Christian Bourgois

  • Annabel

    Kathleen Winter

    En 1968 au Canada, dans un village reculé de la région du Labrador, un enfant voit le jour. Ni tout à fait homme ni tout à fait femme, il est les deux à la fois. Seules trois personnes partagent ce secret : les parents de l'enfant et Thomasina, une voisine de confiance. Ensemble, ces adultes prennent la difficile décision de faire opérer l'enfant et de l'élever comme un garçon, prénommé Wayne. Mais tandis que ce dernier grandit, son moi-secret - une fille qu'il appelle Annabel - ne disparaît jamais complètement...

    « Bien plus que des questions de chromosomes, Annabel traite du potentiel des humains pour la cruauté, le mépris et l'ignorance, tout autant que pour la tolérance, la générosité, la force. La réussite de Winter ici est tout aussi miraculeuse que la naissance de Wayne. » Christine Fischer, The Globe and Mail

    « Remarquable. Un texte profondément émouvant en même temps qu'un puissant cri de ralliement. » The Times

  • Une ville qui n'existe pas, mais décrite par le menu, avec une précision (une joie, aussi) de maquettiste : rue par rue, lieu par lieu, avec ses grands passants, ses fantômes, son ton. Ville du bord de l'eau (comme si, entre la Garonne et la Loire, un autre fleuve et un autre estuaire avaient existé), ville où la donne de l'utopie a été plus généreuse qu'ailleurs, ville qui a donc beaucoup rêvé et qui, à son tour, fait rêver. Écrite à partir de son plan dessiné un jour de désoeuvrement, Olonne est devenue une sorte d'absolu de la fiction, une sorte de vertigineux « comme si », qui est aussi comme un roman. Description d'Olonne a obtenu le prix France Culture en 1992.

  • « Le Mal de Montano est une sorte d'ovni littéraire fascinant, rempli d'humour et d'un désespoir très pince-sans-rire. De transformations en disparitions, l'auteur parle d'un univers où l'extérieur finit par être phagocyté [...] par cette imagination contre laquelle, dit le narrateur, on ne peut pas lutter. Une planète étrange et instable, où le temps ne passe plus du tout comme dans le monde ordinaire et où les mots prennent une dimension formidable, deviennent aussi palpables qu'une table ou qu'une chaise.» (Raphaëlle Rérolle, Le Monde)

    « Avec un humour terrifiant et une intelligence électrique, Enrique Vila-Matas joue avec les mots en musicien du verbe. Il utilise tous les rythmes, toutes les harmonies, toutes les modifications mélodiques possibles. Tant d'inventivité, tant de fougue laissent pantois. » (Gérard de Cortanze, Le Magazine littéraire)

  • Ce livre est la réédition de l'ouvrage paru en 1976 dans la collection 10/18. Lequel chercha, plus qu'une anthologie, à être un feuilletage intensif du romantisme allemand et à donner, sur pièces, une idée de l'étendue et de la richesse du clavier de puissance sur lequel ce mouvement, qui inaugure la conscience de soi de la littérature, voulut jouer. Collection Détroits dirigée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe

  • « Thomas McGuane met en scène des hommes d'affaires et de jeunes flambeurs bourrés aux as qui viennent faire le plein de dolce vita dans un havre select du Michigan, au coeur des forêts. Des décors de rêve, où le cauchemar ne tardera pas à s'inviter lorsqu'un trublion débarquera pour transformer les lieux en poudrière, sous l'oeil d'aristos en pleine déroute. » (André Clavel, Lire)

  • Londres, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Lady Sophia Garfield rêve de devenir une belle espionne. Ne pouvant cependant passer son temps à démasquer des ennemis, Sophia exerce son sens patriotique dans les bureaux de l'hôpital Ste Anne... tout en conservant ses loisirs aristocratiques. Elle va ainsi régulièrement prendre le thé au Ritz, échafaude avec malice des plans pour séduire le fringant Rudolph Jocelyn et en éloigner sa rivale, la princesse Olga Gogothsky.

    Dans la lignée de Charivari, Nancy Mitford déploie un humour décalé et percutant, qu'elle distille savamment tout au long de cette fantaisie loufoque, qui accorde aussi toute sa place aux développements politiques internationaux cruciaux de l'époque.

