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  • Dans les moments chaotiques des groupes thérapeutiques, l'excitation se propage de l'un à l'autre par des expressions sensorielles élémentaires, apparemment sans autre lien que celui d'une co-excitation : cris, onomatopées, souffles, soupirs ou sensations d'étouffement, déplacements rapides, tournoiements, « jeux » avec la lumière, sensations de chaleur excessive, de froid, etc.

    La conception freudienne a introduit l'idée que la matière psychique d'un sujet est profondément mêlée à celle d'un ou plusieurs autres. Actuellement, les analystes de groupe s'intéressent aux temps premiers de la construction d'un « moi-corporel » où viennent s'inscrire les traces mnésiques consécutives aux stimulations sensorielles : empreintes toniques, rythmiques, odorantes, gustatives, sonores, visuelles qui, la vie durant, seront le plus souvent silencieuses mais toujours présentes.

    Les auteurs abordent ces cliniques groupales où les surgissements sensoriels élémentaires dominent. Ils analysent les processus psychiques qui les provoquent en lien avec la situation de dynamique groupale et s'accordent à rechercher le sens de toute cette agitation motrice et de ces déploiements pluri-sensoriels.

  • À quelles conditions le cadre psychothérapeutique de groupe avec les enfants et les adolescents permet-il d'envisager la pratique de soins ? Les techniques de groupe interrogent souvent le praticien sur l'approche à utiliser : travailler avec l'individu en s'appuyant sur le groupe ou travailler uniquement sur le groupe lui-même, faisant de l'individu le porte-parole du groupe ? Travail de groupe ou travail en groupe, la question interpelle régulièrement. Les articles proposés dans cet ouvrage tentent d'y répondre.  

  • La pratique clinique des différents praticiens de groupes montre les effets de contenance des thérapies groupales. Cette contenance intervenant à des niveaux différents (le thérapeute, le groupe et l'institution) permet la régulation des régressions et de l'excitation facilitant les phénomènes de déliaison et de reliaison, ce qui ouvre la voie à la créativité et à la sublimation. Les théories tentent avec plus ou moins de bonheur de rendre compte de ce phénomène. Cet ouvrage se propose de réinterroger la pertinence de ces constatations cliniques ainsi que des théories qui leurs sont appliquées. À partir d'expériences cliniques très diversifiées reposant sur le travail avec le groupe familial, le groupe en institution de soins ou les psychothérapies de groupe dans les lieux habituels de consultations, les différents auteurs tentent de comprendre comment et pourquoi ces processus sont activés dans les groupes. Ils s'interrogent notamment sur les particularités des cadres et dispositifs qui permettent de les optimiser. Jean-Bernard Chapelier est psychologue, psychanalyste, maître de conférences en psychologie clinique et psychopathologie, université de Poitiers. Didier Roffat est psychologue clinicien, psychothérapeute, Lyon.

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    Cet ouvrage développe une réflexion sur les potentialités régressives des dispositifs de groupe. Leur capacité à réactiver différentes phases constitutives de la vie psychique induisent des expériences subjectives primitives, traversées par des éprouvés corporels. Cette possibilité de réveiller des traces mnésiques inconscientes, avec son cortège de manifestations sensori-motrices, vient ouvrir la question du travail de symbolisation, dans ces conditions spécifiques. 

    Comment cette présence du corps et son expression gestuelle, en lien avec les autres du groupe,  préfigurent et font advenir le langage ? Quelles modalités de transformations contient le groupe pour accueillir des patients aux troubles identitaires, aux symptômes archaïques, que ce soit de nature structurelle ou processuelle ? Comment cet espace de travail psychique groupal, avec ses mouvements incessants, entre « je suis toi » (ou comme toi) et « je ne suis pas toi » (ou pas comme toi), favorise pour chacun une appropriation subjective ?

    Les auteurs s'appuient sur leur expérience clinique et les évolutions de la théorie psychanalytique mises à jour dans le champ des pathologies les plus archaïques pour apporter leur contribution à la recherche actuelle sur les modèles du soin psychique.

