Nouveau Monde Editions

  • - 4700 avant J. C. Les environs de Carnac sont occupés par deux groupes d'humains. Les Nomades des forêts vivent de chasse et de cueillette comme leurs ancêtres les plus lointains. Les Pêcheurs de la côte se sont fixés là où l'ampleur de la marée permet d'abondantes récoltes de poissons à l'aide de barrages de pierres. Un équilibre s'est instauré entre les deux groupes, fait d'échanges (de nourritures, de biens et de femmes) et aussi de conflits qui cessent au premier sang versé.Mais voilà que de nouveaux venus incendient les forêts, bâtissent des maisons et interdisent le passage sur de vastes territoires. Ils retiennent prisonniers des animaux inconnus. Ils domestiquent la terre qui leur offre de grosses quantités de céréales. Ce sont les Cultivateurs des vallées.Le conflit semble inévitable quand, Longues-jambes, le commerçant voyageur (qui connaît déjà les trois groupes) propose sa médiation. Il est assassiné. Cette fois, la guerre est déclarée et des humains visent à mort d'autres humains ' une nouveauté effrayante.Le soir de cette première bataille, au milieu des cadavres et des blessés, trois femmes s'interposent : Sourire-de-lynx chez les Nomades, Paruline chez les Pêcheurs, Ardente chez les Cultivateurs. Elles proposent de découvrir ensemble qui a tué le commerçant : le meurtrier porte la responsabilité de la guerre. Chacune garantira pour son groupe l'impartialité de l'enquête. Le coupable et son peuple devront quitter la région, laissant les deux autres se la partager. Persuadé que l'assassin se trouve chez ses ennemis, chacun accepte cette issue radicale.Tout en décrivant la rencontre des derniers chasseurs-cueilleurs et des premiers agriculteurs de Bretagne, Sophie Marvaud poursuit sa réflexion sur les rapports sociaux dans la Préhistoire, et en particulier sur le pouvoir et la violence. Elle s'appuie sur les analyses les plus récentes des spécialistes.Romancière, elle a publié Le Secret des cartographes chez (Plon 2008), Suzie la rebelle (Nouveau Monde éditions, 2014) et dans la collection « Crimes et Monuments » Meurtre chez les Magdaléniens.

  • D'origine jamaïcaine par son père et indienne par sa mère, Kamala Harris était faite pour son destin : bébé, elle parcourait déjà en poussette les manifestations pour les droits civiques. Elle est le phénomène qui bouscule l'Amérique : jamais une femme n'avait réussi à accéder à la vice-présidence des États-Unis !
    Comme Barack Obama, à qui elle est souvent comparée, elle a toutefois très peu l'habitude de rester en retrait et ne se contentera pas d'un second rôle. Joe Biden, qui se voit comme un « pont entre les générations », ne s'y est pas trompé. Comme tout le monde, il voit sa dauphine de 55 ans gravir la dernière marche et lui succéder.
    Kamala entend pourtant aussi rester « Momala », un titre qui lui est si cher. C'est comme ça que l'appellent les deux enfants de son mari, l'avocat Douglas Emhoff. Car pour cette femme au destin hors du commun, sa famille passe avant tout.
    On le sait aussi, celle qui fait désormais rêver l'Amérique est une politicienne à poigne. Parfois trop peut-être : la gauche du Parti démocrate lui reproche d'être trop à droite. Donald Trump la qualifiait au contraire de gauchiste « radicale ». Ses détracteurs concluent qu'elle est opportuniste. On retient d'elle qu'elle ne flanche pas, même lorsque les décisions à prendre sont difficiles, une réputation qu'elle a acquise durant ses années de procureure en Californie.
    Ce qui est sûr, c'est qu'avec Kamala Harris, l'Amérique est en train de changer. La première vice-présidente de l'Histoire ré-enchante le Rêve américain et les petites filles, notamment « les petites filles de couleur qui se sentent si souvent oubliées et sous-estimées », se voient différemment pour la première fois : elles peuvent rêver de devenir un jour, elles-aussi, présidente des États-Unis.
    Jean-Éric Branaa est maître de conférences à l'université d'Assas. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les États-Unis, dernièrement de la biographie de Joe Biden parue chez Nouveau Monde.

  • Commando Delta : confessions d'un soldat de l'OAS Nouv.

    Pour la première fois, un ancien membre des meurtriers commandos Delta raconte de l'intérieur. Ce bras armé de l'OAS en 1961-1962 aurait à son actif plus de 1 600 assassinats - attentats à la bombe, fusillades, exécution d'Européens favorables à l'indépendance de l'Algérie. Le chef des commandos Delta, Roger Degueldre, a été condamné à mort et exécuté en 1962.Fils de colons, Edmond Fraysse avait vingt ans lorsqu'il a basculé dans ce combat. Militaire, il a apporté son savoir-faire en matière d'armes à feu et d'explosifs. Aujourd'hui âgé de 82 ans, il raconte comment il a participé à l'élimination d'ennemis de l' « Organisation », membres du FLN ou traîtres à l'Algérie française. Il dévoile surtout dans le détail les complicités dont il a bénéficié jusqu'au sein de l'appareil d'État : commissaires de police, militaires, agents du renseignement.  A l'heure où la France juge urgent d'ouvrir les archives aux chercheurs, ce livre apporte un témoignage inédit sur cette campagne meurtrière, soixante ans après le cessez-le-feu. 
     

