Presses Universitaires de France

  • Phénomène médiatique souvent méprisé mais largement lu, le fait divers passionnel mérite une analyse psychosociologique. Au-delà du plaisir ambigu de la lecture, les récits de ces faits divers fournissent une image certes caricaturale mais très éclairante des représentations sociales actuelles de la conjugalité dans leur complexité. Ils traduisent ce qui apparaît comme normal ou déviant, valorisé ou au contraire stigmatisé dans la vie d'un couple ou dans le développement des relations amoureuses. La presses n'est pas seulement un témoin de ces relations et de ces représentations sociales, elle participe aussi à les construire et constitue un des instruments de contrôle social. Les modèles valorisés ont une influence sur nos comportements et nos modes de vie. Les auteurs psychologues et sociologue, analysent ces représentations sociales à partir de deux déterminants, l'un externe est la dynamique du social, les relations économiques et de pouvoir, les rôles sociaux de sexe..., l'autre interne est la dynamique de la pulsion et du désir inconscient. Ces deux déterminants sont d'autant plus puissants qu'ils agissent presque toujours à notre insu.

  • Cet ouvrage poursuit un double objectif : préciser les différents niveaux d'analyse des organisations, présenter trois recherches-interventions dans des milieux différents, une communauté religieuse, une entreprise de grande distribution, un centre d'hébergement de femmes en difficulté. L'auteur souhaite ainsi contribuer à l'édification d'une sociologie clinique en montrant la nécessaire évolution des méthodes de consultation et d'intervention favorisant le changement.

  • Comment comprendre l'échec de toutes les tentatives de dialogue avec l'islam ? Peut-être parce que ces tentatives reproduisent elles-mêmes une vision des civilisations comme des blocs cohérents, des entités dotées d'une culture spécifique et inconciliable avec une autre culture. Selon l'auteur cette représentation ne reflète pas la nature historique des civilisations et des cultures qui sont toutes métisses. Il ne s'agit pas dans ce livre de vanter les apports de l'islam à la civilisation européenne, mais de faire resurgir comme élément du débat, l'ampleur d'une circulation permanente et croisée entre les deux rives de la Méditerranée, des hommes, des pratiques et des idées. Il faut, selon l'auteur, réduire l'altérité de l'islam en commençant par établir de constants parallèles entre son histoire et celle de la France ou de l'Europe. Il faut aussi tenter de comprendre pourquoi le monde musulman offre l'image d'un bloc, pourquoi sa diversité interne est si peu visible et audible.

  • De quels discours disposons-nous et à l'aide de quels concepts peut-on penser l'avenir des rapports sociaux dans l'Europe des migrations de plus en plus hétérogène et cosmopolite, démographiquement et culturellement transformée par les flux de population que la mondialisation intensifie ? Ce livre défend l'idée selon laquelle, pour penser ce devenir, il est nécessaire de se réinterroger sur l'usage de certaines notions qui paraissaient aller de soi, comme celle du racisme, et de réviser l'usage de certaines catégories d'analyse, comme celle d'intégration.
    L'une des grandes questions pour les sciences sociales est devenue non pas celle de "penser l'après-colonialisme" mais de "penser après le colonialisme" c'est-à-dire en abolissant une vision du monde qui entérinait les différences et confinait les "autres" dans un statut culturel subalterne. Ainsi parler de "racisme à l'égard des immigrés" c'est persévérer dans la mise en oeuvre d'une catégorisation qui ne renseigne pas sur ce que la situation actuelle des sociétés européennes présente d'inédit. De même s'obstiner à vouloir l'intégration des immigrés c'est leur demander non seulement de se "convertir" à une vision occidentale du monde mais aussi contribuer paradoxalement à leur exclusion.
    Une réflexion théorique qui cherche moins à fournir des solutions immédiates qu'à poser des questions pouvant aider à faire comprendre l'évolution de notre société : il vaut mieux que notre société soit peuplée "d'acteurs ethniques" plus que de "victimes du racisme". C'est de la reconnaissance d'une ethnicité comme organisation sociale de la différence que l'on peut espérer une sortie de la résignation actuelle et la recherche de voies démocratiques de résolution des nouvelles contradictions que notre Europe aura à vivre.

