L'école des loisirs

  • À onze ans, la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela, elle dit qu'elle veut être quelqu'un de normal et se marier. Elle semble aussi s'intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son dégoût lorsqu'elle voit mijoter un brouet destiné à empoisonner le chien des voisins. Sa mère, Ursule, est consternée. C'est si important pour une sorcière de transmettre le métier à sa fille. En dernier ressort, elle décide de confier Verte une journée par semaine à sa grand-mère, Anastabotte. Puisqu'elles ont l'air de si bien s'entendre. Dès la première séance, les résultats sont excellents. On peut même dire qu'ils dépassent les espérances d'Ursule. Un peu trop, peut-être.

  • C'est officiel. Margot tient la lettre entre ses mains. Elle est admise en sixième au collège du Parc des Grands Pins. Enfin elle entre dans la cour des grands ! Mais avant tout, les préparatifs : acheter un carnet de correspondance, faire des photos d'identité, photocopier les certificats de vaccination... et surtout décider de la tenue qu'elle portera pour le premier jour. Sa soeur aînée est catégorique : jean, et surtout pas de cartable ! Le jour tant redouté arrive. Tout le monde a un cartable, et quasi toutes les filles sont habillées en jupe... Une déconvenue qui n'empêchera pas Margot de se présenter aux élections des délégués de classe. Car Margot rêve de devenir populaire...

  • Ernest a dix ans. Dix ans de vide : sa mère est morte le jour de sa naissance et son père a disparu. Dix ans d'ennui : sa vie avec sa grand-mère, prénommée Précieuse, n'a rien de très exaltant : école, goûter, devoirs, soupe. Pas de téléphone, pas de télévision. Seule distraction : une mystérieuse lettre que le grand-père d'Ernest avait envoyée du front pendant la guerre, une lettre indéchiffrable. Ernest est bon élève, solitaire et taciturne, pour ne pas dire muet. Jusqu'au jour où Victoire de Montardent arrive dans sa classe et jette son dévolu sur lui. Car Ernest est beau, ce que les autres filles de la classe avaient déjà remarqué...

  • Enid doit faire dix-sept pas de l'abribus jusqu'à l'impasse de l'Atlantique qui mène à sa maison, la Vill'Hervé. Un de moins que l'été dernier. La preuve que ses jambes allongent, donc qu'elle a grandi. N'empêche qu'elle est toujours la plus petite des cinq soeurs Verdelaine. Personne ne la croit quand elle dit qu'elle a entendu un fantôme hurler dans le parc et faire de la musique. Ni Charlie, trop occupée à réparer Madame Chaudière pour l'hiver et à arrêter de fumer pour faire des économies. Ni Bettina et ses copines Denise et Béhotéguy, dites DBB (la Division Bête et Bouchée), concentrées sur leur nombril. Ni Geneviève, mobilisée par son propre secret très difficile à préserver. Ni Hortense, plongée dans la rédaction de son journal intime. Ni Tante Lucrèce qui n'écoute qu'Engelbert Humperdinck, son crooner préféré. Ses parents la croiraient peut-être, mais ils sont morts depuis dix-neuf mois et vingt-deux jours. Swift, sa chauve-souris, l'écouterait sûrement mais elle a disparu dans la tempête, la nuit où le vieux sycomore du parc s'est mis à faire le poirier au fond du puits. Il faut qu'Enid se résigne : « Convaincre les grands, c'est comme vouloir qu'un chewing-gum mâchouillé une heure conserve son goût du début. »

  • Un nouveau est arrivé à l'école en plein hiver. Il s'appelle Vandam Pishar. Il prétend qu'il vient d'Inde. Pourtant, il parle très bien français. Il marche comme un robot et garde toujours ses gants, même en classe. Pourtant, il paraît qu'il est champion de ski. Il affirme aussi qu'il n'a pas le temps de se faire des amis. Pourtant, il a l'air de s'entendre très bien avec la maîtresse remplaçante. On dirait vraiment que Vandam Pishar vient d'une autre planète. Une autre planète ? Et pourquoi pas ?