  • Octobre 2011 : Kadhafi est tué, la Libye est en feu, François Hollande devient candidat des socialistes. L'UMP et le PS entrent dans la phase finale d'une guerre qui les mènera jusqu'à l'élection présidentielle.
    Ancienne gloire des Stups de Paris, le policier déchu Christian Kertesz est recruté par des truands corses pour relancer un trafic de cocaïne. En parallèle, il espionne pour une société de renseignement privée le haut responsable d'une multinationale du BTP afin de l'écarter d'un marché juteux en Libye.
    Alors que Squarcini, Péchenard, Neyret et d'autres grands flics sont inquiétés par des affaires qui mettent à mal l'image de la police, la capitaine Laurence Verhaeghen de la Brigade Criminelle de Paris, proche des sarkozystes, est plus que jamais déterminée à freiner la montée en puissance des troupes de Hollande. La découverte d'un cadavre va rapidement la mettre sur la piste de son ancien collègue Kertesz et de quelques fantômes de la PJ qu'elle s'est jurée de détruire.
    Pris en étau entre une cellule de la DCRI qui cherche à sauver la peau des sarkozystes et d'anciens barons de la Mitterrandie qui oeuvrent pour le retour de la gauche au pouvoir, Kertesz et Verhaeghen vont se livrer un duel à mort au coeur de la corruption moderne.
    Benjamin Dierstein est agent et directeur artistique d'un label spécialisé dans les musiques électroniques, basé à Rennes. Après un début remarqué avec La Sirène qui fume, il signe ici un deuxième opus qui confirme son entrée sur la scène du roman noir francophone.

  • Le tome 1 ressuscitait les premières aventures d'Arsène Lupin, telles qu'elles avaient été publiées dans le magazine Je sais tout au tout début du XXe siècle.
    Ce second tome commence avec les dernières « Confidences » du célèbre gentleman-cambrioleur, parues entre 1911 et 1913.
    Considéré comme un chef-d'oeuvre de la littérature policière, « L'Aiguille creuse » constitue ensuite la pièce maîtresse de ce volume. Cet immense roman d'amour et d'aventures avait été publié en sept épisodes entre 1908 et 1909. 
    Enfin, « Le Retour d'Arsène Lupin », comédie pleine de charme, est aussi un délicieux hommage de Maurice Leblanc à Alexandre Dumas et à son Monte-Cristo. C'est également l'ultime apparition d'Arsène Lupin dans Je sais tout.
    Passions, mystères, trahisons, rebondissements... sont au programme de ces Aventures extraordinaires, composées de 16 « épisodes » au total avec, toujours, leurs illustrations d'origine.
    L'ouvrage accompagnera les fans de Lupin au moment de la 2e saison de la série sur Netflix.
    Maurice Leblanc (1864-1941) est l'auteur de nombreux romans policiers et d'aventures. ll est le créateur du célèbre gentleman cambrioleur Arsène Lupin. 

  • Dans Dealer du Tout-Paris, Gérard Fauré évoquait brièvement sa jeunesse marocaine. Il revient ici plus en détails sur cette période cruciale de sa «  formation  ». Ce nouveau pan de sa biographie permet de mieux comprendre comment il est devenu le « dealer du Tout-Paris  » et jette une lumière crue sur le rapport des élites françaises avec le Maroc depuis 50 ans.
    Fils du médecin de la famille royale marocaine, Gérard Fauré découvre à travers son père plusieurs secrets inavouables de la dynastie  : les circonstances troubles de la mort de Mohammed V, qui a permis à son fils Hassan de lui succéder  ; les manoeuvres des services secrets français pour s'assurer l'obéissance du nouveau roi  ; et enfin le complot ourdi par le général Oufkir, chef des services secrets marocains accusé d'avoir fait assassiner l'opposant Ben Barka, pour s'emparer du trône.
    À peine sorti de l'adolescence, Gérard Fauré devient l'amant d'une femme de pouvoir charismatique qui reçoit chez elle toute la haute société marocaine  : Fatima, épouse du général Oufkir. Bien malgré lui, il est alors mêlé à des affaires d'État qui le dépassent. Amoureux comme on peut l'être à 20 ans, Gérard devient un simple pion du «  Grand Jeu  » des puissances occidentales au Maghreb. Manipulé par sa maîtresse, il va vivre un véritable thriller, bientôt pourchassé par les polices de plusieurs pays.
    Récit d'une éducation sexuelle, politique et criminelle, cet épisode inédit livre quelques clés de l'histoire contemporaine, et dévoile comme jamais les blessures secrètes d'un jeune homme appelé à devenir l'un des grands voyous de son époque.
    Gérard Fauré a été trafiquant de drogue, membre du SAC, bras droit du parrain Gaëtan Zampa, braqueur de banques... jusqu'à son arrestation en 1986. Ses Mémoires, Dealer du Tout-Paris et Le Prince de la coke ont connu un très grand succès.
     

  • Connaissez-vous Arsène Lupin en prison, L'évasion d'Arsène Lupin, Le mystérieux voyageur, Le collier de la reine, Le coffre-fort de Mme Imbert ? Avant d'écrire des romans, Maurice Leblanc a commencé à raconter les aventures d'Arsène Lupin sous forme de romans-feuilletons illustrés dans le magazine Je sais tout, à partir de 1905. Les versions ultérieures, à l'action plus lente, ont été modernisées mais ont perdu leur aspect feuilletonesque. On découvre dans ces premières versions au rythme nerveux des contes cruels, des fables douces-amères. On assiste à la naissance d'un héros éternel, à l'éclosion d'un des mythes éternels de la littérature française.
    Cette édition est la première à proposer l'intégrale des romans-feuilletons dans leur version originale, une mise en page similaire à celle d'origine et la totalité des illustrations de l'époque. 
    Maurice Leblanc (1864-1941) est l'auteur de nombreux romans policiers et d'aventures. ll est le créateur du célèbre gentleman-cambrioleur Arsène Lupin. 

