Seuil

  • Toute étape de l'Humanité doit s'organiser autour de principes qui donnent leur unité à ses acteurs.

    Les sociétés prémodernes ont eu comme problème à résoudre de reconnaître dans la parenté la structure principale de l'« ordre naturel » que la pensée structuraliste a permis d'analyser.

    Les sociétés modernes ont été fondées sur le culte de la raison et de l'origine divine de l'homme et ont étendu par la connaissance et par l'idée de souveraineté populaire son contrôle et sa transformation du monde.
    La troisième étape dans laquelle nous venons d'entrer doit reposer sur notre conscience des droits humains fondamentaux : la liberté, l'égalité et les droits qui forment l'individualité de chacun. Nous ne construirons notre société - qui est une société de communication plus que de production -, que si nous respectons ces droits fondamentaux mais aussi l'altérité des autres dans un monde ouvert et l'intimité personnelle de chacun.

    Cette vision nouvelle doit permettre de repenser des notions fondamentales telles que la gestion des conflits et surtout le dépassement de l'opposition centrale entre les sociétés de droits et les sociétés d'identités.

  • La fin de l'amour ; enquête sur un désarroi contemporain

    Eva Illouz

    • Seuil
    • 6 February 2020

    La culture occidentale n'a cessé de représenter les manières dont l'amour fait miraculeusement irruption dans la vie des hommes et des femmes. Pourtant, cette culture qui a tant à dire sur la naissance de l'amour est beaucoup moins prolixe lorsqu'il s'agit des moments, non moins mystérieux, où l'on évite de tomber amoureux, où l'on devient indifférent à celui ou celle qui nous tenait éveillé la nuit, où l'on cesse d'aimer. Ce silence est d'autant plus étonnant que le nombre des ruptures qui jalonnent une vie est considérable.
    C'est à l'expérience des multiples formes du " désamour " que ce livre profond et original est consacré. Eva Illouz explore l'ensemble des façons qu'ont les relations d'avorter à peine commencées, de se dissoudre faute d'engagement, d'aboutir à une séparation ou un divorce, et qu'elle désigne comme des " relations négatives ".
    L'amour semble aujourd'hui marqué par la liberté de ne pas choisir et de se désengager. Quel est le prix de cette liberté et qui le paye ? C'est tout l'enjeu de cet ouvrage appelé à faire date, et qui prouve que la sociologie, non moins que la psychologie, a beaucoup à nous apprendre sur le désarroi qui règne dans nos vies privées.
    Eva Illouz est directrice d'études à l'EHESS. Elle est notamment l'auteure de Pourquoi l'amour fait mal et des Sentiments du capitalisme, publiés aux Éditions du Seuil, et récemment de Happycratie.
    Traduit de l'anglais par Sophie Renaut.

  • Un corps a soi

    Froidevaux-Metterie

    • Seuil
    • 2 September 2021

    Longtemps, les femmes n'ont été que des corps, définies par leurs fonctions sexuelle et maternelle. La révolution féministe les a délivrées de ce carcan, mais elle a aussi dévalorisé le corps féminin. N'est-il pas pourtant le noeud singulier de notre rapport à nous-même et au monde ?

    À partir d'une relecture de Simone de Beauvoir, la philosophe Camille Froidevaux-Metterie propose de le saisir sous ses deux aspects : lieu de la domination masculine et vecteur d'une pleine émancipation. Sa pensée progresse au fil d'une exploration de ces événements corporels qui scandent la vie des femmes, de l'enfance empêtrée à la ménopause invisibilisée, de la honte adolescente à la découverte de la jouissance, de l'épreuve du réel maternel aux ravages de la violence sexuelle. Au fil de ces étapes, où l'écriture en première personne résonne avec les voix plurielles des femmes, l'autrice pose les jalons qui leur permettront de reprendre possession de leurs corps, jusqu'au plus intime d'elles-mêmes. Son féminisme incarné s'attaque au socle même du patriarcat et renouvelle, à l'écoute des luttes les plus contemporaines, les fondements théoriques du féminisme.

  • L'esprit du macronisme ou l'art de dévoyer les concepts

    Myriam Revault D'Allonnes

    • Seuil
    • 21 January 2021

    Emmanuel Macron avait invité les chômeurs à « traverser la rue » pour trouver un travail. Il définissait alors l'individu comme un acteur non seulement solitaire mais aussi rationnel et calculateur, tout à fait informé des conséquences de ses actes. Or cet individu n'existe pas, personne n'est le coach de soi-même et la nation n'est pas une « start up », sinon dans ce certain discours managérial et comptable qu'Emmanuel Macron a repris à son compte et qui le rend dupe du mirage d'un « nouveau monde ».

