Institut de recherches et d´études sur les mondes arabes et musulmans

  • Le présent ouvrage explore ce qui arrive aux sciences humaines et sociales lorsqu'elles se déplacent ou se « dépaysent » et analyse la façon dont elles sont affectées et transformées en retour, aux plans méthodologique, théorique et conceptuel, par leur extension au-delà de l'aire géographique de leur naissance. Concrètement, il se propose d'examiner les mutations qu'elles subissent - ou dont elles profitent - dans deux cas de figure distincts mais également importants : lorsque des disciplines formées au nord étendent leur validité au-delà de leur aire géographique d'origine pour s'appliquer à des terrains lointains et « exotiques » ; et lorsque ces mêmes disciplines sont enseignées, pratiquées, appropriées et développées dans des aires géographiques autres et des contextes historiques différents. Dans les deux cas, la production « dépaysée » des savoirs peut différer de la pratique « originale », « primitive » ou « domestique », dans laquelle le chercheur et l'objet de sa recherche appartiennent tous deux au contexte historique de formation des sciences sociales. Outre les contenus, il s'interroge aussi sur les pratiques et ceux qui en sont les porteurs, chercheurs ou institutions qui participent au transfert des savoirs ou contribuent à les recombiner et les reformuler. Pour des raisons de compétence et loin de tout présupposé essentialiste, orientaliste ou culturaliste, l'analyse se borne aux savoirs produits sur les pays arabes et la Turquie. Ne pouvant prétendre à l'exhaustivité, l'ouvrage privilégie les évolutions ayant marqué les dernières décennies et, pour des raisons tout aussi pratiques et pragmatiques, il s'intéresse à quatre disciplines en particulier : l'histoire, la sociologie, la science politique et l'économie.

  • La contestation islamique des vingt dernières années remet en cause le fonctionnement actuel des sociétés arabo-musulmanes qui connaissent d'importants problèmes économiques, sociaux, démographiques... Elle révèle la perte de légitimité des modèles et des valeurs, notamment des systèmes juridiques en vigueur. Ainsi le projet politique d'instaurer un ordre islamique légitimé par la Loi coranique (la charia) et par l'exemple des premiers musulmans, se présente-t-il comme une voie possible de recherche de solutions à partir de valeurs authentiques. Mais comment ce projet peut-il s'accommoder des interprétations fort variées de la Loi par le droit, qui ont été produites au cours de l'histoire des sociétés arabes et musulmanes, spécialement depuis la réforme du droit islamique à l'oeuvre depuis le siècle dernier ? Quel est le poids, dans ce processus, du droit importé et imposé, des réappropriations de la culture juridique par les États modernes et de la négociation des normes par les individus et les groupes ? En quoi ces mutations obligent-elles à repenser la relation qui s'est instaurée dans ces sociétés entre justice, vérité et histoire ? Telles sont les premières questions posées par ce livre, en partant des expériences collectives de la modernité, et de la réalité des cultures juridiques, dans deux pays arabes du Machreq, l'Egypte et la Syrie, dont les mutations dans ce domaine ont pesé sur les choix faits ailleurs dans le monde arabe et musulman. Bernard Botiveau a accordé une attention particulière au renouveau du savoir et de l'enseignement sur le droit des pays arabes, dans les universités islamiques notamment ; à l'émergence de nouveaux acteurs juridiques, avocats, juges et « justiciables » ; enfin à l'effet des constructions sociales du droit (en particulier dans les statuts personnels) sur une redéfinition de la norme islamique, qui est provoquée autant par les mouvements politiques contestataires que par des gouvernements en mal de légitimité. Au-delà du renouvellement des usages du droit, ce sont le sens et les finalités de la justice dans ces sociétés qui sont questionnés.