  • Officiellement, le Vatican n'a pas de service d'espionnage...   Mais cela ne veut pas dire que personne ne s'y occupe de renseignement  ! Le Saint-siège a toujours été la cible de services secrets étrangers. Persuadés que le Vatican dispose d'un réseau de renseignement sans équivalent, ils veulent soit en percer les secrets, soit s'en faire un allié.
    Pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide, Rome a été un véritable nid d'espions de toutes nationalités. Sous couverture de diverses institutions comme la secrétairerie d'État, certains monsignori ou simples prêtres se sont impliqués dans des missions allant de la chasse aux «  taupes  » à la diplomatie secrète, en passant par des enquêtes sur les assassinats de prêtres ou des scandales susceptibles d'éclabousser l'Église, mais aussi des missions à haut risque de l'autre côté du rideau de fer.
    Pour la première fois, ce livre raconte de façon aussi complète que possible 80 années de guerres secrètes et de coups tordus. L'ouverture des archives de nombreux services ayant travaillé contre ou avec le Vatican permet de lever le voile sur des affaires longtemps ignorées. L'infiltration de prêtres russophones en Union soviétique sous Staline, presque tous démasqués par le KGB, les négociations secrètes menées par Jean XXIII avec Khrouchtchev par des intermédiaires peu conventionnels, les relations étroites du cardinal Montini, futur Paul VI, avec la CIA, l'infiltration agressive du Vatican par les différents services du bloc de l'est, les fonds secrets de la banque du Vatican destinés à combattre le communisme en Amérique du Sud, puis à soutenir la lutte de Solidarnosc en Pologne... Ces épisodes et bien d'autres dessinent une autre histoire de la papauté contemporaine.
    La chute du communisme a marqué la victoire personnelle de Jean-Paul II, sans doute le pape qui s'est le plus impliqué personnellement via une petite cellule de prêtres polonais dans des opérations secrètes à haut risque. Mais elle n'a pas marqué la fin de l'histoire  : l'ouvrage aborde également les affrontements souterrains qui ont opposé certains groupes au sein de l'Église (comme les Jésuites et l'Opus Dei), avec des méthodes dignes des services secrets et l'implication de la CIA. Il revient enfin sur les affaires financières controversées de l'Église dans les années 1970-80 et leurs effets non encore expliqués à ce jour.
     
    Historien et spécialiste du renseignement,  Yvonnick Denoël a notamment publié chez Nouveau Monde éditions  Histoire secrète du XXe siècle, Le Livre noir de la CIA, Les guerres secrètes du Mossad et Mémoires d'espions. 

  • Fils de barbouze : les archives secrètes de la lutte contre l'OAS Nouv.

    Voici enfin révélés les moyens officieux mis en oeuvre par le pouvoir gaulliste pour lutter contre l'OAS. À partir du putsch de 1961, les «  barbouzes  » entrent en piste en Algérie. Beaucoup sont issus de la résistance, toutes tendances confondues. Ils intègrent 3 organisations clandestines  : La mission C (comme Choc), l'organisation clandestine du contingent et le Mouvement pour la Communauté, vitrine politique qui défend l'amitié franco-arabe.
    Ce livre éclaire l'organisation de l'intérieur. C'est aussi l'histoire d'un homme-clé, Marcel Hongrois, instituteur, ancien résistant, et en même temps celle d'une quête, puisque la vie secrète du père a été reconstituée par le fils, Christian Hongrois, ethnologue. Enfant de l'assistance publique, Marcel a habité le coeur des services secrets depuis 1945, suivi par des syndicalistes, des socialistes, des communistes, des gaullistes, des catholiques, des protestants, des musulmans et des francs-maçons.
    L'histoire violente des dernier mois de la guerre d'Algérie est rapportée dans ces pages à partir de nombreuses sources inédites  : manuscrits personnels mais aussi archives nationales, civiles et militaires.
     
    Né en 1958, Christian Hongrois a grandi à Alger dans une famille sous protection policière, au milieu des mitraillages et plastiquages.
    Ethnologue, enseignant, il mène depuis plusieurs décennies une enquête sur son père, resté énigmatique jusqu'à la mort. Cette enquête historique élargie à l'ensemble de la lutte anti-OAS est aussi une thérapie, qui vise à surmonter un passé encore douloureux, qui ne passe toujours pas.

  • Maquis, histoire des guérillas anti-franquistes Nouv.

