Le Bord de l'eau

  • À compter des années 2000, de plus en plus de médias, aux États-Unis puis ailleurs dans le monde, se sont dotés de rubriques ou chroniques dits de « fact-checking ». Ils se sont d'abord donné pour objectif de vérifier la véracité de propos tenus par des responsables politiques dans la sphère médiatique. Puis, progressivement, ils ont étendu ce travail de décryptage minutieux à l'ensemble des informations suspectes véhiculées dans l'espace public, sur Internet et les réseaux sociaux : encouragés par les Gafam et tout particulièrement Facebook, ils produisent ce que l'on appelle du « debunking », de la démystification de rumeurs.
    Cet ouvrage décrypte également comment ces médias, ce faisant, ont cherché à valoriser une démarche journalistique particulièrement crédible, qui toutefois révèle, en creux, de nombreux manquements dans les pratiques professionnelles.
    À travers ce parcours au sein de l'histoire récente de la vérification dans les médias hexagonaux, c'est in fine la nécessité de promouvoir des contenus peut-être moins nombreux mais plus qualitatifs dans les rédactions, ainsi que la nécessité impérieuse d'une véritable politique d'éducation aux médias pour le grand public qui transparaît. Et l'exigence d'un fact-checking placé au coeur des stratégies éditoriales, seul à même de permettre aux journalistes de regagner la confiance des publics et aux entreprises de presse de valoriser leurs contenus.

    Laurent BIGOT est journaliste et maître de conférences à l'École publique de journalisme de Tours. Il y enseigne les genres journalistiques et y est responsable de l'ensemble des enseignements de presse écrite. Il est membre de l'équipe de recherche PRIM (Pratiques et Ressources de l'Information et des Médiations) de l'Université de Tours.

  • Comment détoxer Internhate d'Internet ? Comment fabriquer l'antidote du poison numérique ? Peut-on extraire le mauvais buzz des réseaux sociaux ?

    Plus que jamais, les réseaux sociaux sont devenus le terreau de souffrances, d'incitation à la haine, de complotisme et de radicalisation qui font peser une lourde menace sur la paix sociale et la démocratie.

    A l'heure de la culture du selfie et des messages de quelque 140 caractères, comment prévenir les lynchages, les moqueries, les insultes, les déferlements de haine ou de menaces qui pullulent en ligne ?

    L'auteur propose d'en découdre avec Internhate, pour identifier des possibilités de déconstruction de la haine. Avec son plaidoyer, Philippe Coen prône une philosophie du respect et de la non-violence. En intentant un procès à Internhate, il propose 50 propositions de « signal-éthique » pour construire du respect et de l'automodération.

  • Le seul livre qui fait le point sur un retour de Mein Kampf et sa haine extrême dans le domaine public, notamment en ligne et explique la force du contre-discours, et d'un label anti-haine original, initié par les auteurs.
    Écrit sous forme de récit, sans jargon, Robert Misrahi nous invite à suivre ses pas dans sa vie de philosophe, vécue comme une vie « d'engagement en philosophie »...

    Ce qu'en dit l'auteur : En rassemblant les principaux résultats de mes écrits, j'accomplis une tâche supplémentaire : je dresse comme un bilan. Le temps vient toujours de faire un bilan de sa vie. Pour moi, ce sera le bilan d'une oeuvre. Que ce bilan ne soit en fait jamais réellement "bouclé", puisque j'ai bien l'intention d'écrire durant tout le temps qu'il me sera possible de le faire, ne signifie pas qu'un regard sur un demi-siècle de production ne puisse dégager des lignes de pensée dominantes et des propositions fermes et constantes.
    Plus précisément encore, ce regard synthétique et rétroactif, ce redéploiement ramassé de ma pensée pourrait valoir comme la validation ultime d'un itinéraire existentiel et d'une oeuvre. Celle-ci révélerait alors dans son unité comme une philosophie pour vivre, c'est-à-dire comme une éthique.

  • Infirmité, invalidité, incapacité, handicap, situation de handicap... le vocabulaire utilisé pour décrire une atteinte à la santé physique ou psychique n'est pas anodin. Il repose toujours sur une conception de ce qu'est la « normalité » et véhicule des explications différentes des écarts à cette dernière. Que l'accent soit mis sur des facteurs médicaux, individuels ou sociaux, ou encore sur leur interaction, il affecte la manière dont des êtres humains sont perçus. Si désormais certains termes sont bannis, parce que jugés stigmatisants, la hiérarchie sociale perdure entre personnes considérées ou non comme « normales ». Elle est toutefois contestée par de nouvelles approches scientifiques comme les études critiques sur le handicap (Critical Disability Studies) qui questionnent la « normalité », les présupposés qui la sous-tendent et proposent de la repenser.
    L'objectif de ce livre est triple : il s'agit d'abord d'analyser le traitement social du handicap et de l'invalidité, ensuite de comprendre l'expérience qu'en font les personnes concernées, et enfin d'interroger ce qu'est cette « normalité » qui produit le handicap ou l'invalidité.

