Yukiko Motoya

  • Depuis qu'elle a quitté son boulot pour se marier, San s'ennuie un peu à la maison. Surtout que son mari, à peine rentré le soir, joue les plantes vertes devant la télévision. Parfois San se demande si elle ne partagerait pas la vie d'un nouveau spécimen d'être humain. D'ailleurs, en regardant bien, il y a quelque chose qui cloche. Les traits du visage de son mari sont en train de se brouiller. Un processus étrange et déroutant est en route...
    Une écriture délicate, un regard pénétrant, ironique, une exploration drôle et poétique des doutes et des interrogations sur la vie de couple : autant de qualités qui ont valu en 2016 à ce roman singulier le prix Akutagawa, le Goncourt japonais.

    Motoya Yukiko est née en 1979. Passionnée de théâtre, elle quitte sa préfecture natale d'Ishikawa pour une école de théâtre à Tokyo. Bientôt elle fonde sa propre troupe, pour laquelle elle écrit et met en scène des pièces. En 2002, un célèbre magazine lui demande une nouvelle : depuis, elle n'a cessé de composer des romans pénétrants et cocasses sur la comédie des sentiments. Comment apprendre à s'aimer, publié chez Picquier en 2016, a reçu le prix Mishima.

  • Le livre est une série de plans fixes qui, telles les images d'un film, s'enchaînent entre eux pour dessiner le portrait de Linde. Elle a 16 ans, puis 28, 34, 47, 3 et enfin 63 ans, et découvre au fil de ses apprentissages, de ses déceptions et de ses joies, les sources invisibles du bonheur.Linde évolue sous le regard des autres, trop sage, presque invisible, pleine d'anticipation immobile, elle attend que la vraie vie commence. Elle se heurte au fossé qui nous sépare irrémédiablement d'autrui, et aux succédanés d'un bonheur idéal. A 63 ans, elle attend encore de la vie et des autres ce qu'ils ne peuvent lui donner. Mais, un jour, en attendant le facteur, elle finira par remarquer : « pour quelqu'un qui avait raté sa vie, il lui semblait qu'elle ne s'en sortait pas trop mal. »

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