Gallimard

  • Big Bang : histoire critique d'une idée

    Jean-Marc Bonnet-Bidaud

    • Gallimard
    • 9 September 2021

    La cosmologie est aujourd'hui à la croisée des chemins. Le modèle du big bang, qui est censé décrire l'histoire de notre univers, s'est imposé à la communauté scientifique au milieu des années 1960. Depuis lors, il semble un horizon indépassable. Pourtant, ces dernières années, il a été confronté à des difficultés croissantes. Quelle est la source de l'expansion ? Comment expliquer la phase d'inflation ? Où est passée l'antimatière ? Pourquoi doit-on supposer l'existence de matière noire et d'énergie noire de nature inconnue ? Sans réponse à ces questions, le modèle du big bang reste fragile.
    Ce livre raconte comment s'est construite l'idée du big bang et décrit les modifications majeures qu'elle a subies pour rester en accord avec les observations du ciel. Il évoque autant les coups de génie qui ont procédé à son élaboration que ses limites souvent passées sous silence. À l'opposé du consensus habituellement exposé, cet ouvrage dévoile aussi combien sont vifs les débats entre cosmologistes sur la validité de ce modèle d'univers. Par cette approche critique, les auteurs soulignent que notre vision du cosmos pourrait bien être à l'aube d'une révolution majeure.

  • Nietzsche ; la détresse du présent

    Dorian Astor

    • Gallimard
    • 18 September 2014

    Que pouvons-nous entendre aujourd'hui de ce que dit Nietzsche ? Voilà (presque) le seul objet de ce livre.
    Il ne s'agit pas d'un pur commentaire explicatif de la philosophie de Nietzsche (lequel s'explique très bien tout seul, quand il le fait), mais d'une évaluation, entre ses textes et notre lecture, de son pouvoir de dire et de notre volonté de lire.
    Le type d'homme auquel Nietzsche s'est adressé et dont il a interrogé la puissance et la volonté, il l'a appelé l'homme moderne. Il sentait bien que ses lecteurs n'existaient pas encore ; ses vrais lecteurs, c'est nous désormais. C'est à nous en tant que sujets de raison et de droit, démocrates et citoyens de sociétés libérales, qu'il s'adresse comme à un problème insurmonté : la modernité est inachevée, et plus de cent cinquante ans après, nous n'en avons toujours pas fini avec la détresse du présent éprouvée par Nietzsche et sa philosophie.
    Jusqu'où pouvons-nous et voulons-nous l'entendre ?

  • Le boson et le chapeau mexicain

    ,

    • Gallimard
    • 11 June 2013

    Le boson? C'est l'ultime particule élémentaire prédite par la théorie de l'infiniment petit, qui manquait encore et dont la découverte, grâce au grand collisionneur de hadrons du CERN, a été annoncée au monde entier le 4 juillet 2012. Postulée en 1964 par Robert Brout, François Englert et Peter Higgs, elle explique que le photon - particule qui transmet la force électromagnétique - n'a pas de masse, à l'encontre de celles véhiculant la force faible. Une telle dissymétrie était a priori incompatible avec la symétrie fondamentale, dite 'de jauge', sur laquelle est fondé le modèle standard de la physique des particules.
    Le chapeau mexicain? C'est le mécanisme grâce auquel le boson rend compte, en préservant les acquis du modèle standard, de l'origine des masses des particules élémentaires.
    Le boson et le chapeau mexicain se placent à la croisée - retracée par les deux auteurs en dialogue avec François Englert - des chemins de l'évolution des théories de l'astrophysique contemporaine et, sur près de trente années, d'une véritable aventure scientifique, technologique et humaine menée par le CERN, dont Michel Spiro fut le président du Conseil.
    Mais la particule observée a-t-elle les propriétés définies par le modèle standard, ou en possède-t-elle d'autres, prédites par des théories concurrentes des composants élémentaires de la matière? Faudra-t-il bientôt écrire encore un nouveau grand récit de l'univers?

  • Délit de fiction

    Luc Lang

    • Gallimard
    • 24 June 2014

    Jamais notre quotidien n'a été à ce point saturé d'histoires : qui raconte sa vie sur un trottoir, qui, sur un plateau de télévision, qui, dans le journal, qui, dans un livre, qui, sur un blog, qui, sur un site internet. Jamais notre monde ne s'est rendu autant disponible à l'écoute des histoires de chacun, leur assurant par la technologie une diffusion peut être immédiatement planétaire. Or ces histoires-là, courtes, longues, fragmentaires, sont vraies, puisqu'elles sont immédiatement identifiées à la réalité d'un locuteur, d'un sujet' L'adéquation du vécu au narré constitue l'identité de l'auteur en même temps qu'elle le constitue et l'identifie comme sujet.
    Pourquoi faut-il, dès lors, marginaliser et faire taire la littérature en la parquant dans l'espace exclu et réservé de la 'fiction', alors qu'elle est précisément l'invention la plus haute et la plus exigeante d'une forme écrite de l'action et du temps humain ? Probablement parce que la littérature s'attache, au travers des histoires imaginées, inventées, extraites ou non de la réalité, à penser les questions fondamentales dont les histoires vraies font l'économie. Le sujet de la littérature, c'est un sujet problématique dans un être en libre devenir. La littérature est une force imprévisible de propositions inattendues quant à la question du sujet, et il est toujours plus urgent de la cerner dans cet espace livresque de la fiction, que l'on parcourt en ses heures perdues de loisir et de distraction, où l'on s'accorde précisément à perdre son temps avec ce qui n'est que... littérature.

  • Condorcet

    Catherine Kintzler

    • Gallimard (réédition numérique fenixx)
    • 10 July 2020

    Un peuple souverain qui renoncerait aux savoirs et à l'exercice de la raison abdiquerait sa liberté. Pourtant, répandre « les lumières », n'est-ce pas produire et creuser des différences ? Comment faire alors pour que l'instruction soit source d'équité et de fraternité ? La solution est juridique : faire de l'instruction un organe de l'État républicain ; la distinction des talents y sera la forme la plus haute de l'égalité. Si une telle évidence est devenue pour nous un paradoxe, c'est que nous avons oublié Condorcet. Il fallait arracher le linceul, découvrir une pensée forte, courageuse, moderne, et libre.

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