  • L'hymne ne désigne pas dans ce livre une forme poétique particulière mais l'ensemble des dispositifs que la modernité a dû abandonner pour se tendre. Le mouvement des essais qui le composent est celui d'une généalogie, moins au sens d'une perspective proprement historique qu'à celui d'une récapitulation faisant la part au caractère dispersé des indices. Les noms qui jalonnent cette recherche  Hlderlin, Büchner, Baudelaire, Leopardi, Stendhal ou, plus près de nous, Benjamin et Mandelstam définissent le réseau de sens où ces indices prennent consistance en se relançant les uns les autres. La Fin de l'hymne a précédemment paru dans la collection « Détroits » en 1991.

  • Le communisme (son écroulement, sa disparition) et la guerre (son retour, sous le motif du « droit »), telles sont les sources de ce petit livre de questions. Ce qui est dit, c'est que l'humanité comparaît, qu'elle est la comparution - l'exposition de tous à la vérité la plus nue du politique, qui est d'être ce qui intéresse dans le « commun » chaque ponctualité d'existence. De ce qui a lieu entre les hommes, le communisme s'est voulu la résolution. Son échec comme le retour de la guerre nous exposent à l'inconnu. Autrement dit, à la tâche de déterminer à nouveau cet espace entre les hommes (inter-esse, voisinage de tous avec tous) où reposent (en brûlant) le jeu et l'enjeu, la possibilité même de ce qui, par-delà la clôture des prophéties et la nostalgie des entités perdues, ferait événement pour la communauté des hommes : la communauté de l'existence reçue comme partage. Collection « Détroits » dirigée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe

  • « Nul autre que lui ne jette un regard aussi avisé et affûté sur la vie contemporaine. » William Boyd « Kureishi est au meilleur de sa forme, impitoyable dans ces histoires de pères, de fils et de fanatiques. Le ton est franc, souvent sévèrement autocritique, et pourtant empreint d'un certain espoir. [...] Kureishi n'a jamais eu peur des éléments sordides, ratés et ridicules de l'existence humaine. Mais si ses observations sont sans pitié, elles sont très souvent paradoxalement tendres. [...] Les nouvelles de ce recueil exceptionnel sont à lire et à relire. » Helen Dunmore, The Times « Cet écrivain a vraiment du talent. [...] Une humanité et une ironie incroyables dans la construction de ses personnages. » Nicolas Demorand, France Inter

  • Qu'un piano soit criblé de chevrotine par un enfant embusqué dans un arbre, et c'est l'harmonie du monde qui vole en éclats. Mais que cet enfant, le nez plongé dans les entrailles de l'instrument, l'imagine chargé d'épices et voguant intact sur l'océan, et c'est l'imaginaire qui ordonne le chaos. Sous le double signe d'un désordre échevelé, burlesque et jubilatoire, et du pouvoir de l'imagination - de la littérature-, Thomas McGuane reprend à son compte la tradition picaresque de Don Quichotte en la transposant dans l'espace américain des années 70.
    Son jeune héros, Nicholas Payne, successivement routard paumé, amoureux transi, cow-boy dérisoire, bâtisseur de chauves-souricières pour le compte d'un inénarrable amputé multiple, nous entraîne dans d'invraisemblables aventures, dont la plus vertigineuse est sans doute celle d'une écriture éblouissante, qui oscille constamment entre ordre et chaos, tradition et parodie, burlesque et poésie.

  • L'amitié littéraire entre Alain Robbe-Grillet et Roland Barthes a duré vingt-cinq ans. Tout témoigne de leur profonde et mutuelle estime intellectuelle : leur correspondance privée, leurs textes publiés comme les propos qu'ils ont tenus - notamment dans le fameux dialogue qui donne son titre à cet ouvrage. Si Robbe-Grillet disait volontiers n'avoir eu que très peu de véritables amis, il citait toujours, aux côtés de Jérôme Lindon, le nom de Roland Barthes. En 1980, il écrit son « J'aime, je n'aime pas », publié ici pour la première fois, en pensant à son ami. En 1985, il pronostique : « C'est son oeuvre d'écrivain qui précisément restera ». Dix ans plus tard, en 1995, il l'imagine en romancier impatient, allègre, s'amusant à récrire, « dans l'euphorie, avec un inépuisable bonheur », Les Souffrances du jeune Werther... Ces textes de Robbe-Grillet sont comme l'écho différé de ceux que Roland Barthes lui a consacré dans ses Essais critiques en 1964.

