A Breton

  • La marche connaît un succès planétaire en décalage avec les pratiques de sédentarité ou de sport en salle, tapis de course... prédominant dans nos sociétés. Cette passion contemporaine mêle des significations multiples pour le même marcheur : volonté de retrouver le monde par corps, de rompre avec une vie trop routinière, de peupler les heures de découvertes, suspendre les tracas du jour, désir de renouvellement, d'aventure, de rencontre.

    Une marche sollicite toujours au moins trois dimensions du temps : on la rêve d'abord, on l'accomplit, et ensuite on s'en souvient, on la raconte. Même terminée, elle se prolonge dans la mémoire et dans les récits que l'on en fait : elle vit en nous et est partagée avec les autres.

    Dans ce livre - ludique, intelligent et stimulant -, l'auteur revient sur le plaisir et la signification de la marche, et nous en révèle les vertus thérapeutiques face aux fatigues de l'âme dans un monde de plus en plus technologique.

  • Nadja

    André Breton

    «J'ai pris, du premier au dernier jour, Nadja pour un génie libre, quelque chose comme un de ces esprits de l'air que certaines pratiques de magie permettent momentanément de s'attacher, mais qu'il ne saurait être question de se soumettre. J'ai vu ses yeux de fougère s'ouvrir le matin sur un monde où les battements d'ailes de l'espoir immense se distinguent à peine des autres bruits qui sont ceux de la terreur et, sur ce monde, je n'avais vu encore que des yeux se fermer.»

    3 Autres éditions :

  • L'amour fou

    André Breton

    « Je vous souhaite d'être follement aimée. » Un des textes fondamentaux du surréalisme. Un des ouvrages de Breton dans lequel s'offre le plus ouvertement la gamme entière de ses « charmes ». Le hasard et le désir, la vie et le rêve, le monde et l'homme entretiennent ici une mystérieuse correspondance de tous les instants.

    2 Autres éditions :

  • « Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut ainsi dire. C'est à sa conquête que je vais, certain de n'y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supputer un peu les joies d'une telle possession. » Des projets et des promesses du premier Manifeste du surréalisme (1924) aux prises de position, politiques et polémiques, affirmées dans le Second Manifeste du surréalisme (1930), se dessine ici une théorie de l'expérience esthétique qui a bouleversé tous les domaines de la création au XXe siècle.

    1 autre édition :

  • En plein essor dans un contexte écologique et sanitaire urbain, la bicyclette interroge nos usages, nos rapports sociaux à cette pratique séculaire, nos impressions et rapports au monde. Ce livre est très beau voyage qui permet de circuler tranquillement et d´errer joyeusement dans les pages d´un ouvrage inédit.

  • «Lorsque, au printemps de 1919, André Breton et Philippe Soupault conçoivent et expérimentent la méthode d'écriture d'où naîtront non seulement Les Champs magnétiques mais deux pièces de théâtre : Vous m'oublierez et S'il vous plaît, sans compter nombre de textes automatiques, l'un a vingt-trois et l'autre vingt-deux ans. Au même âge, Rimbaud venait de rompre avec la poésie ; Isidore Ducasse s'arrachait aux Chants de Maldoror et affrontait cette Préface à un livre futur par quoi se donnent les Poésies. En 1918, Breton et Aragon, encore mobilisés, se portaient régulièrement volontaires, à l'hôpital où ils étaient affectés, pour assurer la garde de nuit et là, des heures durant, se lisaient à voix haute les psaumes démoniaques du Comte de Lautréamont. L'année suivante, Breton recopie, à la Bibliothèque nationale, l'exemplaire unique des Poésies, qui sont publiées en avril, dans le n° 2 de Littérature, revue qu'il vient de fonder avec Aragon et Soupault. On serait tenté de penser que, dans l'esprit des "scripteurs", Les Champs magnétiques sont précisément ce "livre futur" annoncé, au seuil de la mort, par le jeune Ducasse. En un sens, en effet, ils répondent à l'injonction de l'initiateur : "La poésie doit être faite par tous. Non par un." Par-delà les Poésies, les Champs se mesurent aux Chants. L'outrance rhétorique perverse et savante de Maldoror, la sécheresse pseudo-conformiste de Ducasse retournant Pascal et Vauvenargues comme on dépouille un lapin, instituent, dans leur apparente opposition, une zone d'extrême turbulence d'où peut jaillir, sans entraves ni scrupules, la voix automatique.» Philippe Audouin.

