Les Éditions Noir sur Blanc

  • Prix Nobel de littérature 2018


    Man Booker International Prize 2018
    « Alors, remue-toi, balance-toi, cours, file ! Si t'oublies ça, si tu t'arrêtes, il va t'attraper avec ses grosses pattes velues et faire de toi une marionnette. Il t'empestera de son haleine qui sent la fumée, les gaz d'échappement et les décharges de la ville. Il va transformer ton âme multicolore en une petite âme toute raplapla, découpée dans du papier journal. » La clocharde du métro de Moscou qui parle ici appartient aux Bieguny (les marcheurs ou pérégrins), une secte de l'ancienne Russie, pour qui le fait de rester au même endroit rendait l'homme plus vulnérable aux attaques du Mal, tandis qu'un déplacement incessant le mettait sur la voie du Salut.
    En une myriade de textes courts, Les Pérégrins, sans doute le meilleur livre d'Olga Tokarczuk, compose un panorama coloré du nomadisme moderne. Routards, mères de famille en rupture de ban, conducteur de ferry qui met enfin le cap sur le grand large : qu'ils soient fuyards ou conquérants, les personnages sont aux prises avec leur liberté, mais aussi avec le temps. Et ce sont les traces de notre lutte avec le temps que relève l'auteur aux quatre coins du monde : depuis les figures de cire des musées d'anatomie jusqu'aux méandres de l'Internet, en passant par les cartes et plans.
    À travers les lieux et les non-lieux de ses voyages, Olga Tokarczuk a rassemblé des histoires, des images et des situations qui nous éclairent sur un monde à la fois connu et absolument mystérieux, mouvant réseau de flux et de correspondances... Sans jamais nous laisser oublier que « le but des pérégrinations est d'aller à la rencontre d'un autre pérégrin ».


    L'email a bien été copié

  • Traquée par la Gestapo, une jeune doctoresse tchécoslovaque doit lier son destin à Joza, un « idiot de village » qu'elle a remis sur pied. Pour effacer toute trace de sa vie, il lui faut suivre cet homme jusque dans ses montagnes, en Moravie, devenir sa femme et abandonner une brillante carrière, ses amis, sa vie... Dans un paysage qui est comme en suspens, au-dessus de la catastrophe européenne, ces deux-là vont vivre leur « miracle personnel ».

  • Le jeune James Achilles Kirkpatrick veut devenir officier dans l'armée de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Devenu Lord Resident de la Compagnie, il est conquis par Khair un-Nissa, la petite nièce du Premier ministre d'Hyderabad...
    Une captivante fresque de l'Inde du siècle des Lumières, sur fond de guerre coloniale, d'intrigues de harem et d'espionnage.

  • Le 12 avril 1600 s'échouait sur une petite plage du sud du Japon, après un rude voyage de deux ans à travers deux océans et le terrible détroit de Magellan, un navire hollandais en piteux état, piloté par William Adams, premier Anglais à fouler la terre inconnue de ce pays mythique.
    Avec le talent savoureux qu'on lui connaît, Giles Milton raconte ici une improbable rencontre et une fascination réciproque entre deux hommes que tout sépare : Adams, le pilote anglais d'origine modeste, et le shogoun Ieyasu Tokugawa, puissant maître du Japon. Adams découvre avec stupeur l'extrême raffinement de la culture japonaise et les fastes de sa cour, tandis que Ieyasu, curieux de l'Occident, s'émerveille des talents d'Adams : de navigateur d'abord, mais aussi de charpentier de marine. Il lui confie la construction d'un bateau. De là naîtra entre eux une relation unique et durable faite d'estime et de confiance mutuelles. Adams est anobli, il reçoit des terres et adopte le mode de vie de ses hôtes. Il devient auprès du shogoun le conseiller privilégié en matière d'affaires étrangères.
    À travers l'histoire personnelle d'un homme, on voit aussi revivre les rivalités commerciales entre Anglais et Hollandais dans les « Indes orientales », les intrigues des jésuites portugais déjà installés au Japon et jaloux de leur influence, et toute une série de portraits d'hommes d'une audace incroyable, mais aussi bons vivants et parfois âpres au gain.
    S'appuyant sur une multitude de documents de l'époque, Milton restitue admirablement dans ce récit étonnant les rêves mais aussi le quotidien de ces authentiques explorateurs.
    Né en 1966 dans le Buckinghamshire, le journaliste et écrivain anglais Giles Milton est spécialiste de l'histoire des voyages et des explorations. Il collabore à de nombreux journaux, en France et à l'étranger, et est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment Captifs en Barbarie, Les Aventuriers de la Reine, Samouraï William et Le Paradis perdu publiés aux Éditions Noir sur Blanc.

