Presses Universitaires de France

  • En comparant la France et la Grande-Bretagne, obligées de redéfinir les rapports qu'elles entretiennent avec les étrangers, les immigrés et les minorités, cet ouvrage montre l'épuisement des modèles d'intégration traditionnels. Il nous faut combiner la diversité et l'unité, les minorités et l'individu.

  • L'approche adoptée par l'auteur se situe dans la lignée de celle de Max Weber quand il établit l'existence de continuités entre les conduites, les habitudes, les usages et le droit. Cl. Haroche s'attache à élucider les fondements de la "retenue", à saisir la nature de ses exigences, c'est-à-dire des formes qui structurent des manières d'être et de se conduire en société. Certains comportements de l'individualisme contemporain s'en trouvent ainsi éclairés. Cette question, au coeur des préoccupations des sociologues fondateurs, Simmel ou Mauss, est reprise dans les travaux de Georges Balandier, qui discerne l'effacement, voire la disparition des catégories anciennes, de Zigmunt Bauman, qui insiste sur la déterritorialisation des formes de vie dans la fluidité de la mondialisation, ou encore de Pierre Legendre, qui pressent une menace de régression dans une indifférenciation générale.

  • Phénomène médiatique souvent méprisé mais largement lu, le fait divers passionnel mérite une analyse psychosociologique. Au-delà du plaisir ambigu de la lecture, les récits de ces faits divers fournissent une image certes caricaturale mais très éclairante des représentations sociales actuelles de la conjugalité dans leur complexité. Ils traduisent ce qui apparaît comme normal ou déviant, valorisé ou au contraire stigmatisé dans la vie d'un couple ou dans le développement des relations amoureuses. La presses n'est pas seulement un témoin de ces relations et de ces représentations sociales, elle participe aussi à les construire et constitue un des instruments de contrôle social. Les modèles valorisés ont une influence sur nos comportements et nos modes de vie. Les auteurs psychologues et sociologue, analysent ces représentations sociales à partir de deux déterminants, l'un externe est la dynamique du social, les relations économiques et de pouvoir, les rôles sociaux de sexe..., l'autre interne est la dynamique de la pulsion et du désir inconscient. Ces deux déterminants sont d'autant plus puissants qu'ils agissent presque toujours à notre insu.

  • Comment comprendre l'échec de toutes les tentatives de dialogue avec l'islam ? Peut-être parce que ces tentatives reproduisent elles-mêmes une vision des civilisations comme des blocs cohérents, des entités dotées d'une culture spécifique et inconciliable avec une autre culture. Selon l'auteur cette représentation ne reflète pas la nature historique des civilisations et des cultures qui sont toutes métisses. Il ne s'agit pas dans ce livre de vanter les apports de l'islam à la civilisation européenne, mais de faire resurgir comme élément du débat, l'ampleur d'une circulation permanente et croisée entre les deux rives de la Méditerranée, des hommes, des pratiques et des idées. Il faut, selon l'auteur, réduire l'altérité de l'islam en commençant par établir de constants parallèles entre son histoire et celle de la France ou de l'Europe. Il faut aussi tenter de comprendre pourquoi le monde musulman offre l'image d'un bloc, pourquoi sa diversité interne est si peu visible et audible.

  • L'objectif de cette étude est de dépasser les formulations explicites du populisme, celles de Hugo, de Michelet, de Delacroix, de Blanqui, etc., pour atteindre le mythe du peuple comme fait collectif et comprendre la façon dont il fonctionne dans la socié

  • Une première enquête montre que la crise de la masculinité est fondée sur la difficulté à définir ce que doit être un homme à partir d'une profusion de normes souvent contradictoires et variables selon le milieu social. Une seconde enquête relie ces représentations collectives et les applications dans les pratiques privées des jeunes.

  • Pour appréhender la formation de normes nouvelles dans les campagnes chinoises, les auteurs analysent les principes d'action et les fondements du lien social existant avant l'arrivée au pouvoir du Parti communiste. Cette étude est centrée sur l'évolution

  • La maladie n'est pas seulement un événement biologique qui affecte l'individu et mobilise le savoir médical. Elle est aussi une réalité sociale qui met en jeu des rapports de pouvoir. Incorporation de l'inégalité, pouvoir de guérir et gouvernement de la vie constituent les trois dimensions de ce que l'on se propose de nommer l'espace politique de la santé.

  • S'il n'est pas de notre faculté d'explorer cette terra incognita qu'est la mort, il est néanmoins possible de resituer celle-ci dans la logique du social, grâce à un double questionnement sur le sens et la durée. Puisque la mort est un moment fondateur, on en vient à entrevoir l'existence d'une liaison, de type homothétique, entre la façon de penser le temps et celle de penser la mort : mythes et modèles, conceptions du temps-destin et du temps-outil, croyances en la mort-renaissance et en la mort-finitude sont là pour l'attester. À l'occasion de l'événement-mort, chaque culture déploie, sur la base d'un principe de perte, une économie sacrée, radicalement différente de l'économie profane d'accumulation. Et, finalement, ce fait social total qu'est la fête dévoile sa nature mortifère : à la déchirure vitale que constitue la mort au plan du biologique, correspond la déchirure sociale qu'est la fête au plan du collectif organisé. On l'aura compris : c'est la mort qui se joue dans la fête et c'est la fête qui déjoue la mort.

