Sciences humaines & sociales

  • L'Art de la guerre

    Sun Tzu

    Notre civilisation occidentale, européenne et américanophile s'est accaparé L'art de la guerre de Sun-Tzu : après tout, c'est symapthique, faire la guerre sans violence, utiliser la force de l'adversaire, fonder sa puissance sur l'équilibre du bien et du mal... Séduisant et charmant, on y croirait presque. Mais, s'arrêter là, c'est un peu comme se planter sur la place Tian'anmen, prendre une photo et revenir en sa terre avec l'orgueil du touriste ignorant qui a visité un pays comme si c'était le sien. Avec les mêmes yeux. Ce qu'il a compris, il l'a compris en comparant. Le saut dans le vide ce n'est pas pour lui. D'où les récupérations de Sun Tzu. On l'applique à l'économie, l'entreprise, la politique. Euphorique d'avoir une fondation exotique et orientale à notre mode de pensée occidental, on peut ainsi justifier tout et son contraire : le licenciement professionnel en douceur, par exemple. Pauvre Sun Tzu, il doit se retourner dans sa tombe, déshonoré d'être enrôlé de force dans une guerre sale qu'il n'aurait certainement jamais menée. Alors, la première des choses à faire : lire ou relire L'Art de la guerre sans glose ni commentaire, dans sa version la plus pure, brute de pensée commune, libre et libéré du politiquement correct. Et une fois confronté dans la solitude de cette lecture au texte original, c'est la révélation.  Ce livre est un mystère irréductible. Pourquoi? Car c'est un mélange de traité de stratégie, mais aussi de philosophie et de religion. Et on ne peut pas lire Sun Tzu sans le filtre du taoïsme, cette théo-philosophie millénaire que les Européens pensent assimiler à l'aide deux ou trois concepts vendus en kit pour athées-nihilistes en mal de sensations spirituelles. Ainsi, Sun Tzu procède de cette dernière, du non-agir, du quiétisme, de l'harmonie... Difficile à faire manger à la même table que le conseiller stratège du roi Helu qui avait besoin de gagner ses guerres et qui commandita l'ouvrage... L'acceptation du mal, voilà le véritable enseignement de Sun Tzu : halte à une civilisation où la moraline a toujours maille à partir avec chacun de nos actes. Invitation à s'en affranchir. Martyriser tes ennemis? Pourquoi pas... à condition de ne plus en avoir besoin. C'est ainsi qu'il faut le formuler, afin de ne pas laisser ce doute traitre s'enraciner : L'Art de la guerre serait un traité de stratégie militaire "humaniste". En fait, pour Sun Tzu, l'ennemi ne m'importe pas en tant qu'être humain, mais en tant que futur esclave...   La présente édition reproduit l'édition de 1772, d'après une traduction de Marie-Jospeh Amiot, sous le titre Les Treize articles de Sun-Tse.   Ce livre, diffusé dans les écoles militaires depuis le XVIIIe siècle est plus libertaire que moralisateur. Il s'adresse donc en premier chef à notre jeunesse pleine de bonnes intentions, mais aussi apathique que croupissante.

  • Le Banquet

    Platon

    Le problème de la philosophie, c'est que bien souvent, elle ne parle pas d'amour. De l'Etat, oui. Des fondements de la philosophie du droit, aussi. De l'arbitraire du langage. De la liberté d'indifférence. De la conscience comme alter ego. Du surmoi. Du concept de temps. Des catégories de cause et de conséquence. Du génie artistique. De la matière et de l'esprit... Le Banquet est l'un des premiers ouvrages de philosophie européenne qui parle du sentiment qui meut l'humanité dans son ensemble, qui crée les familles, les sociétés, l'art, la littérature, la musique, l'histoire, qui remplit les tribunaux... En somme, dans le Banquet, vous avez de vrais personnages (Socrate, Aristophane et leurs compères), qui viennent de faire un vrai festin (carnivore et végétarien), qui ont bu du vrai vin (résiné) et qui terminent en beauté, par une vraie discussion (philosophique) : le texte s'anime, alors, se fait théâtre et on entend soudainement parler de sexe, de rupture, de séduction, de quête amoureuse, de positions, de joie, de chagrin d'amour, de jalousie, comment ne pas perdre trop de plumes en amour... Bref, si vous avez un jour eu envie d'en parler et que vous n'avez pas osé, faites-le avec Platon.   Tout cela dans la prose fine et précise de Victor Cousin.