  • L'approche adoptée par l'auteur se situe dans la lignée de celle de Max Weber quand il établit l'existence de continuités entre les conduites, les habitudes, les usages et le droit. Cl. Haroche s'attache à élucider les fondements de la "retenue", à saisir la nature de ses exigences, c'est-à-dire des formes qui structurent des manières d'être et de se conduire en société. Certains comportements de l'individualisme contemporain s'en trouvent ainsi éclairés. Cette question, au coeur des préoccupations des sociologues fondateurs, Simmel ou Mauss, est reprise dans les travaux de Georges Balandier, qui discerne l'effacement, voire la disparition des catégories anciennes, de Zigmunt Bauman, qui insiste sur la déterritorialisation des formes de vie dans la fluidité de la mondialisation, ou encore de Pierre Legendre, qui pressent une menace de régression dans une indifférenciation générale.

  • L'une des caractéristiques des politiques de discrimination positive, qui introduit une rupture dans la tradition des sociétés démocratiques où l'égalité de traitement est fondée sur des droits individuels, est qu'elle s'adresse à des groupes sociaux définis comme désavantagés au regard des normes sociales en vigueur. Mais contrairement à la conception américaine, ces groupes ne sont pas définis en France selon des critères innés et permanents, mais en fonction de leur situation socio-économique susceptible d'évoluer, d'autre part l'orientation américaine implique une obligation de résultat alors que la position française n'introduit qu'une obligation de moyens. Ce livre est conçu comme un prolongement du volume précadent Egalité, bouveaux débats (Puf, 2002) mais selon un objectif différent : la dimension comparative entre différentes pratiques françaises et le renouvellement du débat théorique au niveau international sont mis en avant.

  • Ce livre s'appuie sur un choix théorique pluridisciplinaire : il met en regard psychanalyse, anthropologie et sociologie ; il privilégie une parole souvent escamotée, celle des femmes d'une culture : l'islam.
    L'inconscient humain est structuré par des invariants psychiques, notamment par une fantasmatique originaire et chaque culture invente, peaufine des modèles identificatoires, des créations institutionnelles, qui s'avèrent être les réponses les plus complexes aux questions posées par l'énigme des fantasmes originaires : séduction, castration et scène primitive.
    Ouvrage passionnant publié en 1994 dans la collection Sociologie d'aujourd'hui dirigée par Georges Balandier, dont les analyses sont à relire pour comprendre la culture musulmane, ses contradictions et surtout l'emprise des pères et frères sur les femmes, présentées comme des êtres dangereux, maniant séduction et ruse, inaptes à respecter les règles sociales.

  • En comparant la France et la Grande-Bretagne, obligées de redéfinir les rapports qu'elles entretiennent avec les étrangers, les immigrés et les minorités, cet ouvrage montre l'épuisement des modèles d'intégration traditionnels. Il nous faut combiner la diversité et l'unité, les minorités et l'individu.

  • La maladie n'est pas seulement un événement biologique qui affecte l'individu et mobilise le savoir médical. Elle est aussi une réalité sociale qui met en jeu des rapports de pouvoir. Elle les exprime dans les multiples manières dont l'ordre social s'inscrit dans les corps, à travers les disparités face aux risques de l'existence, aux possibilités de se soigner et, finalement, à la mort. Elle les révèle dans l'intervention de ceux que l'on crédite de la capacité de guérir, qu'ils soient chamanes, marabouts, prêtres ou médecins, tout autant que dans les interactions entre les professions de santé et les pouvoirs publics. Elle les dévoile enfin dans la recherche de réponses collectives aux désordres corporels, rituels de purification ou programmes de prévention, dont la réalisation représente toujours un test pour l'autorité, celle du devin comme celle de l'État. Incorporation de l'inégalité, pouvoir de guérir et gouvernement de la vie constituent ainsi les trois dimensions de ce que l'on se propose de nommer l'espace politique de la santé. En s'efforçant de penser ensemble des mondes éloignés temporellement et culturellement, en s'appuyant sur des travaux d'ethnologues, d'historiens et de sociologues, et aussi sur des recherches personnelles, il s'agit de montrer comment cet espace s'est construit. D'en établir, en somme, la généalogie. Mais, au-delà de cette reconstitution, l'ouvrage est également une invitation à explorer un territoire en plein développement et pourtant encore peu visité, aux frontières du politique et de la santé.

