La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Elles sont filles de parents maghrébins immigrés en France. Leurs pères sont ouvriers, artisans, chômeurs ou retraités, l'un fut officier de gendarmerie. Elles sont nées à Nanterre, à Bobigny, Sartrouville, à Paris dans le vingtième, dans la banlieue nantaise ou à Roubaix et y ont grandi. Elles ont de dix-huit à vingt-sept ans, sont lycéennes, étudiantes, animatrice, secrétaires, restauratrice ou "au chômage". Quelques-unes ont un compagnon, l'une est mariée, une autre divorcée, la plupart sont célibataires. Toutes ont parlé sans réticence, contentes d'être écoutées par une auditrice attentive, française, ethnologue, spécialiste de la culture de leurs parents, ainsi à même de comprendre leurs difficiles et douloureux problèmes. En effet, elles sont partagées, parfois déchirées entre leurs aspirations personnelles de jeunes femmes en France et le désir, bien différent, de leurs parents, qui auraient voulu les voir devenir ces "femmes bien", modèle de femme maghrébine. Diverses ont été leurs conditions de vie, divers leurs rapports avec parents et frères, leurs connaissances de la religion, du Maghreb, leurs scolarités, leurs activités et relations éventuelles hors de la maison paternelle, leurs attitudes envers l'autre sexe, leurs propres désirs de famille et d'enfant, leurs problèmes d'identité et de nationalité, enfin, pour certaines d'entres elles déjà, leur participation à la vie active en France. A travers leurs discours sur toutes ces questions - une centaine d'heures d'entretiens -, sont analysées les conditions et les circonstances, les constantes et les variables susceptibles de freiner ou de favoriser leurs dispositions à l'intégration.

  • La philosophie de l'esprit et des phénomènes mentaux a connu, depuis une trentaine d'années, un renouveau important., notamment en raison de l'intérêt suscité chez les philosophes par les progrès des neurosciences et des sciences cognitives. Au sein de la tradition analytique anglo-américaine, en particulier, un véritable tournant mentaliste et naturaliste tend désormais à supplanter l'approche linguistique, jusque-là dominante. Ce livre propose une introduction aux thèmes riches et complexes que développent des auteurs comme Davidson, Fodor, Dennett et Dretske : les relations de l'esprit et du corps, le problème de la causalité mentale, celui de l'explication en sciences cognitives, les débats sur le statut de la psychologie populaire, la nature des croyances chez les adultes, les enfants et les animaux, des images mentales, de l'identité personnelle et de la conscience. Et il présente, de façon synthétique et rigoureuse, les principales théories de l'esprit actuelles : l'identité esprit-cerveau, le fonctionnalisme, l'éliminativisme, et les divers programmes de naturalisation de l'intentionnalité. L'auteur montre que la philosophie de l'esprit contemporaine est un domaine très ouvert, étroitement lié aux problématiques philosophiques traditionnelles, comme à celles des sciences cognitives. Il s'efforce de défendre une forme de matérialisme non réductionniste, sensible à la fois au caractère naturel et causal des phénomènes mentaux, et à leur dimension spécifique et autonome.

  • A partir d'une analyse en profondeur de la production et de la reproduction dans les sociétés agricole d'autosubsistance, l'ouvrage apporte à la fois une théorie du mode de production domestique, les éléments d'une critique radicale de l'anthropologie classique et structuraliste et les bases d'une critique constructive de la théorie du salaire de Marx. Les contradictions majeures que soulève la persistance au sein du capitalisme des rapports domestiques comme lieux de la reproduction de la force de travail et du « travailleur libre » sont mises en évidence par cette démonstration qui, portant sur les domaines généralement séparés de l'ethnologie et de l'économie, enchaîne logiquement « les structures alimentaires de la parenté » aux mécanismes de la surexploitation du travail des populations dominées par l'impérialisme. De même que l'« Anthropologie économique des Gouro de Côte-d'Ivoire » avait marqué « un tournant dans l'histoire de l'anthropologie », cet essai théorique (qui en annonce d'autres), en dépassant le stade de la discussion des concepts pour essayer de renouer avec la démarche active et créative de Marx et d'Engels, représente une nouvelle contribution au progrès contemporain du matérialisme historique.