  • Une présidente de la République féministe à qui un sondage révèle qu'une certaine Blanche-Neige est plus intelligente qu'elle... Une descendante du Petit Chaperon rouge vêtue de bleu marine qui se croit plus maligne que tout le monde, et enferme sa grand-mère dans la cage au loup du Jardin des Plantes... Un enfant maltraité par son oncle et dont chaque larme qui coule se transforme en cigarette... Vers 1980, Philippe Dumas et Boris Moissard furent les premiers à mettre en pièces, retourner, réécrire, en un mot à pasticher les contes classiques de Grimm et de Perrault pour mieux leur rendre hommage dans un recueil qui allait devenir un best-seller. Leur secret ? Décors et accessoires contemporains, langue châtiée.
    Souvent imités, jamais égalés, ils ont décidé de fêter leur amitié et ses trente ans de bonheur en ajoutant à leurs cinq textes d'origine un inédit : Le pommier de Pomanchou.
    Ils sont amis d'enfance. Boris Moissard était libraire quand Philippe Dumas est venu lui demander de rédiger des textes pour un projet d'album qui comptait alors quelques croquis, dont un Petit Chaperon vêtu de bleu. Aussitôt dit, aussitôt fait. Pour regarder d'un oeil étranger, sinon objectif, la pile de volumes diminuer sur son comptoir, le libraire prit un pseudonyme, qui est à lui seul, sous forme de contrepèterie, un hommage à la littérature (Maurice Boissard était un pseudonyme de Léautaud). Le couple légendaire Dumas-Moissard était né.

  • Émilien déteste les mioches qui pleurnichent. Il s'est juré de ne jamais devenir père. Un père, d'ailleurs, il ne sait pas ce que c'est. À quatorze ans, il vit seul avec sa mère depuis toujours. Alors, pourquoi jouer les baby-sitters ? Par appât du gain, bien sûr. À 15 euros de l'heure, il pourra bientôt se payer le PC de ses rêves... Mais voilà, à force de mentir en se faisant passer pour un as du baby-sitting et de potasser « Comprendre et aimer son enfant », Émilien se prend au jeu. Et il s'intéresse si bien au petit Anthony, six mois, le bébé qui ne sourit jamais, qu'il finit par s'y attacher. Hélas, c'est au moment où il prend vraiment goût à la garde d'enfants que sa mère l'empêche de continuer. Études obligent. Émilien trouve un compromis : donner des cours de français à une dyslexique. Lui qui cherchait à parfaire sa connaissance du coeur humain, il va être servi...

  • Saïd a aimé le travail bien fait, la langue française et ses richesses, les dictionnaires, la beauté sous toutes ses formes. Il a aimé être un bon élève. Mais c'était avant. Il y a longtemps. Il y a un an. Avant le collège Camille-Claudel, la foule hurlante de ses mille deux cents élèves, le racket, la fatigue, le mépris et la haine de ceux qui veulent tuer tout ce qui est beau. Au collège, Saïd a changé. Ce n'est pas qu'il ne veut plus réussir et s'en sortir. Il le veut toujours, de toutes ses forces. C'est juste que, des forces, il en a de moins en moins. Tout seul, il sait qu'il n'y arrivera pas. Alors il s'accroche à ce qu'il peut : une sortie à Paris au musée d'Orsay, un tableau qui représente des fleurs blanches sur un fond noir, son ami Antoine qui baigne dans la culture, le caractère d'un prof qui ressemble à l'acteur de Mission impossible... Sauver Saïd de l'échec et du désespoir, est-ce vraiment mission impossible ?

  • 2 septembre, veille de la rentrée.
    Contrairement à ce que pense ma mère, je n'entreprends pas ce journal aujourd'hui par plaisir, ni parce que j'entre en sixième demain. Je n'ai rien à dire là-dessus. Encore moins sur tous les sujets abordés par la maîtresse dans son long discours d'adieu, en juin dernier : nos «débuts dans l'adolescence», «le temps des secrets», «la transformation du corps», et autres ramassis de niaiseries pour adultes. Je veux parler des raisons pour lesquelles je vais devenir nul. Point à la ligne.

  • La danse, au début, pour Suzanne, c'était un jeu. Elle l'a apprise grâce à un livre, a suivi des cours, et elle y a pris goût. Tant et si bien qu'aujourd'hui c'est un nouveau monde qui s'offre à elle. Oui ! Car elle a présenté sa candidature à l'école des petits rats de l'Opéra. Le début de la gloire ? Oh, pas si vite...Suzanne va devoir quitter son école et sa famille pour rejoindre l'internat de Nanterre. Sa directrice redoutable. Ses élèves aux prénoms improbables, prêtes à tout pour réussir. Et rencontrer Romu Millorteil en personne, le dieu vivant des chorégraphes. Et quand on a onze ans, entrer dans la danse est loin d'être une simple partie de plaisir...

  • Lili ne peut pas aller en colo avec ses frères. Elle passera ses vacances à Saint Denis chez tata Denise, l'oncle Jo, et ses sept cousins. C'est une grande famille qui fait beaucoup de bruit. Mais l'oncle Jo est silencieux et il passe ses journées à regarder par la fenêtre un terrain vague. « Ma pauvre Denise », disent les voisines. « Dieu nous protège », répond tata Denise. Un jour, l'oncle Jo disparaît. Lili attend son retour et voit sur le terrain vague une porte qui avance toute seule.

