Alain Rustenholz

  • Un baby-boomer en milieu ouvrier. Alain Rustenholz raconte son enfance dans la France - et en particulier l´Alsace - de l´après-guerre: 1948-1961. Il insère son histoire familiale dans ses cadres géographiques, historiques et sociologiques. On sait le prix des choses et l´on écoute l´air du temps. L´intime et l´époque sont parfaitement cousus ensemble. Alain est un prénom de boomer comme la sociologie les aime. C´est aussi celui du frère mort en bas-âge. Voilà pour les psys. Emouvant et sensible, le style est précis, parfois acide, ni larmoyant ni nostalgique. Un récit à plusieurs focales où l´auteur se fait observateur de sa propre enfance et d´une histoire familiale singulière tout en restituant les années d´après-guerre telles qu´elles ont été vécues par les classes populaires dont il est issu.

  • L'ouvrier a fait Paris comme il en a écrit l'histoire : il l'a - au sens propre - bâtie mais en a aussi, entre Gavroche et Gabin, façonné «l'atmosphère». Être ouvrier, c'était aller vêtu différemment, parler différemment, aimer différemment...
    Le parcours commence avec le "sublime", ce type ouvrier du second Empire, forte tête refusant la discipline de l'usine et prêt à en claquer la porte à chaque instant ; il s'achève avec les derniers camarades, membres d'une contre-société globale soudée par ses rites d'appartenance.
    Il reste des heures glorieuses quelques lieux où l'Histoire s'est emballée, et une moisson d'adresses correspondant à autant de sièges de partis ou de syndicats, de journaux, de coopératives, de domiciles de militants, d'usines... ultimes témoins d'un monde englouti.

  • Il s'agit d'un Grand Tour, comme on disait au xviiie siècle, à travers les quelque 25 communes qui forment la « première couronne » de Paris. Chacune d'entre elles est décrite dans sa géographie physique et humaine, avec une attention particulière pour son passé et son actualité politiques.
    C'est ce dernier point qui fait le lien entre ces lieux si divers : presque tous ont voté pour le Front populaire en 1936 - Neuilly et Vincennes, qui ne l'ont pas fait, sont d'ailleurs exclues du parcours. Le livre raconte les grandes grèves d'alors, les combats qui firent rage entre les différentes tendances de la gauche, mais aussi entre la gauche et les fascistes (on se souvient de Doriot à Saint-Denis et de Laval à Aubervilliers, mais ils n'étaient pas les seuls).
    Cette histoire est aussi celle de l'industrie, qui fut évidemment la grande activité de la banlieue rouge : l'automobile à Boulogne, à Levallois, à Clichy, mais aussi l'aéronautique à Issy les Moulineaux, la chimie, l'électricité.
    Jusque dans les années 1960, jusqu'aux grèves de mai 1968, le totem de la banlieue, c'était la cheminée fumante.
    Rustenholz raconte comment dans chaque commune cette industrie, ces usines, ces ouvriers en casquettes souvent venus de loin, ont progressivement laissé la place aux bureaux, aux entreprises du « tertiaire », aux logements où les pauvres n'ont plus leur place - avec des points de résistance, à Ivry, à Saint- Denis, à Aubervilliers, qui gardent, malgré tous les efforts de blanchiment, leur couleur prolétarienne.
    Le livre peut se lire commune par commune, et chacun commencera sans doute pas la sienne. Mais il donne la vision d'ensemble d'un monde qui a sans doute plus changé dans les trente dernières années qu'entre Jules Guesde et Georges Séguy. Nostalgique ? non, lucide sans consentir au désastre annoncé, celui du Grand Paris des aménageurs et des promoteurs immobiliers.

  • Le xixe siècle, comme le début du xxe, n'ont pas de mots assez durs pour brocarder les classiques.
    Le péplum, ils ne peuvent plus le voir en peinture, la mythologie, ils ne veulent plus en entendre parler. gautier, baudelaire, rimbaud, jules laforgue, tous revendiquent le présent. contre les anciens, les modernes doivent s'organiser en cénacles, en sectes, en écoles, en groupes, selon que le mot est choisi ou qu'ils en sont affublés. romantiques, réalistes, symbolistes, nabis, fauves, cubistes, surréalistes, ils ont leurs rites, leurs rires, leurs rixes, leurs territoires, leurs salons, leurs cafés, leurs jeux, leurs fêtes.
    Les rendez-vous des avant-gardes se donnent à paris, pas à rome !.