  • Une première enquête montre que la crise de la masculinité est fondée sur la difficulté à définir ce que doit être un homme à partir d'une profusion de normes souvent contradictoires et variables selon le milieu social. Une seconde enquête relie ces représentations collectives et les applications dans les pratiques privées des jeunes.

  • Les attentes et les incertitudes identitaires d'un groupe social en expansion qui ne se reconnaît ni dans la classe ouvrière, même s'il en est issu, ni dans le groupe des cadres, dont il se sent exclu, et interpelle aussi bien les organisations syndicales que le patronat.

  • L'objectif de cette étude est de dépasser les formulations explicites du populisme, celles de Hugo, de Michelet, de Delacroix, de Blanqui, etc., pour atteindre le mythe du peuple comme fait collectif et comprendre la façon dont il fonctionne dans la socié

  • S'il n'est pas de notre faculté d'explorer cette terra incognita qu'est la mort, il est néanmoins possible de resituer celle-ci dans la logique du social, grâce à un double questionnement sur le sens et la durée. Puisque la mort est un moment fondateur, on en vient à entrevoir l'existence d'une liaison, de type homothétique, entre la façon de penser le temps et celle de penser la mort : mythes et modèles, conceptions du temps-destin et du temps-outil, croyances en la mort-renaissance et en la mort-finitude sont là pour l'attester. À l'occasion de l'événement-mort, chaque culture déploie, sur la base d'un principe de perte, une économie sacrée, radicalement différente de l'économie profane d'accumulation. Et, finalement, ce fait social total qu'est la fête dévoile sa nature mortifère : à la déchirure vitale que constitue la mort au plan du biologique, correspond la déchirure sociale qu'est la fête au plan du collectif organisé. On l'aura compris : c'est la mort qui se joue dans la fête et c'est la fête qui déjoue la mort.

  • Pour appréhender la formation de normes nouvelles dans les campagnes chinoises, les auteurs analysent les principes d'action et les fondements du lien social existant avant l'arrivée au pouvoir du Parti communiste. Cette étude est centrée sur l'évolution

  • La révolution informationnelle propose une autre donne économique. Est-ce à dire que celle considérée par l'économie est fausse ? L'expression fausse donne peut en effet se comprendre de deux manières. Dans un cas, la fausse donne laisse penser qu'une erreur, non intentionnelle, a été commise et qu'il faut redistribuer les cartes pour la changer. Dans l'autre, la fausse donne serait le moment d'une tromperie intentionnelle, autrement dit le moment où l'on laisserait croire que les choses seraient comme cela et qu'il ne servirait à rien de changer l'ordre du monde. Que la donne soit vraie ou fausse, bonne ou mauvaise, ne résoudra d'ailleurs jamais la question de sa nature réelle ! Existe-t-il une seule manière de distribuer les cartes de la réalité socio-économique, et la lecture que l'économie propose de cette distribution est-elle unique ou plurielle ? L'auteur propose, à travers une lecture anthropologique de la dette et du don, une réflexion critique sur la valeur de l'information et la manière dont l'économie se révèle impuissante à rendre compte de la complexité des processus informationnels.

  • Dans les médias, comme dans l'opinion publique, le terme de mondialisation est devenu d'usage courant. C'est dire qu'il fonctionne à la fois comme une évidence indiscutable, et comme une matière inépuisable de débats et de controverses. Mais son sens en est circonscrit, le plus souvent, à la sphère économique entendue stricto sensu (le marché capitaliste mondial). Dans cet ouvrage, l'accent est mis sur la dimension culturelle du phénomène. La mondialisation n'est-elle pas aussi - et peut-être surtout - une mise en contact rapproché de sociétés aux valeurs différentes, hétérogènes, éventuellement conflictuelles ? Faut-il, dans la rencontre désormais intime de l'Orient et de l'Occident, de l'islam et du Christianisme, de l'Amérique et de la Chine, du Japon et de l'Europe, voir l'aube d'une ère nouvelle ? Et, si oui, cette ère sera-t-elle porteuse d'un choc des civilisations meurtrier ? Ou bien, la confrontation pacifique marquera-t-elle les débuts d'une humanité enfin pleinement consciente d'elle-même, la vraie naissance du genre humain, que les philosophes ont défini autrefois comme une espèce animale douée de rationalité et de sociabilité ?