    Cet ouvrage unique sur les guérillas anti-franquistes de 1936 à 1960 comble un véritable vide historiographique.  Une fois la guerre civile espagnole (1936-1939) terminée, des milliers d'hommes et de femmes républicains furent contraints de fuir et de se cacher dans les zones les plus inhospitalières d'Espagne. Au sein des montagnes se forgea une authentique organisation de résistance antifasciste : le maquis, qui fut le mouvement d'opposition le plus conséquent au régime de Franco.Considérés comme des héros en France, ces guérilleros furent traités en délinquants, assassins, criminels et bandits de grand chemin dans leur pays. Ils formèrent des foyers qui ont fait vaciller le régime. Ce dernier s'est chargé de les effacer de l'histoire officielle. Face à l'impossibilité d'en parler librement, la mémoire de ce mouvement a survécu grâce aux témoignages que ces protagonistes et leurs proches ont transmis à leurs enfants.Maquis reconstitue cette épopée en détail, assemblant pour la première fois tous les morceaux du puzzle. On y suit les premières guérillas autonomes, le rôle des services secrets anglais et américains durant la Seconde Guerre mondiale, les conséquences de la guerre froide, le retour de l'état de guerre dans plusieurs régions, la fabrication de faux maquis par le régime, les nouveaux massacres qu'il va déclencher et l'incompétence criminelle des partis républicains en exil. L'auteur évoque aussi les guérillas urbaines, dont certaines perdureront jusqu'aux années 1960.Secundino Serrano est l'un des meilleurs spécialistes en études anti-franquistes. Il s'est basé sur une documentation exhaustive pour recueillir ce legs, le nettoyant du mythe et des légendes. Il tire ainsi de l'oubli l'un des chapitres les plus méconnus de l'histoire espagnole : la guerre de « Ceux des montagnes » pour la liberté.  Secundino Serrano est historien spécialiste de l'après-guerre d'Espagne et de l'exil républicain. Professeur agrégé de géographie et d'histoire, il a enseigné à l'Institut Legio VII de León et a été membre du Centres d'archives générales de la guerre civile espagnole. Il est l'auteur d'une douzaine de livres.  Ouvrage traduit de l'espagnol par Pierre-Jean Bourgeat

  • Le journaliste marocain Omar Brouksy est une des cibles majeures du logiciel Pegasus utilisé par les services secrets de son pays pour museler toute enquête ou voix critique, en traquant les sources des journalistes. À l'origine de cette surveillance, ses deux livres-enquêtes qui ont fortement irrité le Palais Royal. Interdits de vente au Maroc, ils restent incontournables pour comprendre comment le royaume chérifien a basculé dans l'espionnage de masse, jusqu'à cibler les dirigeants de l'État français.  Mohammed VI derrière ses masques dévoile la face cachée d'un monarque ambigu. Nourrie d'entretiens dans les coulisses du palais royal, cette enquête fouillée aborde tous les aspects d'une monarchie qui peine à mettre ses actes en conformité avec ses discours, se laisse déborder par les emportements du roi, éclabousser par les bévues de son entourage. Le Palais Royal et les grandes entreprises du pays sont livrés aux mains de quelques proches, fustigés par l'opinion publique sous l'expression de « monarchie des potes ».  La République de sa Majesté explore les liaisons dangereuses entre élites françaises et pouvoir marocain, entretenues par des hommes et des femmes de l'ombre recrutés pour « protéger » l'image de la monarchie. La romance publique entre présidents français et souverain marocain n'échappe pas aux petits à-côtés matériels, chaque partie soignant l'autre par de juteux renvois d'ascenseurs, sans égard pour l'intérêt général. Appuyée sur de nombreux témoignages de première main, cette enquête en dit long sur le régime marocain comme sur les dérives de la République, toute acquise à « Sa Majesté ».Ces deux textes, essentiels pour comprendre ce qui se joue dans le scandale actuel, sont complétés par une postface inédite de l'auteur, récit de son expérience personnelle de « l'affaire ».  Ancien correspondant de l'AFP au Maroc, journaliste et universitaire marocain, Omar Brouksy est une des rares voix indépendantes du journalisme dans son pays. Il est depuis des années espionné par les services marocains, et depuis 2018 visé par le logiciel Pegasus. Sa plainte dans cette affaire est appuyée par Reporters Sans Frontières. 

  • Assassinats de dirigeants étrangers, coups d'État, trafic d'armes et de drogues, soutien à des groupes terroristes ou à d'anciens nazis, détentions abusives et tortures, expérimentations d'armes chimiques... Depuis sa création, la CIA n'a cessé de multiplier les infractions à la loi. Elle déclassifie une partie de ses archives arguant que les dérapages de la guerre froide sont aujourd'hui révolus. Ce livre montre qu'il n'en est rien.
    Pour la première fois, cet ouvrage dresse un bilan aussi exhaustif que possible des méthodes douteuses de l'Agence, des origines à nos jours. Il reproduit les archives permettant d'approcher la vérité  : témoignages d'acteurs directs, mémos confidentiels, rapports de commissions d'enquête.
    On trouve ici de nombreuses anecdotes inédites sur des épisodes que l'on croit connaître (comme l'assassinat d'Allende au Chili ou les tentatives de meurtre contre Fidel Castro), mais aussi des révélations sur les activités plus ou moins adroites de la CIA en France. On apprendra enfin le rôle exact de l'Agence dans les trafics de drogue, la finance internationale, l'essor d'Al-Qaïda ou la lutte contre Daech.
     
    Historien et spécialiste du renseignement, Yvonnick Denoël a publié chez Nouveau Monde éditions 1979, guerres secrètes au Moyen-Orient (2009), Histoire secrète du XXe siècle (2009) et Mémoires d'espions en guerre (2018).
     