  • Gorgias

    Platon

    Ce que Platon a réussi à faire oublier, ce sont ceux-là même qui lui faisait de l'ombre, au Ve siècle sur l'Agora : les Sophistes. Gorgias, mort à 108 ans, fut l'un des plus célèbres d'entre eux, une véritable star intellectuelle, un mélange de Michel Onfray et de Brad Pitt. Au profit d'un Socrate dont il sculpte la statue à loisir, sans contrainte - Socrate, le vrai, est mort. Au profit de sa philosophie, de l'idéalisme, du dualisme.  Donc, un dialogue à lire entre les lignes. En sachant que, lorsque Socrate parle, c'est Platon qui pense et quand Gorgias et Calliclès s'expriment, leurs pensées est présentée fidèlement, mais toujours décontextualisées. Ce livre fut le livre de chevet de Nietzsche. Et pour cause. Son concept de volonté de puissance en provient directement.   Retrouvez l'actualité littéraire anticonformiste sur www.stvpress.com

  • 28 ans. Brillant professeur à l'université de Bâle. Nietzsche en un seul livre va pulvériser sa carrière. Le genre d'acte qui met d'accord un homme avec lui-même. Le genre de "geste" qui dit la valeur de celui qui ne triche pas. Ce texte, c'est la Naissance de la Tragédie. Et alors que, bien souvent, le discours professoral est dicté par l'avancement carriériste - on ne contredit pas son directeur de thèse - Nietzsche met les pieds dans le plat. Sans honte ni crainte. Comme on se bat en duel. Pour l'honneur. Ce sens de la grandeur, c'est l'une des raisons de lire La Naissance de la Tragédie en ce début de siècle. Bien que l'étude du Grec ait disparu de nos lycées, et que celle du Latin s'amenuise, inéluctablement, telle la peau de chagrin, Nietzsche propose une philosophie fondée sur la philologie. Une pensée par la langue. La phraséologie comme substrat conceptuel. Et si la méthode choque encore aujourd'hui, on peut imaginer la réaction parmi les confrères de cette année 1872. Bien rares seront ceux à le soutenir. Wagner prendra le risque. L'autre coup de poing qu'assène Nietzsche au système universitaire, c'est la seconde mort de Socrate. La première, on la connaît, la ciguë, le bourreau, le coq d'Esculape, les pieds froids d'un Socrate plus stoïcien que platonicien. La seconde, c'est lorsque Nietzsche faisant de Socrate le double philosophique du tragique Euripide, identifie le penseur préféré de l'Université à l'empoisonneur de la philosophie : à partir de Socrate, le seul véritable objet, voire obsession, de la pensée, devient la Vérité.  Tragédie vulgaire que celle qui donne à voir la mort de la pensée tragique face à l'avénement du rationalisme. Face à la modernité. Tragédie pléonastique. A rebours, chez Eschyle, la vie, à travers le héros, produisait le drame. Les forces en présence étaient le produit parfait de Dionysos et d'Apollon, dans un équilibre quasi divin, qui se livraient une guerre pour l'art. Exit Dionysos. Place à Apollon.   La présente édition reprend l'édition de 1886, à laquelle fut ajoutée un Essai d'auto-critique, où Nietzsche apporte des précisions sur son oeuvre de jeunesse. On parlerait aujourd'hui de Seconde édition... La traduction est celle de J.Marnold et J.Morland.    Ce livre devrait servir de modèle à tous les thésards, de France et de Navarre : envoyez au diable votre directeur de thèse! Comme Nietzsche.

