Alain Le Ninèze

  • Exposée au Salon de 1865, l'Olympia de Manet déclencha une violente polémique. Le scandale n'était pas de montrer une femme nue étendue sur un lit, non, bien sûr, la peinture l'avait fait cent fois depuis la Renaissance... Alors, était-ce de montrer une courtisane fixant du regard le spectateur, comme si c'était lui son prochain client, à moins qu'il ne soit simplement un voyeur ? Était-ce cette main posée sur son sexe ? Ou ce chat noir à la queue impudemment dressée ? C'est un peu tout cela, sans doute, qui valut à Manet cette réputation de pornographe qui poursuivait déjà son ami Baudelaire depuis la condamnation pour immoralité de ses Fleurs du mal.
    L'histoire de ce sulfureux chef-d'oeuvre est racontée ici, dans un journal fictif, par Victorine Meurent, l'Olympia du tableau, qui fut le modèle préféré du peintre pendant une dizaine d'années.

  • Rome et Jérusalem, 62-67 après J.-C. Trente ans après Ponce Pilate, Lucius Albinus est procurateur de la province de Judée. A la demande de son oncle, Balbus Pison, sénateur romain secrètement converti au christianisme, Albinus entreprend de déchiffrer le cryptogramme sacré qui sert de signe de ralliement aux premiers chrétiens persécutés par Néron. L'enquête qu'il mène en Palestine le conduit à rencontrer les derniers témoins encore vivants du procès et de la mort de Jésus. En même temps, la révolte gronde en Judée contre l'occupant romain. Le procurateur est entraîné, malgré lui, dans la tourmente de la première insurrection juive qui aboutira en 67 à la libération éphémère de Jérusalem. De l'autre côté de la Méditerranée, à Rome, Balbus se mêle à un complot contre Néron. Il tente de pousser les chrétiens à se soulever contre l'empereur sanguinaire qui a pris à ses yeux le visage hideux de la Bête. Le cryptogramme évoqué dans le manuscrit d'Albinus a été exhumé des ruines de Pompéi en 1936 et daté de 62 après J.-C. Connu depuis l'Antiquité par des inscriptions plus tardives découvertes en divers lieux du monde chrétien, ce mystérieux carré de lettres, appelé «carré Sator», n'a jamais pu être déchiffré. Le récit de Lucius Albinus jette une lumière nouvelle sur cette énigme de l'archéologie chrétienne.

  • Cinq siècles après la mort de Léonard de Vinci, Mona Lisa parle. Cinq siècles à écouter, observer, espionner... Elle raconte ici son histoire, depuis le temps où elle vit le jour à Florence jusqu'à notre époque où, devenue le plus célèbre tableau du monde, elle trône en idole au musée du Louvre. Célébrité, disgrâce, kidnapping et agressions diverses, détournement d'image, vie clandestine pendant les guerres, voyages diplomatiques à travers le monde, la Joconde a traversé bien des épreuves. Elle a fréquenté aussi les grands de l'Histoire, de François 1er à John F. Kennedy en passant par Louis XIV et Napoléon. Et elle a vu, parfois, ce que ses yeux n'auraient pas dû voir...

  • Rome, mai 1510. Depuis deux ans, Michel-Ange peint les fresques du plafond de la chapelle Sixtine. Dans le même temps, Raphaël décore les appartements pontificaux au Vatican, tandis que l'architecte Bramante rebâtit la basilique Saint-Pierre. Jalousies et rivalités opposent ces hommes de génie travaillant sous la férule de Jules II, le "pape soldat", personnage autoritaire, irascible et belliqueux, mais amateur d'art éclairé qui a su choisir de grands artistes pour décorer le Vatican. Le jeune Livio, son secrétaire particulier, devient l'enjeu d'un conflit passionnel entre ces hommes. Ami de Michel- Ange, Livio vient lui lire presque chaque soir un manuscrit latin qu'il a découvert dans les ruines du temple de la Sibylle à Tivoli. Dans ce texte, un certain Sphaerus raconte l'enquête qu'il a menée, sur ordre de l'empereur Auguste, pour retrouver les différents fragments d'un oracle perdu des Livres sibyllins, et notamment ses visites aux Sibylles de Cumes et de Delphes, puis à celles de Libye, de Syrie et de Turquie. Les aventures du personnage passionnent les deux amis et les distraient des turpitudes de la cour de Jules II.
    Un matin, Michel-Ange découvre avec stupeur que le dessin qu'il a fait de Livio à la Sixtine a été repeint à son insu et transformé en portrait de femme. Qui est l'auteur de ce forfait, destiné à propager la rumeur d'une liaison coupable entre le jeune homme et Michel-Ange ? Tout semble désigner Raphaël et Bramante. Le conflit s'envenime encore lorsque Livio dénonce à la Curie les malversations de l'architecte dans la construction de la basilique Saint-Pierre. Le jeune secrétaire, bientôt victime d'une tentative de meurtre, s'enferme au Vatican sous la protection du pape, mais celui-ci connaît bientôt de graves déboires : revenu vaincu, ruiné et malade de sa guerre contre les troupes françaises en Italie du Nord, il doit au surplus affronter la fronde d'un groupe de cardinaux du Saint-Siège qui veulent le destituer. Livio, dès lors, est à la merci de ses ennemis... Michel-Ange, lui, ne cesse de travailler à ses fresques. Avant de s'éteindre, le pape aura la chance de pouvoir admirer ce chef-d'oeuvre - qui a demandé à l'artiste quatre ans d'un labeur acharné - et la façon dont Michel-Ange a immortalisé Livio, dont le portrait travesti en femme est devenu la Sibylle libyenne, Libica, fresque que l'on peut voir aujourd'hui à la Sixtine.

