Zijian Chi

  • Ecoutez la voix d'une femme qui n'a pas de nom car son histoire se fond avec celle de la forêt de l'extrême nord de la Chine. Elle partage avec son peuple une vie en totale harmonie avec la nature, au rythme des migrations des troupeaux de rennes et du tambour des Esprits frappé par les chamanes. On y rencontre des hommes vigoureux comme des arbres, à qui il arrive de mourir gelés sur leur renne aux sabots en fleur, un vieillard qui élève un autour pour se venger du loup qui l'a rendu infirme, un chamane qui tisse une mirifique robe en plumes pour prendre au piège la femme qu'il aime, et aussi les guerres et les convoitises extérieures qui viennent menacer ce monde fragile.Sa voix coule comme l'eau, de sa venue au monde annoncée par un renne blanc à son grand âge qui n'attend plus que des funérailles dans le vent. Et lorsque sa voix se tait, elle continue à résonner en nous comme si quelqu'un de très lointain nous était devenu très proche et ne voulait plus nous quitter."Tant que je vivrai dans la montagne, même si je suis la dernière, je ne me sentirai jamais seule. Ce feu sur lequel je veille est aussi vieux que moi. Je l'ai toujours protégé des vents violents, des tempêtes de neige et des grosses pluies. Jamais je ne l'ai laissé s'éteindre. Ce feu, c'est mon coeur qui bat."

  • Il faut d'abord imaginer ce Grand Nord de la Chine aux si longs hivers, les fleurs de givre sur les vitres et l'explosion vitale des étés trop brefs.
    Puis Xiao'e, une jeune fille modeste, pas spécialement belle, dit-elle, pour qui la vie n' a jamais été tendre : « j'appartenais à une catégorie insidieusement repoussée et anéantie par d'invisibles forces mauvaises ».
    Et puis Léna aux yeux gris-bleu et au mode de vie raffiné, qui joue du piano et prie en hébreu, dont le visage exprime une solitude infinie. Elle qui avait une vie intérieure si riche, comment pouvait-elle ne pas avoir connu l'amour ?
    Xiao'e rencontre donc Léna, une vieille dame juive dont la famille s'est réfugiée à Harbin après la révolution d'Octobre. Tout semble les opposer, pourtant on découvrira qu'un terrible secret les lie.
    C'est un monde où les fantômes côtoient les supermarchés, où les blessures de l'enfance restent vivaces. A la fois désabusé et espiègle, tragique et gai. L'écriture de Chi Zijian est, elle, à la fois étincelante et d'une infinie délicatesse. Un auteur qui n'a pas fini de nous enchanter.

  • En 1910 une épidémie de peste, la dernière de la planète, frappe Harbin, dans la région la plus au nord de la Chine. C'est une ville nouvelle et dans le désordre des ruelles enneigées se côtoient Russes, Japonais et Chinois, tout un monde cosmopolite et truculent. Avant que l'épidémie ne réduise tous les bonheurs en miettes. En s'appuyant sur un formidable travail de documentation et de recherche, Chi Zejian a entrepris de dessiner une carte de la ville puis installé sur cette carte les scènes de son roman, les pavillons avec jardin, les églises, l'entrepôt de céréales, l'auberge des Trois Kangs, les maisons closes, la distillerie, l'écurie où dort le cocher de fiacre, les deux ormes et leur nuée de corbeaux, la pharmacie, le magasin de bonbons. C'est ainsi que le vieil Harbin a repris vie, avec les multiples histoires de ses habitants enchevêtrées les unes aux autres, dans une épopée vibrante d'énergie et de volonté de survivre.

    Chi Zijian est née dans un village nommé Beiji à l'extrême nord-est de la Chine, le long du fleuve Amur, à la frontière avec la Russie. Elle passe son enfance aux côtés d'une grand-mère, inépuisable source d'inspiration avec la nature et les gens autour d'elle. Elle vit toujours à Harbin. En 2008, Le dernier quartier de lune, est lauréat du grand prix Mao Dun en 2008. Depuis il é été traduit aux Pays-Bas, en Italie, au Japon, en Espagne, et dans les pays anglo-saxons.

  • C'est toute la vie d'un village perché à flanc de montagne, dans l'extrême nord de la Chine, qui se découvre à nous : le forgeron, le héros de guerre, le boucher qui allume sa pipe au feu du soleil, l'embaumeuse, le vendeur de tofu, la séduisante patronne du moulin à huile, le policier exécuteur des basses oeuvres, autrement dit bourreau, dont personne ne veut serrer la main... Les amours, les vengeances, les secrets se dévoilent et s'entrecroisent, tissant des intrigues entremêlées, tel un puzzle musical où chaque pièce viendrait ajouter sa note à l'ensemble de la partition. Et la beauté et la puissance de la nature qui entoure les hommes donne une dimension grandiose à ce monde étonnant, truculent dont les péripéties nous font frémir et vibrer jusqu'à la dernière page.

    Née en 1964 à Mohe, dans l'extrême nord du Heilongjiang, le pays du froid, tout près de la frontière avec l'URSS, Chi Zijian a publié à ce jour plus de quatre-vingts romans, recueils de nouvelles et essais. Traduite partout dans le monde, elle a remporté de nombreux prix littéraires, parmi les plus prestigieux, comme le prix Lu Xun et le prix Maodun. Une écriture étincelante, des histoires d'une infinie délicatesse, un auteur qui n'a pas fini de nous étonner.

  • Fillette ou jeune veuve, les femmes qui habitent les deux récits de Chi Zijian ont les pieds dans la terre des campagnes chinoises et les yeux au plus près du ciel.
    Elles aiment les tours de magie, les histoires de revenants, les nuages qui dansent dans le ciel immense.
    Elles ont le coeur grand ouvert aux rencontres et savent découvrir le secret des plus humbles, le tendre aubier sous l'écorce.
    Et quand approche le moment des adieux, à la saison qui s'achève ou aux êtres chers qui disparaissent, elles lèvent les yeux vers les étoiles et accueillent la nuit qui vient.

  • 'A long-time confidante of the rain and snow, I am ninety years old. The rain and snow have weathered me, and I too have weathered them'.



    At the end of the twentieth-century an old woman sits among the birch trees and thinks back over her life, her loves, and the joys and tragedies that have befallen her family and her people. She is a member of the Evenki tribe who wander the remote forests of north-eastern China with their herds of reindeer, living in close sympathy with nature at its most beautiful and cruel.



    An idyllic childhood playing by the river ends with her father's death and the growing realisation that her mother's and uncle's relationship is not as simple as she thought. Then, in the 1930s, the intimate, secluded world of the tribe is shattered when the Japanese army invades China. The Evenki cannot avoid being pulled into the brutal conflict which marks the first step towards the end of their isolation.



    In The Last Quarter of the Moon, prize-winning novelist Chi Zijian, creates a dazzling epic about an extraordinary woman bearing witness not just to the stories of her tribe but also to the transformation of China.

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