  • Les attentes et les incertitudes identitaires d'un groupe social en expansion qui ne se reconnaît ni dans la classe ouvrière, même s'il en est issu, ni dans le groupe des cadres, dont il se sent exclu, et interpelle aussi bien les organisations syndicales que le patronat.

  • L'une des caractéristiques des politiques de discrimination positive, qui introduit une rupture dans la tradition des sociétés démocratiques où l'égalité de traitement est fondée sur des droits individuels, est qu'elle s'adresse à des groupes sociaux définis comme désavantagés au regard des normes sociales en vigueur. Mais contrairement à la conception américaine, ces groupes ne sont pas définis en France selon des critères innés et permanents, mais en fonction de leur situation socio-économique susceptible d'évoluer, d'autre part l'orientation américaine implique une obligation de résultat alors que la position française n'introduit qu'une obligation de moyens. Ce livre est conçu comme un prolongement du volume précadent Egalité, bouveaux débats (Puf, 2002) mais selon un objectif différent : la dimension comparative entre différentes pratiques françaises et le renouvellement du débat théorique au niveau international sont mis en avant.

  • La révolution informationnelle propose une autre donne économique. Est-ce à dire que celle considérée par l'économie est fausse ? L'expression fausse donne peut en effet se comprendre de deux manières. Dans un cas, la fausse donne laisse penser qu'une erreur, non intentionnelle, a été commise et qu'il faut redistribuer les cartes pour la changer. Dans l'autre, la fausse donne serait le moment d'une tromperie intentionnelle, autrement dit le moment où l'on laisserait croire que les choses seraient comme cela et qu'il ne servirait à rien de changer l'ordre du monde. Que la donne soit vraie ou fausse, bonne ou mauvaise, ne résoudra d'ailleurs jamais la question de sa nature réelle ! Existe-t-il une seule manière de distribuer les cartes de la réalité socio-économique, et la lecture que l'économie propose de cette distribution est-elle unique ou plurielle ? L'auteur propose, à travers une lecture anthropologique de la dette et du don, une réflexion critique sur la valeur de l'information et la manière dont l'économie se révèle impuissante à rendre compte de la complexité des processus informationnels.

  • Dans les médias, comme dans l'opinion publique, le terme de mondialisation est devenu d'usage courant. C'est dire qu'il fonctionne à la fois comme une évidence indiscutable, et comme une matière inépuisable de débats et de controverses. Mais son sens en est circonscrit, le plus souvent, à la sphère économique entendue stricto sensu (le marché capitaliste mondial). Dans cet ouvrage, l'accent est mis sur la dimension culturelle du phénomène. La mondialisation n'est-elle pas aussi - et peut-être surtout - une mise en contact rapproché de sociétés aux valeurs différentes, hétérogènes, éventuellement conflictuelles ? Faut-il, dans la rencontre désormais intime de l'Orient et de l'Occident, de l'islam et du Christianisme, de l'Amérique et de la Chine, du Japon et de l'Europe, voir l'aube d'une ère nouvelle ? Et, si oui, cette ère sera-t-elle porteuse d'un choc des civilisations meurtrier ? Ou bien, la confrontation pacifique marquera-t-elle les débuts d'une humanité enfin pleinement consciente d'elle-même, la vraie naissance du genre humain, que les philosophes ont défini autrefois comme une espèce animale douée de rationalité et de sociabilité ?

  • Traite de l'odorat sur le plan anthropologique. Après un rappel cursif de la psychologie de l'odorat et de la perception olfactive, l'ouvrage s'intéresse, à partir des données ethnographiques, aux modalités de la mémorisation des odeurs et de leur catégorisation. Enfin, il traite de la question centrale en anthropologie culturelle : celle de la réalité du partage.

  • Cet ouvrage poursuit un double objectif : préciser les différents niveaux d'analyse des organisations, présenter trois recherches-interventions dans des milieux différents, une communauté religieuse, une entreprise de grande distribution, un centre d'hébergement de femmes en difficulté. L'auteur souhaite ainsi contribuer à l'édification d'une sociologie clinique en montrant la nécessaire évolution des méthodes de consultation et d'intervention favorisant le changement.