  • Qui, parmi les philosophes contemporains, peut se targuer d'avoir publié un livre à compte d'auteur, ordonné un tirage à 140 exemplaires et n'avoir jamais pu en vendre qu'à ses amis proches, lesquels trouvent d'ailleurs le livre mauvais? Bien peu à l'exception de Friedrich Nietzsche, lors de la publication de Par delà le bien et le mal en 1886.    Qu'est-ce que cela signifie-t-il? Que l'ouvrage est un véritable chef-d'oeuvre. Car, c'est le propre du génie de n'être guère compris en son temps. Par exemple : sur la question de la liberté, Nietzsche déjoue toutes les attentes. Il est contre le concept de libre-arbitre. Mais ne goûte guère l'explication déterministe. La vie? Une sorte de tragédie joyeuse, où tout est possible dans les limites d'un jeu où tout est déjà joué d'avance. Sans cesse dans l'entre-deux et non dans la synthèse, si chère aux hégéliens, Nietzsche déroute autant qu'il déboute les mandarins. Cela fait de ce texte un modèle du genre. D'autre part, Par delà le bien et le mal est un texte à (re)lire sans attendre, car il est à jamais irrécupérable. Penser le monde sans catégories morales est un exercice effrayant.  Angoissant et pétrifiant. Dément et violent à la fois. Et nécessaire. A chaque aphorisme, le message s'enfonce en peu plus dans notre chair flasque et inerte d'apôtre du bien, de portefaix de l'humanité : la morale, c'est fait pour les esclaves.    La présente traduction de Henri Albert a été faite sur le septième volume des OEuvres complètes de Fr. Nietzsche, publié en novembre 1894 chez C. G. Naumann & Leipzig, par les soins du «Nietzsche-Archiv».   Ce livre s'adresse aux bien-pensants de tous bords : bobo ou golden boy, yuppie ou métrosexuel, votre grande chance est là sous vos yeux. Il suffit de tourner les pages...

  • Ecce Homo

    Friedrich Nietzsche

    Voici le livre. Ecce librus. Certainement, l'un des ouvrages les plus discrets et les plus brillants de l'oeuvre du philosophe au marteau. Discret, car les savants sont passés par là. Avec leurs folie et furie du classement, de la caractérisation, de la rationalité, qui ont fait de Ecce homo un texte inclassable et dérangeant. Brillant, car Nietzsche y donne tout, lui-même, sa dernière salve, l'ultime attaque portée au système. A commencer par le style. Un style qui vous vaut d'emblée la mise à l'index de l'Université. Pas de plan en trois parties : le crime ne souffre aucune tolérance. Alors que retenir de ces dernières paroles du philosophe, avant la démence, avant la première mort, en janvier 1889? Et bien, que Nietzsche y formalise un genre philosophique, celui de l'autobiographie philosophique. Il emboîte le pas à Montaigne et bien avant lui, au biographe des sages antiques, Diogène Laerce. Mais ce qui était à l'état embryonnaire ou de tentative, il le fait accéder au rang de type. L'existence du philosophe devient un objet pour le philosophe lui-même. On retrouve la fidélité de Nietzsche à l'un de ses concepts les plus précieux, donné déjà dans Par delà bien et mal : toute oeuvre est la confession d'un corps. Si cher à Michel Onfray, ce nouveau Nietzsche normand. Ainsi les actes ne souffrent-ils pas d'exceptions. Ce sont eux qui font oeuvre. Et non le texte. Mais dans une relation tragique, contre la morale des religions, le moi se dégage peu à peu de la mécanique implacable de responsabilité. Je suis libre de dire un grand "oui" à la vie. Et je ne suis coupable de rien. Charge à moi de faire de ma vie une oeuvre d'art. De devenir ce que je suis. Contre vents et marées. Avec symbiose avec le fatum lui-même.