  • « J'attends la fin de l'impossible. » C'est ce que faisait dire Romain Gary, sous le nom d'Émile Ajar, au héros de Gros-Câlin. Dans cette nouvelle édition de La Fin de l'impossible, complétée de trois essais, pour la plupart inédits, Paul Audi s'interroge sur l'importance qu'il convient d'accorder à cette « attente », à cette « vive espérance », déjà en elle-même impossible, qui soutient de part en part l'oeuvre de Gary comme elle soutient peut-être aussi l'existence de tout être humain. Pour ce faire, il ne tente pas seulement de dégager, parmi toutes les idées que Gary a cherché à défendre, celles qui lui paraissent urgent d'entendre dans le contexte actuel de la culture, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la réjouissance, mais il plaide aussi la cause d'une véritable « contre-sagesse ».

  • Parhélie - pandemonium germanicum, veut redire la ville qui vit naître la première avant-garde littéraire allemande. Une ville, Strasbourg, qui serait « en arrière » de l'agglomération et de la mégalopole, dont les rues et les carrefours seraient autant de passes vers New York, Chicago, Bâle. Le Sturm und Drang naît à Strasbourg de la rencontre de Goethe, en 1770 - il a vingt ans - avec Hender et Jacob Lenz, l'auteur des Soldats et du Précepteur. Les Stürmer, critiques de l'Aufklärung et des Lumières, inventent la littérature allemande. Le romantisme d'Iéna lui donnera son concept. En 1830, Georg Büchner, contraint à l'exil à Strasbourg, lira le journal du pasteur Oberlin qui évoque la crise de « folie » de Lenz et il s'en servira pour écrire la « nouvelle » Lenz, une des oeuvres majeures de la littérature allemande.

  • La Décennie rouge raconte l'histoire de la dérive des soldats perdus d'une génération qui voulait changer le monde et que l'on a appelée en Allemagne le Protestgeneration. On date la naissance de la Rote Armee Fraktion (RAF), plus connue sous le nom de Groupe Baader-Meinhof ou Bande à Baader, au 1er mai 1970. Après le reflux de la révolte étudiante, Andreas Baader, Gudrun Esslin, Ulrike Meinhof et leurs camarades décident d'engager la lutte armée contre l'Etat et les structures autoritaires de la société libérale. Ils veulent instruire le procès des pères accusés d'être, sans exception, d'anciens nazis. La RAF affirme que l'heure est à la lutte armée dans les métropoles impérialistes et que ce n'est plus le prolétariat allemand embourgeoisé mais elle, désormais, qui est le sujet révolutionnaire. Aujourd'hui, ironie de l'histoire, la RAF est rapatriée dans le musée de l'histoire allemande.

  • Cécile Wajsbrot continue d'explorer l'oeuvre d'art et sa perception en traçant un sillon personnel. Après le métaphysique et bouleversant Conversations avec le maître elle nous invite à approcher l'univers de la peinture et de la sculpture dans deux huis-clos capitaux se déroulant, l'un à Berlin sur L'île des musées, l'autre au Jardin des Tuileries à Paris. Quatre personnages, simples silhouettes, se dessinent pour incarner deux couples vivant une période de conflit. Ils se séparent lors du week-end prolongé de Pâques pour fuir l'ennui, réfléchir et faire le point sur leurs vies. Durant cette période de transition, de suspens, parenthèse nécessaire pour panser leurs blessures intérieures, les voix énigmatiques des tableaux et des sculptures évoquent l'histoire des lieux chargés d'art et de tragédies. S'y mêlent alors - dans un fondu enchaîné déroutant - celles réelles des personnages, fragiles, en quête de sens, d'amour, de paix, d'avenir. Au milieu d'une foule indifférente et des traces de décombres, se tissent peu à peu des liens timides. Les noeuds se desserrent, le désir naît dans la confidence et les secrets. La vie se teinte lentement d'une lumière nouvelle qui conduira du silence à la parole, à la réconciliation.
    Les pérégrinations sentimentales de ces héros anonymes suivent les dédales des musées, rythmées par les échos que provoquent en eux les oeuvres qu'ils fréquentent alors, comme dans un rêve. À cette trame sentimentale se sur-impriment les discours mystérieux, envoutants, de ces statues qui critiquent le monde qu'elles accompagnent et depuis longtemps, silencieusement, obstinément vigilantes. L'idée surprenante du livre est de conférer des voix à ces objets dont le statut demeure informe et particulier tant ils sont présents, familiers et parfois invisibles.