  • Le 10 juin 1945, un corps calciné est découvert à proximité de Madrid. L'homme est identifié sous le nom de Mendel Szkolnikoff, un Juif d'origine russe, curieusement détenteur d'un passeport allemand. Il s'agit sans doute du plus gros trafiquant de l'Occupation, plus important que le célèbre Joanovici. Arrêté avant-guerre pour diverses escroqueries, il est, depuis 1941, un agent financier des Allemands, notamment de la SS. Mais l'affaire Szkolnikoff, c'est surtout le plus grand séquestre de la Libération : 2 milliards de francs de l'époque accompagnés de 2 autres milliards d'amende. Car Szkolnikoff a bâti en très peu de temps, pour le compte de l'occupant, un immense empire immobilier et hôtelier : il détient des rues entières de l'Ouest parisien et des dizaines de "palaces", essentiellement sur la Côte d'Azur. Tous ces biens étant mis sous séquestre à la Libération, l'affaire Szkolnikoff se prolonge jusqu'à nos jours. Cet ouvrage révèle que les autorités françaises poursuivent en effet les descendants de l'affairiste au nom d'une condamnation prononcée après sa mort, ce qui est illégal ! L'hôtel Martinez à Cannes, dont les procédures sont encore en cours, soixante-dix ans après les faits, est au coeur de ce rocambolesque dossier qui n'a pas livré tous ses secrets. Pour qui Szkolnikoff travaillait-il vraiment et d'où tirait-il ses protections ? De Himmler, de Goering l'affairiste, ou de plusieurs dignitaires nazis à la fois ? Quelles sommes, apparemment énormes, a-t-il mis à l'abri dans les banques monégasques, espagnoles ou suisses avant de mourir, et que sont-elles devenues ? D'où venait le mystérieux commando qui a capturé et tué Szkolnikoff en Espagne en 1945, après l'avoir délesté des 600 millions de francs en bijoux qu'il emportait dans sa fuite ? Szkolnikoff est-il même mort en 1945 ?
     
    Ancien grand reporter et journaliste d'investigation à TF1, auteur de nombreux documentaires, Pierre Abramovici est aujourd'hui historien. Il a notamment publié Un rocher bien occupé  : Monaco pendant la guerre - 1939-1945 (Le Seuil, 2001) et Le Putsch des généraux (Fayard, 2011).

  • Lorsqu'elle a été recrutée par Madame Claude, Patricia est devenue «  Florence  ». C'était en 1975 et elle venait d'avoir 18 ans. Durant l'été, à Saint-Tropez, elle avait baguenaudé avec la principale recruteuse de la maquerelle chic, une certaine Catherine Virgitti. La jeune fille de bonne famille s'est laissée tenter par l'aventure. La clientèle de Madame Claude, triée sur le volet, savait se tenir. Hommes d'affaires de renom, piliers de la République ou milliardaires étrangers attirés par le sexe made in France, ils avaient de l'éducation, comme les filles qui les recevaient à domicile.
    De ses clients, Patricia parle parfois avec émotion, en particulier de l'un d'eux, tombé amoureux de cette fille un brin fleur bleu, un certain Giovanni Agnelli, dit «  l'Avvocato  », PDG de Fiat, qu'elle rejoignait souvent en avion, à Milan ou à Rome. Un grand patron français lui proposa un jour 50 000 francs pour qu'elle porte son enfant...
    Cette promenade au fil des années 1970-80, empreintes d'une liberté regrettée, se prolonge vers des zones plus sombres après la disparition de deux collègues, envoyées auprès d'un chef d'État au Yemen, et retrouvées assassinées. Patricia devait faire partie du duo et n'a dû qu'au hasard de rester à Paris. Elle a voulu connaître la vérité sur la mort de ses amies, impliquant les services secrets de plusieurs pays, mais la raison d'État en a décidé autrement.
    Après l'arrestation de Madame Claude, coincée par le fisc, Patricia vend ses charmes autour de la Place de l'Étoile et découvre les opiacés. Au passage, le patron de la brigade des Stups, charmé, la sort de garde à vue pour dîner avec elle. Elle devient une figure de la nuit parisienne, s'attable dans les meilleurs établissements auprès de Serge Gainsbourg et de Catherine Deneuve, d'Alain Delon et de Mireille Darc...
    Désormais âgée de 64 ans, Patricia assume tout, raconte tout, sans fard ni détour, avec émotion et franchise.
     

  • Le conflit qui a opposé Israël et l'Égypte en 1956 a pour toile de fond la crise de Suez, faisant suite à la décision du président Nasser de privatiser le canal et de fermer aux transports israéliens l'accès à la mer Rouge. Au cours d'une campagne qui durera huit jours, l'opération Kadesh, menée par les troupes israéliennes sous le commandement de Moshe Dayan, lance une offensive contre les forces égyptiennes le 29 octobre. Au même moment, les troupes franco-britanniques entrent en guerre contre l'Égypte dans le but de contraindre Nasser à revenir sur sa décision. Pour Israël, ce conflit, appelé aussi «  campagne du Sinaï  » a pour objectif la résolution de trois problèmes : empêcher l'activité terroriste (avec l'infiltration en Israël de fedayin provenant d'Égypte), rétablir la liberté de navigation, et enfin détruire les infrastructures égyptiennes pouvant servir la logistique égyptienne dans une attaque contre Israël).
    Dans ce journal de campagne, Moshe Dayan, alors chef des opérations, décrit le contexte politique qui mène au conflit, il dévoile les tractations politiques secrètes (notamment les achats d'armes à la France lors d'une visite à Paris), les offensives au jour le jour, les décisions d'intervention, les objectifs qui motivent sa stratégie, ses plans d'action, ses choix, ses erreurs, ses succès.
     