  • L'Algérie vient de traverser une décennie d'épreuves dont le degré de brutalité et parfois de barbarie, notamment au milieu des années 90, évoque les pires moments de la guerre de décolonisation. Bien que la violence persiste et soit toujours au coeur des débats, il importe de ne pas rester prisonnier d'une approche où la dramatisation présente la situation d'une façon caricaturale, comme une sorte de western où s'affronteraient deux factions armées prenant en otage le reste de la population. Alors que de nombreux facteurs apparaissent mieux aujourd'hui dans leur ampleur et leur complexité, le moment est venu de dresser le bilan des dernières années et de s'interroger sur les perspectives de « sortie de crise » qui s'ouvrent à la société algérienne. Cette démarche est entreprise ici sous trois points de vue. Le premier, politique et institutionnel, tente de cerner l'incertain processus de reconstruction de l'État, de démocratisation et de réconciliation. Le second analyse les forces et faiblesses, les ruptures et continuités des programmes d'action économique. Quant au troisième, il explore les nouveaux espaces, concrets ou symboliques, que s'approprie une société civile forgée par les épreuves.

  • La surinterprétation parentale et tribale de la société touarègue a longtemps effacé le champ du "politique" comme sphère autonome. Si la parenté est une trame qui sert à exprimer de nombreux rapports sociaux, elle ne suffit pas à rendre compte de l'organisation politique chez les Touaregs. Une précédente publication (Touaregs, Exil et résistance) faisait état des modèles exprimés et des registres métaphoriques utilisés pour expliquer l'ordre du politique, les comparant aux représentations forgées de l'extérieur. Poursuivant cette démarche, l'ouvrage présent s'intéresse en particulier à l'étude concrète des réseaux et formations politiques dans l'histoire touarègue ; il tente notamment d'analyser la forme, le sens et les mutations des relations politiques nouées à l'intérieur et à l'extérieur de ce monde complexe.

  • À quels critères et à quelles exigences répond la « fabrication » des élites du monde nomade ? Quelles sont les métamorphoses qui les travaillent dans un environnement politique, économique, social et cultures en pleine mutation ? Ce volume à plusieurs plumes appréhende la question à travers deux exemples : les Touaregs et les Maures. Il s'interroge sur la hiérarchie des savoirs mobilisés et valorisés dans chacune de ces sociétés, sur les pratiques et les pouvoirs d'action auxquels ils conduisent, sur les conditions nécessaires à leur perpétuation ou au contraire à leur invalidation. La notion d'élite est explorée ici dans une acception large, comme la représentation en vigueur dans une société donnée des « personnes les meilleures, les plus remarquables d'un groupe » (Littré, Le Robert). Elle est étudiée dans une perspective diachronique qui met en avant l'évolution des modalités de transmission des connaissances et de leur contenu. Les correspondances apparaissent multiples entre les divers types de savoirs et de pouvoirs. La transformation de l'ordre du politique, en particulier, a des répercussions évidentes sur l'ensemble des autres domaines, qu'ils concernent les modes d'interprétation et de gestion du social du culturel, de l'économique, du sacré...

  • Du Maroc au Yémen en passant par le sud de l'Algérie, par la Tunisie et un arrondissement de Paris, les études réunies dans ce cahier s'attachent à l'espace quotidien. Elles montrent comment, dans sa diversité, celui-ci s'articule à des temps eux-mêmes divers : les rythmes de l'existence la plus ordinaire et des moments plus exceptionnels. Avec, éventuellement, en arrière plan, la durée où s'expriment et se modèlent les changements culturels et sociaux. Les auteurs ne perçoivent pas de façon figée les rapports de la tradition et de la modernité auxquels ils sont confrontés à différentes échelles. Ils essaient plutôt, en mettant au jour le poids des ajustements et des résistances, d'en saisir la complexité et le caractère dynamique.

