Éditions Actes Sud

  • Un livre incontournable savant et savoureux, sur la composition et le déroulement du repas épicurien libanais.

  • En poste dans une société pétrochimique, un jeune Saoudien observe avec mépris les ambitions d'ascension sociale de ses collègues et de son entourage. Pour dissimuler sa mélancolie, il s'isole pour lire Hemingway, Thomas Mann, Knut Hamsun, Tanizaki ou Murakami, et pour écrire ses pensées, à la façon de Kafka dans son Journal. Mais au moment où il se dit qu'il n'a finalement pas grand-chose à dire, un changement irrévocable survient qui va bouleverser sa vie. Ce premier roman de l'écrivain saoudien Aziz Mohammed, publié en 2017, est l'un des plus remarquables de la littérature arabe de ces dernières années.

  • Amjad Nasser est le pseudonyme de Yehia Awwad al-Nu'aymi, célèbre poète, romancier et chroniqueur jordanien né en 1955 et unanimement considéré comme un maître du poème en prose. Son dernier recueil, Le Royaume d'Adam, qui vient de paraître alors qu'il se trouve entre la vie et la mort, rongé par un cancer du cerveau, est salué comme un chef-d'oeuvre, grâce notamment à son souffle épique en résonance avec La Divine Comédie. C'est l'occasion de publier, enfin, en français une anthologie substantielle et plusieurs fois retardée de son oeuvre poétique.  

  • Fondé sur un événement révélé en 2003 par la presse israélienne, celui du viol et du meurtre en 1949 d'une jeune bédouine du Néguev, un roman dense et décapant qui, au-delà du conflit israélo-palestinien, dénonce le viol comme arme de guerre et aborde subtilement le jeu de la mémoire et de l'oubli.

  • Un journaliste, Halim Bensadek, décide de se suicider en se jetant du haut d'un immeuble de la banlieue d'Alger. Son geste implique toute une population marginalisée, privée de repères et d'espoir.

  • Dans six nouvelles de ce recueil, l'écrivain égyptien Nabil Naoum revisite l'un de ses thèmes favoris : le moment furtif où se noue ou se dénoue une relation amoureuse entre un homme et une femme. « Flâneur des deux rives » depuis qu'il s'est installé à Paris il y a une dizaine d'années,  il situe étrangement le lieu de ces rencontres décisives dans une église, ou à proximité d'une église, de Saint-Sulpice et sa tour inachevée dont l'histoire fascine le narrateur à Saint-Paul et son grand orgue à l'envoûtante sonorité, en passant par les verrières de Saint-Jean de Montmartre. S'y ajoutent cinq autres nouvelles, très différentes de registre, mais toujours dans le style habituel de Naoum, objectif et sobre, parfaitement reproduit en français par Luc Barbulesco.

  • Jawad est le fils cadet d'une famille chiite de Bagdad. Son père le prépare à exercer la même profession rituelle que lui, celle de laver et de préparer les morts avant leur enterrement. Mais Jawad s'y refuse et rêve de devenir sculpteur "pour célébrer la vie plutôt que vivre avec les trépassés".

  • Pendant de longues années, Najla Jraissaty Khoury a sillonné le Liban afin de constituer le corpus le plus exhaustif possible des contes populaires libanais. Le présent ouvrage rassemble trente de ces contes, des histoires de femmes, racontées par des femmes à l'adresse d'autres femmes. On y retrouve la faconde des conteurs, la sagesse féminine, et de l'humour à toutes les pages...

  • Inspiré par la vie du célèbre marin Ali Al-Najdi (1909-1979), à partir de ses souvenirs d'enfance et des récits de ses aventures rapportés par son petit-fils et ses amis, ce roman concis et mélancolique témoigne de l'ancienne passion des Koweïtiens pour la mer, avant les transformations qui ont affecté la société et le paysage urbain sous l'effet de l'exploitation du pétrole.

  • Mêlant témoignage personnel, méditations, poèmes et cris, la poétesse libanaise, secrétaire générale du Booker Prize arabe et responsable des pages culturelles du quotidien An-Nahar et du magazine érotique JASAD, nous offre une belle illustration du nouveau féminisme arabe. "Tuer Schéhérazade", c'est à la fois vivre et penser en femme libre, en femme arabe et libre, comme il en existe tant, qu'on s'interdit de voir et d'entendre.