  • Selon Arthur Schopenhauer, plus une chose est noble et accomplie, plus elle se développe lentement. C'est ainsi que la raison et l'intelligence de l'homme atteignent leur développement plus tardivement que chez les femmes qui demeurent puériles, futiles et bornées toute leur vie durant. « Une sorte d'intermédiaire entre l'enfant et l'homme » dites-vous ? Si l'auteur s'en était arrêté là, les femmes du monde entier auraient sans doute approuvé, tout du moins cherché à comprendre. Pourtant il n'en fut rien : la raison débile de la femme ne participe ni à ces ses avantages, ni à ces ses inconvénients ; elle est affligée d'une myopie intellectuelle qui lui permet, par une sorte d'intuition, de voir d'une façon pénétrante les choses prochaines mais son horizon est borné, ce qui est lointain lui échappe. Selon lui, la femme ne serait de surcroît pas plus destinée aux grands travaux de l'intelligence qu'aux lourdes tâches corporelles. Elle paierait sa dette à la vie non par l'action mais par la souffrance, par les douleurs de l'enfantement entre autres. Elle ne serait ni faite pour les peines ni pour les plaisirs excessifs et se devrait seulement d'obéir à l'homme qui, contrairement à elle, serait doté d'équité et de droiture. Les femmes auraient par ailleurs comme défaut capital la dissimulation, directement issu de leur manque de bon sens et de réflexion. Afin de les protéger de leurs nombreuses faiblesses, la nature leur aurait en effet donné la ruse et le mensonge comme armes contre la force masculine. Il serait donc très ardu de rencontrer une femme sincère dénuée de fourberies, d'intérêts et de mauvaises intentions en général. De ce défaut fondamental seraient donc nées la fausseté, l'infidélité, la trahison et l'ingratitude. Plutôt cru concernant l'intelligence des femmes, c'est en termes élogieux que Schopenhauer nous apprend que sans elles, le commencement de notre vie serait privé de secours, le milieu de plaisirs, et la fin de consolation.. Ces « esprits limités » seraient donc tout de même capables d'aller droit au but tout en faisant davantage preuve de pitié, d'humanité et de sympathie que les hommes. Connu pour sa grande misogynie, Arthur Schopenhauer reste l'un des plus grands représentants du courant pessimiste du 19ème siècle. Publié en 1851, son « Essai sur les femmes » en témoigne tandis qu'il cumule les critiques envers la gente féminine qu'il n'a de cesse de rabaisser pour mieux l'élever au rang de muse. Sa philosophie du mariage et de l'homme supérieur était ceci dit en accord avec les moeurs du siècle en question, consistant en l'infériorité des femmes qui se devaient d'obéir sans ne jamais protester. Misanthrope par extension, ce philosophe allemand pensait en effet que l'Homme devait trouver refuge dans la solitude tant le monde n'était pour lui que douleur, misère et ennui. L'auteur affirmait également que l'être humain n'était pas maître de son destin, pas plus de ses choix que de ses décisions. Ainsi maintenus sous contrôle du sort, ainsi dépossédés de tout libre-arbitre pour être seulement soumis aux humeurs de Dame nature, l'Homme n'a qu'à bien se tenir ! L'Homme avec un grand H oui, les hommes et les femmes confondus donc, « les faibles » et « les forts » aussi. Dans « Essai sur les femmes », le célibataire endurci défend les conceptions les plus rétrogrades de la femme pour justifier la domination masculine... L'ovale d'un visage jaunie encadré d'un rouge passion, un faux air de la Joconde sublimé d'un rose poison... Frondeuse, la femme arque le sourcil. Gracieuse, elle sourit légèrement, gênée, respectueuse de l'homme qui la photographie. Respectueuse ? Devrait-elle seulement sourire, cette muse du désir ? Avant lecture, une pensée plutôt acide d'un auteur plutôt amer : Les femmes donc, à cause de la froideur et de l'humidité de leur sexe, ne peuvent atteindre à aucune profondeur d'esprit. Manipulatrices, toutes s'attacheraient donc aux hommes par nécessité d'avoir un maître. C'est ainsi que les jeunes femmes prennent un amant et les plus vieilles un confesseur. Á méditer... Mais qui aurait le coeur suffisamment accroché pour lire Schopenhauer ? Les hommes désireux de se prémunir contre la sombre entreprise des mantes religieuses et autres veuves noires peuplant la planète peut-être ? Ce noir dessein étant d'écraser l'homme pour mieux régner, les femmes en quête d'identité et/ou les féministes nées pourraient également se pencher sur l'essai... De tout temps perçues comme le sexe faible, il serait effectivement grand temps pour les femmes de ne plus chercher un moyen de conquérir l'homme, par leurs atouts physiques, par leurs manipulations et/ou économies, dans le cas où la nature ne les aurait pas gâtées, en plus de les condamner à ne rien contrôler.