    Moshe Dayan (1915-1981) Membre de la Haganah (Organisation clandestine de défense juive) dès l'âge de 14 ans, il n'en combat pas moins dans les forces britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale (au cours de laquelle il perd un oeil). Très apprécié du Premier ministre David Ben Gourion, il suit une carrière militaire fulgurante. Il devient chef d'état-major de Tsahal de 1955 à 1958. Bien que n'ayant pas pris part aux combats, ni même à leur planification, il est considéré comme un acteur prépondérant de la guerre des Six-Jours. En 1959, il entre en politique et rejoint les rangs du parti de gauche Mapaï.

  • Héros adulé de la Belle Époque, aviateur doublement décoré pendant la Première Guerre mondiale, icône des Années folles, acteur à Hollywood, puis invité d'honneur de nombreuses soirées parisiennes jusqu'à sa mort, le boxeur Georges Carpentier (1894-1975) a eu mille vies.Le 2 juillet 2021 commémorera le centenaire du « combat du siècle » entre le French Idol et l'Américain Jack Dempsey. Cet affrontement, miroir des rancoeurs et des inquiétudes de l'après-guerre, demeure non seulement un spectacle sans précédent, mais également l'un des premiers événements-monde, car il fut suivi de manière quasi simultanée sur les deux rives de l'Atlantique.En ressuscitant le boxeur, cette première biographie historique dévoile un champion au parcours romanesque. Né à Liévin en 1894 dans un milieu de mineurs, il connaît dès l'adolescence une foudroyante ascension sociale par le sport : la boxe anglaise professionnelle. Entre 1911 et 1913, le Français rafle quatre titres de champion d'Europe. Il devient la première grande célébrité du sport français, avec l'aviateur Roland Garros. Il est statufié à 18 ans et devient richissime. Il n'a que 20 ans quand éclate la guerre. Il devient un pilote chevronné. Démobilisé en 1919, il reprend le chemin des rings. En 1929, il entame une tournée américaine et devient un héros d'Hollywood. Désormais il fréquente les têtes couronnées et la haute société, multipliant les liaisons, comme avec Marlene Dietrich...
      Stéphane Hadjéras est professeur d'Histoire dans le secondaire, et prévôt fédéral (entraîneur diplômé) de la Fédération française de Boxe. Il enseigne et vit à Besançon.

  • Pendant près de deux siècles en France, des juridictions ont été saisies pour juger de crimes et de délits dont l'horreur a parfois dépassé l'entendement. Certaines affaires n'ont jamais été élucidées et ont gardé depuis leur part d'ombre et de mystère. La démence parfois, la passion amoureuse, ou encore la cupidité et le chantage expliquent les agissements des criminels devenus, le temps d'un procès ou d'une enquête, des vedettes médiatiques de grandes affaires. 
    Un collectif d'auteurs spécialistes a été réuni autour de trente-huit affaires criminelles qui ont marqué l'histoire de France. Avocats, professeurs et historiens nous révèlent la face cachée des enquêtes menées alors : le cas Landru, la bande à Bonnot, l'affaire Stavisky, le clan Dominici, Spaggiari, la mort de Mesrine dans les rues de Paris...
     
    Éric Alary  a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels La Ligne de démarcation (Perrin, 2003), le Dictionnaire de la France sous l'occupation (Larousse, 2011), L'Exode. Un drame oublié (Perrin, 2010), Histoire de la gendarmerie (Perrin, coll. "Tempus", 2011).

  • Connue depuis l'Antiquité, réapparue en 1346 en Occident où elle fait disparaître environ la moitié de la population, la peste a été la grande maladie de « l'Ancien Régime », et a sévi régulièrement jusqu'en 1722. La seule grande explication qui lui était apportée était d'ordre religieux : un fléau envoyé par Dieu aux pécheurs dont les meilleurs recours sont la prière et la pénitence. L'ignorance où l'on était alors avait abouti à une réaction empirique unanime: « l'exclusion sanitaire » (isolement, quarantaines et barrières sanitaires) pour protéger la société en séparant sa partie saine de sa partie contaminée ou susceptible de l'être. Les villes avaient ainsi développé une politique de contrôle généralisé dont la direction a peu à peu été prise par l'État. À partir du XVIIIe siècle la science apporte des explications et des solutions qui échappent à l'emprise de la religion. Le retrait de la peste permet alors à la monarchie bienfaisante et bureaucratique de déployer à travers tout le royaume une médecine des épidémies ordinaires.
    En dépit d'apparentes similitudes, l'histoire de la peste et de sa gestion ne peut servir de modèle à l'épidémie de covid, mais il est possible d'en revisiter certains aspects à la lumière de questions soulevées par l'actuelle pandémie : la rivalité sanitaire qui oppose Paris et Marseille, le confinement opéré à titre de moyen de lutte ordinaire, les procédures bureaucratiques... 
    Une perspective historique éclairante et accessible à tous.
     
    Archiviste et historienne, Françoise Hildesheimer est l'une des meilleures spécialistes de Richelieu et de l'Ancien Régime, mais aussi de l'histoire des maladies et des épidémies. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages.