  • Près d'un siècle après la grande vague migratoire qui les a menés de la Méditerranée orientale à Buenos Aires et aux vallées de la Cordillère andine, les Arabes d'Argentine constituent un objet de recherche inépuisable pour les sciences sociales. La dialectique entre des politiques publiques d'intégration et les dynamiques internes d'un groupe hétérogène tant par ses appartenances confessionnelles chrétiennes ou musulmanes que par sa forte stratification sociale, a généré des formes spécifiques d'expérience, modelé les discours, voire les identités, du groupe immigré. Toute la richesse de cette expérience des Turcos originaires du Liban et de la Syrie actuels dans la société argentine se retrouve aujourd'hui dans l'exacerbation des ambiguïtés de la situation de la deuxième et de la troisième génération. Sur le mode de l'interdisciplinarité, une équipe de chercheurs argentins et français s'efforce de cerner ces ambiguïtés à partir de différentes perspectives et différentes sources, d'entretiens et d'enquêtes, de la presse "ethnique" et des archives publiques. Les stratégies identitaires des Turcos, qui vont de l'assimilation totale à la réislamisation, en disent long sur le multiculturalisme argentin, mais également sur les sociétés politiques de l'Orient arabe aujourd'hui, dont ils sont originaires.

  • Sur les écrans français, de 1907 à 1980, chaque semaine des journaux d'actualités filmées proposaient aux spectateurs un résumé des événements majeurs des sept jours précédents. Ce numéro propose un ensemble de travaux sur ce traitement original de l'information, qui constitue une irremplaçable mémoire en images du XXème siècle. À partir de bandes d'actualités relatant des faits importants : novembre 1918, février 1934, la déportation, mai 68... quelques articles recherchent comment est représentée l'histoire immédiate. Comment le choix des images, la construction cinématographique et le commentaire (à partir de 1929), élaborent des discours, qui sont souvent bien loin de l'objectivité apparente que proclame leurs promoteurs. Se révèle ainsi, de façon directe et non perturbée par une fiction, l'interprétation d'une époque par les contemporains. Ce numéro évoque aussi les sociétés de production indépendantes, ou créées par Pathé ou Gaumont, les générations de grands reporters, la législation imposant un contrôle strict des contenus, et la naissance et l'essor d'une chaîne d'exploitation consacrée uniquement aux actualités : Cinéac. Cet ensemble d'études, approche novatrice et inédite d'un élément de l'histoire du cinéma aujourd'hui disparu, a été possible grâce à la collaboration de chercheurs du CNRS, d'universitaires, et de conservateurs qui ont bien voulu apporter leur concours aux côtés des rédacteurs membres de l'Institut Jean Vigo.

  • Comment les Touaregs et autres Sahariens se définissent-ils mêmes eux- et comment sont-ils définis par les autres ? Les diverses contributions de cet ouvrage collectif s'intéressent aux "cadastres" mouvants des identités et des espaces sociaux, politiques, économiques et culturels, où s'inscrivent les lignes de continuité et de changement de cette vaste aire saharienne. Les "figures" d'identité présentées ici s'expriment dans des registres variés, relevant de la langue, de la technique, des relations de "genre", de la construction de la mémoire, des rapports socio-politiques, de la gestion de l'invisible, de la catégorisation de l'inconnu par rapport au connu... Ainsi, sont dessinées quelques-unes des configurations changeantes de la palette identitaire, dans une approche qui s'est voulue interdisciplinaire et comparative, cherchant à croiser les perspectives et les regards. H.C.H.

  • Les zones d'éducation prioritaires (ZEP) ont été instituées dans l'éducation nationale française sous le ministère d'Alain Savary en 1981. Le modèle était importé d'Angleterre. Il consistait à susciter des dynamiques nouvelles autour des établissements scolaires des quartiers désignés comme « difficiles » (sur des critères socio-scolaires qui incluaient alors la proportion d'enfants d'immigrés), en associant dans des projets éducatifs concertés un ensemble d'opérateurs extérieurs à l'école, reconnus comme « partenaires » : membres d'associations, travailleurs sociaux, équipements socio-culturels, habitants... À l'époque cette politique était surtout incitative. La politique de la ville, structurée en 1990, a d'emblée compris une composante éducative qui a déterminé la « relance » des ZEP. Il s'agissait de reprendre l'orientation initiale (partenariats éducatifs, projets) en la renforçant par des dispositifs de discussion, de financement, de suivi. Comment l'institution scolaire s'est-elle adaptée au nouveau jeu des ressources et des contraintes auquel elle était invitée ? Cette question générale a été à l'origine de l'étude dont on trouvera ici la première partie.

