Alain Hugon

  • De 1492 à la fin du XVIIe siècle, près d'un demi-million d'Espagnols traversent l'Atlantique pour partir à la découverte du Nouveau Monde, au péril de leur vie. Fait de jeunes hommes en quête d'or et de gloire, qui brûlaient de propager le christianisme ou espéraient tout simplement une vie meilleure, cet exode est d'une telle ampleur que la couronne espagnole tente à tout prix de limiter les départs, pour empêcher une pénurie de main-d'oeuvre, mais aussi le scandale de familles, femmes et enfants abandonnés.
    À travers l'étude des archives et des émouvantes correspondances de ceux qui sont partis, le récit de ce que fut la première vague massive d'émigration de l'histoire de l'humanité, qui façonna la société d'arrivée tout autant qu'elle bouleversa la société de départ.

  • Aux 16 e et 17 e siècles, la monarchie espagnole rayonne dans l'Europe entière par la puissance de ses armées. Par l'étendue de ses possessions, de Manille à Barcelone, de Madrid à Mexico, elle atteint une dimension inégalée. Ses métaux précieux inondent le continent alors que ses chefs-d'oeuvre bouleversent la création artistique avec Don Juan, Don Quichotte ou Le Cid.
    De Charles Quint au siècle d'Or, des Lumières au frémissement révolutionnaire, ce livre retrace l'histoire des royaumes espagnols entre 1516 et 1788. Il analyse les permanences et les transformations et examine les pratiques politiques qui préfigurent l'Espagne des 19 e et 20 e siècles.
    Complété par une série de documents, qui proposent des méthodes de réflexions et de commentaires, et par des outils (un glossaire, une chronologie et une bibliographie), ce livre permettra à tout étudiant d'acquérir les connaissances nécessaires pour s'orienter avec précision dans l'histoire de l'Espagne.

  • Qui connaît encore Philippe IV d'Espagne (1605-1665), Habsbourg lié aux Bourbons ? La gloire de ce pieux suzerain, mécène passionné à la cour fastueuse et aux fêtes baroques, s'est vue de fait éclipsée par celle de son peintre officiel, Diego Vélasquez. Huit des oeuvres les plus connues de cet agent génial de la propagande royale, qui vécut plus de trente ans à ses côtés à l'Alcazar de Madrid, servent de fil rouge au récit.
    La souveraineté du « Roi Planète » s'étendait pourtant des royaumes de Portugal et d'Espagne aux Flandres, comme des principautés de Naples, Sicile et Sardaigne à la Franche- Comté. Et, par-delà les mers, jusqu'au Pérou, à la Nouvelle-Espagne et au Brésil. Son empire brilla des derniers feux d'un Siècle d'Or dont la domination culturelle, politique et militaire s'imposait à l'Europe tout entière depuis le XVIe siècle. Il fut celui de la première mondialisation, à un moment où ses galions revenaient les cales chargées des richesses des ports asiatiques, des mines d'Amérique et des comptoirs d'Afrique noire. Mais cette domination lui fut âprement disputée: son exercice du pouvoir s'inscrit dans un siècle belliqueux où pas une année de son règne n'est exempte de combat. La désastreuse guerre de Trente Ans (1618-1638) voit même l'Espagne s'opposer à la France de Richelieu.
    Pourtant, à la différence de son neveu et gendre, Louis XIV, Philippe IV ne fut pas un roi de guerre. Si son règne de près d'un demi-siècle rencontra bien des échecs, il sut toutefois, avec l'aide de son autoritaire Premier ministre, le comte d'Olivares, jeter les bases de cette monarchie absolue qui définira le Grand Siècle français.

  • En 1647 et 1648, la ville et le royaume de Naples furent secoués par une vague révolutionnaire contemporaine de la Fronde et de la révolution anglaise de Cromwell.
    L'histoire a retenu la simple image de Masaniello, pêcheur devenu capitaine général, que l'assassinat après 10 journées de pouvoir transfigure en "martyr" du peuple. Les événements européens, la violence des combats à Naples et la singularité de Masaniello ont occulté l'ampleur du mouvement révolutionnaire. Plusieurs centaines de jacqueries contre les seigneurs se déroulèrent dans les villages et les villes du royaume et débouchèrent sur des conflits armés.
    Longtemps perçue comme une révolte nationale italienne contre le souverain absentéiste, Philippe IV d'Espagne, la révolution napolitaine retient l'attention par les pratiques politiques originales et les symboles qu'elle déploie, que l'historien découvre grâce aux riches et nombreux manuscrits ainsi qu'à une abondante iconographie. Le travail de mémoire des événements s'est opéré par recouvrements successifs, à l'image des populations méridionales et des architectures de la Ville capitale, modelant et déformant l'événement alors que les historiens ne cessent d'en découvrir les éléments épars.