    Dans cet ouvrage, où le monde antique et la Renaissance s'éclairent mutuellement dans une narration alternée faisant jouer les intrigues en contrepoint, l'oracle qui passionne Livio et Michel-Ange a bel et bien existé. On y découvre des fragments successifs qui prennent sens à la fin du roman. On peut y voir soit le mystère d'une prophétie païenne de l'avènement de Jésus, soit - et c'est plus vraisemblable ! - un faux historique fabriqué par l'empereur Constantin au iiie siècle. Un faux historique qui ne fut pas sans effets dans l'Histoire : il inspira de nombreux écrivains, peintres et musiciens, et ce pendant plus d'un millier d'années, jusqu'en ce début du xvie siècle où Michel-Ange peignit dans la chapelle Sixtine des Sibylles, devenues des annonciatrices du Christ au même titre que les prophètes de l'Ancien Testament.

  • En 1535, l'érudit Guillaume Postel est envoyé par François Ier à Constantinople en ambassade auprès de Soliman le Magnifique. Sa mission est d'aller quérir en Orient des manuscrits anciens pour la Bibliothèque royale (qui deviendra plus tard la bnf). De cette expédition, il ramène un évangile apocryphe de l'apôtre Jacques. À compter de ce jour commence pour lui une quête de manuscrits anciens révélant des aspects inconnus de la vie de Jésus, quête qui le mènera à Jérusalem, Venise, Rome, Vienne et Londres, à travers une Europe en proie à la montée des fanatismes religieux.
    Catholique fervent, professeur de latin, de grec, d'hébreu et d'arabe au Collège de France récemment créé par François Ier, Guillaume Postel est aussi un grand connaisseur de la kabbale, dont il tente d'appliquer les méthodes à l'interprétation du Nouveau Testament. Avec Pic de la Mirandole en Italie, Jean Reuchlin en Allemagne et John Dee en Angleterre, il est l'un des initiateurs de ce courant mystique que l'on appellera la «kabbale chrétienne».
    Son aventure nous fait découvrir le milieu des imprimeurs et des libraires, ces artisans méconnus de l'immense renouveau des idées qui agite l'Europe à la Renaissance. Le récit commence en 1535, soit un peu moins d'un siècle après l'invention de Gutenberg. Des imprimeurs et libraires - les deux métiers ne sont pas clairement distincts à l'époque, beaucoup d'imprimeurs étant également libraires - sont alors installés dans les grandes villes. Ils impriment et diffusent des textes - ceux de l'Antiquité et ceux de la Bible - qui, jusque-là, n'étaient lisibles que sur copies manuscrites, donc réservés à l'étroite élite sociale de l'aristocratie et du haut clergé. Guillaume Postel rencontre certains d'entre eux comme le fils d'Alde Manuce à Venise, qui avait travaillé avec Érasme, ou Robert Estienne à Paris, ami et protégé de François Ier qui devra pourtant s'exiler à Genève, plus chanceux en cela qu'un Étienne Dolet qui finira sur le bûcher de l'Inquisition. Car ces pionniers de la diffusion du savoir sont surveillés de près par l'Église et le métier d'imprimeur et libraire, à l'époque, est un métier à haut risque. Pour s'entraider, ils s'unissent dans des corporations, des confréries ou des sociétés de pensée dont certaines - comme celle qui est connue sous le nom étrange et mystérieux de l'agla - ont pris la forme de sociétés secrètes à caractère ésotérique. C'est dans ce monde que nous entraîne Guillaume Postel, ce monde effervescent où imprimeurs érudits et libraires philosophes côtoient écrivains, savants, humanistes éclairés aussi bien qu'alchimistes, astrologues, gnostiques et illuministes en tout genre.
    Connu en son temps dans toute l'Europe, considéré comme un grand savant en même temps qu'un original ou un illuminé, Guillaume Postel est l'auteur d'une soixantaine de livres où il prêche, entre autres choses, l'unification du judaïsme, du christianisme et de l'islam sous l'égide du roi de France. Chercheur de manuscrits anciens en Orient, espion du roi en Italie puis en Autriche, jésuite aux côtés d'Ignace de Loyola, aumônier dans un hôpital de charité à Venise, prisonnier de l'Inquisition à Rome, Guillaume Postel fut un aventurier de la vie comme de l'esprit. À sa découverte du manuscrit de l'évangile apocryphe de Jacques - dont la traduction, datée de 1551, est aujourd'hui conservée à Londres au British Museum -, la fiction romanesque ajoute celle des évangiles de Thomas et de Judas dont les manuscrits, eux, n'ont été que très récemment découverts en Égypte (en 1946 pour le premier, 1978 pour le second). Guillaume Postel devient ainsi l'acteur d'une enquête sur les témoignages écrits de la vie de Jésus, à la recherche de celui qu'il pense être plus ancien que les quatre évangiles canoniques. C'est la quête de ce «premier évangile» que raconte le roman au fil d'un jeu de pistes dont les signes énigmatiques sont des gravures, icônes, emblèmes et grimoires de l'époque, lesquels sont reproduits dans le corps du récit moins à titre d'illustrations que de points d'appui d'une enquête dont la solution ne sera donnée que dans les dernières pages.