  • De quels discours disposons-nous et à l'aide de quels concepts peut-on penser l'avenir des rapports sociaux dans l'Europe des migrations de plus en plus hétérogène et cosmopolite, démographiquement et culturellement transformée par les flux de population que la mondialisation intensifie ? Ce livre défend l'idée selon laquelle, pour penser ce devenir, il est nécessaire de se réinterroger sur l'usage de certaines notions qui paraissaient aller de soi, comme celle du racisme, et de réviser l'usage de certaines catégories d'analyse, comme celle d'intégration.
    L'une des grandes questions pour les sciences sociales est devenue non pas celle de "penser l'après-colonialisme" mais de "penser après le colonialisme" c'est-à-dire en abolissant une vision du monde qui entérinait les différences et confinait les "autres" dans un statut culturel subalterne. Ainsi parler de "racisme à l'égard des immigrés" c'est persévérer dans la mise en oeuvre d'une catégorisation qui ne renseigne pas sur ce que la situation actuelle des sociétés européennes présente d'inédit. De même s'obstiner à vouloir l'intégration des immigrés c'est leur demander non seulement de se "convertir" à une vision occidentale du monde mais aussi contribuer paradoxalement à leur exclusion.
    Une réflexion théorique qui cherche moins à fournir des solutions immédiates qu'à poser des questions pouvant aider à faire comprendre l'évolution de notre société : il vaut mieux que notre société soit peuplée "d'acteurs ethniques" plus que de "victimes du racisme". C'est de la reconnaissance d'une ethnicité comme organisation sociale de la différence que l'on peut espérer une sortie de la résignation actuelle et la recherche de voies démocratiques de résolution des nouvelles contradictions que notre Europe aura à vivre.

  • Ce livre s'appuie sur un choix théorique pluridisciplinaire : il met en regard psychanalyse, anthropologie et sociologie ; il privilégie une parole souvent escamotée, celle des femmes d'une culture : l'islam.
    L'inconscient humain est structuré par des invariants psychiques, notamment par une fantasmatique originaire et chaque culture invente, peaufine des modèles identificatoires, des créations institutionnelles, qui s'avèrent être les réponses les plus complexes aux questions posées par l'énigme des fantasmes originaires : séduction, castration et scène primitive.
    Ouvrage passionnant publié en 1994 dans la collection Sociologie d'aujourd'hui dirigée par Georges Balandier, dont les analyses sont à relire pour comprendre la culture musulmane, ses contradictions et surtout l'emprise des pères et frères sur les femmes, présentées comme des êtres dangereux, maniant séduction et ruse, inaptes à respecter les règles sociales.

  • Dépassant les critiques parfois excessives qui ont succédé à l'enthousiasme général et sans doute lui aussi excessif à propos du livre de Louis Dumont L'Homo hierarchicus, essai sur le système des castes (1966) cet ouvrage est motivé par l'idée qu'il est temps de présenter la caste avec les évolutions importantes que connaît la société indienne depuis ces dernières années.
    Soit on considère que la caste est une institution millénaire, une forme stable et que les évolutions récentes ne sont que dégénerescences qui n'informent plus sur l'institution elle-même, soit on considère la caste comme une institution changeante, s'adaptant aux aléas sociaux et les changements sont alors des éléments essentiels de compréhension de cette évolution. L'auteur adopte ce second point de vue car l'histoire de l'Inde indépendante a largement contredit ceux qui pensaient la caste comme une institution archaïque, vestige de l'obscurantisme passé.
    L'Inde s'est modernisée mais le système des castes résiste et se modifie ce que montre cet ouvrage et que la caste devient un enjeu fondamental de la vie politique indienne au risque de pervertir un système démocratique qui méritait jusqu'alors notre admiration.

  • Redécouvrir la puissance fondatrice et parfois destructrice de la multitude, tel est l'enjeu de ce livre.

  • De quoi est faite une solitude que l'on ne comprend pas ? pourquoi suscite-t-elle peur et angoisse ? Pouvons-nous l'apprivoiser, la transformer, y échapper ? A partir de récits d'expérience de solitude, l'auteur analyse ces questions en mettant en lumière différentes sortes et expériences de solitude. C'est toujours une histoire singulière d'un rapport à soi et à autrui qui s'inscrit dans une histoire collective, fondée sur un lien social avec des possibilités de changement, chacun détient un pouvoir d'action. Ce livre met en lumière les différentes façons de vivre l'expérience de la solitude, l'origine des sentiments qui lui sont liés ainsi que les possibilités d'oeuvrer à sa transformation. Vision nouvelle de l'expérience de la solitude, sa diversité et les façons dont l'acteur travaille à sa transformation.

  • Bouleversements du monde contemporain et faillite des idéologies sollicitent les sciences sociales. Maîtriser le social devient affaire de savoir et d'expertise.

  • Du XVIe au XXe siècle, un processus de pacification des moeurs intervient dans la vie civile occidentale. Au regard du recul historique des violences interpersonnelles dans les rapports civils ordinaires, l'augmentation des agressions et des crimes d'appropriation des 3 dernières décennies est remarquable. A quelle aune apprécier les vicissitudes de la paix civile ? telle est la question posée ici

  • Quelle représentation de la communauté de travail faut-il promouvoir pour que le paradigme travail-communication puisse acquérir une légitimité et une existence durables ? La question abordée dans cet essai est dans la lignée des apports de Max Weber et Jürgen Habermas.

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