  • S'aventurer de nuit dans la lande espagnole peut se révéler dangereux. Macario a beau connaître le terrain, il a vite fait de se fouler une cheville et se retrouve bloqué dans un abribus, au bord d'un chemin désert, par un soir de pleine lune. Cependant, depuis la route s'élève une autre voix. Celle d'Ismael, confronté aux mêmes difficultés cinquante mètres plus loin : désarroi en miroir, blessure, tout est semblable et différent à la fois. Au milieu de cette nuit improbable, une discussion insolite et décalée se tisse peu à peu entre ces deux êtres égarés.

    « La Nuit du loup est une de ces symphonies absurdes de l'imagination qui nous redonne confiance dans le dialogue comme colonne vertébrale de cet étrange animal que nous avons l'habitude d'appeler être humain. » (J. A. Aguado, Diario de terrassa)

    « La parodie, l'humour et les nombreux jeux de langage tempèrent le caractère absurde des bizarreries qui absorbent les humains dans leur attirance pour le superficiel. Un texte qui frôle parfois le délirant, sans jamais perdre sa sensibilité dans la brièveté. « (Angel Bansanta, El Mundo)

  • Conversations un soir de vernissage à Beaubourg ; l'exposition est consacrée à un vidéaste. Les invités se croisent, s'évaluent, superficiels, ironiques. Il y a aussi l'artiste, une amie, un admirateur, et d'autres - figures d'un théâtre d'ombres. Devant les écrans de contrôle, quelqu'un veille. Mais il suffit d'un incident technique pour faire déraper la soirée. Le monde réel vacille, s'efface, une autre réalité apparaît.

  • Reeves C. est retrouvé mort dans un hôtel. Il voulait être écrivain. Il ne fut que le mari d'une romancière célèbre. Il lui disait : « Il ne faut pas aimer son double, car c'est un amour qui naît d'un oubli momentané de la haine qu'on a pour soi. »
    Le Professeur T. s'est pendu dans la cave de son immeuble. Avant de mourir, le Professeur T. avait écrit dans son journal : « Chacun porte en soi un frère assassiné, il faut vivre en le ménageant. »
    Dans la nuit du 14 août 1990, Klara W. se jette du haut d'un immeuble de La Défense. Dans son agenda, elle avait noté ce bref dialogue extrait d'un film : « -ne vous en faites pas, je m'en vais. - Où ? - En moi-même. »
    Vinh L. se prépare à rentrer dans son pays. Auparavant, il écrit dix lettres, dans lesquelles il révèle que, pour survivre, il a mangé de la chair humaine.

  • « Jon McGregor est un des écrivains britanniques les plus fascinants et talentueux. » Gary Shteyngart

    « Les histoires de Jon McGregor sont d'étranges et magnifiques chefs-d'oeuvre : douloureusement authentiques, curieuses plus que provocatrices. Il a une formidable capacité à percer la surface des choses du quotidien. Dans ce recueil, la majestueuse austérité des paysages permet de dévoiler les détails les plus intimes des vies de ses personnages ; leurs secrets, leurs crimes et leurs désirs. Sous le quotidien banal, il parvient à saisir notre moi unique et méconnu. » Sarah Hall

  • Jubilations

    Paul Audi

    L'acte de création repose-t-il sur une nécessité ? Et si oui, laquelle ? Si « créer, c'est jouir », de quelle nature est le désir qui préside à la naissance comme à l'amour des oeuvres ? Telles sont les questions autour desquelles Paul Audi a choisi de rassembler dans ce livre, parfois léger et parfois grave, des essais composés par lui au cours des dix dernières années. En s'appuyant sur certains phénomènes (la pulsion, l'incarnation, le sexe, le désespoir, l'amour, l'esprit), l'auteur cherche ici à éclairer la façon dont l'alliance de l'éthique et de l'esthétique pourrait encore dresser des pôles de résistance à une époque, la nôtre, où le simulacre est devenu le seul mode de représentation agréé et où la pulsion de mort règne sur la culture dite dominante.