  • La Controverse de Bethléem raconte l'histoire de cette traduction.
    En questionnant les distorsions de sens que le texte latin a pu opérer par rapport à l'original grec, cette correspondance fictive entre les deux Pères de l'Eglise relance un très ancien et très actuel débat sur la lecture de l'Evangile. Elle est aussi l'occasion de faire revivre la figure célèbre de saint Jérôme et celle, injustement oubliée, de Rufin d'Aquilée.

  • Alex est devant son jeu vidéo. Soudain, il passe de l'autre côté de l'écran. Dans cet autre monde, il découvre des animaux étranges qui le soumettent à de redoutables épreuves. Il y rencontre aussi l'extravagant Maître Pardès. Ce magicien aux deux visages est là pour le guider vers le pays de Lostword, monde mystérieux où "les livres sont effacés à force de ne pas avoir été lus"... Quand Maître Pardès lui aura livré son secret, il est à parier que, jamais plus, Alex n'ouvrira un livre comme avant...

  • Depuis l'année 1933, Kurt Gerstein assiste avec effroi à la prise du pouvoir par Hitler en Allemagne. Ses valeurs morales et ses convictions chrétiennes l'amènent à condamner le régime brutal qui s'impose par le mensonge, la propagande raciste et la violence.

    En février 1941, un membre de sa famille meurt subitement dans l'hôpital psychiatrique où il est interné, victime de la sinistre « Aktion T4 » organisée par la chancellerie du Fu¨hrer. Comprenant qu'il s'agit d'un crime d'Etat, annonciateur de beaucoup d'autres, Kurt Gerstein s'engage dans la SS pour enquêter de l'intérieur.

    Acteur ou observateur, Kurt Gerstein mènera, jusqu'à la fin de la guerre, la double vie d'un SS anti-nazi.

    L'histoire réelle de Kurt Gerstein a inspiré historiens et auteurs de fiction, notamment le cinéaste Costa-Gavras, avec Amen en 2002.

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  • Le dernier sommeil selon caravage Nouv.

  • Un Président d'extrême droite vient d'être élu à la tête de l'État. Dès son arrivée au pouvoir, il abolit toutes les libertés publiques et finit, même, par supprimer l'École ! Des millions d'élèves se retrouvent ainsi à la rue et des dizaines de milliers de professeurs au chômage. Un de ces enseignants au chômage, Monsieur Scholl, fonde une école itinérante afin d'expliquer aux
    populations ce qu'ils ont perdu en perdant leur École. Il part sur les routes avec son chapiteau pour réveiller les esprits. Il est accompagné de son assistante, Myriam, une jeune orpheline de dix ans. Le professeur Scholl ne donne pas de conférences ou de leçons ; il dialogue avec son public de
    façon à « expérimenter » les notions abordées : la mémoire, l'intelligence, l'esprit critique, l'exercice de la parole et l'usage de la langue.