  • Paris, rue des Thermopyles. Dans un squat d'émigrés, sur le lit défait d'une pièce glacée, un homme écrit à même son drap. Il convoque fébrilement sa mémoire pour recréer sa terre d'origine, la Russie et à travers elle une enfance à la campagne, faite de fantasmes et de déchirures, et l'armée, plus tard, au fin fond de l'Arctique...
    Dans une langue âpre, dense, charnelle, où la dérision et l'humour s'unissent au désespoir, Dmitri Bortnikov nous entraîne aux bords d'un gouffre, dans le secret de l'âme humaine - et, tout à la fois, dans la cruauté et la beauté du monde.

  • « Le kayak et son propriétaire, Grant Hadwin, forestier expérimenté, étaient portés disparus depuis plusieurs mois. L'homme était un fugitif recherché pour un crime étrange et sans précédent. »
    Un soir de l'hiver 1997, dans les îles de la Reine-Charlotte, un bûcheron de Colombie-Britannique nommé Grant Hadwin commet un acte d'une violence inouïe. Sa victime est légendaire : un épicéa de Sitka vieux de 300 ans, haut de 50 mètres et entièrement couvert de lumineuses aiguilles dorées. Dans un geste paradoxal, qu'il conçoit comme une protestation contre les dommages causés par l'homme à la nature, Hadwin s'attaque à l'arbre avec une tronçonneuse. L'épicéa tombe deux jours plus tard, jetant la communauté locale dans la consternation. L'Arbre d'or était non seulement une curiosité scientifique, un miracle et une attraction touristique, mais il était sacré pour le peuple des Haïdas. Peu de temps après avoir confessé son crime, Hadwin disparaît dans de mystérieuses circonstances ; à ce jour, il n'a pas été retrouvé.
    En dénouant les fils de cette histoire vraie, John Vaillant donne à voir la beauté sauvage des côtes de l'Alaska ; il décrit les tensions historiques entre les Européens et les Indiens haïdas, la vie âpre et brutale des bûcherons, ainsi que l'histoire de l'abattage des arbres en Amérique du Nord et ses conséquences pour toute la civilisation occidentale.
    « Dans une prose riche et imagée, Vaillant évoque le luxuriant milieu naturel où l'épicéa d'or est apparu... Absolument captivant. » The New York Times
    John Vaillant collabore à divers journaux et revues, comme The New Yorker, The Atlantic, National Geographic. S'intéressant aux frictions entre l'homme et son milieu naturel, il a voyagé à travers les cinq continents. L'Arbre d'or est son premier livre, paru au Canada en 2005 et récompensé par le prestigieux prix du Gouverneur général. Le Tigre, paru en 2010, est un succès dans de nombreux pays ; il a reçu le prix Nicolas Bouvier en 2012. John Vaillant vit aujourd'hui à Vancouver.
    John Vaillant a reçu le prestigieux prix Windham Campbell 2014 pour l'ensemble de son oeuvre.