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    C'est peu avant Noël, dans un parc blanc comme sucre. Et vaste ! Et attaqué par un vent qui vous gèle d'un seul souffle. Assis serrés sur un banc en bois, les pauvres petits de la bande à Grimme attendent leur chef en frissonnant, tenaillés par la faim. Ils ont tous des poches ouvertes aux courants d'air, dans lesquelles leurs mains bleuies et rougies par le froid peinent à dégivrer. La bande n'a en tête que le prochain repas et le moyen de se l'offrir, le plus souvent à la dérobée. Enfin Grimme apparaît, plié en deux par sa course. De ses poches en lambeaux il sort une clé, un morceau de ficelle, un mouchoir... une bien maigre récolte. Mais de sa veste élimée il tire aussi un soldat de plomb d'environ dix centimètres de haut avec le fusil à l'épaule et un bouquet de plumes au képi. Ce que la petite bande ne sait pas encore, c'est que ce fantassin va bouleverser leur vie.

  • Anton Kraszowski ne s'est jamais résigné à être malheureux. Il a toujours su que sa vie méritait mieux. Un jour, il traverse le boulevard pour la première fois et lit la plaque de l'immeuble d'en face : Conservatoire national de Paris. Et tout à coup, Anton se dit que ça y est, sa vie va changer. Mais il ne peut pas deviner à quel point.

  • Cela devait advenir ! À force de galoper droit devant elle, sans trêve ni repos, Béatrice l'Intrépide a fini par arriver au pays des contes. Elle qui fuit la routine et n'apprécie que la nouveauté est comblée : c'est un vrai défilé ! Elle croise une princesse cachée sous une peau de cheval, sept nains accrocs au ménage, un miroir trop bavard, un petit poucet insupportable... Cela fait beaucoup d'aventures à gérer pour une héroïne solitaire. Heureusement, Béatrice peut toujours compter sur une alliée aussi fidèle qu'indispensable... sa jument Véronique !

  • L'obsession des parents pour les résultats scolaires a parfois du bon. Un jour, Suzanne fait la connaissance de Tim, un étudiant anglais censé lui faire faire des progrès faramineux dans cette langue. L'anglais est très vite mis de côté car ce qui intéresse Suzanne comme Tim, c'est d'avoir de longues conversations sur des sujets graves et passionnants, ce qui est absolument impossible quand on ne sait dire que hello, good-bye et what time is it? Tim, lui, parle français. Un français plein de fautes délicieuses, mais assez riche pour pouvoir s'entretenir des livres de Rudyard Kipling, de la vie, de l'amitié et de l'amour. C'est la première fois que Suzanne rencontre un adulte qui apporte de vraies réponses à de vraies questions, et le fait même avec plaisir. Pourtant, un jour, une ombre s'installe : Tim est malheureux parce qu'il s'est disputé avec sa fiancée, et que le mal lui paraît irréparable. Suzanne est fermement décidée à lui venir en aide.

  • Anne vient d'emménager avec sa mère dans un nouveau quartier. Elle se sent seule et déracinée. Heureusement, elle fait la connaissance de Pierre, leur voisin peintre, et passe bientôt toutes ses soirées dans son atelier. Lorsque Pierre lui demande de l'aider à préparer sa prochaine exposition, Anne est très flattée. Ne serait-elle pas un peu amoureuse ?

  • Ce n'est pas tous les jours facile d'avoir une mère qui accroche des pendentifs en forme d'araignées à ses oreilles, se teint les cheveux en bleu, se promène en bikini à paillettes et en pantalon bouffant à pois roses, et ne verrait aucun inconvénient à se rendre dans cette tenue à un rendez-vous avec votre directeur d'école. Ce n'est pas facile non plus d'avoir une mère qui passe ses journées à regarder des films à la télé, en mangeant des chips en compagnie de son petit ami, même si ce dernier a suffisamment bon caractère pour apprécier le surnom de Pourri de Malheur, que vous lui avez affectueusement donné. Pourtant, Minna l'héroïne de cette histoire, tient le coup. C'est elle qui pense aux visites chez le dentiste, à changer l'eau du poisson rouge, et à terminer toute seule ses devoirs. Ca ne veut d'ailleurs pas dire qu'elle ne s'amuse jamais. Et de toute façon, une maman, c'est toujours une maman !

  • Jeune fille joyeuse et bien portante, Myriam est un jour prise de symptômes bizarres. Une soif terrible. Des nausées. L'énurésie. Des fringales subites. Des malaises. Le verdict tombe : le diabète. Myriam la gourmande va devoir suivre un régime. Myriam l'insouciante va devoir se surveiller en permanence. Elle se met à s'intéresser aux gens biscornus, cassés par la vie.
    Elle devient aussi plus attentive à sa mère, inconsolable depuis la mort de son frère jumeau, à son père, qui a vieilli de dix ans en quelques mois.
    Et ce sucre qui fait n'importe quoi dans son corps va mettre du sel et du piment dans sa vie.