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  • La sagesse

    Alain Le Ninèze

    La sagesse, idéal ancien de mesure, de paix intérieure, de connaissance et de maîtrise de soi, a été l'objet d'une longue éclipse.
    Eclipse, oubli, discrédit ? La philosophie, contrairement à son idéal originel, l'a reléguée au rang de la pensée vulgaire, de la platitude du lieu commun. Et, depuis deux siècles, le mouvement des idées n'a guère été porteur du romantisme au surréalisme, de la négation nietzschéenne à l'utopie marxienne, les valeurs dominantes sont celles de la passion, de l'excès, de la révolte, du rêve prométhéen.
    On est bien loin de l'idée grecque de mesure. Aujourd'hui, nombreux sont les signes d'un renouveau d'intérêt, probablement nourri des grandes désillusions de cette fin de millénaire. La transcendance ne séduit plus, le questionnement métaphysique a perdu de son sel et l'on assiste au grand retour de la morale. Une morale qui, à l'opposé de toute prétention à l'Universel, prend la forme, plus modeste, d'une sorte d'éthique pragmatique : comment organiser sa vie pour lui donner du sens dans le non-sens ? Comment, dans un monde plein de bruit et de fureur, reconquérir une forme d'harmonie avec soi-même et avec l'univers ? Toutes questions qui renvoient à une nouvelle interrogation sur la sagesse.
    Par Alain Le Ninèze. Accompagné d'entretiens avec Sylviane Agacinski, Claude Ber, Daniel Béresniak, Catherine Chalier, Marika Doux, Daniel Sibony.

  • Comment organiser sa vie pour lui donner du sens dans le non-sens ? Comment, dans un monde plein de bruit et de fureur, reconquérir une forme de paix avec soi-même, avec les autres, avec l'univers ? Autant de questions qui renvoient à une nouvelle interrogation sur la sagesse. Chacun, aujourd'hui, en perçoit l'urgence.
    Ces questions, ici, c'est un professeur de philosophie qui les évoque devant ses élèves. Mais il ne leur fait pas de cours, encore moins de leçons : il leur raconte des histoires ! Il leur expose les grandes questions des sagesses d'hier et d'aujourd'hui, d'Orient et d'Occident, en émaillant sa réflexion de toutes sortes de récits tirés de l'inépuisable trésor des contes, légendes, mythes, romans et autres fables venus de tous les horizons du monde et de tous les temps.
    Il entreprend, en somme, de leur raconter la sagesse.

  • Prendre le bus, écouter la météo, faire la grasse matinée, se mettre en colère, arriver en retard à un rendez-vous, trébucher, marcher sur les pieds de la femme qu'on aime...
    Ces petits événements de la vie quotidienne, comment les vivre autrement ? Comment les détourner, les prendre à contre-courant pour en faire, à chaque fois, une aventure singulière ? En d'autres termes : comment apprendre à vivre le quotidien de façon plus légère, plus distanciée, plus libre ? Tel est l'objectif des "exercices" de sagesse pratique ici proposés. Ils peuvent être faits par chacun, et en toutes circonstances devant la télé, au lit, en attendant le bus...

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  • L'amour fou

    Alain Le Ninèze

    L'Amour, vous connaissez ? Vous connaissez, vous, le crescendo chromatique - premier regard, cristallisation, obstacle, bonheur, rupture - qui emporte, un peu, beaucoup ? On connaît, bien sûr, et pourtant, on est virginal et stupide à chaque fois.
    Surtout quand les grandes amoureuses de la littérature - Emma Bovary, Mme de Rênal, Henriette de Mortsauf - que l'on passe sans vergogne au scalpel s'en mêlent, déboulent dans votre vie et, finalement, la déboulonnent. Enfin, votre vie... Celle du héros surtout, critique littéraire abandonné d'un coup par Marianne. Surtout quand, renseigné sur les choses de (amour, strates, stratégies et perfidies, vous continuez pourtant à aimer, à jouir et à rater comme un adolescent.
    À la sauvette et à corps perdu. Drame de la théorie et de la pratique... Libre, l'amour, il peut vous aliéner. Vous êtes doux dingue, pauvre amant, et votre vie est désormais une bonne vieille folie. Où faut-il demander l'asile amoureux ?

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