Alain Besançon

  • Le régime soviétique, qui dure depuis soixante ans, est-il une nouveauté absolue sur la terre ? Comment l'idéologie léniniste, qui le constitue, peut-elle être le tout ; car là où elle règne, elle donne sa forme à toute chose ; et le rien, car elle peut être résumée en quelques lignes auxquelles personne ne croit ? Ces questions et quelques autres sont à l'origine de ce livre.
    Le léninisme n'est pas une philosophie. Il n'est pas non plus une religion. Il s'apparente à la gnose, dans la tradition de laquelle il ne se place pourtant pas, car il se prétend scientifique. Il n'est pas la continuation déguisée du « despotisme russe ». Ses racines sont occidentales, mais c'est en Russie qu'à la faveur de circonstances exceptionnelles, il a réalisé le type pur de l'idéologie. A travers une tradition religieuse, une éducation philosophique, la crise d'un Ancien Régime, la formation d'une intelligentsia, on voit se mettre progressivement en place les éléments du léninisme.
    Au terme, Lénine apparaît moins comme un inventeur que comme le vivant support d'une systématique qui le dépasse, mais qui agit à travers lui impersonnellement avec une cohérence et une logique irréfragables. La démonstration qu'en donne Alain Besançon est la première du genre.


  • le siècle a été traversé par le communisme et par le nazisme.
    l'un tombe aujourd'hui dans l'oubli, pendant que le souvenir de l'autre brûle dans un feu perpétuel. cette inégalité dans la mémoire demande explication. alain besançon fait porter la comparaison sur la destruction dont communisme et nazisme sont la cause : celle des hommes dans leur corps, leur intelligence, leur moralité, leur vie sociale et politique. il prend pour étalon le crime le plus extrême : la destruction des juifs d'europe.
    l'humanité n'a pas l'expérience d'un crime semblable. le recours à la théologie s'impose d'autant plus naturellement ici que la plupart des grands témoins ont crié vers le ciel. alors se pose la question si lancinante de l'unicité de la shoah. alain besançon donne ses raisons de l'admettre sans réserve, même s'il doute que les hommes puissent s'accorder sur une interprétation unique de cette unicité.


  • 50 ans de recherches sur les idéologies qui ont marqué le XXe siècle, sur leur rejet du monde tel qu'il est et leur négation du libre arbitre, pour comprendre les égarements du monde occidental contemporain. Une oeuvre cultivée, libre, d'une clarté et d'une élégance constantes, pour rétablir la distinction fondamentale entre foi et raison, pour éclaircir notre intelligence de l'histoire.

  • Sainte Russie

    Alain Besançon

    • Fallois
    • 6 June 2012

    Ancienne et elle a beaucoup changé. Pourquoi, à propos d'un roman de Tolstoï, d'une pièce de théâtre de Tchekhov, d'un ballet de Tchaïkovski, revient si souvent l'expression l'âme russe ? Pourquoi attribue-t-on à cette âme la qualité de mystique ? Ce sont des façons de parler, mais elles ont une histoire.
    Pour en retrouver l'origine il faut remonter à des orientations religieuses très anciennes. Alain Besançon a essayé d'en suivre le destin compliqué de siècle en siècle. Français, nous avons admiré ou détesté la Russie pour les motifs les plus opposés. Pour sa religion, son antireligion, sa barbarie, ses réalisations, son conservatisme, ses révolutions. Nous l'avons aimée ou haïe d'un amour de tête ou d'un amour de coeur, portés par nos propres passions, sans avoir pris la peine de l'étudier ni de la connaître comme elle est vraiment.
    La Russie est ce qu'elle est et nous lui rendons mieux justice en écartant le prisme déformant des passions françaises.

  • L'auteur établit une réflexion, principalement à partir du catholicisme, sur la capacité des religions d'appréhender le réel dans les sociétés contemporaines. Il se demande comment l'Eglise a compris les grands événements contemporains, le communisme, l'islam, etc.

  • Le siècle a été traversé par le communisme et par le nazisme. L'un tombe aujourd'hui dans l'oubli, pendant que le souvenir de l'autre brûle dans un feu perpétuel. Cette inégalité dans la mémoire étonne et demande explication. Il faut donc comparer les deux systèmes dans ce qu'ils ont de comparable, et ne produire que des faits qu'un même tribunal puisse connaître.
    Alain Besançon fait porter la comparaison sur la destruction dont communisme et nazisme sont la cause : celle des hommes dans leur corps, leur intelligence, leur moralité, leur vie sociale et politique. Il prend pour étalon le crime le plus extrême : la destruction des Juifs d'Europe.
    Ce livre fait descendre par degrés dans une nuit que les lumières de l'histoire positive éclairent faiblement, parce que l'humanité n'a pas l'expérience d'un crime semblable. Le recours à la théologie s'impose d'autant plus naturellement ici que la plupart des grands témoins ont crié vers le Ciel.Alors se pose la question aujourd'hui si lancinante de l'unicité de la Shoah. Alain Besançon donne ses raisons de l'admettre sans réserve, même s'il doute que les hommes puissent s'accorder sur une interprétation unique de cette unicité.
    Membre de l'Institut, Alain Besançon est l'auteur de plusieurs ouvrages renommés, notamment Le Tsarévitch immolé (1967, rééd. 1991), Les Origines intellectuelles du léninisme (1977, rééd. 1986), L'image interdite : une histoire intellectuelle de l'iconoclasme (1994).