  • Aurore, comme son titre ne l'indique surtout pas, est un livre cruel. On se dit, « ce coup là, le philosophe-artiste a fait dans la métonymie : l'aurore, c'est la philosophie de l'avenir, la philosophie nouvelle débarassée des préjugés moraux... ». Moi, lecteur révolté et dissident, j'y vois le bréviaire du contestataire, les aphorismes de l'insurgé de service. Hélas, au risque de décevoir les plus exaltés d'entre-nous, Nietzsche, encore une fois, ne nous caresse pas dans le sens du poil. Et c'est bien là sa cruauté.   En presque six cents maximes, le philosophe au marteau, sort l'artillerie philosophique  lourde et tire à bout portant sur l'idéologie qui fonde notre société, et avec elle, notre système de valeurs, auquel nous sommes si attachés. Cruauté d'arracher à l'homme, tel à un enfant gâté, ses jouets les plus chéris, mais qui sont le principe même de sa corruption. Cruauté de nous priver des fondements moraux les plus assurés et de nous contraindre d'assister à leur disparition. Cruauté de te jeter dans les couloirs du temps, dans l'intemporel, contre les modes et les tendances, orphelin de toute métpahysique, pour ta résurrection. Et c'est bien là le sens du recueil. Des propositions pour une renaissance. Des préceptes fondateur d'une nouvelle humanité, au-delà de la morale, au-delà du christianisme, de la démocratie, des droits de l'homme, et avec eux, du chorus des vertus traditionnelles : justice, tempérance, tolérance, générosité, honnêteté... L'Aurore est donc ce moment douloureux et éclatant où l'individu, aveuglé par la puissance du soleil, doit se lever, les membres encore fourbus, le corps exténué de son sommeil dogmatique, l'esprit anéanti par un éternel coma rationnel.   La présente édition reprend la traduction de Henri Albert, faite sur le quatrième volume des OEuvres complètes, publié en 1894 par le Nietzsche-Archiv, chez C. G. Naumann, à Leipzig.   Ce livre s'adresse à ceux, qui, fébriles devant le monument poético-philosophique du Zarathoustra, trouveront une approche plus pédagogique de la philosophie de Nietzsche.

  • Notre époque a besoin plus que jamais de Bakounine. Non le Bakounine des salons mondains, celui que l'on convoque dans les arrondissements chics de la capitale, pour étaler sa culture, et provoquer le bourgeois... que l'on est. Mais le Bakounine du Catéchisme révolutionnaire, photographié par Nadar. L'oeil sombre. La barbe opulente, le cheveu long. Trapu et socratique. Vêtu de noir. Déterminé à aller jusqu'au bout. Dans son Catéchisme, Bakounine rassemble tous les dogmes du révolutionnaire. Une bonne fois pour toutes. Sous forme bien souvent axiomatique. Afin de les avoir sous la main. Pour ceux qui désirent fonder une société secrète internationale. Comme lui. De la famille aux principes généraux, le philosophe a compris qu'il fallait se tourner avant tout vers la question sociale; que celles de la nation et de la chose publique sont des leurres, puisqu'elles ont épuisé leur potentiel strictement politique. Au lecteur d'aujourd'hui, il importe de faire siens tous ces principes. Car, l'individu du XXIe siècle, témoin et acteur de la plus grande crise financière des temps modernes, n'est plus vraiment séduit par l'action révolutionnaire. Il préfère résister par la pensée, confortablement installé sur une serviette de plage.  Vos photos de vacances contre celle de Bakounine par Nadar. Mettons un peu notre peau sur la table de travail et non sur le sable chaud. Pour la survie de notre espèce.   La présente édition est établie d'après l'édition de Max Nettlau, publié en 1866.

  • L'ironie, c'est que Karl Marx fut et restera à jamais un bourgeois. Son père est un avocat de renom. Sa mère, la grande-tante des fondateurs de la trop célèbre société Philips, symbole aujourd'hui du capitalisme industriel triomphant. Donc le Manifeste du Parti communiste demeure le produit de ce jeune bourgeois révolté, allergique à son milieu, et décidé à en finir une bonne fois pour toutes avec sa propre classe sociale. Classique dans les milieux aisés. Mais ce qui rend cette oeuvre intéressante, c'est plus de comprendre ce qu'en a fait la postérité. En effet, jamais autant d'hommes ne se réclameront de la pensée d'un seul homme, se mobiliseront et tueront en son nom. Avec la bonne conscience d'accomplir leur devoir. Sans le remords causé par le ver dont parle le poète. Le Manifeste? Une sorte d'exercice de style dont la portée sera l'une des plus fortes de l'histoire de l'humanité. C'est pour cette raison là qu'il faut le lire et le relire. Pour percer le mystère d'un extraordinaire succès politique et économique. Un succès de librairie qu'aucun éditeur parisien n'aurait certainement osé prendre dans sa genèse.