  • Stanislav Perfetsky, figure de l'underground ukrainien, poète et auteur de performances littéraires bruyantes et audacieuses, est invité dans un symposium international à Venise. Celui-ci porte sur l'absurdité post-carnavalesque du monde. En route pour Venise, il rencontre des bohémiens qui le retiennent à Munich, il tombe amoureux d'une femme envoyée pour l'espionner, et s'empêtre dans des aventures érotiques et des intrigues sans fin.
    Arrivé à bon port, Perfetsky disparaît dans Venise, laissant la fenêtre de sa chambre d'hôtel ouverte sur le Grand Canal. Que lui est-il arrivé ? Est-il possible que ce maître des masques, des dissimulations et autres « perversions » ait organisé sa propre disparition ? Comme dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, auquel le roman d'Andrukhovych fait écho, une chose est certaine : la réalité quotidienne s'efface, les aventures burlesques se succèdent à un rythme effréné, sous l'oeil étonné de La Sérénissime, et le surnaturel prend peu à peu le contrôle du monde.
    Le poète ukrainien Stanislav Perfetsky, invité à participer à un colloque à Venise, disparaît mystérieusement dans la cité des Doges. Le lecteur suit sa piste à travers de nombreux rebondissements, servis par le talent de conteur d'Andrukhovych et une langue jubilatoire.
    Un tourbillon de formes, de styles, de jeux de mots et de références littéraires, dans la lignée de Boulgakov.
    Né en 1960 à Ivano-Frankivsk, en Ukraine occidentale, Yuri Andrukhovych est l'une des figures les plus connues de la littérature ukrainienne contemporaine. Poète, essayiste, romancier, il a fondé le groupe légendaire de performances littéraires Bu-Ba-Bu (Burlesque-Balagan-Bouffonade). Ses romans sont traduits en russe, polonais, allemand, et en français aux éditions Noir sur Blanc. Il est l'auteur de Douze cercles (2009), qui raconte le voyage chaotique et délirant d'un photographe autrichien dans les Carpates ukrainiennes ; Moscoviada (2007), un trajet loufoque dans la capitale d'une Union soviétique qui s'effondre ; et l'essai « Remix centre-européen » dans l'ouvrage Mon Europe, coécrit avec Andrzej Stasiuk (2004). Dans un pays où l'on reconnaît un grand pouvoir à la littérature, déjà très engagé lors de la Révolution orange, Yuri Andukhovych est sans conteste l'une des voix importantes de la société ukrainienne actuelle.

    Yuri Andrukhovych a reçu le prix Hanna Arendt 2014.

  • Deux heures moins dix met en scène l'amour entre Alexandra et Vladimir. Vladimir part à la guerre, au loin et dans leur correspondance, le passé se mêle au présent : Shakespeare et Marco Polo, les aventures d'un pilote arctique, une enfance dans la campagne, la prise de Pékin par des soldats russes... Les amoureux vont à la rencontre l'un de l'autre, tentant de réinventer le lien temporel et spatial qui a été brisé.
    Dans ce roman épistolaire et polyphonique Chichkine crée un lieu hors du temps et de l'espace, celui de la correspondance, porté par une inventivité stylistique et narrative.

    Prix Bolchaïa Kniga 2011

  • Pour ne pas finir en piliers de bar, cinq copains trentenaires décident de quitter Varsovie, direction les montagnes de la frontière orientale. Leur périple nous embarque dans l'ambiance rock and roll de l'Est post-communiste avant de mal tourner. Un geste bête et c'est la cavale dans ces montagnes hostiles...
    Mêlant suspense et réflexion philosophique, Stasiuk transforme cette fuite éperdue en une quête métaphysique et livre un thriller palpitant doublé d'un roman de moeurs.

  • Au printemps de 1839, les Anglais envahissent l'Afghanistan pour la première fois. C'est l'amorce du Grand Jeu, cette rivalité coloniale qui opposa en Asie centrale les empires russe et britannique. Précédés de lanciers en manteau écarlate et shako à plumes, près de vingt mille soldats des armées britanniques et de la Compagnie anglaise des Indes orientales se déversent par les passes de haute montagne afin de rétablir à Kaboul un roi déchu : Shah Shuja ul-Mulk.
    Les tribus afghanes, mal équipées, n'opposent d'abord que peu de résistance, mais deux années d'occupation suffisent à unifier le pays dans la colère. Les grands chefs de guerre afghans, dont la finesse et la culture peuvent s'allier à la plus grande cruauté, jurent que l'arrogance anglaise se paiera au prix fort - et la nation la plus puissante du monde va connaître en Afghanistan la pire déroute militaire de son histoire.
    En faisant entendre pour la première fois les chroniques afghanes de ce conflit, William Dalrymple parvient à lui donner un relief saisissant. On y découvre, en particulier, que les femmes des deux camps ont su jouer un rôle de tout premier ordre. Parabole de l'aveuglement impérialiste, Le Retour d'un roi est le récit magistral de la première guerre d'Afghanistan, et la démonstration que les stratèges de notre époque n'en ont tiré aucune leçon...
    « Délicieusement écrit » The Spectator
    « William Dalrymple est un maître conteur » The Independent
    « Brillant » The Financial Times
    « Un travail de grande érudition » The Times
    « Pour qui a le goût de l'échappée lointaine et aventureuse, William Dalrymple est un modèle. » (Le Figaro magazine)
    Historien et journaliste écossais, William Dalrymple parcourt l'Orient depuis une vingtaine d'années. Spécialisé dans la littérature de voyage, il est l'auteur de six livres parmi lesquels Le Moghol Blanc (Noir sur Blanc, 2005) qui a remporté, entre autres, le prestigieux Wolfson Prize for History. La Cité des Djinns (Noir sur Blanc, 2006) a reçu le Thomas Cook Travel Book Award. William Dalrymple est membre de la Royal Society of Literature et de la Royal Asiatic Society. Il vit avec sa femme et leur trois enfants entre l'Écosse, Londres et New Delhi.

