery - trouve dans le portefeuille d'une crapule de promoteur une lettre qui prouve sa responsabilité dans l'effondrement d'un immeuble qui provoqua la mort de dizaines de pauvres gens.
    Aussitôt une association de voleurs philosophes met au point une stratégie pour faire passer l'envie aux escrocs officiels d'abuser de leur pouvoir. après un silence d'une quinzaine d'années albert cossery nous livre son dernier roman dont l'action se passe au caire en partie dans la nécropole aménagée en lieu d'habitation. tous les thèmes de prédilection d'albert cossery y sont abordés : haine des nantis, ironie à l'égard du pouvoir et désir de voir triompher les seuls êtres qui méritent sa considération : ceux qui ont compris que la vie était ailleurs que dans la possession de biens matériels.

  • Albert Cossery, écrivain égyptien de langue française, est né au Caire en 1913. Après avoir fréquenté les écoles françaises du Caire, il effectue à dix-sept ans son premier voyage à Paris pour terminer ses études. À vingt-sept ans, il publie son premier livre : Les hommes oubliés de Dieu. En 1990, il a obtenu le Grand Prix de la Francophonie pour l'ensemble de son oeuvre.
    Les deux volumes des oeuvres complètes d'Albert Cossery mettent en lumière le magnifique talent et l'évidente cohérence des textes de cet écrivain.

  • Cette pièce de théâtre est l'adaptation du livre éponyme d'Albert Cossery. Écrite dans les années 60, puis laissée de côté, elle a été remaniée par l'auteur ces dernières années.
    On y retrouve tous les personnages de cette maison où la fainéantise est élevée au rang des valeurs supérieures. Les dialogues sont repris dans un condensé d'humour où les personnages vont à l'essentiel et usent de répliques toujours plus cinglantes.
    Les lecteurs qui connaissent déjà le roman découvriront une fin surprenante. Ceux qui ne l'ont pas lu trouveront là une véritable initiation à la lecture de ce grand auteur.

  • Après avoir lu les oeuvres d'albert cossery, sophie leys décide de le rencontrer et de partir sur les traces de l'écrivain en egypte.
    Elle en rapporte un reportage photographique qui retrace en noir et blanc l'univers si particulier de cossery. en quelques scènes qui ne cèdent jamais à l'exotisme, elle (re)raconte mendiants et orgueilleux, une ambition dans le désert, les hommes oubliés de dieu. les photos sont augmentées d'un texte de cossery tiré de ses oeuvres existantes. ce livre a été conçu par sophie leys et albert cossery.

  • Une nouvelle collection est née. Fraîche comme un gardon. Pas le genre à nager en eau tiède. Plutôt ... nouvelle vague. Bon. Une fois évacuées les images maritimes et poissonnières, on peut dire que "Poisson Pilote" - dont la partie "Pilote" évoque le journal où naquit une magnifique génération d'auteurs - est une collection pas comme les autres, dans la mesure où elle ressemble plus à une "école" qu'à un ramassis de livres de même format qui parleraient tous de la pêche à la morue, par exemple.

    D'ailleurs, quand "Poisson Pilote" sera devenue culte - ça lui pend au nez -, on la citera comme la célèbre école qui eut le bon goût de naître un 1er avril. (Poisson d'avril, rions un peu...) En attendant, "Poisson Pilote" est une famille (un banc, si vous voulez) d'auteurs spécialement inventifs qui ont avancé dans la BD comme on explore une terre vierge. Pour ne citer qu'eux : David B., Manu Larcenet, Frank Le Gall, Pierre Le Gall, Fabrice Parme, Joann Sfar, Lewis Trondheim.

    Si farfelues que soient leurs trajectoires, elles donnent le sentiment d'une cohérence et d'une exigence : on dirait que ces gens-là ont vraiment réfléchi à cette forme d'art et aux immenses possibilités qu'elle offrait. Ou alors ça leur est venu comme ça, en faisant cuire le café. Allez savoir. Ils existaient déjà, la collection "Poisson Pilote" a été créée pour eux.

    Pour ces auteurs déconcertants qui, un jour ou l'autre, reçoivent le fameux courrier : "Votre projet est absolument formidable mais il n'entre dans aucune de nos collections. Signé : l'éditeur." Les voilà donc rassemblés, heureux comme des poissons dans l'eau. (Ben voyons.) Que leurs histoires se passent au Texas ou à Venise au XVIe siècle, qu'elles racontent une invasion extraterrestre ou les états d'âme d'une mouche, peu importe : ils ont tous une vision forte du monde, inattendue, décalée.

    Ajoutez à ça un graphisme innovant, une gestion élégante de l'absurde, un poil de culture mais pas trop (faut pas charger), de l'intelligence à revendre - et vous avez "Poisson Pilote". V'là du mieux sous les mers, comme dirait le capitaine Nemo.

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