    Car le sujet-citoyen n'est pas celui qui se montre « capable » seul, mais celui qui, avec d'autres, oeuvre à rendre possible telle ou telle option, pour chacun ; l'individu autonome n'est pas un bloc d'intérêts et de concurrence mais celui qui sait ce qui le relie aux autres. L'autonomie, la responsabilité ou la capacité sont des notions qui n'ont de sens que comprises comme porteuses d'une tension : elles relèvent la discordance entre une problématique de séparation (l'indépendance des individus) et d'intégration dans la communauté. Autrement dit, il existe un endettement réciproque entre l'homme et le social. C'est pourquoi, loin d'être anodin, ce propos sur les chômeurs ou celui sur le « pognon de dingue » trahissent, et engendrent, des lectures simplifiantes et univoques du monde social.

    Devant un tel dévoiement, Myriam Revault d'Allonnes reprend à nouveaux frais ces notions fondamentales pour en montrer la profondeur, les paradoxes et la puissance. Dans la même veine que le travail qu'elle avait mené sur le sarkozysme dans L'homme compassionnel (2008), cette grande philosophe du politique donne, une fois de plus, une leçon de clarté et de rigueur sur un sujet d'actualité.

  • Vivre sous la menace : les sans-papiers et l'Etat

    Stefan Le Courant

    • Seuil
    • 8 April 2022

    La politique de contrôle migratoire ne s’exerce pas uniquement aux frontières, sur le territoire national elle continue d’œuvrer en séparant celles et ceux qui bénéficient d’un séjour régulier des autres qui en sont dépourvus. Elle trace des démarcations intérieures invisibles et implacables quand le spectre de la frontière hante le quotidien des personnes qui chaque jour risquent l’expulsion. En ethnographe, Stefan Le Courant tente de saisir les conséquences intimes de ce gouvernement par la menace.

    Après une enquête de plusieurs années auprès d’une quarantaine de sans-papiers, l’auteur restitue avec humanité leur expérience ; il raconte des vies façonnées par la crainte de l’arrestation ou de la dénonciation. Si la menace est, pour celui qui l’exerce, une manifestation de son pouvoir de nuire sans exécution immédiate, pour celui qui y est exposé, elle se traduit par une conscience aiguë et permanente du danger. Obsédante, cette menace pousse à privilégier la solitude et la méfiance ; elle transforme l’environnement proche en un monde de signes potentiellement redoutables : le ton d’une voix, la couleur d’un uniforme, la question d’un camarade de chambre, tout peut être un indice qu’il devient crucial de savoir exploiter. En cherchant à appréhender cette présence qui se dérobe, à vivre la vie d’un sans-papier, l’auteur livre un récit immersif aussi original qu’inédit.Stefan Le Courant est anthropologue, chargé de recherche au CNRS.

  • Altermodernités des lumières

    Yves Citton

    • Seuil
    • 18 February 2022

    Il est aujourd'hui courant d'enrôler les pensées du xviiie siècle dans une guerre des civilisations nous contraignant à des prises de positions binaires. Lumières ou Anti-Lumières, République ou communautarisme, laïcité ou fanatisme, modernes ou antimodernes : il faudrait choisir son camp.
    Ce livre s'efforce de déjouer ces injonctions belliqueuses en esquissant un autre cadre de lecture et en explorant d'autres corpus. Il appelle à découvrir quelques-unes des voix mineures qui ont vivifié la littérature du xviiie siècle (Bordelon, Mouhy, Bibiena, Graffigny, Charrière ou Potocki), mais que notre canon littéraire a refoulées, parce qu'elles n'entraient pas dans ses dichotomies rassurantes. À travers des sylphides, des loups garous, des singes philosophes, des magiciens de la finance, des marchands-de-merde, des Péruviennes féministes ou des conspirateurs islamistes, ces voix excentrées, bizarres, queer, résonnent fortement avec nos préoccupations actuelles, dès lors qu'on les resitue dans la perspective d'altermodernités qui ont toujours déjà excédé l'affrontement éculé entre modernes et antimodernes.
    Loin de toute nostalgie, se mettre à l'écoute des altermodernités des Lumières invite à reconnaître les présences parmi nous d'autres formes de religions, d'économies et de socialités - porteuses de modernités sans colonialité, de sujets sans maîtres et de communs sans souverains.

    Yves Citton étudie et enseigne la littérature à l'université Paris 8 et co-dirige la revue Multitudes. Il a publié au Seuil Pour une écologie de l'attention (2014), Médiarchie (2017) et Générations collapsonautes (2020). Ce livre condense des travaux dix-huitiémistes qu'il a menés au cours des trente dernières années.