  • Les manipulations de la parole sont devenues courantes dans les sociétés modernes. La démocratie, qui a placé la parole au centre de la vie publique, paraît menacée par la prolifération des techniques qui visent à nous contraindre, sans que nous nous en rendions compte, à adopter tel comportement ou telle opinion. La sensation diffuse de vivre dans un « univers menteur » n'est-elle pas à l'origine de formes nouvelles d'individualisme et de repli sur soi ? Toutes les méthodes de communication et de débat sont-elles bonnes dans un espace public qui se prétend démocratique ?
    Dans ce livre passionnant, Philippe Breton s'efforce de répondre à ces questions en décrivant les différentes techniques de manipulation qui saturent notre environnement, à partir de nombreux exemples pris dans les domaines de la politique, de la publicité, de la psychothérapie et de la communication. Proposant une analyse des faiblesses des sociétés modernes, il ouvre aussi quelques pistes pour redonner à la parole le rôle d'outil vivant de la démocratie. Il introduit notamment le concept original de liberté de réception, sans laquelle la liberté d'expression reste surtout la liberté des puissants.
    La Parole manipulée a été couronné en 1998 par le Prix de philosophie morale de l'Académie des sciences morales et politiques.

  • Revisitant une réflexion menée il y a dix ans, l'auteur constate que le statut de la marche a énormément changé en une trentaine d'années. Aller à pied, livré à son seul corps et à sa volonté, est un anachronisme en un temps de vitesse, de fulgurance, d'efficacité, de rendement, d'utilitarisme. Marcher ainsi de nos jours - et surtout de nos jours, disait J. Lacarrière, "ce n'est pas revenir aux temps néolithiques, mais bien plutôt être prophète". Il est l'un des premiers à en retrouver le goût. Les chemins de Compostelle sont devenus en quelques années des lieux très fréquentés et dotés d'une organisation méticuleuse.
    Nous sommes bien loin des anciens chemins, mal aménagés, mal balisés, avec une population méfiante envers ces gens de passage portant leur sac à dos qui étaient les pionniers de leur renaissance dans les années 70. Ceux qu'essaient alors de reconstituer P. Barret et J.-N. Gurgand ont disparu sous les "coquelicots (.) les chemins sont goudronnés ou ne sont plus". Les années 80 voient leur réorganisation méthodique, en 1983 est créée la première association jacquaire, qui sera suivie de bien d'autres. Dans les années 90 les chemins de Compostelle prennent leur essor.
    Aujourd'hui la marche s'impose comme une activité essentielle de retrouvailles avec le corps, avec les autres. Là où ils existent, même dans les villages, rares sont les syndicats d'initiative qui ne proposent pas un répertoire de chemins bien balisés pour la découverte de la cité ou de ses environs. Les imaginaires contemporains de la marche sont heureux, ils réfèrent plutôt au loisir, à la disponibilité.
    Marcher est un long voyage à ciel ouvert et dans le plein vent du monde dans la disponibilité à ce qui vient.
    Tout chemin est d'abord enfoui en soi avant de se décliner sous les pas, il mène à soi avant de mener à une destination particulière. Et parfois il ouvre enfin la porte étroite qui aboutit à la transformation heureuse de soi.

  • Un guide indispensable pour aider à choisir un album à un enfant en fonction d'un sujet précis, ou simplement au gré de ses envies de parent, d'accompagnant ou de curieux.

  • Mal-être, conduites à risque, contrôle de son apparence, addictions, troubles alimentaires, difficultés affectives ou sociales, rites de la virilité et de l'entre-soi... L'adolescence se révèle pour certains une épreuve difficile. Vécue avec exubérance ou discrétion, elle reste un passage obligé, même si elle est ressentie de façon différente par chaque nouvelle génération. Le sociologue et anthropologue David Le Breton, professeur à l'Université de Strasbourg, revient sur ce qui caractérise l'adolescence dans notre société en perpétuel changement.

  • S'étendant de mars 1919 à octobre 1938, cette correspondance inédite fait revivre vingt ans de l'histoire de Dada et du surréalisme au fil des échanges entre deux des acteurs majeurs. Ainsi l'histoire des publications surréalistes, notamment des revues comme La Révolution surréaliste ou Le Surréalisme au service de la Révolution, y gagne-t-elle des documents précieux : l'on découvre Éluard apportant sa contribution à la préhistoire de l'Anthologie de l'humour noir. La vaste ouverture à l'étranger à laquelle le surréalisme se livre à partir de 1930 pour compenser l'obscurcissement de son horizon en France trouve ici de quoi enrichir sa chronique.

