Entreprise, économie & droit

  • Pourquoi « économie libidinale » ? Pour montrer ce qu'il y a de passionnel dans l'économie politique et accessoirement de politique dans les passions. On se place par-delà une philosophie du sujet et par-delà un matérialisme, on se place dans un « lieu » qu'il faut imaginer sans pouvoir le concevoir, nommé ici « la grande pellicule éphémère ».
    On rompt donc avec toute sémiotique, toute dialectique, toute critique même, qui sont des pensées du négatif. On affirme les intensités d'affects qui se dissimulent dans « la pensée » et la recherche des significations. Et l'on veut effectuer cette rupture par simple déplacement du ton plutôt que par critique : ton déplacé par la véhémence, qui n'exclut pas à l'occasion une certaine sophistication.
    Cette problématique s'engendre d'expériences affectives et politiques et d'une longue fréquentation des textes marxistes et freudiens. Avec l'idée d'économie libidinale, volée à Freud, et détournée sur des parcours où l'on rencontrerait Deleuze, Klossowski, Guyotat, Lyotard propose une approche du capital telle que l'impact des affects dans le jeu de ce dernier n'en soit pas rejeté a priori, comme c'est le cas avec les notions d'aliénation ou d'oppression.

  • Au-delà de l'expérience historique propre, et des politiques apparemment différentes de l'Algérie, de la Tunisie et du Maroc, un type de restructuration commun se dessine dans l'ensemble du Maghreb. Le premier livre, La colonisation et la décolonisation, se propose de retrouver, dans l'histoire économique et sociale moderne, les données fondamentales qui permettent d'expliquer cette conjonction. Une analyse rigoureuse et précise montre l'origine des nouvelles couches dirigeantes, constituées dans le cadre de structures économiques bien définies. Le second livre, Les perspectives d'avenir, dessine d'abord les grands traits du nouveau Maghreb et porte une appréciation sur les premiers résultats. Ainsi peut-on mieux situer les orientations des jeunes pouvoirs nationaux, dans une perspective qui permet de dégager les conditions d'un véritable développement économique.

  • Léo Sauvage a fait ses débuts dans le journalisme à l'âge de dix-neuf ans, tout en préparant une licence en droit à Paris. Critique dramatique du Peuple en 1939, il fonda, durant la guerre, à Marseille, une troupe de théâtre, les Compagnons de la Basoche, interdite en 1942, puis édita des journaux clandestins dans le centre de la France. Au lendemain de la guerre, il entra à Franc-Tireur, et fit reparaître, en 1946-1947, La Rue de Jules Vallès. Léo Sauvage vit aujourd'hui à New York, où il est, depuis près de quinze ans, le correspondant du Figaro. Il résume, dans sa préface à L'Affaire Oswald, les raisons qui l'ont amené à publier ce livre : Jusqu'à la publication du rapport Warren, il y avait l'irrésistible réaction contre l'outrecuidance de ceux qui ne cessaient de proclamer que l'accusé assassiné était coupable, mais prétendaient que ceux qui doutaient de cette culpabilité devaient s'astreindre au silence. Depuis la publication du rapport Warren, il y a quelque chose de plus irrésistible encore : le sentiment que le silence, dans cette affaire, constituerait un acquiescement à l'injustice.

  • Les trois avocats du barreau de Paris, auteurs de cet ouvrage ont adressé, il y a quelque temps, un mémoire au Comité international de la Croix Rouge. Ils y attiraient, notamment, l'attention de cet organisme sur le caractère proprement inouï de la nouvelle organisation judiciaire instituée par la France en Algérie. L'émotion provoquée par cette démarche, en France et dans le monde, n'est pas près de s'apaiser. C'est tout le principe en effet du droit dans les nations civilisées, qui est mis en cause par le décret du 12 février 1960. Verrons-nous notre législation traditionnelle céder la place à ce que M. Michel Debré a appelé un jour, paradoxalement, les droits légitimes de la colère ? La question est posée.

  • Connaître scientifiquement le monde des affaires africain est la condition nécessaire pour pouvoir formuler une politique économique valable. Cinq cents entreprises - qui représentent la totalité du monde des affaires sénégalais - ont été analysées dans ce livre. Que représente, dans l'économie du Sénégal, le secteur privé africain ? Quelles sont les relations de concurrence, de complémentarité et de dépendance qui le définissent dans ses rapports avec le secteur étranger dominant ? Quelles sont ses ambitions, ses stratégies et ses perspectives ? Dans quelle mesure pourra-t-il contribuer au développement du pays ? Voilà les questions auxquelles l'auteur a tenté de répondre. Car on assiste, au Sénégal, au cours des années 60, à un développement d'un secteur privé africain sans pareil dans l'ensemble des anciennes colonies françaises d'Afrique noire. Certaines de ces entreprises sont devenues de grosses affaires. Pourtant, les conditions économiques générales sont difficiles et, souvent, le capital étranger s'est retiré d'activités qui ont perdu leur rentabilité d'autrefois. Pourtant, privé d'un soutien bancaire propre, largement dépendant des marchés de l'État, le secteur privé sénégalais reste très vulnérable. La constitution de groupements professionnels sénégalais, traduit une prise de conscience de ces intérêts économiques nouveaux. Le livre retrace également l'histoire du monde des affaires sénégalais : une histoire qui nous apprend qu'au XIXe siècle, la bourgeoisie locale avait joué un rôle dans le développement de l'économie coloniale nouvelle, avant d'être liquidée - au cours de la première moitié du XXe siècle - par le développement même de cette économie coloniale.

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