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  • La question de la maladie grave et de la mort en prison reste controversée quel que soit le système carcéral et politique parce qu'elle touche profondément à ce qui fonde notre humanité. Dans cette « double épreuve », les détenus gravement malades nous révèlent en filigrane ce qui semble acceptable ou inacceptable, juste et injuste à notre société.

    L'auteur a conduit pendant plus de cinq ans une enquête ethnographique. À partir de nombreuses observations et d'entretiens réalisés auprès de détenus malades et des différents professionnels concernés, elle explore les différents mondes juxtaposés : celui de la peine, celui du soin et celui de l'environnement personnel du détenu.

    Contraintes spatiales et temporelles, qualification des personnes, des objets, des lieux et des rythmes sont au centre de cette réflexion. Comment les détenus-patients ainsi que les professionnels de la surveillance et du soin articulent-ils leurs activités autour de la maladie dans le monde de la prison et dans celui de l'hôpital ? En donnant la parole à une minorité fortement discriminée, les détenus en fin de vie, l'ouvrage interroge l'expérience de la maladie grave et le sens de la punition.

  • Lire l'entretien avec l'auteur en suivant ce lien

    Myriam récolte des plantes médicinales en Haute-Provence, Olivier construit des maisons écologiques, ils ont quitté la ville et consomment le moins possible. Alors que leur séparation vire au cauchemar, un juge les invite à rencontrer Adèle, une médiatrice.

    Malgré leurs blessures, ils acceptent de se parler en sa présence et Adèle se met au travail. La parole est fragile, les mots prompts à devenir tranchants et acerbes, à chaque moment la médiation peut basculer vers la guerre. Comme une équilibriste, Adèle avance à tâtons, elle hésite, provoque du changement, les déstabilise, leur demande de parler d'eux-mêmes quand ils veulent parler des enfants. Sur le fil, ils racontent, s'écoutent, expriment leurs doutes, se transforment. Entre les rendez-vous, sur les routes ou en montagne, dans leur vie de tous les jours, chacun d'eux livre ses réflexions sur la médiation, la parole, la difficulté à se comprendre. Peu à peu ils se positionnent, renoncent à la similitude et acceptent la perte. La médiation agit.

  • « Loin de se concentrer sur les aspects technique du problème, l'auteur nous prévient qu'elle a surtout voulu montrer comment la médiation peut constituer un projet mobilisateur d'une société nouvelle qui propose une nouvelle vision de l'homme et de sa participation à la construction d'une culture de paix. Grâce à l'expérience de plus d'un millier de dossiers qu'elle a suivi en tant que fondatrice du Centre de médiation et de formation à la médiation de Paris, J. Morineau nous donne une vision pénétrante des forces qui interviennent dans le processus de médiation. Pour elle, ce qui est en jeu, c'est le passage d'une civilisation où l'ordre est imposé par l'autorité hiérarchique à un ordre reposant sur la négociation et caractérisé par un processus d'échanges où chaque individu a sa place.»Federico Major, directeur général de l'UNESCO

  • Comprendre ce qui se passe dans la dynamique conflictuelle permet d'intervenir efficacement dans les conflits interpersonnels.

    L'auteur décrit le conflit en tant que processus d'interaction dans sa forme et son déroulement Elle l'analyse du point de vue du médiateur sans jugement sur les personnes ni sur le contenu des allégations. Tout en rendant compte de sa complexité, elle l'explicite sous la forme d'une trame lisible pour aider les professionnels - médiateurs ou non - à prendre du recul, à rester en lien avec les personnes en conflits, à intervenir habilement dans ces situations difficiles. L'identification des fonctions du conflit pour les personnes accompagnées permet d'éviter de renforcer à son insu la dynamique conflictuelle.

  • Qu'est-ce que condamner ? Loin des stéréotypes juridiques et médiatiques, ce livre offre les outils pour comprendre une pratique, le système dans lequel elle s'inscrit et les normes qui la façonnent.

    Destiné à devenir une référence en sociologie de l'administration de la justice pénale, ce livre est construit sur le double sens du mot « condamner » : l'action qui oriente l'ensemble du système pénal et la pratique spécifique des juges des tribunaux correctionnels auprès de qui l'auteur a mené une recherche sur la justification de leur action.