  • Journal de la Kolyma est une road story. Jacek Hugo-Bader y raconte son voyage au long de la Route de la Kolyma, qui relie Magadan à Iakoutsk en 2025 kilomètres. Un voyage pavé de rencontres, d'expériences et d'émotions.
    En référence aux Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov et à L'Archipel du goulag de Soljenitsyne, Hugo-Bader évoque le terrible passé de la région. La Kolyma, au climat extrêmement rude et riche de nombreuses mines d'or, d'argent et d'uranium, a été le lieu d'exil d'une multitude de prisonniers soviétiques. Mais ce n'est pas ce passé que le reporter polonais veut mettre en avant : ce sont les gens qui, aujourd'hui, vivent dans ces régions reculées. Il fait ainsi le portrait de Dima le tchékiste, gras et bruyant ; de Natacha, 79 ans, fille de Iejov, le chef de la police secrète sous Staline, responsable de millions de morts ; du chien Bobik ; de l'oligarque Alexander ; et, au début de l'ouvrage, de la chamane iakoute Dora, comme pour placer son récit et son voyage sous la protection des esprits...
    Sous la plume d'Hugo-Bader, les conversations avec les habitants et les voyageurs de passage prennent vie, les situations cocasses ou inquiétantes se dessinent nettement. Le journaliste se met lui-même en scène dans son texte, devenant le guide explicite du lecteur le long de la Route de la Kolyma.
    Un reportage littéraire au coeur de la Kolyma, un territoire situé à l'extrême est de la Russie, tristement célèbre pour ses camps de prisonniers soviétiques. Dans la lignée de Kapu´sci´nski et de la tradition polonaise du reportage littéraire, Jacek Hugo-Bader plonge au coeur de cette région reculée, en donnant la parole à ses habitants.

    Avant de devenir journaliste du grand quotidien Gazeta Wyborcza, Jacek Hugo-Bader a travaillé dans l'épicerie, le fret ferroviaire, la filière porcine, le conseil matrimonial et la distribution. Durant toutes ces années, il fut membre de l'opposition anticommuniste en Pologne. Spécialiste de l'ex-URSS, il a également fait des reportages à bicyclette en Chine, en Mongolie et au Tibet. Jacek Hugo-Bader est né en 1957.


  • « Sache que moins il y a de poissons à l'hameçon, mieux ils tiennent. »
    Une nuit de mai 1952, dans une petite ville du nord de l'Ukraine, la belle Lilia est assassinée d'un coup de couteau. Est-ce un règlement de comptes ? Un crime passionnel, un complot antisémite ? Que savent la modiste, le haut fonctionnaire déchu ou la soeur jumelle de la victime ? Dans cette période d'après-guerre, tout le monde a quelque chose à cacher... Le policier Tsoupkoï, figure médiocre et radicalement soviétique, qui est aussi le narrateur du récit, est chargé de l'affaire. À mesure que l'enquête progresse, se dessine le portrait d'une population marquée par les répressions, les privations et les séquelles d'une guerre qui a décimé la communauté juive. Dans la « fraternité soviétique » imposée à toutes les couches de la société, on ne parlait pas de discrimination et d'antisémitisme... Mais l'enquête fera voler en éclats ce consensus hypocrite.
    Née en 1960 à Tchernigov, en Ukraine, Margarita Khemlin a étudié à l'Institut de littérature Gorki. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages, qui ont été sélectionnés pour les plus grands prix littéraires (Bolchaïa Kniga, Booker Prize russe, NOS). Elle revendique l'influence de Tolstoï, Gogol, Agatha Christie et Georges Simenon. L'Investigateur est considéré par la critique russe comme son meilleur roman. C'est le premier traduit en français. Margarita Khemlin est décédée en 2015.