  • Des applications qui déterminent notre humeur, des robots humanoïdes qui s’adaptent à notre comportement, des caméras qui

    devinent nos gestes, ces technologies nous surveillent pour notre bien : elles sont bien-veillantes. Faudrait-il croire, contre l’idée répandue d’une intelligence artificielle hostile, et qui un jour pourrait prendre le pouvoir, à une bienveillance des machines, toutes organisées autour de nous pour notre plus grand bonheur ? Ou bien l’existence d’un « règne des machines », qui pourraient prendre soin des humains, nous affecte-t-elle au point que notre identité humaine en soit bouleversée ? C’est par le biais des fictions que nous imaginons pour habiter de nouvelles formes de vie que Pierre Cassou-Noguès explore notre rapport à la technologie contemporaine. Car si celle-ci transforme notre environnement matériel, elle chamboule aussi le contenu de nos pensées, de nos émotions, jusqu’aux dimensions les plus intimes de nos subjectivités. Ainsi la philosophie peut-elle analyser à la fois ces nouvelles réalités et les possibilités qu’elles promettent, pour le meilleur comme pour le pire.

    Professeur de philosophie à l’université Paris-VIII – Vincennes-Saint-Denis, Pierre Cassou-Noguès a notamment publié au Seuil Les Démons de Gödel (2007), Mon zombie et moi (2010), Lire le cerveau (2012), et Les Rêves cybernétique de Norbert Wiener (2014).

  • Soi-même comme un roi ; essai sur les dérives identitaires

    Elisabeth Roudinesco

    • Seuil
    • 4 March 2021

    Le déboulonnage des statues au nom de la lutte contre le racisme déconcerte. La violence avec laquelle la détestation des hommes s'affiche au coeur du combat féministe interroge. Que s'est-il donc passé pour que les engagements émancipateurs d'autrefois, les luttes anticoloniales et féministes notamment, opèrent un tel repli sur soi ?
    Le phénomène d'« assignation identitaire » monte en puissance depuis une vingtaine d'années, au point d'impliquer la société tout entière. En témoignent l'évolution de la notion de genre et les métamorphoses de l'idée de race. Dans les deux cas, des instruments de pensée d'une formidable richesse - issus des oeuvres de Sartre, Beauvoir, Lacan, Césaire, Said, Fanon, Foucault, Deleuze ou Derrida - ont été réinterprétés jusqu'à l'outrance afin de conforter les idéaux d'un nouveau conformisme dont on trouve la trace autant chez certains adeptes du transgenrisme queer que du côté des Indigènes de la République et autres mouvements immergés dans la quête d'une politique racisée.
    Mais parallèlement, la notion d'identité nationale a fait retour dans le discours des polémistes de l'extrême droite française, habités par la terreur du « grand remplacement » de soi par une altérité diabolisée : le migrant, le musulman, mai 68, etc. Ce discours valorise ce que les identitaires de l'autre bord récusent : l'identité blanche, masculine, virile, colonialiste, occidentale.
    Identité contre identité, donc.
    Un point commun entre toutes ces dérives : l'essentialisation de la différence et de l'universel. Élisabeth Roudinesco propose, en conclusion, quelques pistes pour échapper à cet enfer.

    Historienne, Élisabeth Roudinesco est l'auteur de livres qui ont fait date sur l'Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan, Sigmund Freud (Prix Décembre 2014), la famille, etc. Elle est traduite dans le monde entier.

  • L'irruption de la notion de " post-vérité ", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité beaucoup de commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun.
    En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du " régime de vérité " de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des " vérités de fait " en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif.
    Loin d'enrichir le monde, la " post-vérité " appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.
    Myriam Revault d'Allonnes est professeur à l'École pratique des hautes études. Elle a publié de nombreux essais au Seuil, et notamment La Crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne du temps (2012).

  • Les violences inaudibles : récits d'infanticides

    Julie Ancian

    • Seuil
    • 11 February 2022

    Comment une mère peut-elle tuer ses bébés ? Les cas d'infanticides font régulièrement la une des médias. Dans une société qui idéalise la maternité, les femmes qui tuent leur nouveau-né dans les heures qui suivent sa naissance provoquent horreur et incompréhension. Ce sont des « monstres » ou des « folles ». L'enquête menée par Julie Ancian en prison et dans les cours d'assises se situe à l'opposé de ces images convenues. Son livre s'appuie sur les récits exceptionnels qu'elle a recueillis auprès de femmes condamnées pour ces faits. Chacune de leurs histoires, loin de ramener à un problème de santé mentale, témoigne plutôt de trajectoires difficiles traversées de fortes contraintes et de grande détresse : précarité, violences conjugales, isolement, absence de soutien familial... Contrairement à une idée répandue, l'accès aux services de planning familial, à une contraception efficace ou à un avortement, n'est pas garanti pour toutes les femmes.