  • Non pas les animaux dans Homère, non pas les animaux à l'époque d'Homère, tous sujets légitimes et rebattus - n'a-t-on pas affirmé qu'il y avait des lions dans l'Olympe ? - mais les animaux et les hommes dans la poésie homérique. Comme il n'est pas de société sans imaginaire, dans chacune des expériences collectives de l'homme, l'animal est lui-même, et le double de l'homme : double social, culturel, éventuellement politique. Présence, tour à tour, familière et menaçante - le chien et le sanglier, le cheval et le lion -, il renvoie tout aussi bien à un monde symbolique qu'à un monde réel. Mais, ici, l'expérience collective est un texte : l'Iliade et l'Odyssée, un texte et non une société que nous puissions observer directement. Les hommes - Diomède, Achille, Ulysse - y sont représentés tout comme les animaux. Le héros, le lion, le masque : Annie Schnapp-Gourbeillon n'a pas voulu faire, après tant d'autres, un simple relevé des comparaisons homériques, cette matrice de 27 siècles de littérature occidentale, mais comprendre comment s'associent l'homme et l'animal. Symétrique du héros, le lion, le sanglier aussi, est son double idéal, celui qui incarne, en permanence, le pic des vertus guerrières auxquels aucun homme ne peut jamais prétendre totalement. Mais ce lion est aussi ravisseur de troupeaux, et ses seuls ennemis sont les paysans, les bergers et les chiens. Et voici le héros réduit à cette peu glorieuse fonction que l'épée dissimule, et que le registre des comparaisons met en lumière. Ce livre est une introduction à une anthropologie de la dissimulation.

  • Depuis près d'un siècle, le théoricien de la micro-économie et le "manageur scientifique" se parlaient peu. Il ne fallait pourtant pas voir là l'expression d'un divorce, mais plutôt celle d'un partage des tâches indiscuté et indiscutable : à l'un, le "marché parfait", à l'autre, l'"organisation parfaite", tous deux étant armés du même modèle théorique, pour garantir la complémentarité de leurs démarches. Mais les grandes mutations structurelles qui affectent l'entreprise contemporaine, rendent ce modèle théorique de plus en plus irréaliste et inefficace. Dans leurs efforts pour surmonter ces difficultés, l'économiste et le manageur parlent des langages de plus en plus étrangers l'un à l'autre. Cette fois, le divorce menace. Fort de sa double expérience (théorie économique et pratique managériale), l'auteur engage une vigoureuse critique de concepts et de méthodes dépassés. Mais loin de se limiter à une telle critique, il consacre l'essentiel de cet ouvrage à recenser et analyser les pistes les plus prometteuses pour reconstruire, de concert, une nouvelle micro-économie et une nouvelle gestion. Il étaye en permanence son argumentation théorique par l'observation des pratiques actuelles dans l'entreprise moderne. "Période passionnante, constate-t-il, où chaque problème pratique débusque un problème théorique" : clarté du style et richesse des exemples permettent d'établir un véritable dialogue entre débat théorique et pratique quotidienne, et de rendre ainsi accessibles des concepts-clés pour l'"économie-gestion" de demain, fondée sur l'apprentissage et l'innovation.

  • L'Algérie, par son histoire mais surtout comme expérience de développement économique, occupe une place de choix dans les affrontements idéologiques contemporains, notamment au sein des pays du tiers monde. Mais cette place, incontestable, est-elle justifiée théoriquement, alors que ce pays reste peu connu, malgré les discussions passionnées qu'il soulève ? L'ouvrage de Tahar Benhouria n'apporte pas seulement une matière riche en données empiriques, une information plus complète sur l'Algérie. Le tableau systématique qu'il dresse de son évolution économique depuis 1962 a d'autres objectifs que la simple production d'une connaissance, jusqu'alors disséminée dans des études partielles et spécialisées. Par la liaison permanente que l'auteur établit entre les réalisations économiques et les intérêts des groupes et des classes en présence et en formation, c'est toute la structure de classes de la société qui est révélée à travers cette expérience de développement. Et, notamment, la constitution, durant cette période, d'une nouvelle classe dominante, liée contradictoirement aux secteurs de la propriété d'État et de la propriété privée et imprégnant la société, dans son ensemble, des formes de cette contradiction. C'est ce développement contradictoire de la nouvelle classe dominante, tirant ses traits aussi bien des bourgeoisies classiques des sociétés occidentales que des bureaucraties des pays socialistes, qui éclaire, selon l'auteur, l'évolution de l'Algérie depuis l'indépendance. Elle rend compte, en même temps, des difficultés à l'analyser, des erreurs commises par les approches classiques, de droite comme de gauche, et des illusions véhiculées par les théories développementistes. L'ouvrage finit sur des interrogations ; c'était bien là son but car, pour Tahar Benhouria, l'essentiel était de remettre le débat sur ses pieds, c'est-à-dire sur ses bases de classe.