  • Cette étude a pour terrain Saïda, principale ville du sud du Liban. Elle porte sur la façon dont Rafic Hariri (devenu premier ministre en 1992) est parti à la conquête d'une crédibilité politique qui lui faisait initialement défaut : pour construire son leadership, celui-ci a mis en place dans sa ville un réseau clientélaire, en y menant une action sociale et culturelle soutenue par un capital économique et un savoir-faire qu'il avait acquis en dehors de son pays. Ce processus, s'il s'inscrit pour une part dans des logiques traditionnelles, a aussi quelque chose d'atypique. C'est ce qu'Emmanuel Bonne s'attache à montrer. En éclairant notamment les relations complexes existant, dans le Liban d'aujourd'hui, entre stratégies locales et desseins nationaux.

  • Les trois contributions réunies dans cette première livraison des Cahiers de l'IREMAM apportent des éclairages complémentaires au phénomène complexe du café dans le Proche-Orient. La mise en parallèle d'une cérémonie turque du café (Hélène Desmet) et de la cérémonie de thé japonaise (Jane Cobbi), permet de dégager les spécificités d'une consommation ritualisée dans deux contextes différents. Le Caire, pôle de diffusion du café dans toute l'aire méditerranéenne ? Michel Tuchscherer en étudiant les sources autochtones, apporte des éléments inédits pour la connaissance du café dans l'Égypte ottomane. Avec les matériaux et la bibliographie rassemblés par Aladin Goushegir, on dispose pour la première fois d'un dossier historique et ethnologique complet sur le café en Iran. La mise en relation de ces documents voudrait créer la possibilité d'un questionnement nouveau de ce thème.

  • Les Palais et Maisons du Caire trouvent avec ce deuxième volume de synthèse concernant la période ottomane, le point final aux études dont ils ont fait l'objet depuis dix ans. L'équipe initiale créée en 1970 par Alexandre Lézine, maître de recherche au C.N.R.S., et André Raymond, alors Directeur de l'Institut Français d'Études Arabes de Damas, constitua la Recherche Coopérative sur programme n° 232 intitulée « Étude Scientifique des palais et maisons du Caire et de Rosette, XIVe-XVIIIe siècles », à laquelle participa dès 1971 Bernard Maury, architecte, qui résida de façon permanente au Caire. Alexandre Lézine, avant son décès soudain en 1972, avait eu le temps de mettre au point le programme détaillé des travaux et de publier le premier volume, portant sur trois palais d'époque ottomane ; ce volume, comme les suivants, parut dans les collections de l'Institut Français d'Archéologie Orientale dont les Directeurs, Serge Sauneron, puis Jean Vercoutter apportèrent à la R.C.P. une aide matérielle non négligeable.

  • Cet ouvrage, issu d'une rencontre entre des chercheurs travaillant sur des espaces géographiques variés, de Tunisie, d'Italie, d'Algérie, de France et de Turquie restitue, au plus près de l'expérience des acteurs eux-mêmes, les voies pratiquées pour acquérir et pouvoir revendiquer des droits d'appartenance. Dans ce processus, ...

  • La monographie que les géographes E. Wirth et H. Kopp ont consacrée à Sanaa a été élaborée, et éditée dans sa version originale, dans le cadre du célèbre TAVO (Tübinger Atlas des Vorderen Orients - Atlas du Proche-Orient de Tübingen). Elle est conçue comme un supplément à la cartographie qui a été établie. En s'appuyant sur une enquête de terrain méthodique, les auteurs se sont attachés aux aspects fonctionnels et morphologiques de Sanaa. Ils proposent une topographie de cette ville caractéristique de l'Arabie du sud, qui connaît depuis quelques années une modernisation et une extension tardives mais brutales. Et ils en restituent la profondeur historique.

  • Lorsque, le 15 octobre 1483, le Père Félix Fabri pénétra dans le palais du Sultan, il vit « un ordre admirable... une multitude énorme de vastes écuries et grandes salles qu'il serait fastidieux de décrire en détail et peut-être difficilement croyable ». Sans doute, les deux palais auxquels nous nous sommes intéressés, ...