    Or, la justice, dans le traitement de ces homicides très particuliers, est aveugle aux inégalités sociales et particulièrement indulgente envers les hommes violents ou envers ceux qui se moquent de féconder leur partenaire sans leur consentement. L'institution judiciaire perpétue un discours trompeur sur la libre disposition de leur corps dont bénéficieraient toutes les femmes. Aussi l'autrice est-elle fondée à dresser ce constat : les violences qui pèsent sur les choix reproductifs des femmes sont encore largement inaudibles.

    Après avoir travaillé pendant dix ans dans des ONG du milieu humanitaire, Julie Ancian conduit aujourd'hui des recherches sur les inégalités de santé, le genre et les violences. Sociologue à l'Inserm, elle a contribué aux travaux de la Commission indépendante sur les violences sexuelles dans l'Église catholique. Elle a été lauréate du prix de thèse 2018 de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales pour sa recherche sur les meurtres de nouveau-nés.

  • Pourquoi l'amour fait mal : l'expérience amoureuse dans la modernité

    Eva Illouz

    • Seuil
    • 20 September 2012

    Aimer quelqu'un qui ne veut pas s'engager, être déprimé après une séparation, revenir seul d'un rendez-vous galant, s'ennuyer avec celui ou celle qui nous faisait rêver, se disputer au quotidien : tout le monde a fait dans sa vie l'expérience de la souffrance amoureuse. Cette souffrance est trop souvent analysée dans des termes psychologiques qui font porter aux individus leur passé, leur famille, la responsabilité de leur misère amoureuse.
    Dans ce livre, Eva Illouz change radicalement de perspective et propose une lecture sociologique de la souffrance amoureuse en analysant l'amour comme une institution sociale de la modernité. À partir de nombreux témoignages, d'exemples issus de la littérature et de la culture populaire, elle dresse le portrait de l'individu contemporain et de son rapport à l'amour, de son fantasme d'autonomie et d'épanouissement personnel, ainsi que des pathologies qui lui sont associées : incapacité à choisir, refus de s'engager, évaluation permanente de soi et du partenaire, psychologisation à l'extrême des rapports amoureux, tyrannie de l'industrie de la mode et de la beauté, marchandisation de la rencontre (Internet, sites de rencontre), etc. Tout cela dessine une économie émotionnelle et sexuelle propre à la modernité qui laisse l'individu désemparé, pris entre une hyper-émotivité paralysante et un cadre social qui tend à standardiser, dépassionner et rationaliser les relations amoureuses.
    Un grand livre de sciences sociales sur le destin de l'amour dans les sociétés modernes.
    Eva Illouz est professeure de sociologie à la Hebrew University de Jérusalem. Elle est l'auteure de nombreux livres, traduits en une quinzaine de langues, parmi lesquels Les Sentiments du capitalisme, paru aux Éditions du Seuil en 2006.

  • En attendant les robots ; enquête sur le travail du clic

    Antonio A. Casilli

    • Seuil
    • 3 January 2019

    L'essor des intelligences artificielles réactualise une prophétie lancinante : avec le remplacement des êtres humains par les machines, le travail serait appelé à disparaître. Si certains s'en alarment, d'autres voient dans la " disruption numérique " une promesse d'émancipation fondée sur la participation, l'ouverture et le partage.
    Les coulisses de ce théâtre de marionnettes (sans fils) donnent cependant à voir un tout autre spectacle. Celui des usagers qui alimentent gratuitement les réseaux sociaux de données personnelles et de contenus créatifs monnayés par les géants du Web. Celui des prestataires des start-ups de l'économie collaborative, dont le quotidien connecté consiste moins à conduire des véhicules ou à assister des personnes qu'à produire des flux d'informations sur leur smartphone. Celui des microtravailleurs rivés à leurs écrans qui, à domicile ou depuis des " fermes à clic ", propulsent la viralité des marques, filtrent les images pornographiques et violentes ou saisissent à la chaîne des fragments de textes pour faire fonctionner des logiciels de traduction automatique.
    En dissipant l'illusion de l'automation intelligente, Antonio Casilli fait apparaître la réalité du digital labor : l'exploitation des petites mains de l'intelligence " artificielle ", ces myriades de tâcherons du clic soumis au management algorithmique de plateformes en passe de reconfigurer et de précariser le travail humain.
    Antonio A. Casilli est sociologue, enseignant-chercheur à Télécom ParisTech et chercheur associé au LACI-IIAC de l'EHESS. Il a notamment publié Les Liaisons numériques (Seuil, 2010) et, avec Dominique Cardon, Qu'est-ce que le digital labor ? (INA, 2015).
    Postface de Dominique Méda

  • Le catholicisme a-t-il encore de l'avenir en france ?