  • Andrzej Bobkowski est une figure mythique des lettres polonaises. Le journal qu'il a tenu à Paris sous l'Occupation (En guerre et en paix) a donné la mesure de son style mordant : « Le véritable écrivain n'est pas celui qui écrit bien : c'est celui qui perçoit davantage. »
    Les Notes de voyage d'un Cosmopolonais s'ouvrent en 1947. Après la Libération, Bobkowski travaille à Paris dans un atelier de réparation de vélos, et il observe le coq humilié qui s'efforce de remettre de l'ordre dans son plumage. Suivent une excursion au pays basque, un séjour à Lourdes, et les préparatifs du départ pour le Guatemala. 1948, Bobkowski traverse l'Atlantique sur une Arche étrange, où l'espérance le dispute à la nostalgie. Sa femme et lui ont 180 dollars en poche. « Et mes deux bras », ajoute Bobkowski. Débute alors une lutte acharnée pour l'existence : il va monter un atelier d'aéromodélisme, puis ouvrir un magasin, le Guatemala Hobby Shop. Les petits avions de balsa le rendent populaire parmi la jeunesse locale et lui permettent bientôt de voyager : les États-Unis, la Suède, et la France à nouveau. Bobkowski, qui est d'abord un écrivain, perçoit les convulsions du monde : aux USA, on chasse les sorcières, tandis que l'Amérique centrale s'embrase, avec le coup d'État américain au Guatemala de 1954. Au dernier chapitre, luttant contre le cancer qui l'emportera, Bobkowski réaffirme ses convictions, dont le socle a toujours été : la liberté de l'individu.
    À la fois journal intellectuel et série de reportages du quotidien, ces Notes de voyage ravivent de façon passionnante la France de l'après-guerre et le Nouveau Monde, entre républiques bananières et maccarthysme virulent.
    Admirateur fou de Conrad, frère spirituel de Gombrowicz, Bobkowski a forgé un terme qui les définit tous les trois : le Cosmopolonais, un homme qui, ayant surmonté son héritage national, porte sur le monde un regard nouveau.
    Né en 1913, Andrzej Bobkowski se trouve bloqué à Paris, en route vers l'Amérique latine au moment où la Seconde Guerre mondiale éclate. II est chargé de I'assistance sociale aux ouvriers polonais et commence à rédiger un journal dans lequel il note ses réflexions et observations. En 1947, il émigre au Guatemala avec son épouse, y lance la construction de modèles réduits d'avions et initie des jeunes au sport de l'aéromodélisme. II continue à écrire en polonais des articles et des essais dont le dernier est consacré au grand écrivain anglo-polonais Joseph Conrad qu'il considérait comme son maître. A. Bobkowski meurt d'un cancer en 1961 à l'âge de 47 ans.