  • À travers la construction de l'objet sociologique « ingénieur », cet ouvrage vise à apporter un éclairage sur la manière dont se sont recomposés les enjeux politiques, économiques et sociaux dans le contexte de libéralisation économique du Maghreb des années 1990-2000. Prenant pour point de départ la naissance du corps moderne des ingénieurs pendant la période coloniale, il s'est agi d'analyser comment, après l'indépendance des États du Maghreb, les ingénieurs sont passés du statut de grands commis du secteur public au service de la construction d'un projet de développement national impulsé par l'État à celui de cadres moyens ou supérieurs se présentant sur un marché du travail de plus en plus ouvert. Ce processus, inscrit dans le cadre d'une dualisation du système de formation, est apparu lui-même lié à la massification de l'enseignement supérieur et aux transformations économiques et sociales générées par l'application, à partir du milieu des années 1980, des plans d'ajustement structurel du FMI, synonymes d'élargissement progressif du secteur privé et d'ouverture à l'économie mondiale.

  • Marseille et le café ... Une longue histoire que celle de la rencontre du grand port méditerranéen et d'une denrée exotique. Marseille n'avait-elle pas alors quelque droit à voir se tenir chez elle la première journée de rencontre régionale entre spécialistes de différentes disciplines en sciences humaines et praticiens expérimentés. Car ce droit s'appuyant sur les courants commerciaux contemporains, que les statistiques mettent en valeur, se fonde également sur l'Histoire elle-même. Ainsi c'est par l'intermédiaire du port de Marseille que l'introduction du café se fit en France grâce à Jean de la Rocque, négociant, de retour vers 1644 d'un long voyage en "Arabie heureuse".

  • Après le café en Méditerranée, l'huile d'olive... Il nous est particulièrement agréable de présenter cette publication, dernier fruit de la coopération étroite qui unit le Groupement d'intérêt scientifique « Sciences humaines » sur l'aire méditerranéenne, d'Aix-en-Provence, et notre Chambre de Commerce et d'Industrie de Marseille. L'huile, un produit depuis si longtemps intimement lié à la vie de notre cité portuaire qu'on y retrouve encore, sous son appellation ancienne de « Place aux huiles », le lieu spécifique où s'effectuaient les opérations à quai de chargement et de déchargement de ces lourdes futailles. Dans les limites de notre circonscription consulaire, des terroirs renommés pour leurs oliveraies : hier, Aix qui, aux xviie et xviiie siècles, produisait une huile considérée comme la meilleure du royaume ; aujourd'hui, La Fare-les-Oliviers... En ce Palais de la Bourse, lieu privilégié où se forge le destin économique de notre région, où sont débattus les problèmes intéressant les nombreux pays riverains d'une mer unificatrice, il est pour le moins agréable d'accueillir de semblables tables rondes qui font le point des connaissances sur le présent, mais aussi le passé d'un secteur d'activité.

  • Le but de ce livre est de combler une lacune : dans la mesure où la quantité des publications sur l'Afrique du Nord augmente il devient de plus en plus difficile de se procurer une vue d'ensemble sur le groupe des pays de cette région et d'opérer une sélection parmi des études parfois trop spécialisées. Ceci ne veut nullement dire que ce livre collectif pourrait ou voudrait remplacer la lecture d'ouvrages plus approfondis. On doit plutôt le considérer comme une introduction aux différentes questions d'actualité qui caractérisent les pays d'Afrique du Nord. Il ne se pose donc nullement en concurrent des différentes monographies, des articles spécialisés ou des publications en série dont la plus importante : l'Annuaire de l'Afrique du Nord traite d'année en année des événements économiques, sociaux, culturels et politiques du Maghreb. Les études présentées dans ce livre constituent comme des amorces des différents sujets, donnant une information rapide et systématique, à partir de laquelle il sera possible avec l'aide d'une bibliographie sélectionnée d'approfondir la question si ceci semble nécessaire à un lecteur qui cherche à s'informer sur un sujet précis.

  • Cet ouvrage regroupe les communications au séminaire "Villes et Migrations" qui s'est tenu à l'I.R.