  • Depuis la Libération, les regards sont fréquemment attirés par la combativité des ouvriers de Nantes et de Saint-Nazaire. En 1953, 1955, 1968, le prolétariat nantais et nazairien est à l'origine des puissants affrontements contre l'Etat bourgeois. Ayant épuise les voies de la négociation avec un patronat exceptionnellement rétrograde, les ouvriers se heurtent directement, dans l'usine ou dans la rue, aux forces répressives de l'appareil d'Etat. Mais cette image ne doit pas voiler les longues périodes d'apathie et la faiblesse de la conscience politique qui caractérisent aussi le prolétariat de la Basse-Loire, notamment lors des consultations électorales.
    Car tel est bien le paradoxe qu'il s'agit d'expliquer : comment et pourquoi l'ouvrier oscille perpétuellement entre le républicano-socialisme de la bourgeoisie libérale et l'action directe de la classe autonome, comment et pourquoi il recourt alternativement à un bulletin de vote bien tiède et à la grève générale révolutionnaire, comment et pourquoi il répugne à s'organiser dans un parti politique, tandis qu'il fait bloc derrière ses dirigeants syndicaux.
    Il n'existe pas d'autre moyen de répondre à ces questions que de déterminer avec exactitude les rapports entretenus par le prolétariat avec les autres classes ou fractions de classe, depuis l'aube de la révolution industrielle, puisque ces caractères, et tout particulièrement la propension à l'action directe, puisent leur origine loin dans le temps.
    Rechercher le fil conducteur des luttes de classes et examiner les contours du mouvement ouvrier depuis les premiers balbutiements jusqu'aux développements contemporains présente un autre avantage : celui de briser avec la conception classique de l'histoire du mouvement ouvrier, volontiers linéaire, volontiers cohérente, volontiers réduite aux organisations qui réussissent, alors que les tâtonnements, les contradictions, les échecs, les luttes de masse sont aussi symptomatiques de la vie interne du prolétariat, et que, en conséquence, on ne saurait les passer sous silence qu'au prix d'une mystification. C'est pourquoi cette étude sur le mouvement ouvrier dans la Basse-Loire n'est en aucun cas une recherche d'érudition régionale, mais se veut une tentative pour restituer à tout le prolétariat français, à partir d'un exemple précis, la saveur et la coloration de sa propre histoire.

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  • Il y a près de vingt ans que des gens du fleuve Sénégal viennent travailler en France. Cet exil, il s'agit ici d'en restituer la dimension africaine. L'émigration du fleuve en France cesse alors d'être objet de réflexion en elle-même. Cela même qu'elle sert à révéler l'intègre à une histoire dont l'essentiel se déroule ailleurs. Sept hommes sur dix travailleurs africains en France, sont des paysans Soninké venus des rives du Fleuve. Tant que l'on se borne à constater leur présence, elle ne semble pas peser lourd. Mais que l'on inverse la perspective, et le monde bascule : il faudrait maintenant chercher sur les cartes, dans les livres, dans leur pays même surtout, le poids de leur absence. En Europe, leur présence paraissait marginale : c'est qu'au miroir européen, leur histoire ne s'inscrit qu'à l'envers. Infléchie par la présence européenne, puis suspendue par la conquête, l'histoire des peuples du Fleuve se survit dans l'émigration. Aujourd'hui, face à la double crise de l'emploi en France, et de la production vivrière au Sénégal, des gens du Fleuve cherchent à reprendre en main leur avenir, en développant les ressources agricoles de leur terroir. Détournée à d'autres fins, la mise en valeur du Fleuve risquerait toutefois de déposséder les communes villageoises, barrant à jamais le chemin du retour. Comprendre l'émigration dans son contexte africain, n'en remet que plus sûrement en cause le rôle de la France.