  • Pochemu upotreblyayut vyrazheniye «Svyataya Rus'»? Ved' ne govoryat «Svyataya Frantsiya», «Svyataya Germaniya» ili «Svyataya Italiya». Pochemu upotreblyayut vyrazheniye «Vechnaya Rus'»? Ved' Rossiya - ne takaya uzh drevnyaya strana, i k tomu zhe ona sil'no izmenilas' za posledniye neskol'ko vekov. Pochemu stol' chasto upotreblyayut vyrazheniye «russkaya dusha», rassuzhdaya o romane Tolstogo, p'yese Chekhova ili balete Chaykoskogo? Pochemu etoy dushe pripisyvayutsya misticheskiye kachestva? Razumeyetsya, eto - vsego lish' vyrazheniya, no u nikh yest' svoya istoriya. Chtoby ponyat' ikh proiskhozhdeniye i podlinnyy smysl, neobkhodimo proniknut' v glubiny pravoslavnogo bogosloviya. Alen Bezanson popytalsya prosledit' razvitiye russkogo pravoslaviya na protyazhenii mnogikh vekov i yego vliyaniye na sud'by Rossii. Vo Frantsii my voskhishchayemsya Rossiyey ili nenavidim yeye po samym raznaym motivam. Za veru i za ateizm, za varvarstvo i za dostizheniya, za konservatizm i za revolyutsionnost'. Pri etom my lyubim ili nenavidim yeye rassudkom ili serdtsem, v silu nashikh sobstvennykh strastey, ne pytayas' ni izuchit' yeye, ni ponyat', kakova ona v deystvitel'nosti. Rossiya takova, kak ona yest', i my budem boleye spravedlivo o ney sudit', yesli otkazhemsya ot «krivogo zerkala» frantsuzskikh strastey.

  • La nation américaine est la plus puissante des nations qui se partagent le monde. Elle se considère aussi comme la plus développée, la plus moderne et montre le chemin. De toutes les nations " développées ", elle est paradoxalement la plus religieuse de toutes. Cette nation est protestante. Les premiers immigrants ont traversé l'océan pour défendre leur version du christianisme, au risque des naufrages, de la famine et des Indiens. Ils se sont exposés au martyre pour défendre des points de doctrine qui nous paraissent vains, obsolètes, sans intérêt. Nous comprenons les conquistadores qui ont risqué pareillement leur vie, parce que le désir de s'enrichir, l'Auri sacra fames est de partout et de toujours. Mais que les premiers émigrants, ceux du Mayflower, ont couru ces risques parce qu'ils ne supportaient pas, par exemple, que les prélats anglicans portassent des vêtements liturgiques, en somme pour un souci de pureté, nous l'enregistrons comme un fait, mais il nous est devenu incompréhensible.Il existe d'excellents travaux en français sur l'histoire religieuse des États-Unis. Je me suis servi d'eux abondamment. Ce n'est que récemment qu'ils atteignent un certain public.
    Comme le réveil des religions est patent depuis un demi-siècle, et s'impose à nous, éberlués, sous des formes brutales, déformées et ignorantes de leur tradition, nous avons intérêt à les connaître mieux. Rien que pour cela le présent essai, si sommaire soit-il, peut rendre service.
    Les pèlerins du Mayflower apportaient avec eux une religion toute faite. C'est la raison de la stabilité religieuse. Les Américains n'ont pas eu besoin de fabriquer une nouvelle théologie : Elle était déjà toute constituée. C'est pourquoi, si on veut la comprendre, il faut repasser l'Océan et remonter très en arrière. Elle est un héritage direct de l'Angleterre. La tumultueuse histoire du puritanisme nous oblige donc à nous faire une idée de la Réforme dans ce royaume. Et pour cela, repasser encore la mer en direction du continent européen. Une personnalité prodigieuse, Luther, avait opéré la rupture théologique avec l'Église de Rome que rien ni personne ne put réparer. Calvin assura la pérennité du mouvement en proposant une Église alternative, merveilleusement organisée, souple et solide, adaptée à tous les types de société et de régime politique. On peut être calviniste sous un patriciat urbain (le milieu d'origine, le plus favorable), sous une monarchie, sous une république aristocratique ou marchande, sous une démocratie. Les rapports entre ce type d'Église et l'État s'accordent facilement, le magistrat et le pasteur gardant leur indépendance, leur autorité respective, dans un rapport "symphonique" entre l'un et l'autre. En Amérique, il y a une prédisposition, et une affinité entre démocratie et calvinisme, quoique sans relation causale dans un sens ni dans l'autre.
    Alain Besançon