  • Contrairement aux apparences, la médiation est une activité très complexe qui nécessite une formation spécifique. Le médiateur est toujours confronté à l'inconnu, au doute et au chaos relationnel des personnes en conflit qui le voient souvent comme leur dernier recours. La posture de médiateur est extrêmement délicate à acquérir et à respecter quelle que soit la nature des conflits traités. La bonne volonté et l'improvisation ont des limites. Pour être efficace, le médiateur a besoin de réfléchir à son éthique et à son rôle ; de connaître ses réactions personnelles face au conflit et au pouvoir. Il doit s'entraîner à être à la fois acteur et observateur. Cet ouvrage constitue un précieux outil de formation pour tous les médiateurs qui, au fil de leur activité, se trouvent confrontés à leurs propres limites et à leurs doutes. Les paradoxes, les métaphores et les nombreux cas exposés ici facilitent la compréhension et la réflexion du lecteur. Universitaire et médiateur, Thomas Fiutak a fondé le Centre de gestion des conflits et de médiation, à l'université de Minneapolis (Minnesota) aux Etats-Unis. Cet ouvrage a été écrit en collaboration avec Yvette Colin et Gabrielle Planès.

  • Au coeur d'une campagne présidentielle qui place la question de la sécurité au premier rang des préoccupations sociales, à l'heure où vient à l'assemblée le projet de loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance, cet ouvrage tente, de façon synthétique et très didactique, d'éclairer le débat public. Accessible à tous publics, il donne au lecteur des clés pour démasquer les manières irrationnelles ou idéologiques qui président généralement à l'élaboration des stratégies de prévention et de répression, et pour les analyser d'une façon à la fois plus efficace et plus humaniste. Jacques Faget est chercheur au CNRS (CERVL), enseignant à Institut d'études politiques de Bordeaux et aux universités de Paris V, Barcelone, Padoue et Sion.

  • Les événements actuels concernant les sauvageons des cités, les débats ainsi suscités au sein du gouvernement et les mesures annoncées pour faire face à la délinquance orientent le projecteur sur les principaux acteurs oeuvrant pour et avec les jeunes délinquants : à savoir les éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse. Il nous a donc semblé opportun de réactualiser cet ouvrage qui leur est consacré, paru à l'occasion du cinquantenaire de l'ordonnance de 1945.

    Si les promesses ministérielles concernant les 'sauvageons' des cités sont tenues, un millier d'éducateurs devraient être recrutés rapidement, créant un appel d'air ou une perfusion de sang neuf pour une institution anémiée, paradoxalement sacrifiée depuis 1983 par un Etat qui crie au secours devant le péril jeunes délinquants.

    L'afflux d'une masse d'éducateurs jeunes n'est pas une mince affaire, d'autant qu'il s'agira surtout d'éducatrices si les modes de recrutement actuels sont maintenus. De quelles transformations seront porteurs ces nouveaux professionnels de justice dans un ministère qui ne les aime guère et qui n'a jamais su leur reconnaître une place spécifique ?

    En proposant un regard sociologique sur l'évolution durant 50 ans d'un corps professionnel atypique, coincé entre la toute-puissance des magistrats dans leur ministère et les acquis des éducateurs spécialisés, diplômés d'Etat, cet ouvrage éclaire de manière pertinente l'évolution qui se prépare.

  • Cet ouvrage est le seul à proposer de penser les pratiques de médiation à une échelle planétaire et à développer une analyse multi niveaux allant des médiations internationales jusqu'aux médiations de quartier ou interpersonnelles. Il ne propose pas seulement un cadre théorique de compréhension des politiques de médiation, mais également une approche très concrète des modèles de médiation et des ateliers où ils se pratiquent.  

  •  « Liberté » et « bienveillance », voilà les deux mots qui reviennent le plus souvent à la bouche des médiateurs expérimentés qui découvrent avec étonnement la pratique singulière de la médiation transformative. Celle-ci met en avant la non-directivité du médiateur et son respect intégral de l'autodétermination des participants, de l'expression de leurs ressentis et points de vue, en particulier lorsqu'ils sont aux prises avec la déstabilisation et la fermeture engendrées par le conflit.