  • Ce nouveau livre du Collectif d'alphabétisation paraît à une période trouble pour la population immigrée en France : insécurité entretenue et légalisée (loi Barre-Bonnet), marginalisation renforcée... La formation des immigrés, une pratique dépassée ? C'est ce que laissent entendre les pouvoirs publics. Or, dans le même temps, un rapport officiel estime à 800 000 au moins le nombre d'analphabètes étrangers en France. Ce livre, dans une première partie, resitue l'alphabétisation des travailleurs immigrés dans le contexte politique et économique actuel, et en dégage les enjeux. Dans une deuxième partie, il propose un certain nombre d'outils pédagogiques, pour atteindre des objectifs définis, à partir des situations concrètes rencontrées dans les cours. Ce livre n'est pas une simple réactualisation des précédents livres du Collectif d'alphabétisation. La conception, dans son ensemble, est différente : moins péremptoire et plus pragmatique. Il reflète les pratiques, les difficultés et les contradictions de ceux qui l'ont écrit (moniteurs professionnels ou bénévoles, permanents d'associations). Il n'énonce pas un savoir prêt-à-savoir, mais veut aider les utilisateurs à réfléchir sur leur propre pratique. Ce livre est destiné aux formateurs. Pour les immigrés des niveaux débutants, le Collectif d'alphabétisation a publié, en octobre 1978, un Livre de français pour les travailleurs immigrés, pour l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

  • La civilisation qui prend naissance aux bords du Tigre et de l'Euphrate, plus de 3 000 ans avant J.-C., est extraordinairement variée dans sa culture, et riche en pratiques politiques et religieuses. De par sa position stratégique entre l'Inde, l'Iran et le monde méditerranéen, la Mésopotamie sera nourrie de mythes et de cosmogonies étrangères qu'elle adaptera pour les faire siennes. Les essais rassemblés ici, pour la première fois, ne marquent pas seulement trente ans de recherche exemplaire, d'études érudites, et de controverses fructueuses. Ils montrent l'étonnante imbrication du politique, de l'économique et du religieux dans une société complexe. Comment se structurait, socialement, cette société suméro-akkadienne ? Quelle était la nature du pouvoir des dynasties babyloniennes ? Quelle place y occupaient les infirmes et les marginaux ? Plus précisément, avec le mythe d'Érysichthon le mangeur insatiable, l'histoire de Daniel jeté dans la fosse aux lions et ressorti sain et sauf, ou la boîterie de Jacob, ce sont la mort, la virginité, la justice, le pouvoir, qui sont admirablement étudiés dans leurs manifestations à la fois réelles et imaginaires. Ainsi, par exemple, le jet d'une poignée de terre, l'usage juridique du sceau, l'empreinte d'un pied dans l'argile n'étaient pas des actions gratuites : elles revêtaient des sens particuliers que l'auteur décode pour nous.

  • « Plus une société est en retard, plus son élite révolutionnaire doit être cultivée, progressiste, consciente de tous les sauts qualitatifs intervenus dans la vie de l'humanité. [...]. Plus une société retarde par rapport à d'autres, plus les buts de la révolution se diversifient et s'approfondissent ; plus l'intellectuel est conscient de ce retard, plus ses responsabilités deviennent lourdes et plus se multiplient les occasions de fuir dans les illusions et les mythes ; plus la révolution s'impose comme totale, plus elle apparaît lointaine et improbable. Telle est bien la situation de l'intellectuel arabe révolutionnaire. Il hérite de tous les combats de la liberté : individuelle, communautaire, nationale, que la bourgeoisie dans l'État national n'a nulle part menés jusqu'à leurs termes. [...]. L'intellectuel arabe a trop longtemps hésité à critiquer radicalement culture, langue et tradition. Il a trop longtemps reculé devant la critique des buts de la politique nationale locale, qui aboutit à l'étouffement de la démocratie et au dualisme généralisé ; il doit critiquer l'économisme superficiel, qui croit moderniser le pays et rationaliser la société en construisant une usine avec l'argent d'autrui, la technologie d'autrui, l'administration d'autrui ; il doit cesser de s'autocensurer lorsqu'il s'agit des problèmes de minorité et de démocratie locale, de peur de mettre en péril une apparente unité nationale. L'intellectuel arabe révolutionnaire a trop longtemps applaudi à l'appel de l'unité arabe, tout en acceptant et parfois justifiant la fragmentation de fait. [...]. L'intellectuel révolutionnaire arabe mène aujourd'hui une vie malheureuse, par-delà ses succès mondains, parce que sa société vit à un rythme infra-historique. Il ne viendra à bout de sa misère que s'il exprime d'abord clairement ses exigences de rénovation radicale et s'il les défend ensuite de toutes ses forces pour que cesse enfin le long hiver des Arabes. [...]. » (Extrait de la conclusion.)