  • Depuis longtemps, l'Egypte a tenu une large place dans les préoccupations intellectuelles, économiques et politiques françaises: l'expédition d'Egypte, Muhammad Calî, le Canal de Suez, plus près de nous Gamal cAbd al-Nasser et Anwar al-Sadât en sont les illustrations. Mais d'une part, on a trop souvent considéré l'histoire de l'Egypte au XIXe siècle du seul point de vue occidental et européen, d'autre part l'évolution politique et intellectuelle de l'Egypte est mal connue; enfin, il faut bien constater que depuis vingt ans, les publications françaises sur l'Egypte sont rarissimes. Le Groupe de Recherches et d'Etudes sur le Proche Orient, d'Aix-en-Provence, a mis au premier rang de ses recherches l'Egypte médiévale et moderne et a jugé utile de combler, partiellement, les lacunes de notre connaissance à propos d'un pays sur lequel circulent trop d'idées reçues; dans cette optique, il a paru justifié de mettre en évidence une certaine permanence due à des facteurs géographiques humains et religieux, mais aussi les changements intervenus soit sous l'influence de l'étranger, soit sous l'impulsion des Egyptiens eux-mêmes, notamment durant les vingt cinq dernières années. Les auteurs de ce livre, tous connaisseurs et spécialistes de l'Egypte espèrent ainsi avoir apporté une contribution à une meilleure compréhension de l'Egypte et des Egyptiens d'aujourd'hui.

  • En dépit des relations multi-séculaires qui existent entre la France et le Levant, et bien que, durant la période du Mandat, les destinées de la France et de la Syrie aient été liées, l'histoire récente de la Syrie a été longtemps quelque peu négligée par la recherche française. Cependant ce pays occupe, dans le monde arabe, une place plus importante que ne pourraient le laisser supposer le chiffre de sa population ou ses ressources économiques. Sa position géographique, son long passé historique, la qualité et la permanence de sa tradition culturelle en ont fait un des pôles du nationalisme arabe, et il a pesé d'un poids parfois très lourd dans les événements dont le Proche-Orient est aujourd'hui le théâtre. Grâce, en particulier, à l'aide de l'Institut Français d'Études Arabes de Damas et du Centre National de la Recherche Scientifique, de nombreux chercheurs travaillent maintenant sur la Syrie contemporaine, et ils ont contribué à la faire mieux connaître par des travaux qui intéressent les principaux secteurs de la recherche, géographie, histoire, sociologie, économie, politologie. Le Centre d'Études et de Recherches sur l'Orient Arabe Contemporain d'Aix-en-Provence, dont l'activité couvre l'ensemble du Proche-Orient arabe, a pris l'initiative de préparer cet ouvrage collectif en faisant appel à quelques-uns de ces chercheurs. Spécialistes de la Syrie, ils se sont efforcés de mettre en lumière les facteurs fondamentaux qui expliquant l'évolution présente de la Syrie, les caractères de ses options politiques, économiques et sociales (socialisme ba'thiste, développement planifié) et le rôle qu'elle joue dans le monde arabe et dans la politique contemporaine.

    1 autre édition :

  • Peu de régions du monde ont pris, en une seule décennie, autant d'importance économique, financière, stratégique, diplomatique, religieuse et culturelle que la péninsule Arabique. Retrait des Britanniques à l'est de Suez, conflit de 1973 et hausses du pétrole jalonnent la mise en place de structures administratives et de politiques économiques aux puissants moyens financiers. Elles entraînent une urbanisation accélérée, des migrations de grande ampleur, une montée de la consommation phénoménale et mettent en cause une personnalité et des structures sociales très protégées jusque là. Une volonté de retour à la loi islamique est proclamée bien au-delà du berceau de l'Islam. Les pays pétroliers jouent un rôle diplomatique croissant, notamment par le canal des fonds arabes de développement. Tout dans la péninsule Arabique, ou presque, est aujourd'hui objet de changements radicaux. Ouvrage collectif destiné à un public attentif mais non spécialiste, La péninsule Arabique d'aujourd'hui offre dans un tome I une présentation systématique de cette région du monde arabe, voisine chaque jour de nouveaux conflits.

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