  • Peu de romanciers arabes ont abordé le thème de l'homosexualité (Hoda Barakat, Alaa El Aswani, Rachid El-Daïf...) mais c'est sans doute le premier roman à l'explorer sous l'angle de la persécution, en s'inspirant d'un procès qui a scandalisé la société égyptienne en 2001 : celui de cinquante-deux hommes, raflés par la police dans une boîte de nuit, le Queen Boat, puis condamnés à de lourdes peines de prison pour "perversion sexuelle". À travers le témoignage de Hani, Mohammed Abdelnabi dresse le portrait d'une communauté gay qui oscille entre affirmation et dénégation.

  • Les personnages de Mustafa Taj Aldeen Almosa sont des Syriens ordinaires qui se meuvent dans des lieux familiers, nullement exotiques, mais où soudain surgit le surnaturel sous les traits d'un fantôme ou d'un génie ou encore d'un animal doué de raison. Cette anthologie, tirée des six recueils de l'auteur publiés entre 2012 et 2019, témoigne à la fois d'une vision pénétrante de la réalité syrienne, hantée par la violence et la mort, et d'une approche originale et maîtrisée du genre difficile de la nouvelle.

  • Un réfugié sans-papiers hébergé par une femme charitable avoue avoir commis un meurtre dans une lettre qu'il n'enverra jamais. Une femme abandonnée par son amant pour lequel elle a quitté le Liban retrouve la lettre par hasard et se met à écrire à son tour, comme pour conjurer le sort, dans la chambre d'hôtel où elle attend sans trop d'espoir la fin de ses vingt ans d'errance. Jamais postée, oubliée, la lettre se retrouve par hasard entre les mains d'un autre étranger, bourreau du conflit syrien, qui, à son tour, raconte des épisodes scabreux de son passé, mais la lettre tombe entre les mains d'un autre réfugié. Et ainsi de suite, des lettres anonymes sont relayées par d'autres qui n'arriveront jamais à leurs destinataires. En une centaine de pages troublantes de bout en bout, Hoda Barakat campe des personnages, hommes et femmes, en butte à la misère sociale et à leurs propres démons, et pointe l'incommunicabilité humaine dans notre village planétaire, féru de ses moyens de communication.

  • Par un intellectuel libanais de premier plan, dix articles sur l'empêchement de la modernité en terres arabo-islamiques, à travers des thèmes convergents, comme l'antagonisme entre la tradition collective et les aspirations individuelles, l'ambiguïté du concept de laïcité dans son usage commun, ou l'image du corps en islam.

  • Dans un village situé au sud-ouest de l'Arabie saoudite, vit paisiblement une communauté de paysans enracinés dans leur terroir et fidèles à leurs traditions égalitaires. Une tribu voisine attachée à une doctrine austère et conquérante cherche à abolir ce qu'ils ont de plus cher : la mixité hommes-femmes et les rites de passage à travers lesquels ils célèbrent leur communion avec la nature. Ils se décident alors à émigrer, guidés par les récits légendaires de leurs ancêtres.

  • Stigmatisant l'hypocrisie des religieux et de la socit traditionnelle, ces nouvelles du clbre auteur du Prophte plaident pour l'authenticit des sentiments, pour une justice impartiale et une religion sincre.

  • Saint-Jean-D'Acre en 1799. Protégée par ses remparts et réputée imprenable depuis les Croisades, la ville est gouvernée par Jazzâr Pacha, un Bosniaque sanguinaire au service de l'Empire ottoman. Venant d'Égypte, Bonaparte l'assiège mais échoue à son tour. La confrontation entre ces deux hommes hors du commun est un événement bien connu des historiens. Ala Hlehel nous en livre une version truculente où il pose la question toujours actuelle de la lutte pour la domination entre puissances étrangères, indifférentes au sort tragique de la population locale.