  • La papauté suscite de nombreux fantasmes quant à sa secrète influence dans l'histoire occidentale. On lui attribue souvent un rôle occulte et déterminant. Cet ouvrage rigoureux permet de rétablir la vérité des faits. Peuplée de têtes couronnées et de chefs d'État, de diplomates espions, de prêtres déchus et de mercenaires, cette fresque dévoile les ressorts peu connus de l'histoire diplomatique des XIXe et XXe siècles. De Pie VII, farouche adversaire de Napoléon, à Pie XII, accusé de complaisance envers le nazisme, l'auteur brosse une histoire de l'espionnage au service du Vatican. On apprend que, pendant la Grande Guerre, l'assistant personnel du pape Benoît XV était un espion allemand et que, pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ne reculèrent devant rien pour faire pression sur Pie XII et infiltrer le Vatican de faux prêtres. On y découvre par ailleurs que le Saint-Siège a parfois succombé à la tentation d'opérations clandestines, tantôt contre des catholiques jugés trop libéraux, tantôt contre le régime communiste d'URSS. Enfin, l'ouvrage fait la lumière sur ce que savait le Vatican de la Shoah. Un sujet très sensible depuis la volonté de Benoît XVI de rapprocher les religions juive et catholique.
     
    David Alvarez est professeur de sciences politiques au Saint Mary's College of California. Il a publié plusieurs ouvrages consacrés à l'histoire du renseignement pendant la Seconde Guerre mondiale.
     

  • 24 heures héro c'est un roman noir qui nous plonge dans le quotidien de deux jeunes toxicos et qui ne nous épargne rien -  sauf l'humour, quand l'horreur le dispute à l'absurde.
    24 heures héro en écho à la série «  24 heures chrono  », car l'histoire se déroule sur une journée -  en mode apnée.
    24 heures héro c'est un mix de Bret Easton Ellis et de Virginie Despentes, à la sauce C'est arrivé près de chez nous -  bienvenue dans les bas-fonds de Charleroi...
     
    Arnaud et Nadia sont amoureux. La vingtaine. Ils sont beaux. Ou plutôt l'ont été. Nadia a grandi comme elle a pu dans un milieu modeste avec une mère toxique. L'enfer c'était déjà à la maison, alors le viol, la prostitution, la drogue... c'était presque la suite logique. Arnaud, lui, est bien né. Étudiant brillant, la fête et la drogue font partie son quotidien, jusqu'au jour où il transgresse le tabou suprême en prenant de l'héro. Le début de la fin. Ou le début d'autre chose. D'une autre vie. D'un autre monde. Question de perspective. C'est justement à travers les yeux de Nadia et Arnaud -  alternativement  - que les auteurs nous le font découvrir. Un voyage-éclair éprouvant dans les squats sordides et les parcs peuplés de zombies à la dérive de Charleroi. Un univers sombre et violent où trouver sa dose est une question de survie. Quoi qu'il en coûte. Dans ce monde-là, un travailleur social à l'écoute, une vieille sdf qui partage le peu qu'elle a, une étudiante qui donne son kebab, apparaissent comme des lumières d'espoir. Et la quête effrénée d'Arnaud et Nadia se fait épopée.
    Inspiré de multiples expériences vécues collectées par les auteurs, choquant par son écriture nerveuse et trash, ce roman noir dénonce une réalité sociale particulièrement sombre tout en redonnant une humanité à une population le plus souvent invisibilisée.
     
    Saphir Essiaf a une formation d'éducateur spécialisé. Après plusieurs années dans la sécurité privée, il partage aujourd'hui son temps entre son travail au sein de la cellule sdf de Charleroi et son école de Muay Thai. Régulièrement, il anime des ateliers de gestion de la violence et intervient comme écrivain public auprès d'une population précarisée.
    Philippe Dylewski a une formation de psychologue clinicien. Il a dirigé un cabinet de recrutement avant de devenir détective privé spécialisé dans la recherche de personnes disparues. Il se consacre désormais à l'écriture. Il a notamment publié Confessions d'un privé (L'Express, 2010).

  • En novembre 1832, Vidocq, ancien chef emblématique de la Sûreté, crée le «  Bureau de renseignements universels dans l'intérêt du commerce ». Ses agents ont pour mission de traquer dans le Paris de la monarchie de Juillet les escrocs en tout genre qui nuisent à la bonne marche des affaires. La police privée est alors une activité en plein essor. Peu à peu, les praticiens de ce nouveau métier passent de la surveillance des escrocs à la chasse aux criminels. Le détective devient une figure populaire incontournable, mais sa réputation sulfureuse le condamne à la marginalité. Loin de l'image prestigieuse associée aux figures de Sherlock Holmes en Angleterre ou de véritables détectives comme Allan Pinkerton aux États-Unis, le détective français ne s'est pas imposé sans peine dans le monde judiciaire hexagonal. Peut-être parce que comme nous le dit l'historien, cet homme de l'ombre, «  qui détient l'explication du monde social, qui ouvre et qui referme les portes comme il l'entend  », a très vite représenté aux yeux de l'institution policière, une concurrence difficile à tolérer. 
     
    Ancien professeur d'histoire contemporaine à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Dominique Kalifa a notamment publié L'Encre et le sang. Récits de crimes et société à la Belle Époque (Fayard, 1995) et La Culture de masse en France. 1860-1930 (La Découverte, 2001).