    Des noms d'écrivains - Tzara, Crevel, Char, Péret... - traversent ces pages. Ceux pour qui le destin de l'art moderne reste une aventure exemplaire en tireront des renseignements de première main sur des créateurs comme Max Ernst et, au premier chef, Dalí, dont la singularité créera plus d'une lézarde dans les relations.

    Les simplifications de l'histoire littéraire et le voile d'effacement que l'Éluard de la seconde maturité a contribué à répandre sur sa période surréaliste tendent à faire oublier qu'il a donné à la poésie surréaliste son plus pur éclat, comme Breton l'a redit. Même si des malentendus passagers les éloignent parfois, les deux hommes se découvrent jusqu'en 1936 rassemblés dans une amitié fraternelle.

    De cette amitié, l'un et l'autre mesureront rétrospectivement le caractère exceptionnel. Car les engagements révolutionnaires dictés par la même intransigeante passion conduisent peu à peu les deux hommes vers des choix opposés. Éluard conservera sa foi de jeunesse dans une fraternité humaine dont il trouvera l'incarnation dans le Parti communiste, alors que les yeux de Breton se sont dessillés lors des sinistres procès de Moscou. La chronique d'une amitié se fait alors celle d'une rupture.

  • André Breton Anthologie de l'humour noir « L'humour noir est borné par trop de choses, telles que la bêtise, l'ironie sceptique, la plaisanterie sans gravité... (l'énumération serait longue), mais il est par excellence l'ennemi mortel de la sentimentalité à l'air perpétuellement aux abois - la sentimentalité toujours sur fond bleu - et d'une certaine fantaisie à court terme, qui se donne trop souvent pour la poésie, persiste bien vainement à vouloir soumettre l'esprit à ses artifices caducs, et n'en a sans doute plus pour longtemps à dresser sur le soleil, parmi les autres graines de pavot, sa tête de grue couronnée. » André Breton, 1939.

  • Série de tous les records, Game of Thrones met en scène un Moyen Âge à la fois fictif et largement inspiré de faits et de personnages historiques, de thématiques politiques, sociales ou religieuses bien réelles. Ce Moyen Âge imaginaire, sombre et tragique, véritable envers de la civilisation, est bien éloigné de la réalité historique qu'étudient les médiévistes. Car la série ne décrit pas tant le Moyen Âge lui-même que la façon dont nous imaginons aujourd'hui cette période, en lien avec nos fantasmes, nos craintes et nos désirs les plus actuels. C'est ce rapport à l'histoire, à ce que nous pensons être la marche de l'histoire, les passions qui la nourrissent, les pulsions secrètes qui la motivent, hier comme aujourd'hui, que ce livre tente de mettre au jour.
    Le Moyen Âge apparaît alors comme l'envers effrayant et fantasmé de la civilisation, la face sombre de l'histoire.

  • Qui n'a jamais ri de sa vie ? Même sans le vouloir cette turbulence passagère qui affecte tous les hommes et les femmes est avec les larmes la preuve intangible que nous sommes bien reliés affectivement entre nous sur des modes très particuliers.

    David Le Breton, continuant son anthropologie du corps, s'attaque ici aux «corps de rire» qui se déploient souvent à nos dépens, mais il montre qu'ils sont parfaitement inscrits dans des moments de l'histoire et de nos histoires personnelles et qu'ils forment des parenthèses nécessaires dans nos quotidiens devenus lourds et difficiles. C'est «par le rire que le monde redevient un endroit voué au jeu, une enceinte sacrée, et non pas un lieu de travail», nous assure le poète Octavio Paz, et c'est bien ce que David Le Breton nous montre dans sa magistrale démonstration où rien de ce qui touche au rire n'est ignoré.

    De nos sociabilités multiples et rieuses en passant par la police du rire, l'ironie, la dérision, les rires d'Orient, l'humour, les folklores obscènes et même les sms, tout nous amuse ou tout peut être tourné en dérision.