    Première édition en français de l'ouvrage de référence théorique et pratique de ce modèle de médiation en pleine expansion dans le monde anglo-saxon, ce livre présente les principes fondamentaux et les concepts-clés de la « transformation des interactions conflictuelles » : empowerment individuel et reconnaissance mutuelle. Il en décrit avec précision les outils et leur utilisation dans des contextes d'intervention très différents.

    Au-delà des médiateurs, confirmés ou débutants, qui y trouveront matière à questionner et enrichir leur pratique, ce livre s'adresse à toute personne intéressée par la communication, le management et l'accompagnement dans les organisations.

    Les auteurs ont cofondé l'Institute for the Study of Conflict Transformation (l'ISCT), groupe d'étude qui veille au développement de l'approche transformative. Ils ont reçu le prix William Kreidler 2017 décerné par l'Association for conflict resolution en reconnaissance des meilleurs praticiens dans le domaine de la résolution des conflits.

  • La remise en cause actuelle du juge des enfants fragilise l'équilibre entre éducation et sanction : comment comprendre la justice des mineurs à travers l'examen du travail de ces magistrats ? Quelle place spécifique reste-t-il à la justice des mineurs, accusée de laxisme face à la montée des insécurités ? Comment fonctionne la juridiction des mineurs et comment s'inscrit-elle dans le tribunal de grande instance (TGI) ? Quelles sont ses relations avec les travailleurs sociaux et les autres partenaires extérieurs constituant l'environnement dans lequel le juge s'insère ? Existe-t-il un sentiment d'identité professionnelle, d'appartenance à un groupe spécifique ? Comment se structure le réseau professionnel ? Comment les juges des enfants appréhendent-ils la dimension politique de leur fonction ? Benoit Bastard est directeur de recherche au CNRS. En 2008, il a rejoint l'ISP (Institut des sciences sociales du politique à l'ENS Cachan. Christian Mouhanna est sociologue et chargé de recherche au CESDIP (CNRS).

  • L'objet de cet ouvrage n'est pas de protéger l'avenir professionnel du juge des enfants mais de revendiquer la mission qu'assume la justice des mineurs dans l'apprentissage de la loi pénale et dans la transmission des règles fondamentales que sont l'interdit de l'inceste et l'interdit de la violence, enjeux de société de première importance. Faire vivre ce va-et-vient entre la violence, l'émotion, la réflexion et la décision judiciaire est essentiel pour que chacun mesure ce que représenterait pour les enfants un repli de l'institution judiciaire sur ses seules fonctions classiques : la répression et l'arbitrage des conflits. L'auteur a choisi pour cela d'intégrer à sa réflexion de nombreux extraits des dossiers. Ils donnent à entendre les mots que les enfants et les parents mettent sur les expériences extrêmes qu'ils ont pu vivre, et montrent leur cheminement commun avec le juge des enfants tout au long des audiences successives. À distance des procès largement médiatisés, les citoyens sont ici invités à pénétrer dans l'atelier d'un juge des enfants et à découvrir comment celui-ci peut rendre la justice auprès d'enfants en danger ou d'adolescents délinquants.

    Laurence Bellon, magistrat, est vice-présidente au tribunal pour enfants de Lille.

     

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    Préface de Denis Salas


    La « délinquance des jeunes » ne cesse d'être une préoccupation de la société contemporaine. Elle est devenue aujourd'hui un objet majeur des politiques de sécurité publique, et le système de réponse pénale pour les mineurs fait l'objet de réformes à chaque nouvelle législature, afin d'en finir avec la prétendue complaisance de l'Ordonnance du 2 février 1945 qui serait inadaptée aujourd'hui et laisserait les mineurs dans l'impunité. Pourtant le système français de justice des mineurs est beaucoup plus sévère qu'on pourrait le penser, et sa dimension répressive n'a cessé de s'accentuer, au point de dégager une double figure de la jeunesse irrégulière : celle d'un enfant menacé par la malveillance des adultes et celle d'un adolescent menaçant l'ordre social.