  • Le grand biologiste Tim Flannery a parcouru les îles tropicales du Pacifique Sud-Ouest pendant plus d'une décennie à la recherche de marsupiaux, de chauves-souris et d'autres petits mammifères que l'on ne rencontre nulle part ailleurs sur notre planète. Plusieurs de ces îles étaient pour la science des pages vierges : l'équipe s'aventura dans des villages où personne, de mémoire d'homme, n'avait encore vu un visage blanc, et sur des sommets montagneux couronnés de végétation irréelle. Dans le grand arc insulaire situé entre l'île de Sulawesi et les Fidji (soit une distance supérieure à celle qui sépare Paris de Montréal), Flannery va faire d'immenses découvertes, mettant au jour de véritables « fossiles vivants », mais aussi des indices fondamentaux pour la compréhension des rouages et des caprices de l'évolution.
    Si la Polynésie offre souvent une perfection de carte postale, d'autres terres plus lointaines montrent un visage tourmenté, parfois hostile, surtout lorsque les obstacles géologiques se doublent du tabou des frayeurs ancestrales. Et c'est là que la petite équipe, surmontant les fatigues par un humour et un enthousiasme inépuisables, débusque des rats géants, des chauves-souris à tête de singe, le grand éclat de rire de la Création.
    Une mission de biologistes spécialisés dans les mammifères entreprend d'explorer les îles tropicales du Pacifique Sud-Ouest. Rarement ouvrage de vulgarisation scientifique n'aura été aussi juste, aussi drôle et instructif à la fois. Défenseur acharné de la biodiversité, Tim Flannery a les armes qu'il faut pour propager son amour de la Terre et du vivant.
    Tim Flannery, né en 1956 à Melbourne, est un mammalogiste australien de renommée internationale et un infatigable militant pour la préservation de la Terre. Il a été élu « Australien de l'année » en 2007 et est actuellement professeur à l'Université Macquarie. Il est également président du Conseil de Copenhague sur le climat, une organisation internationale de sensibilisation aux changements climatiques. Il a publié en français : Alerte rouge : Agir contre le réchauffement climatique, Éditions Héloïse d'Ormesson, 2010, et Penser la Terre. Plaidoyer optimiste pour notre futur, Éditions Buchet/Chastel, 2013.

  • Il y a deux siècles, une expédition russe mit le cap sur l'Amérique du Nord: nul ne s'était encore emparé de l'Alaska ni de l'essentiel de la côte Ouest. L'entreprise se solda par un désastre magnifique, mais elle aurait bien pu changer la face du monde.
    Un petit aristocrate de la cour de Catherine la Grande incarne ce rêve d'une Amérique russe: Nikolaï Rezanov, qui fut sans doute le plus excentrique des bâtisseurs d'empire. À la tête de la Compagnie russe d'Amérique, il envisage de transformer les installations précaires des chasseurs de fourrures en tête de pont d'un empire du Pacifique, qui s'étendrait de la Sibérie jusqu'à la Californie. Pour ce faire, il dispose de navires au rabais, d'un contingent de repris de justice (les futurs colons) et d'officiers frondeurs. Sa quête le conduit néanmoins jusqu'à San Francisco, où il s'éprend d'un «ange aux yeux noirs», la fille du gouverneur espagnol, qui lui semble être la clé de son rêve impérial.
    Owen Matthews raconte avec brio cette folle histoire, depuis les intrigues de la cour de Russie jusqu'à la vente, en 1867, de l'Alaska aux jeunes États-Unis d'Amérique.
    Né à Londres en 1971, Owen Matthews est l'auteur des Enfants de Staline (Belfond, traduit en 28 langues et finaliste du prix Médicis étranger). De mère russe et de père anglais, il a étudié l'histoire contemporaine à Oxford avant d'entamer une carrière de reporter à Budapest, Sarajevo et Belgrade, durant le conflit en ex-Yougoslavie. Depuis 1995, Matthews est l'un des rédacteurs du magazine Newsweek, dont il a dirigé les rédactions à Moscou et à Istanbul.

  • Dans ses vieux jours, un homme part à la recherche de Mirka, son amour de jeunesse, qu'il avait abandonnée enceinte. Cinquante ans plus tard, bouleversé par cette paternité qui resurgit alors qu'il retrouve une lettre, il se rend dans la maison sous les pins, sur les bords de la mer Baltique. Au fil des rencontres et des longues promenades dans les dunes, de ses réflexions sur ses choix et sur sa responsabilité, il se rapproche pas à pas de la vérité.
    Un récit simple et brut, teinté de mélancolie, sur la vie qui passe.