  • Qu'est-ce que le Gouvernement ? Quel est son principe, son objet, son droit ? - Telle est incontestablement la première question que se pose l'homme politique.     Or, à cette question en apparence si simple, et dont la solution semble si facile, il se trouve que la foi seule peut répondre. La philosophie est aussi incapable de démontrer le Gouvernement que de prouver Dieu. L'Autorité, comme la Divinité, n'est point matière de savoir ; c'est, je le répète, matière de foi.    Cet aperçu, si paradoxal au premier coup d'oeil, et pourtant si vrai, mérite quelques développements. Nous allons essayer, sans aucun appareil scientifique, de nous faire comprendre...     Pierre-Joseph Proudhon

  • J'entreprends de faire voir que cette constitution unique, que le plus grand effort de la raison des peuples sera d'avoir enfin reconnue, n'est autre que le système fédératif. Toute forme de gouvernement qui s'en éloigne doit être considérée comme une création empirique, ébauche provisoire, plus ou moins commode, sous laquelle la société vient s'abriter un instant, et que, pareille à la tente de l'Arabe, on enlève le matin après l'avoir dressée le soir. Une analyse sévère est donc ici indispensable, et la première vérité dont il importe que le lecteur emporte de cette lecture la conviction, c'est que la politique, variable à l'infini comme art d'application, est, quant aux principes qui la régissent, une science de démonstration exacte, ni plus ni moins que la géométrie et l'algèbre.

  • Partant du principe que la philosophie n'a jamais pris le chemin qu'elle aurait dû suivre, les Jumeaux Saint-Vincent proposent un premier opus de maximes, ce genre oublié, relégué aux moralistes. La pensée n'est plus contrainte de se plier à une forme, mais jaillit dans sa pleine puissance, s'attaquant à tout, frappant tout ce qui bouge. La philosophie s'y donne comme un art de vivre - dangereusement certes, comme une médecine de l'âme, dont la vocation avouée est de revenir un jour au sein de la société, telle qu'elle se donnait à Athènes, au Ve siècle avant notre ère. C'est le sixième ouvrage des Jumeaux Saint-Vincent, qui vient s'ajouter à une oeuvre surprenante, où le muscle ne cesse de s'immiscer dans la pensée, où le close-combat le dispute au cinéma et à la philosophie.

  • Diogène Laerce sera toujours ce philosophe-compilateur-professeur à qui la pensée européenne doit tout. Sans lui, pas de Montaigne, pas de Gassendi, pas de Descartes, pas de Nietzsche, pas de Camus, pas de Pierre Hadot ni de Michel Onfray... La tradition est longue de ces penseurs qui fondèrent leur philosophie sur le dialogue des Anciens, rendus possible par Diogène.
    Et c'est grâce à lui que l'on peut lire les "Lettres" d'Epicure, seules traces de la pensée du maître. Une collection "Michel Onfray" ne pouvait guère ignorer ce monument de la philosophie antique.

  • « 18 ans tout juste. L'orée de l'existence. La fin n'est pas pour aujourd'hui. Quelle malchance d'être née en ce siècle de marasme et de torpeur, de chômage et de dépression : quelle chance de pouvoir rappeler à mes aînés cette vérité pitoyable : «  toutes ces années  noires qui sont devant moi, je vous les dois! » Parmi eux, Stéphane Hessel. » Tels sont les premiers mots de Najat Al-Khali. Illustre inconnue, d'origine algérienne, fille d'ouvrier, élevée dans l'une de nos banlieues françaises, la rage au ventre. Mais aussi, future élève de classes préparatoires aux Grandes Ecoles! A l'injonction plurielle moralisatrice de l'ancien ambassadeur, Najat Al-Khali préfère la sommation. Puissante et singulière : indigne-toi! Car elle ne s'adresse pas aux nantis de ce monde, mais aux laissés-pour-compte, aux sans-emplois, aux sans patrie... Pour elle, l'indignation n'est qu'un nouvel avatar du sophisme philosophique, légitimant a contrario le maintien de l'ordre établi, qui semble dénoncé.  Devant ce mécanisme implacable, il faut abandonner l'évangélisme des donneurs de leçons, pacifistes du dimanche, et passer à l'acte : faire payer ceux qui peuvent et non ceux qui sont à la rue. Alors, du haut de ses 18 ans, Najat Al-Khali nous donne envie de lui emboîter le pas. Même si le chemin qu'elle propose peut conduire à l'interdit et au bannissement. Bref, à une révolte radicale, mais efficace.