  • Comme Jean Bart ou Abraham Duquesne, René Trouin, sieur du Guay, dit Duguay-Trouin (1673-1736), appartient à cette catégorie d'officiers généraux de la Marine sans origine noble et issus de la course. Cadet de famille, il était destiné à entrer dans les ordres, mais après ses études chez les Jésuites de Rennes, il part à l'université de Caen où il brille surtout par son esprit batailleur et ses frasques. Les rendez-vous galants dans les confessionnaux choqueront plus tard le cardinal de Fleury quand il lira le manuscrit des Mémoires en 1725... Duguay pratique les cartes et les dés, jeux d'argent alors interdits dans la Marine. C'est « un vrai libertin », comme il l'écrira plus tard. Volontaire dans la marine marchande corsaire, il devient très vite un expert dans l'abordage. Il monte en grade et commande des navires de plus en plus importants. Il attaque tout ce qui est anglais, mais aussi les flottilles de pêche ; il saisit poisson, sucre, tabac. Le pouvoir royal et les armateurs apprécient cette Marine qui rapporte. Duguay fera 300 prises avant d'entrer dans la Marine royale. En 1693, il participe à des armements en course financés par le Roi, mais il est fait prisonnier par les Anglais et se retrouve à Plymouth, d'où il réussit à s'enfuir. La paix de Ryswick en 1697 le réduit très provisoirement au chômage, car la guerre de Succession d'Espagne s'annonce. Le Roi le récompense d'une « épée d'honneur », prélude à l'anoblissement qui lui sera accordé en 1709. On lui pardonne ses écarts et sa vie libertine, qu'il qualifie lui-même de « vie si honteuse ». En 1711 il fait le coup d'éclat qui sera sa gloire la plus durable : une descente à Rio de Janeiro pour libérer 500 Français retenus en otage. Il en profite pour piller la ville et en rapporte un butin considérable. En 1715,  Louis XIV le fait « chef d'escadre de l'Amérique », en souvenir de l'affaire de Rio. Les Mémoires sont une suite de combats navals entrecoupés des aventures personnelles de Duguay, mort à Paris en 1736, célibataire...

  • Après Dealer du Tout-Paris, Gérard Fauré poursuit le récit explosif de sa vie et continue à dévoiler ses anciens clients. Il nous plonge dans l'intimité des élites parisiennes qui ont fait de la cocaïne une drogue mondaine et populaire  : acteurs, politiques, journalistes, animateurs télé, artistes, intellectuels, businessmen, avocats... Il évoque des épisodes inédits de sa carrière comme son séjour à Londres, où il a fourni de grandes figures du rock. Il dénonce un réseau pédophile qui a alimenté en toute impunité dans les années  1980 diverses personnalités du monde des affaires et du spectacle. Il dévoile aussi des épisodes plus récents de sa vie, comme sa collaboration avec la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine ou encore sa liaison avec un top-modèle qui voulait l'employer comme tueur à gages.
    Gérard Fauré ne s'excuse pas pour son passé de voyou, il a purgé sa peine. En revanche, il veut mettre les points sur les i, dénoncer l'hypocrisie des élites et mettre en garde contre l'usage de la cocaïne.
     
    Gérard Fauré a été trafiquant de drogue, membre du SAC, bras droit du parrain Gaëtan Zampa, braqueur de banques... jusqu'à son arrestation en 1986. La première partie de ses Mémoires, Dealer du Tout-Paris, a connu un très grand succès.
     

  • C'était il y a 40 ans déjà  ! En 1981. Deux articles scientifiques décrivaient 5 cas de malades à Los Angeles et 26 à New York. De quoi s'agissait-il  ? D'une aberration clinique  ? D'un épiphénomène  ? Ce sont en fait les premiers cas recensés d'une nouvelle maladie  qu'on appellera bientôt le sida. Une maladie qui se transforme en véritable pandémie touchant encore 38 millions de personnes aujourd'hui.
    Ce livre ne raconte pas le sida. Il tente de retracer certaines des luttes qu'il a engendrées, en France, entre le début des années 1980 et aujourd'hui. Des luttes qui ont bouleversé de nombreuses vies, mais plus largement la société.
    L'ouvrage nous replonge ainsi au tout début de l'épidémie, dans l'urgence des malades et celle des premières découvertes. Puis il nous fait vivre les premières années, au plus près des personnes touchées, de leurs proches et de leurs soignants. Il revient enfin sur cette mobilisation extraordinaire, sur ce mouvement social unique qui a chamboulé la politique, le droit, la santé publique, la recherche et le soin.
    Olivier MAUREL est consultant-chercheur indépendant, après avoir été dirigeant associatif pendant près de 15 ans. Diplômé en science politique et en gestion, il enseigne aussi dans plusieurs universités. Il est par ailleurs l'auteur des ouvrages suivants : La responsabilité des entreprises en matière de droits de l'Homme (2008-2009), Le Livre blanc des Etats généraux «  Vers un plan Coeur  » (avec C. Compagnon, 2014), La gestion des associations (avec J. Bernet, P. Eynaud et C. Vercher-Chaptal, 2016).
    Michel BOURRELLY est docteur en pharmacie. Il a effectué toute sa vie professionnelle dans la lutte contre le sida en tant que salarié, notamment à l'association Aides et au Crips Île-de-France. Consultant en santé publique et santé communautaire, il a rejoint l'unité mixte 1252 INSERM, SESSTIM à Marseille en 2016. Il est aussi l'auteur, avec Bruno Spire, du chapitre sur le sida dans l'ouvrage Santé publique : l'état des savoirs (coord. par B. Hauray et D. Fassin, 2019).

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