  • « Sept histoires habilement composées, précises, sensuelles, nourries d'adrénaline, traversées par une sensation de violence sans cesse latente. » Helen Simpson, The Guardian

    « Ces histoires nous prennent toujours au dépourvu, contrariant les attentes dramatiques les plus évidentes... et en deviennent ainsi d'autant plus dramatiques. Cette prose est magnifique. » The Times

    « Les prouesses de l'écriture de Sarah Hall, déjà justement célébrées par le passé, sont d'autant plus perceptibles au fil de ce recueil. Elle évoque les lieux, les paysages, avec talent et sensualité... Les changements de narration d'une histoire à l'autre sont aussi maîtrisés que saisissants. » Jodie Mullish, The Telegraph

    « Sarah Hall est une artiste au talent aussi considérable que concis. Chaque histoire est un bijou. Ainsi rassemblées, elles constituent un recueil au pouvoir extraordinairement sensuel. » The Sunday Times

  • Un jour, dans un café parisien, un homme fait signe à la jeune femme, la narratrice. Il est compositeur, la cinquantaine. Elle, vingt ans de moins, travaille dans une agence immobilière. Il l'invite à se rendre chez lui pour converser. Chaque après-midi, elle vient donc prendre le thé avec cet homme sans nom qu'elle appelle intérieurement le maître. Ils parlent de la musique, de la solitude et de l'hostilité du monde qui les entoure. Leurs rencontres cesseront brutalement, chacun des interlocuteurs ayant été rejoint par son propre silence. La jeune femme ressent cette fin comme une rupture. Deux ans plus tard, un inconnu lui apprend la mort du musicien et lui demande de rassembler ses souvenirs pour témoigner de ces réunions quotidiennes. La jeune femme accepte. Chaque soir, elle retranscrit ses conversations. Tandis que sur son ordinateur déferlent les images du tsunami, interminable flux de visages disparus, d'existences emportées, de noms effacés. L'écran capte également les forums, débats et discussions retraçant les préoccupations de l'époque...
    Usant d'une subtile polyphonie de pulsions secrètes et d'images, Cécile Wajsbrot nous plonge dans l'intime enfer de la création musicale, seul art capable d'exprimer la symbolique des grandes catastrophes contemporaines...

  • « C'est un exercice passionnant et constamment surprenant chaque année dans le cadre des Assises du roman, nous demandons à nos invités de choisir un mot dans l'immense palette de leur dictionnaire personnel, puis d'écrire un petit texte pour l'accompagner. Un seul mot, ordinaire ou extravagant, répertorié ou complètement inventé, pour éclairer la relation de ces hommes et de ces femmes avec la littérature. Regroupés en recueil, ces textes finissent par former un lexique fantaisiste et vertigineux. Vibrant surtout, comme si, entre ses pages, bruissaient aussi tous les mots qui ne sont pas choisis, pas prononcés, mais dont l'écho se fait entendre, malgré tout. » Raphaëlle Rérolle, Le Monde

  • D'un mot à un autre, des écrivains se révèlent et s'abîment, se confient, digressent. A l'océan du monde et de la littérature répondent de petits îlots de sens, parfois instables et glissants. On s'y cramponne, on est emporté. Recomposant chaque année un territoire qu'il appartient au lecteur d'habiter et de nommer, les auteurs invités aux Assises Internationales du Roman s'interpellent et se répondent d'une langue à une autre, d'une oeuvre à une autre. Instantané de création contemporaine, ce lexique tisse la toile toujours en construction d'une aventure de la sensibilité et de la raison, et d'un partage renouvelé de la langue et de la fiction. Au lecteur, la liberté d'inventer ses rencontres et de partir en promenade. Cette carte est sans itinéraire, sinon le sien.

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