  • Alouette du parloir. Du surréalisme en ses oeuvres vives. Appendices. Éphémérides Surréalistes (Pour un nouvel humanisme). L'Art magique. Constellations. Le La. Le surréalisme et la peinture. Perspective cavalière. Alentours. Inédits. Supplément. Textes retrouvés ( 1938-1948). Textes inédits ( 1921-1952)

  • Ce premier volume présente les textes rédigés entre 1911 et 1930, regroupés en trois ensembles : 1911-1919 (les poèmes de jeunesse), 1920-1925 (Les Champs magnétiques, Manifeste du surréalisme), 1925-1930 (Nadja, Ralentir travaux, Second manifeste du surréalisme). Les archives André Breton, la compilation de journaux et revues, le fonds de la bibliothèque Jacques-Doucet ont permis un établissement très sûr des textes. Aux recueils constitués par André Breton lui-même viennent s'ajouter de nombreux inédits provenant de collections privées et des «alentours», ces articles parus en leur temps dans diverses revues et jamais réunis à ce jour. Un appareil critique Important, contenant une documentation abondante, permet d'aborder cette oeuvre difficile, souvent allusive, ou de la relire sous un jour nouveau. L'édition des oeuvres complètes d'André Breton, qui comprendra quatre tomes, se révélera rapidement un instrument indispensable à qui veut connaître Breton et le surréalisme.
    En effet, comment parler d'André Breton sans évoquer le mouvement qu'il a souhaité et maintenu par-delà toutes les dissensions? L'oeuvre de ces années est aussi retour aux origines d'un courant artistique qui eut d'infinies résonances dans ce XXe siècle. Le surréalisme fut une grande aventure qui réunit des êtres animés du désir d'en finir avec «l'ancien régime de l'esprit». Des poèmes de jeunesse aux écrits de 1930, un même fil parcourt ces textes : le pouvoir de la poésie. Breton se veut rebelle «contre un monde menacé de figement». De la nécessité de la révolte naîtra une oeuvre en perpétuelle interrogation. oeuvre ouverte sur le monde - Breton passera sa vie à «prendre position» -, oeuvre sinueuse, révélatrice de la volonté du poète d'aller plus avant dans la connaissance des «forces obscures». Il est celui qui connut «l'étreinte poétique» : «La poésie doit être un assaut violent contre les forces obscures pour les sommer de se coucher devant l'homme.» André Breton eut le don d'éveil permanent, la volonté de communauté créatrice, la fascination du savoir. L'exploration de l'inconscient, l'écriture automatique, l'expérience des sommeils, les jeux surréalistes sont témoins de cette quête de l'ailleurs, de l'au-delà de la réalité.
    «Je crois à la résolution future de ces deux états en apparence contradictoires que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut dire ainsi.» À Marcel Duchamp de dire l'essentiel sur Breton : «Breton aimait comme un coeur qui bat. Il était l'amant de l'amour dans un monde qui croit à la prostitution... Pour moi, il a incarné le plus beau rêve de jeunesse d'un moment du monde.»

  • Le livre raconte l'histoire de cette course folle et mythique, avec de nombreuses anecdotes poignantes et une iconographie spectaculaire.
    Eric Breton, passionné de moto dès son plus jeune âge, a été rédacteur en chef de Moto Revue. Il a publié plus d'une vingtaine d'ouvrages sur les motos.

  • Merlin est-il le fils d'un démon et d'une pucelle ? Perceval a-t-il lu la Poétique d'Aristote ? Le Saint-Graal serait-il en réalité un bocal à anchois ? Kaamelott, série écrite et réalisée par Alexandre Astier, a marqué son public par son humour et ses répliques-cultes.
    Mais faut-il prendre au sérieux la façon dont elle réécrit l'histoire, celle de la légende arthurienne, mais aussi celle de ce moment crucial qu'est le Ve siècle de notre ère, entre Antiquité tardive et Moyen Âge ?
    C'est le pari qu'a fait une équipe de jeunes chercheurs : montrer que, par-delà les anachronismes, Kaamelott produit sur la période en question un discours riche d'enseignement. Tant il est vrai que chaque génération réactualise ses mythes, les parodiant ou les réinventant pour mieux se les approprier.

  • Le lecteur trouvera des milliers d'informations pour voyager autrement :
    Des astuces pour voyager durable et plus écologique dans le monde : voyager 0 déchet, se déplacer autrement, se loger différemment et chez l'habitant, favoriser le slow tourisme, effectuer un volontariat ou un wwoofing, découvrir la nature en la préservant, etc.
    50 pays, 1 000 idées et adresses :
    - 1 000 adresses d'hébergements, de restaurants, d'activités, d'ONG, de boutiques... engagés : logements chez l'habitant, écovillages, logements écologiques novateurs, restaurants bio et végétariens, associations de tourisme communautaire avec une immersion dans leurs modes de vie (avec des communautés Sami en Laponie, des communautés Tacana en Amazonie bolivienne, etc.), centres de retraite spirituelle, guides locaux engagés pour la protection de leur environnement, etc.
    - 150 lieux engagés pour faire du bénévolat, de l'éco volontariat et du Wwoofing, dans des fermes paysannes, des communautés écologiques, des écoles, des refuges pour animaux, des ONG de protection des primates, etc.
    - 150 séjours organisés par des agences dans le respect des locaux et de l'environnement.
    - Des centaines d'écotips : des astuces pour voyager plus écologique et solidaire, adaptés à chaque pays.
    - Une rubrique « Le saviez-vous » par pays.
    Une mine d'or pour ceux qui souhaitent découvrir d'autres façons de voyager et donner un sens à leurs vacances !