    Guillaume Cuchet

    • Seuil
    • 2 September 2021

    Le catholicisme, hier encore religion de la très grande majorité des Français, n'est plus ce qu'il était. Un tiers des enfants seulement sont désormais baptisés en son sein (contre 94 % vers 1965) et le taux de pratique dominicale avoisine les 2 % (contre 25 % à la même date). Un tel changement, qui n'est pas achevé, a des conséquences majeures, aussi bien pour cette religion que pour le pays tout entier, façonné, dans la longue durée, par cette longue imprégnation catholique.
    Dans le prolongement de Comment notre monde a cessé d'être chrétien, Le catholicisme a-t-il encore de l'avenir en France ? se penche sur certaines de ses manifestations contemporaines : la mutation anthropologique qu'entraîne le fait de mourir sans croire pour la génération des baby-boomers et ses descendants ; les transformations de la scène funéraire contemporaine et la diffusion de la crémation ; les recompositions de l'ascèse sous la forme du running ; les inquiétudes suscitées par l'islamisme ; la montée des « sans-religion », notamment chez les jeunes ; l'intérêt largement répandu pour la « spiritualité », qu'on oppose volontiers désormais à la « religion » ; le devenir minoritaire du catholicisme et les problèmes identitaires que lui pose le phénomène ; la manière dont, dans la longue durée, l'Église s'adapte plus ou moins à la modernité.
    In fine, l'auteur pose la question de savoir si l'on n'a pas plus à perdre qu'à gagner à cette mutation.

  • Pour une écologie de l'attention

    Yves Citton

    • Seuil
    • 25 September 2014

    Économie de l'attention, incapacité de se concentrer, armes de distraction massive, googlisation des esprits : d'innombrables publications dénoncent le déferlement d'images et d'informations qui, de la télévision à Internet en passant par les jeux vidéo, condamnerait notre jeunesse à un déficit attentionnel pathologique.
    Cet essai propose une vision d'ensemble de ces questions qui prend à contre-pied les lamentations courantes. Oui, la sur-sollicitation de notre attention est un problème à mettre au cœur de nos analyses économiques, de nos réformes pédagogiques, de nos réflexions éthiques et de nos luttes politiques. Mais, non, l'avènement du numérique ne nous condamne pas à une dissipation abrutissante.
    Comment rediriger notre attention ? À quoi en accorder ? Faut-il que chacun apprenne à " gérer " ses ressources attentionnelles pour être plus " compétitif ", ou faut-il plutôt nous rendre mieux attentifs les uns aux autres ainsi qu'aux défis environnementaux (climatiques et sociaux) qui menacent notre milieu existentiel ? Ce livre défend la seconde voie. Il pose les fondements d'une écologie de l'attention comme alternative à une suroccupation qui nous écrase. Il espère que vous trouverez le temps de le lire...
    Yves Citton est professeur de littérature à l'Université de Grenoble et co-directeur de la revue Multitudes. Il a notamment publié Renverser l'insoutenable (Seuil, 2012) et dirigé un ouvrage collectif intitulé L'Économie de l'attention. Nouvel horizon du capitalisme ? (La Découverte, 2014).

  • Musicophilia ; la musique, le cerveau et nous

    Oliver Sacks

    • Seuil
    • 25 October 2018

    La musique peut nous émouvoir jusqu'au tréfonds de notre être, nous inciter à danser, ou nous rendre tristes et nostalgiques. Quand on est un neurologue aussi compétent qu'Oliver Sacks, ouvert, comme lui, à bien d'autres disciplines, et surtout mélomane de longue date, comment peut-on comprendre et décrire ce pouvoir ?
    Plus d'aires cérébrales sont affectées au traitement de la musique qu'à celui du langage : l'homme est donc véritablement une espèce musicale. Bien des exemples le montrent, évoqués par Sacks avec la force et le talent qu'on lui connaît, depuis ce chirurgien frappé par la foudre qui devient soudain pianiste à l'âge de quarante-deux ans jusqu'au frère de Wittgenstein, pianiste et manchot, en passant par les handicapés mentaux mélomanes.
    La musique est médicalement bienfaisante : elle anime des parkinsoniens incapables de se mouvoir, apaise des patients atteints de la maladie d'Alzheimer et parvient même à restituer des souvenirs à certains amnésiques.
    Notre dimension musicale est ici décrite dans son étendue et sa profondeur, d'un point de vue scientifique, philosophique, et spirituel.
    Oliver Sacks est médecin ; il est l'auteur de dix livres, notamment L'Éveil, dont l'adaptation cinématographique fut plusieurs fois nominée au x Oscars, et L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau. Il vit à New York, où il enseigne la neurologie et la psychiatrie à l'université Columbia, au Medical center et à l'University Artist. On peut en savoir plus sur son travail en visitant son site www.oliversacks.com.
    Traduit de l'anglais par Christian Cler.