  • Chaher, jeune fonctionnaire lettré s'ennuyant au ministère des "Biens de mainmorte", se voit confier une mission inhabituelle : rédiger un rapport sur une bibliothèque oubliée du Caire que l'État veut raser pour faire passer une nouvelle ligne de métro. Cette curieuse bâtisse labyrinthique précieusement gardée par une poignée de vieux intellectuels nihilistes et cyniques recèle plus d'un secret. Chaher devra les élucider, avec ou sans leur aide.

  • Après plusieurs mois de chômage, un jeune diplômé en histoire se voit enfin confier des travaux d'enquêtes par un historien chevronné. Il est chargé de mener et d'analyser des entretiens avec des personnalités marocaines dans le cadre d'une étude d'envergure sur l'évolution de la société depuis l'Indépendance. Captivé par les récits francs et intimes de ses différents interlocuteurs, surpris par l'évolution des moeurs et des idéaux, par les chemins que chacun emprunte pour s'adapter aux mutations qui ont traversé le Maroc ces cinquante dernières années, il entreprend d'en faire un roman. Écrire hors du cadre académique revient pour lui à braver la censure de l'Histoire officielle.

  • Juste avant de rendre son dernier souffle, Abdellatif demande à ses enfants, deux hommes et une femme, de l'enterrer dans son village natal, à proximité de la tombe de sa soeur. Testament des plus ordinaires, mais pas en Syrie où les routes sont disputées par des hommes en arme de toutes obédiences qui arrêtent, enlèvent, rançonnent ou tuent, selon leur humeur du moment, ceux qui n'appartiennent pas à leur communauté confessionnelle.  Dans le voyage de Damas à `Annabiyya, entassées dans une vieille voiture avec le cadavre de leur père, les trois passagers subissent ensemble ces épreuves de voyage, mais ils sont très loin de montrer la même détermination à respecter les dernières volontés du défunt, ni de partager la même vision de la vie et de la mort.

  • Othmane travaille sur le chantier de la gigantesque et luxueuse mosquée Hassan II, financée grâce au lourd tribut prélevé sur les habitants, y compris les plus démunis. Farah, elle, est une chanteuse novice et pauvre, mais avide de célébrité. De leur rencontre naît une histoire passionnelle à laquelle Farah est vite tentée de se dérober, au risque de s'exposer aux pires pièges qui guettent une femme légère et sans attache. Ce roman audacieux et subtil est un regard d'une sévère acuité porté sur la société marocaine. Il constitue le troisième volet de la trilogie de l'auteur, après Un joli chat blanc marche derrière moi (2014) et Un oiseau bleu et rare vole avec moi (2017).

  • Youssef, un vieil Irakien chrétien, refuse obstinément de quitter Bagdad, sa ville natale. À la suite d'un attentat, il accueille chez lui une proche parente, Maha, et son mari. Maha ne rêve que de partir, et le plus vite possible. L'un après l'autre, Youssef et Maha révèlent leur passé à travers lequel l'on découvre les itinéraires opposés de deux générations d'Irakiens. Celle des anciens, attachés à un passé nostalgique, et celle des plus jeunes qui s'accrochent à l'espoir de fuir les horreurs quotidiennes qui accablent la ville de Bagdad.

  • Khaled Khalifa explore en profondeur la vie d'une famille alépine ballottée par l'histoire. À travers elle, il restitue les moments les plus douloureux des cinquante dernières années en Syrie, marquées autant par la répression policière que par la corruption, mais aussi par les peurs et les méfiances communautaires, le fanatisme religieux et une profonde crise morale.

  • Au fil du temps, la question israélo-palestinienne est devenue une sorte de question coloniale d'un autre âge. Cinquante ans après la guerre des Six Jours, Jean-Paul Chagnollaud montre qu'au Moyen-Orient, la violence est toujours là, fragmentée et donc bien peu visible, mais en constante évolution. Une évolution qui met en cause la viabilité de la solution à deux États pour une paix juste, après négociation et, en dernière instance, par un accord entre les parties fondé sur le droit international. Sans cette nécessaire recherche de légitimité par le droit, les victoires remportées sur le terrain demeureront toujours précaires et, sur le long terme, elles préfigurent la défaite du vainqueur.

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