Langue française

  • La question de la lutte contre la violence et l'insécurité occupe depuis quelques années une place importante dans le débat politique français. Par ailleurs, les faits divers de délinquance des jeunes occupent une place croissante dans l'actualité médiatique et sont présentés comme les manifestations d'une sorte de " nouvelle barbarie ". Amalgamant les délinquances les plus bénignes et les plus graves, de prétendus " experts " réactivent la vieille peur du complot de l'" ennemi intérieur ". Laurent Mucchielli s'efforce d'abord d'expliciter les enjeux de ce débat, de décortiquer les discours et d'en montrer tous les artifices. S'appuyant sur les recherches menées depuis une trentaine d'années, il explique comment on doit lire les statistiques de l'insécurité et de la violence (atteintes aux biens, agressions, violences à l'école). Il retrace l'histoire de la délinquance juvénile depuis les années cinquante, resituant ainsi ce problème de société dans une perspective économique, sociale et politique. Loin de la crispation actuelle sur de simples recettes policières, mais sans nier l'existence des problèmes, il propose alors quelques réformes de fond pour réduire la délinquance juvénile.

  • Montre de façon particulièrement convaincante pourquoi le krach, pourtant largement prévisible, a pris par surprise la majorité des experts occidentaux. Ceux-ci ont préféré fermer les yeux sur l'état de chaos dans lequel le pays était plongé depuis plusieurs années et ont encouragé les gouvernements russes à suivre des politiques qui ne pouvaient mener qu'à des impasses.

  • Depuis les années quatre-vingt, la " modernisation " est partout à l'ordre du jour. Mais au nom de la nécessaire adaptation aux " mutations du monde contemporain ", c'est bien souvent une véritable " barbarie douce " que cette modernisation aveugle installe au coeur des rapports sociaux. Depuis les années 1980, la " modernisation " est partout à l'ordre du jour. Mais au nom de la nécessaire adaptation aux " mutations du monde contemporain ", c'est bien souvent une véritable " barbarie douce " que cette modernisation aveugle installe au coeur des rapports sociaux. C'est ce que montre Jean-Pierre Le Goff dans ce livre, dans deux champs particulièrement concernés par le phénomène : l'entreprise et l'école. La barbarie douce s'y développe avec les meilleures intentions du monde, l'" autonomie " et la " transparence " sont ses thèmes de prédilection. Elle déstabilise individus et collectifs, provoque stress et angoisse, tandis que les thérapies en tout genre lui servent d'infirmerie sociale. L'auteur met à nu la stupéfiante rhétorique issue des milieux de la formation, du management et de la communication. Et explique comment elle dissout les réalités dans une " pensée chewing-gum " qui dit tout et son contraire, tandis que les individus sont sommés d'être autonomes et de se mobiliser en permanence. L'auteur montre que cette barbarie douce a partie liée avec le déploiement du libéralisme économique et avec la décomposition culturelle qui l'a rendue possible. Et il explore les pistes d'une reconstruction possible pour que la modernisation tant invoquée puisse enfin trouver un sens.

  • Propose un bilan des années Clinton et des défis qu'elles laissent à son successeur. Ancienne journaliste au $$Monde$$, N. Bernheim raconte l'extravagant Monicagate, relate l'expédition au Kosovo, explique avec clarté le renouveau préoccupant du complexe militaro-industriel, ainsi que les limites et les illusions de la nouvelle économie.

  • Entre 2001 et 2003, un thème a brutalement envahi les médias : les viols collectifs, rebaptisés « tournantes ». À l´instar d´autres manifestations de l´« insécurité» qui dominait alors tous les débats, ces comportements ont été présentés aux citoyens français comme un phénomène nouveau, en pleine expansion et imputable aux « jeunes issus de l´immigration » habitant les « quartiers sensibles ». La dénonciation des « nouveaux barbares » des banlieues a fait alors l´objet d´un consensus médiatico-politique d´autant plus fort que le lien a rapidement été fait avec le thème de l´oppression des femmes et l´Islam. Au terme d´une contre-enquête mobilisant toutes les données empiriques disponibles et s´appuyant en outre sur une études de dossiers judiciaires, Laurent Mucchielli fait la lumière sur ces comportements juvéniles. Il en conteste la nouveauté autant que leur aggravation et réfute, preuve à l´appui, la liaison fondamentale faite entre viols collectifs, origine maghrébine, religion musulmane. Il révèle ensuite que l´apparition soudaine de ce thème dans le débat public peut être reliée à d´autres débats qui lui ont succédé, sur le « voile islamique » et sur le « nouvel antisémitisme ». L´auteur montre que la mise en scène médiatique du thème des tournantes participe en réalité d´une peur et d´un rejet croissants des jeunes hommes français issus de l´immigration maghrébine et d´une banalisation contestable de l´interprétation des problèmes économiques et sociaux en termes « culturels », voire « ethniques ». Ce livre se veut donc autant une contribution à la sociologie de la délinquance juvénile qu´un essai politique sur les habits neufs de la vieille « question de l´immigration » et sur les formes contemporaines de la xénophobie.

  • En novembre 2005, une émeute d'une ampleur sans précédent dans l'histoire contemporaine de la France a été gérée politiquement de façon désastreuse : le " retour au calme " est aussi un retour à toutes les difficultés de la vie ordinaire pour les habitants des quartiers populaires. C'est pourquoi des sociologues de terrain ont voulu montrer qu'il est possible et indispensable d'analyser ces événements et ce qu'ils révèlent de l'état de la société française. Le livre montre notamment le rôle joué par Nicolas Sarkozy, pompier-pyromane, dans le développement de l'émeute. Il révèle aussi que la première personnalité politique à demander la mise en place de l'état d'urgence fut... Marine Le Pen. Contre les idées reçues, et notamment celle que ces émeutes furent le fait de jeunes instrumentalisés par des " caïds ", des " barbus " ou des rappeurs, les auteurs montrent enfin que nombre d'habitants des quartiers ont témoigné d'une forme de solidarité avec les jeunes émeutiers. Au-delà de l'événement, le livre soulève un certain nombre de questions essentielles : pourquoi l'école n'est plus perçue par une partie de la population comme un lieu de promotion sociale mais comme un lieu d'échecs et d'humiliations ? Quelle est la situation sociale et économique réelle des habitants des quartiers, en particulier les jeunes ? Pourquoi la façon dont la police remplit ses missions dans les quartiers " sensibles " est-elle devenue un problème plus qu'une solution ?
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la nouvelle édition augmentée de 2007.)

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