    Longtemps considérée comme un laboratoire pour l'expérimentation de formes nouvelles de traitement de la criminalité, la justice des mineurs a développé des conceptions spécifiques en la matière. C'est à ces conceptions destinées à remettre dans le « droit chemin » une jeunesse égarée dans des comportements déviants que le livre s'intéresse. Sans insister sur la dimension juridique ni sur une interprétation des causes de ces déviances, il examine les logiques d'intervention qui ont animé l'ensemble des acteurs professionnels dans le domaine : magistrats, travailleurs sociaux, psychologues...

    Trois périodes se dessinent : celle de la correction disciplinaire, celle du paternalisme clinique et celle de la responsabilisation personnelle. Autant d'approches initiées par des réflexions théoriques et expérimentales, qui recèlent des modèles éducatifs et pédagogiques alternatifs à la répression pure. L'ouvrage entreprend de la sorte de réaliser, dans un style très abordable, une sociologie de l'action publique permettant au lecteur praticien, enseignant ou simplement intéressé par ces questions, de mieux saisir les enjeux sous-jacents aux évolutions actuelles de la justice des mineurs, dans un contexte international.


    Philip Milburn est professeur de sociologie à l'université de Versailles Saint-Quentin, membre du laboratoire Printemps CNRS.



    Mise en vente le 12 mars 2009

     

  • L'ouvrage porte sur la construction de la déviance comme objet. Il s'agit d'interroger ce domaine de recherche actuellement en plein essor et au coeur du débat public sur la sécurité, à partir d'une triple approche : socio-historique, revenant sur l'institutionnalisation de la sociologie de la déviance et du crime, ses figures marquantes, ses revues et ses réseaux ; thématique, intégrant les politiques publiques et les trajectoires pénales en matière de drogues, mais aussi la prison comme butée de celles-ci ; épistémologique et méthodologique. Cet ouvrage a pour fil conducteur les travaux de Claude Faugeron, directrice de recherche au CNRS à la retraite, auteure de nombreux ouvrages et recherches largement reconnus dans le monde francophone. Dan Kaminski est professeur à l'université catholique de Louvain-la-Neuve ; Michel Kokoreff est maître de conférences à l'université de Lille 1 en délégation au CNRS Césames-Paris V.

  • Entreprise, quartier, famille, école : quatre domaines où se développe la médiation. Pourquoi ? Comment ? Des praticiens et chercheurs, dans chacun de ces domaines, s'interrogent ici sur les raisons de cet essor et explorent les ressemblances et les différences au niveau des pratiques et des théories mises en ?uvre dans ces différents champs concernés par la médiation.

  • Les auteurs chacun à leur manière déclinent la notion apparemment consensuelle quoique jamais vraiment définie de justice de proximité sous ses trois aspects canoniques : proximité spatiale d'une justice physiquement, géographiquement plus à la portée des justiciables ; proximité humaine d'une justice plus soucieuse de compréhension, de négociation que de sanction ; proximité temporelle, enfin, d'une justice qui, se voyant reprocher ses engorgements et ses lenteurs, cherche à y remédier. Ils tentent de cerner les pratiques qui, dans les différents pays européens, relèveraient d'une justice de proximité, d'en faire une présentation compréhensive et d'en analyser les enjeux.

  • Malgré l'engouement actuel, la médiation serait-elle une simple mode sans avenir ? La médiation est-elle un nouveau processus de gestion des conflits qui pourrait remplacer le modèle de l'adversaire par le modèle du partenaire ? La médiation permettrait-elle l'apprentissage d'un nouveau mode de relation où chacun écoute l'autre dans le respect de sa différence, et construit avec lui une solution aux différends ? Mais peut-on encore parler de « la » médiation ou devons-nous utiliser le pluriel pour évoquer « les » médiations ? Y a-t-il une idée centrale commune de médiation et des déclinaisons diverses selon les secteurs où elle est appliquée ? Chaque médiateur compose-t-il, lui aussi, d'infinies variantes de médiations ? Les auteurs de cet ouvrage pratiquent la médiation depuis de longues années dans différents secteurs : entreprises et administrations, quartiers, familles, écoles. Ils confrontent ici leurs points de vue et mettent en commun leurs expériences, leurs observations, leurs réflexions. Ils souhaitent ainsi faire avancer la construction de la médiation en prenant en considération à la fois ses potentialités et ses limites. Préface d'Hubert Touzard