  • Avec la pandémie de covid, la santé publique, domaine jusqu'alors méconnu, a fait irruption dans le monde. Tout ce qui fait le mouvement des sociétés s'est brusquement mis à tourner autour des questions sanitaires. Pour inscrire ce moment dans un cadre plus vaste, le cours au Collège de France qui fournit la matière de ce livre propose un détour en partant d'une scène ordinaire, celle du saturnisme infantile, pour, au fil des leçons, en décliner les enjeux à travers une série d'études de cas menées sur trois continents.
    La vérité du chiffre invite à réfléchir à la manière dont le travail de quantification prétend représenter les faits sociaux et sanitaires. Les frontières épistémiques interrogent la confrontation de conceptions profanes et savantes de la maladie. Les thèses conspirationnistes révèlent des réactions de défiance à l'égard des savoirs autorisés et des pouvoirs officiels. Les crises éthiques dévoilent des mécanismes de violation des droits et de détournement des biens communs au bénéfice d'intérêts privés. Quant aux enquêtes portant sur les exils précaires et les épreuves carcérales, elles permettent d'appréhender la généalogie et la sociologie de l'administration des populations vulnérables. Chacun de ces enjeux jette un éclairage singulier sur l'expérience pandémique.
    Au terme de ces excursions anthropologiques, la santé publique peut apparaître à la fois comme un miroir tendu à la société et un reflet que cette dernière lui renvoie.

    Anthropologue, sociologue et médecin, Didier Fassin est professeur à l'Institute for Advanced Study de Princeton, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et titulaire de la chaire de santé publique du Collège de France en 2020-2021. Il a récemment publié au Seuil La Vie mode d'emploi critique et Mort d'un voyageur. Une contre-enquête.

  • Le recul du catholicisme en France depuis les années 1960 est un des faits les plus marquants et pourtant les moins expliqués de notre histoire contemporaine. S'il reste la première religion des Français, le changement est spectaculaire : au milieu des années 1960, 94 % de la génération en France étaient baptisés et 25% allaient à la messe tous les dimanches ; de nos jours, la pratique dominicale tourne autour de 2% et les baptisés avant l'âge de 7 ans ne sont plus que 30%. Comment a-t-on pu en arriver là ? Au seuil des années 1960 encore, le chanoine Boulard, qui était dans l'Église le grand spécialiste de ces questions, avait conclu à la stabilité globale des taux dans la longue durée. Or, au moment même où prévalaient ces conclusions rassurantes et où s'achevait cette vaste entreprise de modernisation de la religion que fut le concile Vatican II (1962-1965), il a commencé à voir remonter des diocèses, avec une insistance croissante, la rumeur inquiétante du plongeon des courbes.
    Guillaume Cuchet a repris l'ensemble du dossier : il propose l'une des premières analyses de sociologie historique approfondie de cette grande rupture religieuse, identifie le rôle déclencheur de Vatican II dans ces évolutions et les situe dans le temps long de la déchristianisation et dans le contexte des évolutions démographiques, sociales et culturelles des décennies d'après-guerre.
    Guillaume Cuchet est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-Est Créteil. Il a notamment publié Penser le christianisme au XIXe siècle. Alphonse Gratry (1805-1872) (Presses universitaires de Rennes, 2017).

  • Vivant jusqu'à la mort ; fragments

    Paul Ricoeur

    • Seuil
    • 25 February 2014

    Dans cette très belle méditation, un philosophe se débat avec l'espérance de survivre, tout en se trouvant dans l'impossibilité intellectuelle et spirituelle d'acquiescer à toute vision naïve d'un autre monde qui serait le monde en double, ou la copie, de ce monde-ci. Il faut faire le deuil de toute image, de toute représentation.
    C'est en 1996 que Paul Ricœur, âgé de 83 ans, ose la question : " Que puis-je dire de ma mort ? " Comment " faire le deuil d'un vouloir-exister après la mort " ? Cette longue réflexion sur le mourir, sur le moribond et son rapport à la mort, également sur l'après-vie (la résurrection), passe par deux médiations : des textes de survivants des camps (Semprun, Lévi) et une confrontation avec un livre du grand exégète Xavier Léon-Dufour sur la résurrection.
    La seconde partie du livre est faite de textes écrits en 2004 et 2005, que le philosophe a lui-même appelés " fragments " (sur le " temps de l'œuvre " et le " temps de la vie ", sur le hasard d'être né chrétien, sur l'imputation d'être un philosophe chrétien, sur la controverse, sur Derrida, sur le Notre-Père ...). Textes courts, rédigés parfois d'une main tremblante, alors qu'il est déjà fatigué. Le dernier, de Pâques 2005, a été écrit un mois avant sa mort.
    Paul Ricoeur, grand philosophe du XXe siècle, est décédé le 20 mai 2005.