  • Traite de l'odorat sur le plan anthropologique. Après un rappel cursif de la psychologie de l'odorat et de la perception olfactive, l'ouvrage s'intéresse, à partir des données ethnographiques, aux modalités de la mémorisation des odeurs et de leur catégorisation. Enfin, il traite de la question centrale en anthropologie culturelle : celle de la réalité du partage.

  • Vouloir lire une image, c'est parfois faire l'expérience d'une certaine paralysie. N'avoir, soudain, rien à dire, résulterait du fait que la polysémie fonctionne si fortement que les stratégies de décodage tendent à se neutraliser les unes les autres. Pas de sens, parce que trop de sens ; pis, trop de sens divergents, voire opposés qu'apparemment rien ne fédérerait. Que faire, donc, face à une image qui résiste ? Photographies, peintures, affiches politiques ou commerciales, BD, cartes postales, dessins de presse, etc., qui ont en commun d'être des images fixes à deux dimensions, forment l'objet de ce livre. Partant de l'idée chère à McLuhan selon laquelle le message, c'est le médium, l'auteur s'est posé la question de savoir quelle était la part du support de toutes ces icônes dans les multiples effets de sens qu'elles génèrent. D'autres dimensions ont dû être évidemment prises en considération par l'analyste. Notamment le fait que chaque image ne s'offre à la lecture qu'à proportion de ce qu'elle cache : le support, où la représentation vient prendre corps, est aussi un écran aux deux sens du terme... D'inspiration barthésienne, l'éloquence des images est un livre qui se situe à la frontière de la sémiologie et de la rhétorique.

  • Un danger, la passion ? Ou ce que Durkheim appelle une source autonome d'action ? Elle effraie car elle trouble l'harmonie des structures, et chaque forme sociale lui donne une figure originale. Les conduites effervescentes naissent du conflit des déterminismes et de la vie, là où l'homme et la femme, parfois, s'insurgent contre les codes et dépassent le connu par l'utopie. Si la fascination du possible est plus forte que la gestion des contraintes, n'y peut-on voir l'émergence d'une éthique ? L'examen comparé des passions et de leur genèse dans des civilisations différentes est l'objet de ce livre. Une herméneutique peut déchiffrer ces images exaspérées, individuelles, qui modèlent des comportements collectifs : la reconstruction utopique de la vie souterraine qui chemine hors des règles et des lois.

  • "Si nos pensées et nos arrières pensées nous étaient réciproquement accessibles, nos formes relationnelles s'écrouleraient : adieu mensonges, non-dit, intimité et connivence, mais aussi indiscrétions, confidences, méfiance et authenticité. L'ombre du secret abrite la moitié du monde. Nos interactions se déploient dans d'incessants mouvements de bascule entre le visible et l'invisible, où elles trouvent leurs formes caractéristiques. Les jeux du voilement / dévoilement commencent avec la vie, avec la membrane qui sépare et relie l'intérieur et l'extérieur. L'affinement des sens apporte un affinement de la soustraction aux sens. Enfin le langage est l'outil par excellence de ce jeu de bascule permanent car il articule le perceptible et la pensée immatérielle (d'où un jeu du caché / montré) il accueille les distorsions imaginaires (jeu avec le référent) et nous pouvons en respecter ou en transgresser les règles d'usage (jeu autour des conventions). Ce triple jeu place les échanges symboliques dans un espace de réversibilité virtuelle et d'incertitude, favorable à la fois à la création et à l'érosion des formes sociales. "Texte de couverture