  • La mediation

    Jacques Faget

    Médiation, le terme se propage dans le discours des médias, des hommes politiques. des chevaliers d`industrie ou des responsables administratifs. ll n'est pas un conflit public qui n'ait aujourdhui son médiateur. Même la justice pénale, réputée pourtant comme institution autoritaire, possède sa médiation. Un tel succès soulève des questions.

    Cet ouvrage, dont la portée philosophique et politique dépasse le cadre des préoccupations des seuls techniciens de la médiation, se propose de montrer comment le mariage incongru d'une institution répressive qui tranche et d`une méthode douce de dénouement des différends constitue un des fers de lance d'une nouvelle politique pénale de réparation. Cette alliance est évidemment de réalisation malaisée. ll n'est jamais facile de porter et de préserver l'imaginaire démocratique au sein d`institutions minées par des logiques bureaucratiques et pénétrées par les lois du marché.

    Mais la révolution culturelle provoquée par la mondialisation des stratégies sécuritaires d'un côté et la crise des réponses éducatives et répressives traditionnelles de l'autre. Ouvre à tous les acteurs sociaux et judiciaires de larges possibilités d`innovation.

  • Pauvretes en prison

    Marchetti/Perrot

    La prison a partie liée avec la pauvreté, à tous les niveaux : recrutement, encadrement, fonctionnement, pratiques, politiques. C'est ce que montre avec force et pertinence l'enquête menée à la demande du ministère de la Justice par Anne-Marie Marchetti, dans sept établissements rationnellement choisis. Enquête exemplaire par la large définition donnée ici aux pauvretés - économique, matérielle, physique, relationnelle, culturelle, affective, symbolique, etc. - mais plus encore par son désir de vérité. ll s'agit de sortir des lieux communs pour saisir la diversité des situations, l'imbricution des histoires de vie avec l'espace-temps de la prison qui en infléchit ou en brise le cours. On perçoit la volonté de savoir la souffrance au-delà
    des mots qui échouent à dire, et celle de comprendre les mécanismes de pouvoir qui font de l'incarcération un processus d'appauvrissement sélectif. Car comme le constate Anne-Marie Marchetti : Non seulement les pauvres entrent plus facilement en prison que les riches. mais en plus. ils en sortent plus difficilement après avoir subi une détention plus rigoureuse.

    Michelle Perrot

  • Toute rupture familiale implique une reconstruction des rôles parentaux dans une situation nouvelle. Comment assurer son rôle de père ou de mère quand on ne voit pas ses enfants en permanence ? Comment se séparer sans faire des camps retranchés où les enfants sont enrôlés à leur corps défendant ? Devant l'inadéquation des solutions juridico-judiciaires, une nouvelle approche s'est dessinée cherchant, là où le dialogue est rompu, à éviter de recourir d'emblée à la procédure judiciaire dans laquelle chacun peut être amené à durcir ses positions. C'est ainsi que la médiation familiale, née dans les pays anglo-saxons, s'est installée en Europe. Bien avant son introduction en France (1988) et sa consécration par la loi du 8 février 1995, les auteurs de cet ouvrage, issus des champs psychosocial, juridique ou associatif, confrontés aux problèmes de séparations ont, chacun à leur manière, ouvert la voie de la médiation familiale. Ils n'ont cessé depuis, soit individuellement, soit collectivement, de s'interroger sur son bien-fondé et ses limites, sur sa logique, sur les difficultés et les problèmes posés par sa pratique. Cet ouvrage rend compte de leurs démarches. Par divers points de vue qu'il conjugue, il propose une analyse de la médiation familiale qui en montre les bienfaits et les perspectives sans masquer les difficultés et les limites. Il s'adresse à tous ceux qui ont intérêt à la connaître : ceux qui se séparent mais aussi tous les professionnels qui, traditionnellement, gèrent les conflits nés des ruptures familiales.