  • Il y a le Paris que connaît Voltaire, cette ville de rêve dont il enchante, dès l'âge de 12 ans, les salons libertins où vont s'allumer les Lumières. Et puis il y a le Paris dont Voltaire rêve l'urbanisme : une ville qui, ses édifices dégagés, puisse se voir, et ainsi prendre conscience d'elle-même ; une ville qui, sur de vastes places, autour de fontaines abondantes, puisse se rassembler ; une ville qui, vers des théâtres solennels comme des temples, conduise ses citoyens à des représentations civiques ; une ville d'espaces publics, de voies larges et droites, propices à tous les commerces. Une ville que les Parisiens devraient soustraire à l'initiative monarchique pour en maîtriser eux-mêmes le dessin, le destin.
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  • Une enfance ouvrière, celle de l'auteur, fournit des bornes temporelles et urbaines à l'histoire sociale et à la Grande Histoire, depuis la Deuxième Guerre mondiale jusqu'aux accords d'Evian, à Marseille, Mulhouse, La Ricamarie. C'est le temps où se construisent l'autoroute du Soleil et les "cités radieuses" du Corbusier, le temps de la guerre d'Indochine puis de celle d'Algérie. Le temps d'un ouvrier sur deux à la CGT, du procès d'Oradour, du Spoutnik, de Kopa et de Bobet, de la voiture, de la machine à laver et du frigo (dans cet ordre à la maison). Mais toujours ni télé ni téléphone?

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  • Michelin à Clermont, le Joint français à Saint-Brieuc, Renault à Billancourt, Lip à Besançon, les mines aux quatre coins du tréfonds, les hauts-fourneaux de Lorraine et les chantiers de Saint-Nazaire sont autant d'étapes de la longue marche ouvrière en France.
    La grève, à laquelle répondent d'abord les fusils, arrache une à une ses conquêtes ; c'est une parenthèse démocratique dans l'usine autoritaire, et bien au-delà : jusqu en 1945, les seules femmes à voter sont les ouvrières, qui s'expriment sur (et par) la grève. Apanage des travailleurs qualifiés, elle met ensuite en mouvement les nouveaux prolétaires, paysans déracinés, femmes ou immigrés. Des formes d'organisation s'inventent au fond des ateliers, des rêves cristallisent pour un temps plus ou moins long : la « mine aux mineurs », le phalanstère Godin à Guise, la Verrerie ouvrière « à tout le prolétariat », qui s'inscrivent dans la longue chaîne des luttes de ceux d'en bas pour des droits, pour que la paye ne soit pas épuisée au 25 du mois, pour que ça change.
    Cent cinquante ans de cette histoire singulière s'incarnent en des moments et des lieux emblématiques, du Front populaire aux luttes contre les délocalisations, en passant par la défense des retraites ou Mai 68.

  • Paris ouvrier

    Alain Rustenholz

    Paris, ville ouvrière ? l'expression n'a pas toujours été incongrue : au milieu du xixe siècle, les prolétaires sont près de 40 % de sa population.
    Leur domination sociologique - jusqu'au coeur de la capitale et pas seulement dans ses faubourgs - se double d'une suprématie politique. l'ouvrier tutoie l'histoire et la liberté au long d'une chaîne ininterrompue : les quarante-huitards ont été bercés par les récits des témoins oculaires de la grande révolution, les premiers communistes se font raconter la commune par ses vétérans et les ftp portent sur leur brassard le bonnet phrygien.
    L'ouvrier a fait paris comme il en a écrit l'histoire : il l'a - au sens propre - bâtie mais en a aussi, entre gavroche et gabin, façonné "l'atmosphère". être ouvrier, c'était aller vêtu différemment, parler différemment, aimer différemment... le parcours commence avec le "sublime", ce type ouvrier du second empire, forte tête refusant la discipline de l'usine et prêt à en claquer la porte à chaque instant ; il s'achève avec les derniers camarades, membres d'une contre-société globale soudée par ses rites d'appartenance.
    Il reste des heures glorieuses quelques lieux où l'histoire s'est emballée, et une moisson d'adresses correspondant à autant de sièges de partis ou de syndicats, de journaux, de coopératives, de domiciles de militants, d'usines... ultimes témoins d'un monde englouti.