  • "S'il est un point de vue commun aux études et recherches sur le chômage ainsi qu'aux diverses représentations véhiculées par les médias, c'est bien de dépeindre cette situation, cet état, comme étant celui d'une victime. Toutes nos conceptions sont empreintes plus ou moins de cette mise en forme privilégiant la souffrance, insistant sur la misère inhérente à cette condition comme s'il nous était impossible, du sens commun aux recherches actuelles, de penser autrement. Entendons-nous bien, il ne s'agira pas ici de tirer un trait sur toute souffrance ou de blanchir naïvement les difficultés qu'implique la condition de chômeur et de faire comme si finalement, l'alternative se situait obligatoirement entre ce qu'il faut appeler une caricature et une autre plus optimiste.Le pari de ce livre se situe ailleurs : la vie quotidienne du jeune chômeur ne se laisse pas réduire à un mode de vie type ou à une figure unique et bouscule en permanence les petites cases dans lesquelles nous tentons de l'enfermer. Il m'a semblé nécessaire de montrer en quoi les travaux sur la question contribuent dans leur grande majorité à la construction ainsi qu'au renforcement de représentations unilatérales, négatives du chômage et des chômeurs (validant au passage les nombreux clichés attribués aux médias et au sens commun) et en quoi ils s'appuient sur un certain nombre de présupposés inappropriés pour rendre compte de la complexité et de la richesse des situations."Texte de couverture"Je commencerai par rappeler ce qui motive à mon sens la nécessité d'une autre approche du chômage avant de définir plus précisément l'espace social dans lequel se déploie cette recherche. Puis il s'agira de traiter ce que l'on appelle les vécus du chômage et de la précarité en incluant la question des représentations du travail, en soulignant l'état des savoirs mais aussi les changements de perspective intervenus ces dernières années sur cette question. Enfin j'examinerai les pratiques ponctuant la vie quotidienne des jeunes chômeurs, mode de consommation, pratiques de débrouillardise, rapport au temps, sociabilités, modes d'être et d'agir sans oublier la question de la construction identitaire. Bref les modes de vie des chômeurs seront étudiés de la manière la plus exhaustive possible en respectant la diversité de leurs déploiements."Extrait de l'introduction

  • Selon l'auteur les jeunes générations génèrent elles-mêmes leurs formes de socialisation avec des notions communes d'humanité et d'épreuve dans ces expériences, qui malgré les dérives vers la force et la ruse permettent de cerner et définir un univers de justice. Le jeune joueur fait en même temps l'expérience de la construction de sa grandeur à travers une série d'épreuves pour accéder à des niveaux supérieurs et acquérir le statut de bon joueur voire de maître du jeu puis plus tard de concepteur de scénarios. Mais cette autonomie est relative car elle est limitée dans le cadre d'un marché, celui florissant de ces jeux vidéos d'où de nombreuses implications sociales. La séduction de ces jeux repose sur le développement de "qualités" refoulées dans la vie quotidienne. Ces jeux doivent être politiquement corrects d'où un travail d'adaptation de la part des fabricants pour canaliser les excès et contradictions, les désirs suscités. Ce travail débouche sur une analyse de la manière dont les jeunes peuvent construire leur personnalité à côté de l'école.

  • Cet essai repère dans les contes et légendes, dans la mythologie, le récit biblique et l'histoire contemporaine, les sources de l'inspiration de Rowling, l'étonnante créatrice de Harry Potter. I. Smadja ne peut que constater que cette série est à la jonction d'un passé commun à tous les peuples. Mais pourquoi avoir choisi l'univers de la sorcellerie avec fantômes et devins pour parler des hommes et de leurs défauts ? Ce choix aurait-il une fonction ? I. Smadja y voit un procédé destiné à pénétrer dans l'inconscient de l'enfant en échappant à la censure. Elle analyse les désirs secrets, inavouables, comblés par la lecture des "aventures" et de l'éducation de Harry, ainsi que les valeurs transmises par Rowling.Elle essaie ainsi de répondre à l'éternelle question que se posent parents et éducateurs : à quel monde rêvent nos enfants ?

  • Dépassant les critiques parfois excessives qui ont succédé à l'enthousiasme général et sans doute lui aussi excessif à propos du livre de Louis Dumont L'Homo hierarchicus, essai sur le système des castes (1966) cet ouvrage est motivé par l'idée qu'il est temps de présenter la caste avec les évolutions importantes que connaît la société indienne depuis ces dernières années.
    Soit on considère que la caste est une institution millénaire, une forme stable et que les évolutions récentes ne sont que dégénerescences qui n'informent plus sur l'institution elle-même, soit on considère la caste comme une institution changeante, s'adaptant aux aléas sociaux et les changements sont alors des éléments essentiels de compréhension de cette évolution. L'auteur adopte ce second point de vue car l'histoire de l'Inde indépendante a largement contredit ceux qui pensaient la caste comme une institution archaïque, vestige de l'obscurantisme passé.
    L'Inde s'est modernisée mais le système des castes résiste et se modifie ce que montre cet ouvrage et que la caste devient un enjeu fondamental de la vie politique indienne au risque de pervertir un système démocratique qui méritait jusqu'alors notre admiration.

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