  • Deux femmes se rencontrent dans les rassemblements, professeur issue d'un milieu bourgeois pour l'une, étudiante issue d'un milieu ouvrier pour l'autre. Dès les premiers regards, elles s'aiment... Un amour de mai qui grandit au cours des événements. Mai 68 écrit dans l'attente de l'être aimé... attente devenue éternité.
    L'une meurt dans un accident de voiture en juin. Amour tragique, inassouvi, tout comme cette révolution de mai qui ne finit pas de finir.
    Martine Storti a écrit là le roman de mai 68...

  • Le premier livre qui traite de la presque totalité des discours de Nicolas Sarkozy, pris depuis le début de la campagne électorale présidentielle de 2007 jusqu'à aujourd'hui.
    L'auteur décortique également l'art oratoire du désormais Président et sa façon de décomposer un discours : d'abord décrire la situation en la travestissant de sorte qu'ensuite les solutions paraissent évidentes...

  • La France est un ancien pays d'immigration marqué par l'installation durable de migrants d'origines diverses dont les plus récents rejoignent souvent leurs prédécesseurs dans les quartiers populaires. S'y côtoient les enfants et petits-enfants des premiers travailleurs nord-africains et les nouveaux arrivants dont les expériences et cadres de référence divergent.
    Comment les individus vivent-ils ce face-à-face entre « banlieusards » et « blédards » ?
    Les enquêtes menées par l'auteur depuis plus de dix ans dans les collèges, lycées, lieux de travail et réseaux sociaux où se rencontrent, se jugent et parfois s'affrontent ces deux catégories de jeunes répondent à cette question encore inexplorée en France.
    En raison même de leur distance à l'égard du pays d'installation, le rapport des nouveaux migrants à la société française est moins problématique que chez les jeunes issus des immigrations postcoloniales, car les difficultés de l'intégration ne sont pas intériorisées comme des marqueurs d'une identité stigmatisée. Le pays d'accueil est encore envisagé comme un lieu de possibilités nouvelles et non comme un espace de conflictualité et d'exclusion. L'analyse de la situation méconnue des jeunes nouvellement arrivés permet ainsi la mise en perspective de celle des jeunes qui n'ont pas connu l'immigration, mais qui continuent malgré eux à en incarner les défis et les périls.
    Les figures contrastées du réfugié et du jeune radicalisé qui ont marqué l'actualité récente témoignent de la nécessité de distinguer entre les questions d'intégration des nouveaux venus et le problème de la marginalisation et des conduites déviantes d'une frange de jeunes français issus de l'immigration. Ce livre entend contribuer à lever l'amalgame.

  • L'émission littéraire, exception culturelle à la française, née avec Lectures pour tous, en 1953, aura connu son apogée dans les années 80 et 90, avec un modèle jamais égalé - Apostrophes - puis une lente déchéance. Elle est, aujourd'hui, reléguée à des horaires plus que tardifs ou avalée par le règne de la télé-réalité et du divertissement qui s'arroge le quasi-monopole de la promotion du livre.
    L'émission littéraire, exception culturelle à la française, née avec Lectures pour tous, en 1953, aura connu son apogée dans les années 80 et 90, avec un modèle jamais égalé - Apostrophes - puis une lente déchéance. Elle est, aujourd'hui, reléguée à des horaires plus que tardifs ou avalée par le règne de la télé-réalité et du divertissement qui s'arroge le quasi-monopole de la promotion du livre.

  • Les modes de vie sont ce qui nous affectent le plus, et pourtant ils sont hors de notre contrôle. Il y a là un paradoxe : nous, individus réputés libres et démocratiques, sommes dans les fers des modes de vie. Ceux-ci nous imposent en effet des attentes de comportement durables (avoir un travail, être consommateur, s'intégrer au monde technologique, au monde administratif, au monde économique,...) auxquels nous devons globalement nous adapter. Ce paradoxe démocratique est renforcé par un paradoxe éthique : c'est au moment où l'on assiste à une véritable inflation éthique, par la multiplication des comités, chartes, conseils, règlements, labels éthiques en tout genre, tous censés protéger les droits individuels, que le modes de vie de plus en plus contraignants étendent comme jamais leur emprise sur les individus. Ce qui veut dire que toute ce idispositif éthique sert, en réalité, à blanchir le système et les modes de vie qui en découlent, qui peuvent ainsi étendre leur emprise en étant éthiquement pasteurisés. Notre éthique ne sert donc pas à critiquer le système ni les modes de vie, mais à les accompagner dans leur marche triomphale. Enrayer cette marche est le défi éthique et politique majeur de notre temps.