  • Ce nouveau volume de la collection « Voyages » convie le lecteur à la découverte de l'Allemagne, pour un vagabondage photographique et littéraire.
    De Cologne à Coblence et Wiesbaden, « tous les petits villages qui s'allongent sur la rive droite et la rive gauche du Rhin se ressemblent parfaitement, quand on les regarde de la passerelle d'un bateau. Les coquettes petites maisons, jolies comme des jouets, se groupent autour d'une grande rue qui suit le Rhin [...]. Dans ces petites maisons habitent des gens courtois et qui sont naturellement gais parce qu'ils sont vignerons ». Ecrite en 1929 par Mac Orlan cette description correspond encore parfaitement aujourd'hui. Ainsi en cheminant sur les traces de Victor Hugo à travers la Forêt-Noire, de celles de Simone de Beauvoir en Bavière, ou encore sur les pas de Gérard de Nerval dans la vallée du Rhin, l'Allemagne se révèle gaie et hospitalière.
    Que l'on suive la route de Grimm, la route des Contes de fées, depuis Cassel et sa folie XVIIIe au travers des forêts de Thuringe et du Harz, que l'on remonte l'Elbe de l'incroyable parc de Wörlitz à Dresde et à la Suisse saxonne racontés par Hippolyte Taine dans « Son voyage en Allemagne », ou que l'on s'aventure jusqu'aux falaises blanches de Rügen, l'accueil est partout chaleureux, comme le décrit Germaine de Staël dans son récit de voyage « De l'Allemagne ». Romantique Allemagne avec ses châteaux en ruine qui inspira à Maurice Genevoix sa Lorelei, ses lacs et ses forêts profondes, pays musical toujours, avec ses luthiers, pays de librairies, d'antiquaires, de galeries d'art... Vivante et jeune Allemagne à la fois, éprise de nature, d'espace, de plaisirs simples.

  • rendez-vous dans un paris vif, bruissant du vacarme de la rue et des conversations du salon.
    quand l'histoire prête l'oreille, curieuse, gourmande, elle soutire aux vieux murs les bruits du quotidien des générations successives, fait monter du pavé les grincements de tous les âges de la roue. paris parle ; on surprend, par la fenêtre ouverte, le dialogue de george sand et de musset, sur le boulevard, le slogan scandé par la foule, aux tables de la terrasse, le flonflon de l'accordéon. traversées de l'espace et du temps.
    d'un quartier l'autre, un esprit se dégage. la ville-roman est repeuplée de ses personnages, reconnus ici et retrouvés plus loin ; jamais d'anodins figurants : les artisans de l'âme parisienne. il n'y a rien de tout à fait neuf à paris, " pas même la statue posée d'hier sur laquelle un gamin a déjà mis son nom ", relevait balzac en 1834. serait-ce là le miracle ? a paris, passé et présent s'entremêlent de façon si impalpable que les souvenirs légués ne sont jamais lettres mortes.

  • Cette histoire sensible de Paris quartier par quartier est celle des hommes plutôt que des pierres. Du vacarme de la rue aux conversations des salons, les générations successives qui ont habité les mêmes murs, contemplé les mêmes paysages, parcouru les mêmes rues... revivent sous nos yeux. La ville-roman retrouve ses personnages qui sont les artisans de l'âme parisienne. S'il n'y a rien de tout à fait neuf à Paris, « pas même la statue posée d'hier sur laquelle un gamin a déjà mis son nom », relevait Balzac en 1834, c'est que passé et présent s'entremêlent étroitement. Les souvenirs légués ne restent jamais lettres mortes. Cette fresque vivante renoue les fils de la comédie urbaine et nous fait pénétrer dans le théâtre légendaire d'un Paris animé, en perpétuelle ébullition. C'est aujourd'hui une nouvelle édition refondue que nous proposons, soigneusement actualisée par l'auteur.