  • Quand la mono du centre aéré a demandé ce qu'on avait comme Passion pour animer son propre Atelier Création et Découverte d'Activités Ludiques, Sportives et Artistiques, Gaspard a répondu « Haïku ».
    Ça commençait très mal. Les haïkus, les autres ne savaient même pas ce que c'était et une grosse brute l'a surnommé « Aïe-mon-Kiki » et traité de tapette.
    Tant mieux, après tout. Parce que en vérité, cette Passion, Gaspard ne souhaite la partager avec personne. Il souhaite rester seul avec elle. Avec elle et son chagrin. Avec elle et Léo. Personne ne le fera changer d'avis. Même pas cette fille en survêtement violet qui propose « Charlotte au chocolat ».

  • Merci qui ? Merci les panés Celsius ! Antoine Delamoute et trois autres collégiens ont remporté le premier prix du concours organisé par une célèbre marque de poissons panés et s'apprêtent à passer un mois dans l'Arctique sur un navire scientifique. Ils viennent d'embarquer à bord de la Suspicieuse avec leur valise, un slip chauffant et des moufles. Même s'ils sont bien équipés, les gagnants arriveront-ils à bon port ? Entre le capitaine du bateau incapable de tenir la barre, une expédition rivale qui leur met des bâtons dans les roues et les ours blancs qui rôdent dans le secteur, ce voyage au Groenland risque fort de tourner au désastre !

  • Il a beau porter le nom d'un héros grec, Ulysse n'a aucun goût pour l'aventure. Rester à la maison en compagnie de son chat serait même l'une de ses activités préférées. Mais lorsque Farine disparaît, Ulysse n'hésite pas à braver tous les dangers pour le retrouver. Le voilà prêt à frapper à la porte du garçon d'en face, celui qui collectionne les squelettes, et même à demander de l'aide aux frères Mizzi, les chefs du Clan des Démolisseurs. Toute une aventure !

  • Quand elle a fait ce rêve que parmi ses élèves se cachait un grand écrivain, mademoiselle Junon a distribué des carnets à spirale à chacun d'entre eux, pour y noter tout ce qui leur passait par la tête. À défaut d'écrire un roman, Sacha y prend des notes sur les êtres qui l'entourent et les questions qu'il se pose. Il se demande comment savoir que l'on est réellement amoureux.

    « Si je comprenais bien, l'amour était une guerre, un combat dont le but était de sortir vainqueur à tout prix. J'ai écrit : Être amoureux, est-ce vouloir que l'autre soit aussi malheureux que soi ? D'un autre côté, je voyais bien que papa faisait tout l'inverse. Il passait sa vie à essayer de faire plaisir à maman ! Mais alors... Être amoureux, est-ce vouloir que l'autre soit aussi heureux que soi ? »

  • C'est un marécage, dans un coin de montagne, pas très loin de la ferme de Greta Sebek et de sa fille Anja. Il ne sent pas mauvais. On n'y trouve pas d'insectes. Pourtant, il est dangereux. Des bêtes s'y sont perdues. À cause de lui, un jour, Anja désobéit pour la première fois à sa mère qui lui avait fait promettre de ne jamais y aller seule. Elle s'est sentie attirée, irrésistiblement, vers ce lieu qu'elle appelle l'eau verte. Ce qu'elle y aperçoit l'effraie, la fascine, l'ensorcelle. Il faut qu'elle y retourne. Elle résiste longtemps. Mais le jour où elle cède, c'est pour voir sortir des eaux un garçon de son âge, aux yeux verts comme le marais. Aussitôt Anja le baptise « le dénoyé » et entreprend de le sauver. Est-ce qu'un garçon si beau, perdu et silencieux, peut faire du mal à deux femmes courageuses et débrouillardes ? Oui.

  • « Imagine. C'est l'été, les vacances. Tu visites la plus belle grotte préhistorique. Le lendemain, un orage éclate. Une sorte de faille spatio-temporelle s'ouvre, et tu remontes le fleuve du temps, à toute allure. Tu es dans la préhistoire ! Tu décides de remonter le fil des générations pour percer le mystère de tes origines. C'est le début d'une incroyable série de rencontres avec des êtres vivants de plus en plus lointains et différents de toi. Chacun d'eux te révèle ce qu'il a transmis à ses descendants, et donc à toi : Marcher debout. Porter ses bébés dans son ventre et échapper aux dinosaures. Vivre hors de l'eau... Tu rencontres même la toute première cellule vivante - dont tu descends, comme toutes les plantes et les animaux. Tu poursuis ton voyage plus loin encore. Car pour savoir d'où tu viens, il faudra remonter jusqu'au début du monde ».

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