  • Qui peut imaginer aujourd'hui la valeur fabuleuse que représentait la petite noix muscade à la fin du XVIe siècle ? Giles Milton brode autour de la chasse aux épices une fabuleuse histoire des grands navigateurs et marchands du XVIIe siècle. Les fastes orientaux, l'exotisme, les rêves de richesse et de puissance se mêlent à la cruauté des moeurs, à l'impitoyable affrontement guerrier et aux ruses des négociants. La bravoure, la curiosité et l'esprit de conquête animent ce roman d'aventures où abondent flibustiers, rois orientaux, rapines et batailles navales.
    « L'histoire de cette graine se lit comme un roman d'aventures fabuleusement épicé. » Géo

  • Acid movie sombre et cocasse à la fois, Polococktail Party nous précipite dans l'univers des jeunes paumés de la Pologne postcommuniste.
    Best-seller en Pologne, ce livre a déclenché une véritable fièvre médiatique à sa publication, ce qui a valu à son auteur d'être comparé aux plus grands noms de la littérature mondiale comme Gogol, Céline ou encore Gombrowicz.
    « Dans une langue d'une éblouissante créativité, cette Sagan polonaise dresse le portrait sous acide d'une génération perdue avec une surprenante maturité. » Carole Vantroy, Lire.

  • Mariusz Wilk s'est installé il y a quinze ans dans le nord de la Russie, pour y vivre loin de la civilisation. Mais de nombreux changements sont survenus dans la maison carélienne au bord du lac Onega... Depuis la naissance de sa fille Martusza, l'écrivain redécouvre la nature avec les yeux de l'enfance. Il s'interroge sur l'importance du lieu où l'individu grandit et fait ses premiers pas dans la vie. À la fois récit de voyage immobile et journal littéraire, La Maison du vagabond évoque les lieux traversés, les grands espaces russes, et l'ancrage désormais nécessaire dans la maison de l'Onega, au coeur de la nature sauvage du Grand Nord.
    Mariusz Wilk partage également ses vagabondages littéraires et dialogue avec de nombreux écrivains: Witold Gombrowicz, W. G. Sebald, Nicolas Bouvier... Entrelacée de citations littéraires et de trouvailles étymologiques, sa prose reste vivante et concrète, ce qui la rend tout à fait unique.
    Dernier volume du «Journal du Nord», La Maison du vagabond interpelle l'homme occidental sur sa manière de vivre, et l'exhorte à observer le monde qui l'entoure avec un regard neuf.
    Mariusz Wilk, né en 1955 à Wroclaw, a été actif dans l'opposition entre 1977 et 1981 et emprisonné pour son engagement dans Solidarité. Journaliste, il publie en 1984, en samizdat, un livre-phare Konspira, Solidarité clandestine. Au début des années quatre-vingt-dix, Wilk part pour Moscou comme correspondant du Quotidien de Gdansk. Il traverse les pays Baltes et l'Ukraine, le Kazakhstan et la Sibérie. Après un an de pérégrinations, il se fixe sur les iles Solovki. C'est de là-bas qu'il commence à envoyer des chroniques régulières à la revue polonaise de Paris, Kultura, qui composeront Le Journal d'un loup. Il est l'auteur d'un Journal du Nord dont les différents volumes ont paru aux Éditions Noir sur Blanc : La Maison au bord de l'Oniégo (2006), Dans les pas du renne (2009), Portage (2010) et Dans le sillage des oies sauvages (2013).


  • Prix Nicolas Bouvier 2012

    Hiver 1997. Iouri Trouch, responsable de l'« inspection du Tigre », est chargé d'enquêter sur la mort pour le moins troublante de Vladimir Markov. Ce chasseur expérimenté a été dévoré par un tigre de Sibérie, ses chiens massacrés, son gîte détruit. Tout porte à croire qu'il s'agit d'un meurtre prémédité. Iouri et ses hommes, suivis par John Vaillant, vont entamer une longue traque dans les contrées perdues de la Primorié, sur les traces du tigre de l'Amour qui figure sur la liste rouge des espèces menacées...
    Un récit d'aventure haletant, basé sur une histoire vraie, dans lequel John Vaillant révèle la dévastation de la Russie post-soviétique. Un livre puissant, dans la veine de Dersou Ouzala, sur les rapports entre l'homme et la nature sauvage.
    Le Tigre a reçu le British Columbia's National Award for Canadian Non-Fiction, et le Globe and Mail Best Book for Science en 2010.
    « Avec Le Tigre, John Vaillant a écrit l'équivalent forestier de Moby Dick. » Amélie Nothomb, Le Monde.