  • Le démon de la théorie ; littérature et sens commun

    Antoine Compagnon

    • Seuil
    • 25 December 2014

    Après le temps de la critique et de l'histoire littéraire, vint le temps de la théorie littéraire, ou plutôt des théories littéraires, qui se sont relayées et affrontées durant ces quarante dernières années. Elles s'accordent néanmoins sur le refus de toute psychologie, sur un certain formalisme, et d'abord sur la volonté de réfuter le sens commun, les idées " populaires " sur la littérature : l'auteur comme autorité donnant son sens au texte ; le monde comme sujet et matière de l'œuvre ; la lecture comprise comme conversation entre l'auteur et le lecteur ; le style comme choix d'une manière d'écrire ; l'histoire littéraire comme majestueuse procession des grands écrivains ; la valeur comme propriété objective du canon littéraire.
    La théorie a ébranlé ces repères du sens commun, mais le sens commun a résisté à la théorie. Et celle-ci a souvent dû forcer la note pour réduire son adversaire au silence, au risque de s'enfermer dans des paradoxes. C'est le combat de la théorie et du sens commun que ce livre retrace, sans se limiter au domaine français. Le temps est en effet venu d'évaluer nos bonnes années de théorie littéraire afin d'en suggérer un premier bilan.

  • L'ombre du monde ; une anthropologie de la condition carcérale

    Didier Fassin

    • Seuil
    • 8 January 2015

    Invention récente puisqu'elle n'a guère plus de deux siècles, la prison est devenue, partout dans le monde, la peine de référence. L'atteste, en France, le doublement de la population carcérale au cours des trois dernières décennies. Comment comprendre la place qu'elle occupe dans la société contemporaine ? Et comment expliquer que le tournant punitif affecte avec une telle intensité certaines catégories de personnes ? Pour tenter de répondre à ces questions, Didier Fassin a conduit au long de quatre années une enquête dans une maison d'arrêt.
    Analysant l'ordinaire de la condition carcérale, il montre comment la banalisation de l'enfermement a renforcé les inégalités socio-raciales et comment les avancées des droits se heurtent aux logiques d'ordre et aux pratiques sécuritaires. Mais il analyse aussi les attentions et les accommodements du personnel pénitentiaire, les souffrances et les micro-résistances des détenus, la manière dont la vie au dedans est traversée par la vie du dehors. La prison apparaît ainsi comme à la fois le reflet de la société et le miroir dans lequel elle se réfléchit. Plutôt que l'envers du monde social, elle en est l'inquiétante ombre portée.
    Didier Fassin est professeur de sciences sociales à l'Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d'études à l'EHESS. Il a notamment publié La Force de l'ordre (Seuil, 2011) et La Raison humanitaire (Hautes Études-Gallimard-Seuil, 2010).

  • La religion pour penser - ecrits et conferences 5

    Paul Ricoeur

    • Seuil
    • 15 April 2021

    Pour Paul Ricoeur, l'autonomie philosophique n'est possible qu'à partir d'une « reprise » de ce qui n'est pas philosophie. Non philosophique par excellence, la religion a ainsi constitué pour lui un foyer de langages et de convictions qui lui a donné à penser pendant près d'un demi-siècle. De 1953 à 2003, les douze écrits et conférences présentés et annotés dans ce volume attestent la cohérence, la richesse et la variété de son approche laïque et philosophique de la religion. Du problème du mal à celui de la nature poétique du langage religieux en passant par l'évaluation de la justesse - ou non - des critiques (freudienne, marxienne...) de la religion, du rapport entre expérience et langage dans le discours religieux à des études spécifiques d'herméneutique biblique en passant par des réflexions sur le sacrifice, la dette et le don, Ricoeur s'appuie sur la religion pour penser, tout en ne cessant de penser la religion pour elle-même.

