Sébastien Dalgalarrondo

  • Comment rendre compte de l'expérience du sida ? La démarche originale de Sébastien Dalgalarrondo - suivre des molécules, des laboratoires à la diffusion des traitements - permet d'éclairer sous un nouveau jour les relations complexes et trop souvent caricaturées entre quatre protagonistes : médecins, laboratoires pharmaceutiques, pouvoirs publics et associations de malades. L'enquête révèle les effets néfastes d'une recherche clinique dominée par les enjeux économiques où la science côtoie le marketing. Elle souligne les avantages mais aussi les risques d'une intervention des « profanes » dans le champ exposé de l'innovation médicamenteuse. Elle nous rappelle qu'il serait naïf de voir dans les mouvements associatifs, aussi experts soient ils, une nouvelle incarnation du bien public.

  • Nous vivons presque tous en ville et pourtant chacun cherche à sa façon à redevenir « sauvage » : rêve d'une vie à la campagne, de congés au vert, de forêts urbaines. La perspective d'un effondrement, qu'il soit écologique ou pandémique, attise ce besoin d'ensauvagement. Idéalisée, la nature devient à la fois quête, refuge et solution face à une société de consommation qui manque de sens et détruit la planète. Le retour à la terre et à une vie plus autonome n'est pas nouveau ; ce qui est inédit, c'est l'intensification du phénomène et sa démocratisation.
    Sébastien Dalgalarrondo et Tristan Fournier sont sociologues. Habitants des villes, ils investissent, le temps des vacances, une grange isolée en Ariège où ils explorent les possibilités d'une vie hors flux. Petit à petit s'y construit leur nouveau terrain de recherche : la grange devient le centre névralgique de leur réflexion personnelle et professionnelle. Mêlant humour et distance critique, ils sondent plusieurs pistes pour tenter de comprendre cet appel du sauvage, ce qu'il dit de nous et de nos contradictions. Au fil de leur enquête, l'ambivalence de cet appétit de nature apparaît. S'y mêlent différents fils, différentes idéologies : l'utopie, le « c'était mieux avant », l'alternatif et le retour au mythe du chasseur-cueilleur. Et toutes ces pistes redessinent de nouvelles façons intimes de faire de la politique.

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