Alain Sevestre

  • Les tristes

    Alain Sevestre

    « La serrure du coffre-fort libéra un clic et la lourde porte bâilla toute seule. Apparut sur l'unique étagère une chose amorphe et sombre qui remua aussitôt, glissa, visqueuse, roula sur elle-même et s'écrasa par terre. Pétapernal et Mandex s'en approchèrent. La chose émit un bruit de chute en retard, un chtkk qui se confondit avec un pas. Flasque, la serpillière (ce n'était pas une serpillière) remua, se déroula silencieusement, quelques secondes encore après sa chute, sans précipitation, savait ce qu'elle avait à faire et lascivement, entièrement, s'étala jusqu'à proposer la surface plane d'un trapèze irrégulier.
    C'est tout ce qui restait du chef parti sans explications. »

  • Chez moi

    Alain Sevestre

    " en tant que viande.
    j'ai peur. je ne veux pas être mangé. son ventre énorme. massif, d'un seul tenant avec sa gueule, fait armoire, cercueil, me terrifie. il y aurait tout à fait la place pour moi dans ce crocodile. sans me plier. "
    zoo de proximité ou bestiaire déglingué, chez moi recueille trois poneys, une vache, un loup, des créatures invisibles, une cellule ou un oeuf mou. un crocodile, des chiens errants, une chèvre, une mobylette, des caniches, une poule, un loup-garou, staline et moi.

  • Camille quitte son amant Stélios. Parce qu'elle court après le temps et qu'elle a peur de se perdre. Dans l'escalier qui descend de l'appartement, bouche ouverte, elle cherche de l'air. Dehors, la vie continue, et c'est le printemps.
    Au journal où elle travaille, on restructure, on licen- cie. Camille hésite à partir. Entre temps, elle fait des reportages, découvre une caverne d'Ali Baba à ciel ouvert : une décharge d'usine d'émaux qui brillent au soleil.
    ... Et elle pleure souvent...
    Jusqu'à quitter à l'improviste un dîner avec son com- pagnon, Thomas. Et se retrouver dans une folle course poursuite dans Paris, avec un présentateur télé tout juste licencié.
    Au bout de la nuit, il y a la compréhension de ce qui est son véritable chez soi : le corps de l'être aimé.

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  • Un soir, le narrateur voit son appartement parisien envahi par les invités d'une fête que donne le voisin. Parmi ces braillards, une jeune femme avec qui il va passer la nuit et qui partira au matin sans qu'il ne sache rien d'elle hormis son prénom, Emilienne. Il n'a plus qu'une idée en tête, partir à sa recherche. Mais un obstacle imprévu contrarie son projet : son père, escroc international, débarque chez lui après des années de fuite à l'étranger. Il a été défiguré par un chirurgien esthétique qui a raté son opération, et semble désormais animé des meilleures intentions vis-à-vis de son fils. S'ensuit une série de mésaventures hilarantes, fruit de l'inquiétante bienveillance paternelle : autant d'occasions pour Alain Sevestre de mettre en oeuvre une éblouissante maestria stylistique.

  • Poupée

    Alain Sevestre

    Julie est une jeune femme survoltée, instable, qui rejoint à Londres un amant riche et vieux. Elle va le faire tourner en bourrique, téléphoner à sa femme pour lui révéler leur liaison, se perdre dans des nuits déjantées et alcoolisées. Cette existence désaxée prend fin quand elle rencontre Edgar, un financier surdoué et quasi autiste. Mais le lecteur n'est pas pour autant au bout de ses surprises.
    Ce livre offre un portrait de femme surprenant, électrique, violent, moderne : Julie cherche à se libérer de toutes ses entraves, et brise avec méthode tout ce qui s'oppose à elle, quitte à foncer vers le désastre. Dans la lignée de Money, Money, de Martin Amis, ou d'American psycho, Alain Sevestre signe un roman formidablement écrit, très caustique et juste dans la description d'un milieu abêti par la fascination de l'argent et de la technologie.

  • Le slip

    Alain Sevestre

    " - Je vous connais, dit-elle maintenant, c'est vous qui animez le forum du non.
    Nous avons parlé sur nonnonetnon.com. Je dis oui, je vois. C'est vrai, je vois qui elle est. Son visage apparaissait en haut à gauche de la fenêtre sur l'écran avant qu'il ne s'éteigne. Je me souviens mais fais l'innocent. Mon attitude est insensée ; je ne peux feindre le hasard de me trouver là. Elle dit que jamais elle n'aurait osé aborder quelqu'un comme elle vient de le faire. Je suis ses explications sans renier le rendez-vous mais sa présence, sa matérialité retranchent à mesure la cohésion, même faible, que je lui ai prêtée au cours du bref dialogue que nous avons eu sur Internet.
    /> En dépit des images sautillantes et saccadées, et parce que j'étais habitué à leur mauvaise qualité et à leur lenteur, elle était parvenue jusqu'à moi, scintillante de lacunes. Sorti de ce contexte, je dois faire face à des myriades de détails annexes qui la constituent. De plus, sur mon écran déjà malade, son visage de pixels détraqués m'était apparu désirable et j'avais conclu ce rendez-vous pensant pouvoir l'attirer chez moi pour coucher avec.
    C'est toujours désastreux mais il faut bien. A présent, je vois bien que nous ne nous entendrons pas. "

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  • L'affectation

    Alain Sevestre

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  • Revolver

    Alain Sevestre

    Lucas, au début, attend le touriste, assis sur un muret, square Willette à Montmartre.
    Des couples lui demandent à l'occasion de faire une photo d'eux, d'appuyer là, tendent un appareil. Lucas accepte, s'écarte, s'enfuit avec. Il fonce chez lui, prend une douche et revient sur le lieu du vol. C'est une technique. Ça ne marche pas toujours. On lui tend parfois des appareils jetables. Il bâcle alors, bouge, vise n'importe quoi, se sauve. Voilà, au début, Lucas fuit beaucoup. Ensuite, il y a le revolver, et la route vers l'Italie.
    Il veut retrouver Marthe. Hélène l'accompagne.

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