  • Tombouctou, ville mythique au coeur du sahara, idée fixe des explorateurs européens dès la fin du xviiie siècle.
    En 1795, mungo park reconnaît le fleuve niger et, trente ans plus tard, rené caillié entre dans la cité interdite, pendant que clapperton explore le lac tchad, que barth sillonne le sahara. les voyageurs découvrent les puissantes dynasties de l'ouest africain. a partir de 1850, les nouveaux explorateurs sont des officiers coloniaux avec mission de conquête. a la veille de la première guerre mondiale, en dépit des nationalismes africains, les européens sont parvenus à constituer de véritables empires en afrique.

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  • Entre 1492 et 1776, de la découverte de l'Amérique par Colomb à la Déclaration d'Indépendance américaine, l'Europe déborde de ses frontières. D'abord limitée, cette expansion ne cesse de s'étendre, jusqu'à explorer et annexer des territoires toujours plus vastes. Les modèles de l'Europe chrétienne s'imposent au monde par la force des armes. Mais ils se transforment au contact de l'humanisme et de la Renaissance, des Réformes - catholique et protestante - de la pensée cartésienne et, enfin, des réflexions des Lumières. Ces courants contribuent à légitimer - par la foi, par le commerce, par la colonisation et par le droit de conquête - l'emprise du Vieux Continent sur le monde.De véritables cycles de domination s'affirment successivement : l'hégémonie de l'Espagne - qui représente, au XVIe siècle, la première élaboration d'un modèle européen de domination -, puis celle de la France du Grand siècle et l'expansion hollandaise du XVIIe siècle, la thalassocratie anglaise du XVIIIe siècle, enfin les prétentions dominatrices de nouveaux prétendants.Mais ce sont aussi de nouveaux rapports entre les États qui se dessinent, dépassant les contacts entre familles régnantes pour devenir de véritables relations internationales.Alain Hugon, ancien membre de la Casa de Velazquez (Madrid), est maître de conférences d'histoire moderne à l'Université de Rennes 2. Il a publié Histoire de l'Espagne du XVIe au XVIIIee siècle (Armand Colin, 2000).
    Le modèle de l'opposition des Habsbourg et des capétiens valois (1492-1559). Les puissances européennes confrontées au miroir espagnol (1559-1643). La constitution du miroir français (1643-1715). Le miroir éclaté et les prétendants à l'hégémonie au XVIIIe siècle.

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  • La violence participe au déclenchement de la révolte, la ponctue et, parfois, y met fin ; à tel point que les deux termes apparaissent indissociables. Des historiens de tous horizons dépassent cette évidence et considèrent cette articulation comme un objet politique à part entière.

    Cette violence est appréhendée ici comme un ensemble de pratiques rituelles, de codes et de gestes issus d'un terreau culturel spécifique. Car elle n'est pas simplement destinée à imposer par la force une opinion, une revendication ou une faction : elle produit un argumentaire, projette des représentations qui lui sont propres, et façonne un imaginaire politique.

    Observée dans plusieurs pays européens et sur une longue durée de quatre siècles, la violence en contexte de révolte apparaît ainsi comme plus ou moins organisée : ni complètement spontanée, rarement aveugle, elle découle de logiques singulières que ce livre est le premier à étudier sous cet angle et à cette échelle.

  • De la fin du XVe siècle jusqu'à la chute de la monarchie, la Normandie est la province de France qui compte parmi les plus fortes densités nobiliaires. Cet ouvrage étudie ces noblesses normandes, au pluriel, notamment au regard des multiples particularités régionales ou locales, économiques ou politiques. La confrontation des recherches historiques récentes permet de montrer la variété des situations que rencontrent ces groupes nobiliaires (en matière d'effectifs, d'implantations géographiques, de densités, etc.), quant à leur condition juridique originale suivant la coutume de Normandie, à leurs positions culturelles et leurs adhésions religieuses.

  • Cet ouvrage étudie comment les conflits ont favorisé l'émergence de nouveaux rapports au politique. Pour cela, l'examen sur la longue durée de terrains variés - de l'Angleterre à Venise, de la Saxe à l'Espagne - permet d'évaluer la construction progressive du politique au cours de guerres étrangères, de guerres civiles aux implications internationales et d'occupations militaires.

    Avec le soutien de l'ANR, le CERHIO et le CRHQ.

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