  • Dans ces Fragments costariciens, il n'est pas seulement question d'exotisme lié à cet ailleurs lointain, de plages enchanteresses ou d'exubérance végétale liée à l'un des rares endroits du monde qui tente de véritablement préserver ses écosystèmes : le Costa Rica. Il n'est pas seulement question de la langue chantante que l'on y parle, d'oisiveté et de lenteur relative aux flâneries de Nicolas Le Breton, assaisonnées de sauce tropicale.
    Il n'est pas non plus seulement question de ces petits moments, où l'auteur côtoie les villages de pêcheurs, arpente les hauteurs sylvestres ou s'immisce au plus profond de la nature, et qui font les grands souvenirs. Dans cette parenthèse caraïbe, il est aussi et surtout question de littérature.

  • Nos existences parfois nous pèsent. Même pour un temps, nous aimerions prendre congé des nécessités qui leur sont liées. Se donner en quelque sorte des vacances de soi pour reprendre son souffle. Si nos conditions d'existence sont sans doute meilleures que celles de nos ancêtres, elles ne dédouanent pas de l'essentiel qui consiste à donner une signification et une valeur à son existence, à se sentir relié aux autres, à éprouver le sentiment d'avoir sa place au sein du lien social. L'individualisation du sens, en libérant des traditions ou des valeurs communes, dégage de toute autorité. Chacun devient son propre maître et n'a de compte à rendre qu'à lui-même. Le morcellement du lien social isole chaque individu et le renvoie à lui-même, à sa liberté, à la jouissance de son autonomie ou, à l'inverse, à son sentiment d'insuffisance, à son échec personnel. L'individu qui ne dispose pas de solides ressources intérieures pour s'ajuster et investir les événements de significations et de valeurs, qui manque d'une confiance suffisante en lui, se sent d'autant plus vulnérable et doit se soutenir par lui-même à défaut de sa communauté.

    Dans une société où s'impose la flexibilité, l'urgence, la vitesse, la concurrence, l'efficacité, etc., être soi ne coule plus de source dans la mesure où il faut à tout instant se mettre au monde, s'ajuster aux circonstances, assumer son autonomie. Il ne suffit plus de naître ou de grandir, il faut désormais se construire en permanence, demeurer mobilisé, donner un sens à sa vie, étayer ses actions sur des valeurs. La tâche d'être un individu est ardue, surtout s'il s'agit justement de devenir soi.
    Au fil de ce livre, j'appellerai blancheur cet état d'absence à soi plus ou moins prononcé, le fait de prendre congé de soi sous une forme ou sous une autre à cause de la difficulté ou de la pénibilité d'être soi. Dans tous les cas, la volonté est de relâcher la pression.

    Il s'agit ici de plonger dans la subjectivité contemporaine et d'en analyser l'une des tentations les plus vives, celle de se défaire enfin de soi, serait-ce pour un moment. Sous une forme douloureuse ou propice, cette étude arpente une anthropologie des limites dans la pluralité des mondes contemporains, elle s'attache à une exploration de l'intime quand l'individu lâche prise sans pour autant vouloir mourir, ou quand il s'invente des moyens provisoires de se déprendre de soi. Les conditions sociales sont toujours mêlées à des conditions affectives. Et ce sont ces dernières qui induisent par exemple les conduites à risque des jeunes dans un contexte de souffrance personnelle, ou qui font advenir la dépression, et sans doute la plupart des démences séniles. Si souvent les approches psychologiques occultent l'ancrage social et culturel, celles des sociologues délaissent souvent les données plus affectives, considérant les individus comme des adultes éternels, n'ayant jamais eu d'enfance, ni d'inconscient, ni de difficultés intimes. La compréhension sociologique et anthropologique des mondes contemporains peut ressaisir la singularité d'une histoire personnelle en croisant la trame affective et sociale qui baigne l'individu et surtout les significations qui alimentent son rapport au monde. Telle est la tâche de ce livre.

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