  • Anglais Nodism

    Glj Foy

    The Occupy movement notwithstanding, the Twenty-first Century is managing to accomplish what no other century has achieved: it is annihilating meaningful protest, paring it down to insignificance. No force nor person seems able usefully to contest the current global structure, be it economic, political or social. Each attempt seems only to reinforce the system it protests, and eventually be absorbed by it. And all the while, the clock that counts down minutes to mankind's ecological doomsday ticks relentlessly on... From this desolate scenario is born Nodism: A Manifesto. The last hope. The ultimate chance. To lay groundwork for a real alternative to the globalized, Western-driven, style of life, despite the consensus view which sees this, at best, as the only system possible; at worst, as a tragedy whose outcome is set in stone. The real problem Nodism addresses? The vast organizations, governmental and business and in between, whose vast, overall and destructive impact follows from one crucial fact: over the last century they have become autonomous, non-human systems. They have turned into a new life-form, in fact as well as theory. They have become Orgs. The true solution? Nodes: the Orgs' opposite in size and intent. Tiny, rhizome-like micro-resistances. The seeding of an archipelago of small, independent, groupings of people brought together by work, or environmental issues, as well as the need to live self-sufficiently, and humanely, and as independently as possible of this vast and crushing life-form. But to do this we must rethink the whole notion of the individual as defined by the Orgs who isolate and control the humans deemed to run them. We have to think of ourselves as members of small groups, and a web of small groups, liberated to some extent by new technologies of self-sufficiency as well as by tenets of this manifesto, who can to a significant extent wrest control of our daily lives from the monstrous and inhuman hand of the Org. Using more than twenty years of research and thought on the subject, Foy has come up with a book at once lively and hard-hitting, a subtle call-to-arms. Nodism proves that the future of humanity does not lie with giant multinationals or government agencies but with ourselves. Gullivers take note: the Lilliputians are on the warpath.

  • Ce texte s'origine dans le désir de rendre la philosophie populaire. Populaire parce qu'elle touche à de vraies questions. L'amour, la mort, le désir, le politique, l'éducation, le sexe. Ou le suicide. Et non à des interrogations pour spécialistes, luxueuses, spécieuses, universitaires. Populaire aussi parce qu'il s'agit de « mettre la philosophie dans la rue », selon l'expression des auteurs. Pas la rue des politiciens. Mais celle de ceux qui y vivent, qui y sont, tous les jours, à toutes heures ; la rue de cette population urbaine condamnée à oeuvrer pour sauver sa peau, à besogner pour se procurer une âme. Et qui, à force d'entendre des murmures de voix futiles et fallacieuses se payer leurs têtes, ont fini par se détourner du fondamental. La rue du malfrat. D'où la création d'une nouvelle figure, en contre à ce nihilisme pérenne et chronique. Celle du philosophe-voyou. Figure de l'oxymore, capable seule d'obvier à cette situation. Alliage entre deux figures de l'opposition : le philosophe pour l'abstrait, et le voyou pour le sensible. Synthèse soumettant la thèse suivante aux lecteurs : le mal n'est pas mauvais, il permet même d'atteindre la vertu. Afin de projeter ces concepts sur la scène humaine, il fallait donc une forme sanguine, du premier degré. Un style polémique et sincère. De l'attaque et de l'offense. Il fallait un pamphlet. Pour introduire ainsi le combat en philosophie en même temps que la philosophie dans le monde de la cogne. Voici le philosophe-voyou - disciple renégat de Michel Onfray et de l'hédonisme - qui vous propose un art de vivre le quotidien dans le plaisir et la souffrance, pour le meilleur et pour le pire. 2e édition, enrichie des réponses aux objections de Michel Onfray

  • Anglais 52 Weeks

    Dominique Lecomte

    52 Weeks is the much anticipated coffee table book calendar, and ready- to- frame collection of stunning photographs that transforms the ordinary into the extraordinary. Each chapter of the book opens with an original full color image, a happening of sorts followed by a short story. The simplicity of life, the strange beauty of a place, the flavor of freshly baked bread, the mood of the sky, Dominique Lecomte knows them all. His words have the humility and strength of a writer in full possession of his art; they create beauty out of the ordinary, softly, strongly, in the style of French poet Francis Ponge, who revolutionized the use of language in the 20th century. Week after week, story after story, image after image, Lecomte provides entry into a new reality. The book comes as a surprise, a truly timeless must- buy to share without restraint.

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