    Ouvrage publié sous l'égide du CIRPPA, Auxerre.

    Mise en vente le 18 juin 2015.

  • La définition économique du traumatisme comme effraction, conduit S. Freud à montrer qu'un afflux excessif d'excitations - qu'il s'agisse d'un événement externe très violent ou d'une accumulation d'excitations internes - peut déborder les capacités de contenance de l'appareil psychique. Dans ce cas, cette excitation entraîne une désorganisation durable des processus secondaires et une perturbation de l'économie pulsionnelle et de la symbolisation.

    Mais par ailleurs, la scénarisation du vécu groupal et les capacités de contenance et de représentation propres au groupe peuvent permettre peu à peu de réhabiliter les processus de pare-excitation et d'élaborer les traumatismes convoqués dès la mise en groupe.

    Les groupes thérapeutiques sont des outils de transformation des angoisses paralysantes qui attaquent les liens et les rapports aux autres.

  • A côté du travail institutionnel proprement dit, de plus en plus de structures médico-sociales, confrontées aux limites ou aux difficultés de prises en charge individuelles, se penchent sur la spécificité de l'approche groupale. Les différentes possibilités de travail en groupe avec les enfants et les adolescents se concrétisent alors dans une très grande diversité de dispositifs dont les indications prennent en compte aussi bien les particularités de la psychopathologie et de l'âge des patients que le fonctionnement institutionnel et, bien sûr, la formation des thérapeutes. Pierre Privat est psychiatre, psychanalyste SPP (Paris) ; Dominique Quelin-Souligoux est psychologue, psychothérapeute (Paris).

  • La multiplicité des dispositifs groupaux proposés dans les institutions de soin, tant pour les patients adultes, les adolescents ou les enfants que pour les professionnels, nous engage à nous pencher sur ce qui fonde le pouvoir thérapeutique de ces groupes. Que provoque l'expérience groupale chez tout sujet qui y prend part ? Comment cette expérience lui permet-elle une élaboration psychique ? Quels sont les processus qui sous-tendent les effets thérapeutiques observés ?

  • Le groupe, dans sa fonction régressive, fait émerger les couches originaires des participants, ce qui engendre une excitation intense (pouvant devenir traumatique). Dans les groupes d'enfants et d'adolescents, l'excitation médiatisée par le jeu et contenue par le cadre groupal, se transforme en représentations de plus en plus élaborées. Les jeux collectifs qui peuvent revêtir des formes très variées : chahut, jeux sur les fantasmes play, jeux d'apprentissage, jeux organisés games, jeux de rôle, etc. atteignent les différents niveaux de la symbolisation permettant ainsi des progrès thérapeutiques certains. Ce livre analyse les processus (individuels et groupaux) qui se développent à partir du jeu. Les expériences cliniques montrent l'intérêt du jeu dans diverses situations (psychothérapies de groupe, psychodrame, thérapies familiales, groupes de parents, groupes de formation...). Jean-Bernard Chapelier est psychologue clinicien, psychanalyste, maître de conférences, (Poitiers) ; Jean-Jacques Poncelet est psychologue, psychothérapeute (Paris).

  • La clinique des groupes d'enfants, d'adolescents et d'adultes est un champ où se déploient notamment des expressions fantasmatiques conscientes, pré-conscientes et inconscientes, en particulier les fantasmes originaires, à travers les phénomènes de transfert et de contre-transfert : rencontre entre les membres du groupe et le (ou les) thérapeute(s), rencontre aussi entre la psychosexualité infantile des enfants et la réactivation contre-transférentielle de celle des thérapeutes. Les différents auteurs s'efforce d'approfondir et d'élargir certains aspects de la sexualité dans les groupes : en quête de l'objet partiel ou total, qu'en est-il du mouvement pulsionnel, du désir, de leurs modes d'expression par l'excitation, l'emprise violente ou par les liens de tendresse ? Qu'en est-il également des mécanismes de défense mobilisés tels la régression, le refoulement, les possibilités identificatoires et sublimatoires ? Enfin qu'en est-il de l'émergence du tiers et de la double différences des sexes et des générations ?

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