  • Ce livre tout à fait original est un petit essai d'histoire universelle. On pourrait dire aussi qu'il est une philosophie de l'histoire. Dans un style limpide et accessible, l'auteur traverse les siècles et les continents pour livrer une lecture surprenante, stimulante, de l'ascension et du déclin des empires depuis Rome jusqu'aux empires de Chine en passant par l'Islam, les Mongols et l'Inde des Moghols. Cette lecture audacieuse, qui place en son cœur les questions de la violence et de la paix et oppose le centre pacifique de l'empire et ses marges violentes, est inspirée de la pensée d'un grand théoricien de l'État et de l'Islam médiéval qui vécut au XIVe siècle, Ibn Khaldûn. Cette pensée universelle, d'une portée équivalente à celle de Marx ou de Tocqueville, l'une des seules sans doute qui ne soit pas née en Occident, est, plus qu'un fil rouge, l'armature de ce texte qui nous fait voyager à travers l'histoire des âges impériaux et entend aussi pointer tout ce que notre monde démocratique, né de la Révolution industrielle, a d'exceptionnel – peut-être d'éphémère.
    Professeur d'histoire médiévale du monde musulman à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, Gabriel Martinez-Gros est l'un des meilleurs spécialistes de l'Islam classique. Il a dirigé, avec Lucette Valensi, l'Institut d'études de l'Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM/EHESS) jusqu'en 2002. Il notamment publié Ibn Khaldûn et les sept vies de l'Islam (Sindbad, 2006) et L'Islam en dissidence (Seuil, 2004, avec Lucette Valensi; réédité en " Points Histoire " sous le titre L'Islam, l'islamisme et l'Occident, 2013).

  • En mouvement ; une vie

    Oliver Sacks

    • Seuil
    • 4 February 2016

    " Sacks ira loin s'il cesse d'aller trop loin " : ces mots prophétiques prononcés par un professeur donnent le ton de cette autobiographie.
    Voici l'histoire d'un homme exceptionnel, qui a exploré de multiples domaines avec la même énergie. Au sortir d'une jeunesse obsédée par les motos et la vitesse, il travaille, en tant que neurologue, dans un hôpital new yorkais réservé aux malades chroniques : il y découvre des patients emprisonnés dans une profonde léthargie dont il va tenter de les faire sortir, expérience bouleversante qu'il racontera dans son livre L'Éveil, plus tard adapté au cinéma. Sa voie est alors tracée : tout en explorant les troubles neurologiques les plus étranges et en décrivant ces maux souvent incurables comme des mondes particuliers, il s'appliquera à montrer que chacune de ces manières " anormales " de se comporter, de parler ou de se situer dans l'espace et le temps est profondément humaine... trait qui éclaire notre propre " normalité " sous un jour inattendu.
    Dans ce récit mené au pas de charge, Sacks se révèle ainsi, d'une façon qui n'appartient qu'à lui, un explorateur de l'humain.
    Oliver Sacks (1933-2015) est l'auteur de nombreux livres, notamment L'Odeur du si bémol, Musicophilia, L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau et L'Éveil. Il est né à Londres, a vécu à New York, où il a enseigné la neurologie à la faculté de médecine de la NYU. Il fut nommé commandeur de l'Empire britannique en 2008.
    Traduit de l'anglais par Christian Cler
    " Un livre très remarquable par un homme très remarquable. Honnête, lucide, passionné et plein d'humour." The Wall Street Journal

  • L'odeur du si bémol ; l'univers des hallucinations

    Oliver Sacks

    • Seuil
    • 23 January 2014

    Vous est-il déjà arrivé de voir quelque chose qui n'était pas vraiment là ? De vous entendre appelé par votre nom dans une maison vide ? D'avoir l'impression que quelqu'un vous suivait puis de vous retourner sans rien découvrir ?
    La migraine peut faire voir des arcs-en-ciel chatoyants aussi bien que de minuscules personnages lilliputiens. La malvoyance ou la cécité peut paradoxalement finir par précipiter dans un monde visuel hallucinatoire. Une simple fièvre, ou même l'acte de se réveiller ou de s'endormir, peut faire halluciner des lumières colorées, des visages détaillés ou des ogres terrifiants. Les sujets endeuillés reçoivent parfois la " visite " réconfortante de l'être cher qui les a quittés.
    Procédant avec son élégance, sa curiosité et sa compassion habituelles, Oliver Sacks mêle ici les récits de ses patients à ses propres expériences des psychotropes pour tenter de répondre à plusieurs questions majeures : Les hallucinations reflètent-elles l'organisation et la structure de nos cerveaux ? En quoi ont-elles influé sur le folklore et l'art de chaque culture ? Et pourquoi la capacité d'halluciner potentiellement présente chez chacun d'entre nous constitue-t-elle une facette essentielle de la condition humaine ?
    Oliver Sacks
    Médecin, professeur de neurologie et de psychiatrie à la Columbia University (New York). Auteur de plusieurs best-sellers, notamment L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau (1988), et plus récemment, de Musicophilia (2009).
    Traduit de l'anglais par Christian Cler

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