Littérature générale

  • Au passage du col de Süsten, un soir d'août 1960, Jean-Noël Jeanneney, alors jeune étudiant, a échappé de très peu à la mort : la voiture qui les précédait, lui et ses camarades de voyage, a été écrasée par un rocher détaché de la paroi. C'est la scène inaugurale de ces Mémoires, celle qui sans doute fit que l'auteur s'interrogea longtemps sur la part du hasard dans la vie des sociétés et dans celle des hommes.
    Né dans une famille de grands serviteurs de l'État - son grand-père Jules Jeanneney fut le dernier président du Sénat de la IIIe République et son père Jean-Marcel Jeanneney ministre de De Gaulle et premier ambassadeur de France en Algérie -, Jean-Noël Jeanneney a eu précocement le goût de l'histoire et la passion de la politique - « la politique comme curiosité, comme atout, comme séduction, comme leçon ». Avec vivacité et humour, ces Mémoires nourris de notes prises au quotidien retracent une existence au plus près de l'histoire contemporaine et dessinent quarante ans de vie politique et intellectuelle de la France.
    Depuis le retour de De Gaulle au pouvoir en 1958, jusqu'à la victoire de la gauche en 1981 avec l'accession de François Mitterrand à la présidence, en passant par l'indépendance de l'Algérie en 1962, le concile de Vatican II et les années Giscard, le livre mêle avec une élégance singulière histoire publique et histoire privée, croquant de savoureux portraits sur le vif, rapportant des rencontres - avec de Gaulle bien sûr (merveilleux récit d'un déjeuner à Colombey en décembre 1969) et toute une partie de la classe politique française, mais aussi avec le vieux Kerenski réfugié aux États-Unis, Paul Morand, Saint-John Perse, ou encore Ben Gourion.

  • En 1978, dans Quand vient le souvenir, Saul Friedländer se penchait sur son enfance : l'incompréhensible drame qui fait qu'un petit garçon juif, tchèque, enfant unique chéri de ses parents, devient à dix ans catholique, français et orphelin. Ce livre reprend le récit au moment où le premier s'arrête : en 1948, quand l'auteur âgé de seize ans fugue du lycée Henri-IV où il est pensionnaire pour rejoindre clandestinement le jeune État d'Israël, comme l'ont fait d'autres orphelins de sa génération. Il ne parvient pas à s'y fixer. Très vite s'établit une existence partagée entre trois mondes : l'Europe, les États-Unis et Israël, entre français, anglais et hébreu. À plus de trente ans vient le choix de l'écriture et de l'histoire. Saul Friedländer renoue alors les fils de son passé en se confrontant au nazisme, dont il devient l'un des plus brillants historiens, engagé dans tous les débats de son temps. Voici le récit d'une vie marquée par la Shoah, dans laquelle la recherche n'a jamais été dissociée de l'engagement. D'une écriture pudique et souvent bouleversante, Saul Friedländer raconte comment, à partir de la perte, se construit une vie d'homme. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jacques Dalarun Mondialement reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes du nazisme et du génocide des Juifs, Saul Friedländer est notamment l'auteur de Pie XII et le IIIe Reich (Seuil, 1964 et 2010) et du livre-monument L'Allemagne nazie et les Juifs (2 vol., Les Années de persécution et Les Années d'extermination prix Pulitzer, Seuil, 1997 et 2008). Il a publié la quasi-totalité de son oeuvre aux éditions du Seuil depuis 1964.

  • Pendant la guerre d'Algérie, le FLN a ouvert en métropole un second front. Contrôlant peu à peu les 300 000 Algériens de l'immigration, la 7e wilaya – celle de France – a mis en place une organisation politico-militaire d'une redoutable efficacité. En réalité, une véritable administration parallèle et clandestine.
    Ali Haroun, un des dirigeants du FLN en France, livre son témoignage serein, précis et concret. Il décrit les structures et les trafics d'armes, les attentats et les faux papiers, les filières ; il raconte encore la collecte des cotisations qui vont grossir le trésor de guerre du FLN, les projets d'évasion des responsables algériens détenus et l'aide de leurs amis français, mais aussi la répression et la prison.
    Ce récit, fondé sur une collection unique d'archives inédites, est surtout une contribution indispensable à l'histoire de la guerre d'Algérie.
    Docteur d'État en droit (Paris, Panthéon-Sorbonne), Ali Haroun est avocat au Barreau d'Alger et agréé à la Cour Suprême. Il a été notamment, en Algérie, ministre des droits de l'Homme (1991-1992), puis membre du Haut Comité d'État (HCE) et de la présidence collégiale de la République (1992-1994).

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