  • L'amour a ses saisons.
    Ce n'est pas qu'il change, pas plus que la nature humaine qui n'existerait pas sans lui. Longtemps il a été associé à la volonté capricieuse des dieux qui l'envoyaient aux hommes pour leur bien ou pour leur ruine. Les hommes n'y pouvaient rien. L'effacement des dieux antiques par le Dieu biblique met l'amour sous le régime de la loi, et sous le régime de la liberté parce que les humains reçoivent la faculté de l'enfreindre.
    Voici le Dieu s'introduisant en tiers dans l'intimité des couples, licites ou non, ce qui ne leur convient pas toujours. Le délaissement moderne de ce Dieu-là laisse les humains se débrouiller tout seuls avec leurs passions. L'amour ne change pas, mais le grand théâtre de l'âme, la vaste caverne où les passions se déployaient avec leur cris, leurs beaux discours, leurs échos divins, n'est plus accessible.
    La littérature classique en conservait les clés. En relisant quelques livres, l'Odyssée, la Bible, l'histoire de Tristan, les romans de Rousseau et de Flaubert, Alain Besançon nous fait revivre le parcours de la passion amoureuse avec ou sans les dieux.

  • Archives des sciences sociales Derrière les péripéties de ce qu'on appelle la « crise » de l'Eglise, il y a des conditions plus générales que l'historien doit tenter de repérer.
    Le présent essai en énumère plusieurs, apparues successivement depuis deux siècles et qui agissent simultanément sur la vie actuelle de l'Eglise : la pénétration de la sensibilité romantique ; le désétablissement consenti par rapport à la société et à l'Etat ; un malentendu sur le libéralisme, le socialisme, le communisme ; une certaine attitude envers les Juifs sous le nazisme. Cette série d'événements, troublant la relation de l'Eglise à la société contemporaine, expose son organisme, son clergé, à l'invasion de l'idéologie, spécialement sous sa forme léniniste.
    A ce point l'analyse politique doit faire une place à la réflexion théologique et recourir aux antiques notions de « gnose » et de « marcionisme ». On ne peut en effet séparer les deux dimensions du phénomène, tant il est vrai, comme l'écrivait Bossuet, que « la religion et le gouvernement politique sont les deux points sur lesquels roulent les choses humaines ».
    Né à Paris en 1932, Alain Besançon est directeur à l'Ecole des Hautes Etudes, où il enseigne l'histoire de la culture russe. Il a été l'hôte de l'Académie des Sciences de l'U.R.S.S. et professeur aux Etats-Unis. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Le Tsarévitch immolé (Plon, 1967), Histoires et expériences du moi (Flammarion, 1967), Etre russe au xixe siècle (A. Colin, 1974), Education et société en Russie (A. Mouton, 1974), Court traité de soviétologie à l'usage des autorités civiles, militaires et religieuses (Hachette, 1976) et Les Origines intellectuelles du léninisme (Calmann-Lévy, 1977).

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  • « Un spectre hante l'Europe, le communisme ». Depuis ces paroles inaugurales de Marx, le spectre a fait d'impressionnantes conquêtes. Mais s'est-il incarné ? Et si c'était son incapacité de se trouver un corps qui expliquait les particularités de son anatomie ?
    Ce livre examine le « socialisme réel », c'est-à-dire soviétique, dans les supports matériels, économiques, où il espérait s'implanter, se développer, exister enfin. Or, il apparaît qu'un système économique de type nouveau naît justement du fait que le socialisme n'existe pas.
    Depuis soixante ans, l'économie soviétique déjoue l'analyse des observateurs et désoriente leur regard, sorte de mirage en dur flottant entre l'échec lamentable et la réussite miraculeuse :

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  • Pourquoi, alors que l'art grec est à son apogée, les philosophes donnent-ils des raisons de le mépriseroe pourquoi l'interdit biblique de l'image a-t-il été interprété aussi différemment par les juifs, les musulmans et les chrétiensoe pourquoi la querelle des images a-t-elle pris en orient une telle gravité, alors que l'occident passe outre et multiplie les images sacrées et profanes?

    Ce livre répond à ces questions et en soulève d'autres: sur un nouvel iconoclasme qui se développe en occident _ calvin qui chasse l'image du temple, les jansénistes qui la dédaignent, kant qui la juge inutile, et hegel dépassée; sur la transformation que ces courants font subir à la peinture européenne; et sur la france qui, elle, poursuit à l'écart son chemin.

    Alain besançon lit dans cette histoire le développement d'une logique spirituelle ennemie de l'image, et qui rebondit de siècle en siècle jusqu'au nôtre. il en repère les moments clés. il suit le fil qui court à travers la réflexion esthétique, de platon à malevitch. et il entend dans l'explosion de l'art abstrait l'écho des anciens bris d'images. tout un pan de l'art contemporain, de son inquiétude, de son prestige, de son désarroi s'éclaire ainsi par cette longue enquête sur l'image divine, même si, dans le nouvel iconoclasme, les arguments de l'ancien sont le plus souvent oubliés.

    Alain besançon, directeur d'études à l'ecole des hautes études en sciences sociales, est l'auteur de plusieurs ouvrages renommés sur la culture russe, notamment le tsarévitch immolé (1967, rééd. 1991), les origines intellectuelles du léninisme (1977, rééd. 1986), la falsification du bien: soloviev et orwell (1985).

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