  • Journées capitales

    Alain Rustenholz

    Des velléités d'autonomie d'Étienne Marcel au XIVe siècle à la Nuit des barricades de mai 1968, cet ouvrage retient vingt journées qui ont fait l'histoire de Paris, vingt journées exceptionnelles dans la mesure où les événements qui s'y sont produits ont imprimé une marque durable dans le destin de la ville.

    Nuit de la Saint-Barthélemy, glas de la Fronde parisienne, prise de la Bastille, nuit du 10 août 1792, inauguration de la Terreur, journées de 1830, de 1848, nomination d'Haussmann, Commune, centenaire de la Révolution, rafle du Vel' d'Hiv', libération de Paris, plan Delouvrier... Ces moments de l'histoire sont épars mais unis par des caractères communs qui voient la ville se dresser contre le pouvoir central. L'image récurrente est alors celle de la barricade, de l'occupation du sol, du retranchement ou, au contraire, le l'ouverture à la circulation (loi Le Chapelier du laisser-faire, laisser-passer, circulation des troupes chez Haussmann, des automobiles pour Delouvrier...) Toute l'histoire de la capitale est ainsi parcourue en filigrane par une opposition entre la circulation et la clôture. De manière vivante et anecdotique, l'auteur raconte ici les grandes journées où cette tension a été portée à son paroxysme.

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  • Périple à travers le temps - un temps où l''on voyageait en france pour son plaisir -, ce livre propose un voyage en images et en littérature à travers la france des vapeurs sur les fleuves, celle des premiers chemins de fer et des débuts de l''automobile. la france est alors un pays en pleine mutation qui, de la monarchie de juillet au second empire et à la troisième république, restaure ses monuments, ses villes et ses sites naturels pour mettre en valeur son patrimoine et s''ouvrir au tourisme. les expositions universelles, la belle époque consacrent les temps modernes, plus personne ne s''enfuit devant les locomotives ( !), et les « fous du volant » sillonnent les nouvelles routes. les compagnies ferroviaires proposent des voyages de plus en plus rapides et confortables. grands hôtels et casinos accueillent une clientèle étrangère de plus en plus nombreuse. après la côte normande et la côte basque, la côte d''azur attire une nouvelle génération de voyageurs ; à la fin de la première guerre mondiale, beaucoup sont américains. les années vingt voient aussi le développement des stations hivernales des alpes, chamonix ou megève. paris, la ville au monde la plus visitée aujourd''hui encore, dévoile ses multiples facettes : le '; nouveau '; montmartre, montparnasse et saint-germain des années folles, les quais, les grands boulevards, les champs-élysées. '; à d''autres temps, les grands voyages à travers le monde, au dos des chameaux sur des selles turques, ou sous le tendelet des éléphants. aujourd''hui, sans trop quitter le coin de la cheminée [...], on s''en va, sac au dos, courir les champs pour coucher dans les auberges dans de grands lits à baldaquin, pour écouter les oiseaux sous les arbres quand il a plu et pour voir, le dimanche, les paysannes sous le proche des églises... ';. gustave flaubert, 1er mai 1847.

  • Ce livre est une anthologie littéraire du voyage ponctuée par des extraits de textes qui nous font redécouvrir ces grands itinéraires ferroviaires et maritimes. nous embarquons sur les '; liners ';, faisons escale à suez et à bombay, nous embarquons dans le train bleu, le nord-sud express et le transcanadien. nous sommes descendus dans les palaces, nous avons flâné sous les vérandas et à l''ombre des terrasses de ces lieux mythiques hantés par les voyageurs, écrivains, aventuriers, diplomates. du ritz de londres au pera palas d''istanbul, de alep à tripoli et jérusalem par l''orient express, d''istanbul à vladivostock par le transsibérien tous les hauts lieux du tourisme mondial trouvent leur place dans cet ouvrage à l''iconographie riche, abordé comme un guide itinérant imprégné de poésie et de magie.

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