  • Au terme d'une très longue carrière, j'ai souhaité, par mon témoignage, faire mieux connaître cet étonnant métier qu'est le travail social. J'ai souhaité que demeure le souvenir de rencontres si diverses avec des hommes. des femmes et des enfants qui ne soupçonnaient pas que leur richesse intérieure plus que leur détresse donnait un sens à leurs vies. J'ai rencontré les uns et les autres dans le cadre protecteur d'un bureau, mais aussi a leur domicile et dans toutes sortes d'autres lieux, des cafés, des trains, ma voiture, la rue si neutre et impersonnelle et par là propice à bien des échanges, l'hôpital, la maternité, la prison et dans cet établissement de soins dont j'ai pris la responsabilité pendant quatorze ans.
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    Cette seule énumération marque une des originalités de notre métier : il petit s'exercer en tous lieux et donc il s'ancre dans la vie. Elle ne suffit pas cependant pour dire la difficulté qu'il peut y avoir à être professionnel, à être reconnu comme tel, tout en buvant un café sur une table de cuisine en bon voisin ; ou en jouant avec un petit enfant ; ou en faisant des gestes d'une grande banalité comme d'accompagner dans une démarche celui qui a trop peur d'autrui pour la faire seul. Et chacun de nous garde en mémoire des moments particuliers, de ces moments où nous avons appris notre métier mieux que dans nos études...

    Le temps est venu pour moi de reprendre certaines des étapes de la réflexion qui a rythmé ma vie professionnelle. Ai-je raison de penser que, dans l'apparente diversité de nos actions, l'enjeu est toujours d'aider à vivre ?

    C.B.

  • Y a-t-il une cohérence et une unité entre les divers et multiples visages et usages contemporains de la notion de médiation ? Qu'apporte-t-elle à l'éducation et à la pédagogie ? Cet ouvrage, après une étude philologique de ce qu'est la médiation, analyse la compréhension qu'en ont les différents réseaux qui l'utilisent en France aujourd'hui. L'auteur formalise ce que peut apporter la médiation en éducation, particulièrement en pédagogie, en dépassant cette dichotomie apparente dans laquelle elle est enfermée : médiation interpersonnelle (visant la construction de solutions face à des conflits entre personnes ou groupes humains dans les domaines judiciaire, social, familial, professionnel...) ou médiation intrapersonnelle (visant le développement de l'enfant en tant qu'individu, la transmission culturelle, médiations utilisées en psychanalyse, psychologie, pédagogie...). Annie Cardinet jette des ponts entre les différentes formes et pratiques de médiation et fait des propositions, assorties d'exemples concrets, aux enseignants se heurtant aux problématiques mêlées de difficultés d'apprentissage, d'incivilités et de violence dans les établissements scolaires.

  • Les débats français sur les drogues ont profondément évolué ces dernières années. On a pris conscience qu'il pouvait y avoir des usages contrôlés de drogues illicites et des usages non contrôlés de produits licites ou détournés. Les auteurs présentent ici des travaux récents qui abordent la question selon trois approches : l'utilisation de produits psychotropes par des populations non stigmatisées comme les lycéens ou les sportifs ainsi que de leur usage contrôlé par des populations qui ne se trouvent pas sous le regard de la police et de la justice ; les dispositifs d'aide aux usagers de drogues illicites et de prévention qui se développent partout en Europe, comme le travail de proximité, les points-écoute ou les groupes d'autosupport ; la difficulté de renverser les logiques de fonctionnement d'institutions comme la police et la justice, et d'initier de nouvelles pratiques, de construire une politique de santé publique.

  • L'objectif de l'ouvrage est d'initier une réflexion aussi large que possible sur la façon de sanctionner les crimes les plus graves, en Europe, au XXI° siècle, dans le respect des droits de l'homme. Cela suppose de poser en toute clarté et de façon responsable, la question de la réclusion à perpétuité, des périodes de sûreté, des très longues peines, mais aussi des rapports entre crime et folie, justice pénale et prise en charge psychiatrique, sanction et obligation de soin.

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