  • Beaucoup d'auteurs africains contemporains restent les prisonniers de la recherche d'une conception du monde, d'une philosophie, résidant dans une âme « africaine », unique pour tout le continent, renvoyant à un passé mythique. Paulin Hountondji montre comment ces étranges constructions conceptuelles ont pu jouer un rôle positif dans la résistance menée par les intellectuels à la domination coloniale : ils répondaient ainsi à la négation de l'opprimé contenue en elle ; réponse cependant ambiguë, ne serait-ce que parce qu'elle était bâtie sur des principes tirés des travaux d'ethnologues européens, le Père Tempels en particulier. Les indépendances ont ouvert une nouvelle période historique ; ces mêmes élaborations philosophiques ont changé de sens : jadis expression d'une certaine résistance anticoloniale, elles sont désormais une idéologie justifiant et renforçant les dominations étatiques contemporaines ; les intellectuels qui les fabriquent ne sont plus que les « griots » des régimes en place. En analysant sans complaisance les oeuvres de Nkrumah et celle, entre autres, du Camerounais Towa, du Rwandais Kagamé, Hountondji met à nu et dénonce cette inversion. L'entreprise critique dont ce livre pose les jalons lui apparaît être l'étape nécessaire sur le chemin de « la libération de la créativité théorique » des peuples d'Afrique, de leur participation à part entière au débat intellectuel universel.

  • Hérissée de difficultés de tous ordres, de plus en plus mal assimilée, l'orthographe résiste victorieusement aux tentatives de simplification. Le « réformisme » s'est trop longtemps contenté de la vilipender, offrant des contre-attaques aisées aux partisans du statu quo. Mais la crise de l'orthographe s'aggrave sans cesse, aux dires de tous les observateurs, et l'on voit poindre le jour où une intervention sera nécessaire. Une description minutieuse du phénomène orthographique, appuyée sur une analyse linguistique des problèmes, oblige à renoncer à tout espoir de réforme : il apparaît impossible d'améliorer de l'intérieur un édifice à la fois aussi cohérent et aussi composite. La solution, découverte il y a quatre siècles, est d'ordre alphabétique. On ne peut pas réformer l'orthographe, on ne peut que la supprimer et donner au français une nouvelle écriture, fondée sur la langue parlée. Utopie ?... Cette promotion de la langue parlée s'inscrit dans la perspective des bouleversements culturels du monde contemporain.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Les alliances de classes ont été étudiées par les marxistes, au moins en Europe, exclusivement au niveau politique. Leur fondement économique, dans les rapports de production, n'a pas été abordé depuis Marx. Les deux textes de ce volume : « Sur l'articulation des modes de production » et « Matérialisme historique et luttes de classes », veulent combler cette lacune du marxisme (pour le premier) et en chercher les raisons (pour le second). Pourquoi une alliance entre classes et couches exploitées de modes de production différents doit-elle être une alliance définitive ? Pourquoi l'extension d'une alliance tactique entre une classe exploitée et une classe (ou une couche) exploiteuse au niveau stratégique se retourne-t-elle toujours contre la classe exploitée ? Quelles sont, au sein d'une classe exploitée, les couches qui sont naturellement porteuses de l'intérêt commun de classe ? C'est à tous ces problèmes que ce livre tente d'apporter une première réponse. Dans un monde où le prolétariat n'est jamais seul (même dans les métropoles) pour construire le socialisme et où il est, la plupart du temps, très minoritaire (dans les pays dominés), une analyse des alliances de classes, fondée sur la structure même des formations sociales et sur la lutte des classes qui révèle cette structure et non sur l'idéologie de telle ou telle organisation parlant au nom des exploités, est une arme pour les combats à venir.

  • Parmi les mouvements anticoloniaux arabes et africains le nationalisme marocain présente des particularités incontestables qui ne cessent d'intriguer les observateurs. Ce livre tente d'expliquer ces particularités en analysant en détail la structure socio-politique du Maroc précolonial et les conséquences contradictoires des réformes par lesquelles le pays essaya d'échapper à la tutelle étrangère. À la fois mouvement et idéologie, le nationalisme apparaît dans cette perspective comme l'expression d'un choix : celui de la rénovation dans la conservation. Peut-on généraliser à partir du cas marocain ? Si oui, le nationalisme aurait une dimension culturelle qui jusqu'ici a été grandement sous-estimée. Pour cette raison, sa rémanence serait plus grande et sa force de contestation plus ambiguë que ne le laisserait penser une analyse strictement sociologique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Si on avait su, / Si on avait pu / Au mois de mai / On aurait pris l'hôpital / On enfermait les curés / Dans la chapelle / On coupait le téléphone / Du prieur / On formait un comité ouvrier / - est-ce qu'on aurait su faire tourner la boîte ? / - ... et les fous !

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