  • « Pour être honnête, je voudrais ne rien me rappeler. Quelle personne saine d'esprit le souhaiterait ? Mais la vérité vraie est aussi que je suis encore plus terrifié à l'idée de tout oublier. Je suis piégé. »

    Alex Kurzem, un Australien moyen d'une soixantaine d'années, ne se sépare jamais d'une vieille mallette en cuir. Il décide un jour de l'ouvrir pour son fils, historien, et, à l'aide des photos et documents qu'elle contient, il lui raconte enfin le drame de son enfance. Par bribes, se désolant des lacunes de sa mémoire, il dévoile l'une des histoires les plus singulières de la Seconde Guerre mondiale : comment un enfant juif de sept ans est devenu la mascotte des nazis. Avec la patience d'un chercheur, mais aussi avec la ferveur d'un fils, Mark Kurzem va retrouver les pièces manquantes, réordonner les événements, identifier les lieux et les acteurs. Ce livre retrace à la fois l'histoire vécue et le chemin de l'enquête, mêlant la voix irremplaçable du survivant au récit d'un historien.
    Octobre 1941, la Shoah par balles ensanglante la Biélorussie. Caché dans un arbre, l'enfant de cinq ans voit périr sa famille. Sans grand espoir, il s'enfonce dans la forêt glaciale. Lorsqu'il sera découvert, à bout de forces, par des SS lettons, il apprendra à leur cacher qu'il est juif. Très vite, le régiment ira jusqu'à le déguiser d'un uniforme miniature de caporal SS. Malgré son jeune âge, Alex est déchiré entre la conscience du mal auquel il assiste et sa volonté de survivre. « J'étais un animal de compagnie qu'on dressait », explique-t-il à son fils. Les soldats lettons l'ont sauvé de la forêt. Ils lui ont aussi volé son enfance et son identité.
    « Ce livre extraordinaire montre que, dans le domaine de l'incroyable mais sans doute vrai, l'Histoire, y compris contemporaine, demeure un gisement inépuisable » Le Point
    « Sans pathos, au rythme d'un polar, Mark Kurzem explore la fragilité d'une mémoire, montre les étapes de sa reconstruction et, comme historien de sa propre histoire familiale, il illustre magnifiquement la formule de Georges Braque : "Les preuves fatiguent la vérité" » Le Nouvel Obsevateur
    « C'est un récit extraordinaire, aussi effroyable qu'émouvant » Fémina
    Mark Kurzem est historien. Il est le fils aîné d'Alex Kurzem, qui fait l'objet de ce récit biographique. C'est son premier ouvrage.

  • Varsovie, 1939.
    Le lieutenant Konstanty Willemann erre dans la ville bombardée où l'occupation allemande étouffe toute liberté. Celui qui n'était avant-guerre qu'un dandy, un père et un mari inconstants, un noceur dévorant l'argent de sa famille dans les clubs les plus chics, se retrouve soudain au-dessus d'un abîme. Konstanty a été élevé par sa mère dans la langue et la culture polonaises, mais son père était un aristocrate allemand, officier de carrière. Est-il donc un vaincu ou appartient-il à la race des vainqueurs ? Ni l'un ni l'autre, au fond, puisque ce sont les femmes, toutes les femmes, qui forment son pays. Avec chacune, d'ailleurs, sa personnalité change et ce sont elles qui déterminent son destin, son entrée dans la Résistance polonaise, ses missions et ses revirements. Avec son allemand parfait, Konstanty devient un élément précieux de l'armée clandestine, mais la patrie ne lui est rien ; il se soumet de plus en plus à deux maîtresses tyranniques - la morphine et la noire Salomé. Féminine est aussi la voix qui le poursuit. Est-ce la destinée qui s'adresse à lui, est-ce la mort, est-ce la drogue ? Elle connaît le passé et le sombre avenir.
    Szczepan Twardoch poursuit en Pologne une oeuvre singulière. Il a étudié la sociologie et la philosophie à l'université de Katowice. Romancier, journaliste, il a su conquérir à la fois la critique et un large public avec Morphine, déjà traduit en allemand par Rowohlt. Ce roman lui a valu d'obtenir le prestigieux « Passeport » de l'hebdomadaire Polytika, qui distingue les artistes ouvrant des champs nouveaux dans la culture polonaise.

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