  • Réunissant des recherches inédites produites en Europe et en Amérique par les meilleurs spécialistes de ces questions (historien.ne.s, anthropologues, sociologues, psychologues, spécialistes de l'étude sociale de sciences et des études de genre), cet ouvrage propose un panorama large des savoirs et des pratiques médicales de la sexualité féminine depuis la fin du xixe siècle à nos jours ainsi que des enjeux sociaux et politiques que la question « du désir des femmes » dans la diversité de ses expressions pose aux sociétés occidentales contemporaines.

    Le sexuel est-il affaire d'instinct ou d'apprentissage, de physiologie ou de psychologie, trait individuel ou social ? Où se logent les fonctions et les capacités sexuelles, comment les décrire et les soigner ? Le désir sexuel peut-il être matérialisé, sa physiologie décrite ? S'apparente-t-il à une quête de récompenses ? Dévoile-t-il l'identité profonde des sujets ? Sa nature et son expression diffèrent-elles chez les hommes et les femmes, les hétérosexuelles et les lesbiennes ?
    Cet ouvrage s'intéresse aux discours savants sur la sexualité féminine, à leurs grammaires leurs motifs récurrents et leurs contradictions, aux imaginaires sociaux qu'ils ouvrent, aux conceptions du sexe et de la sexualité qu'ils promeuvent. Il rend compte des programmes mobilisés au cours d'un long XXe siècle - « de la psychanalyse aux neurosciences » - pour la déchiffrer et soigner ses troubles. Il est aussi attentif aux savoirs profanes sur le sexe et à la manière dont les individus s'approprient ces connaissances pour donner sens à leurs conduites sexuelles.

  • Le cancer, si l'on en croit la formule consacrée, est une « longue maladie ». Cet ouvrage de sociologie analyse in situ les différents temps de cette maladie si particulière. Le plus souvent, se soigner implique une relation sur la durée avec la médecine : démarche diagnostique, temps des traitements, des soins, et enfin temps du contrôle des résultats, s'échelonnant encore sur une dizaine d'années si aucune récidive n'apparaît entre-temps. Chaque patient voit son existence soumise à un contact régulier avec la médecine anticancéreuse, et s'emploie à mettre en oeuvre un travail (le plus souvent solitaire) d'ajustement à ce dispositif de traitements. Cet ouvrage examine la façon dont les malades sont soignés par une médecine hautement spécialisée, mais encore loin d'être adaptée aux maladies de longue durée. Marie Ménoret a souhaité rendre compte de la dimension, non plus individuelle, mais sociale et collective, de l'expérience du cancer. Elle s'est alors immergée dans un centre de lutte contre le cancer. Elle a vécu l'expérience du patient dans la continuité, se faisant parfois agent de service hospitalier pour les besoins de son observation, et a analysé - en sociologue - la totalité des étapes que le malade doit franchir.

  • Le cancer, si l'on en croit la formule consacrée, est une « longue maladie ». Cet ouvrage de sociologie analyse in situ les différents temps de cette maladie si particulière. Le plus souvent, se soigner implique une relation sur la durée avec la médecine : démarche diagnostique, temps des traitements, des soins, et enfin temps du contrôle des résultats, s'échelonnant encore sur une dizaine d'années si aucune récidive n'apparaît entre-temps. Chaque patient voit son existence soumise à un contact régulier avec la médecine anticancéreuse, et s'emploie à mettre en oeuvre un travail (le plus souvent solitaire) d'ajustement à ce dispositif de traitements. Cet ouvrage examine la façon dont les malades sont soignés par une médecine hautement spécialisée, mais encore loin d'être adaptée aux maladies de longue durée. Marie Ménoret a souhaité rendre compte de la dimension, non plus individuelle, mais sociale et collective, de l'expérience du cancer. Elle s'est alors immergée dans un centre de lutte contre le cancer. Elle a vécu l'expérience du patient dans la continuité, se faisant parfois agent de service hospitalier pour les besoins de son observation, et a analysé - en sociologue - la totalité des étapes que le malade doit franchir.

  • Reuven Feuerstein, pédagogue israélien, a travaillé avec les enfants bouleversés par la Deuxième Guerre mondiale lors de la création de l'Etat d'Israël. Il s'est occupé d'enfants juifs européens et nord-africains rescapés de la Shoah. Soumis à des tests psychométriques, ces enfants obtenaient des résultats qui dénotaient un retard intellectuel de 3 à 6 ans par rapport à la norme. Feuerstein s'est aperçu que si les tests pouvaient rendre compte des connaissances de l'enfant, ils ne permettaient pas pour autant de mesurer leur capacité d'apprentissage. Il importait donc avant tout de débloquer le processus intellectuel et émotionnel permettant aux enfants et aux adolescents d'acquérir des connaissances.
    À travers des milliers de patients, le Professeur Feuerstein a acquis la conviction qu'il était possible d'apprendre à apprendre, et ce d'une manière continue. Son programme d'enrichissement instrumental consiste donc à créer chez tous ceux qui présentent un immobilisme intellectuel les conditions physiologiques et psychologiques leur permettant de faire face de manière autonome aux différents événements auxquels ils seront confrontés.
    Plus largement, la pédagogie de Feuerstein est une pédagogie de la médiation. Elle permet de faire le tour des problèmes pédagogiques, de mettre des mots sur des choses implicitement connues pour devenir mieux armé. En prônant une pédagogie généreuse, active et modifiante, Feuerstein nous invite à quitter des attitudes qui ont trop souvent été chez nous passives et acceptantes. Bref une pédagogie à visage humain...

  • Tenu en 1938, le colloque Lippmann est considéré comme un acte fondateur de l'offensive libérale dans le monde (bien avant la naissance de la Société du Mont Pélerin).

    Plus souvent cité que lu, il mérite d'être exhumé pour comprendre les enjeux idéologiques et politiques qui ont présidé à la naissance d'une internationale libérale dont le rôle sera essentiel dans les transformations économiques planétaires de la fin des années 1970.

    Serge Audier met en lumière les tensions, voire les contradictions, qui ont marqué ce moment inaugural de l'histoire du néo-libéralisme. À travers ces tensions se dessinent aussi les impasses de la doctrine néo-libérale telle qu'elle a été mise en oeuvre, dans les années 1980, avec la contre-révolution thatchérienne et reaganienne.

  • LA MAMAN (parlant à son bébé) : Ton père est fou ! Complètement barré ! D'habitude plutôt pudique sur ses émotions, le voilà qu'il se met à raconter sa « grossesse » à tout le monde ! Oui, tu as bien entendu SA grossesse. Tout ! Il raconte tout... ses joies, ses angoisses, ses espoirs... Depuis le jour où nous avons décidé d'avoir un enfant, jusqu'à l'accouchement, en passant par mes seins et nos nuits câlines (oh là là les voisins !) On dit que les papas sont souvent oubliés pendant la grossesse. Mais je t'assure que de leur côté aussi ça gamberge sec !

    LE BEBE : Hi ! Hi ! Hi !

    Il paraît qu'avant c'était différent, que la grossesse, les enfants, c'était l'histoire des mères...

  • Un ouvrage qui se veut le premier testament philosophie du « philosophe de la joie », grand spécialiste de l'oeuvre de Spinoza.
    Écrit sous forme de récit, sans jargon, Robert Misrahi nous invite à suivre ses pas dans sa vie de philosophe, vécue comme une vie « d'engagement en philosophie »...

    Ce qu'en dit l'auteur : En rassemblant les principaux résultats de mes écrits, j'accomplis une tâche supplémentaire : je dresse comme un bilan. Le temps vient toujours de faire un bilan de sa vie. Pour moi, ce sera le bilan d'une oeuvre. Que ce bilan ne soit en fait jamais réellement "bouclé", puisque j'ai bien l'intention d'écrire durant tout le temps qu'il me sera possible de le faire, ne signifie pas qu'un regard sur un demi-siècle de production ne puisse dégager des lignes de pensée dominantes et des propositions fermes et constantes.
    Plus précisément encore, ce regard synthétique et rétroactif, ce redéploiement ramassé de ma pensée pourrait valoir comme la validation ultime d'un itinéraire existentiel et d'une oeuvre. Celle-ci révélerait alors dans son unité comme une philosophie pour vivre, c'est-à-dire comme une éthique.

  • Une histoire d'amour où l'écrivain est atteint d'éréthisme affectif pour une femme, Anna Maria, qui s'est jetée dans le Tage après avoir remis un paquet de ses lettres d'amour à un notaire de Lisbonne.

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