Roger Massip

  • Il est un moment dans la carrière d'un homme d'État où celui-ci acquiert - si tel doit être son destin - son profil historique. Pour Constantin Caramanlis ce moment porte une date : 1974. Premier Ministre de 1955 à 1963, exilé volontaire à Paris pendant onze ans, il est rappelé à Athènes lorsque s'effondre la dictature des colonels. Il est aujourd'hui Président de la République. L'échéance de 1974 aurait pu remettre en question le capital de confiance qu'il s'était acquis. Elle acheva au contraire de donner à Caramanlis la stature qu'on lui reconnaît aujourd'hui, après l'assainissement de la vie politique grecque auquel il a procédé, et après l'entrée de la Grèce dans la Communauté européenne, dont il avait fait un objectif prioritaire. Adversaire déclaré des idéologies et du dogmatisme, Caramanlis n'a en tête que les intérêts de sa nation. En ce sens on a pu le comparer à de Gaulle, et il est vrai qu'entre les deux hommes on peut relever des ressemblances frappantes. Nous dirons plus simplement qu'il est, comme de Gaulle, un homme d'État hors du commun, et qu'il a déjà imprimé sa marque sur l'histoire de son pays, comme l'avaient fait, en leur temps, d'autres Grecs illustres : Tricoupis le réformateur à la fin du siècle passé et Venizelos le diplomate au début de ce siècle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Renée et Roger Massip ont traversé une bonne partie de ce siècle. Chacun à sa manière ils se souviennent et ils racontent. Ils ont choisi de raconter tout ce qui peut intriguer ou stupéfier les jeunes de ce temps, et parmi les événements présents ils ont retenu ceux que leurs anciens ou leurs congénères n'acceptent pas sans quelque recul. Du scandale que fut au début des années vingt la parution d'un roman qui s'appelait {la Garçonne} jusqu'à la révolution du Concile et à la contestation de mai 1968, ils ressuscitent leur passé, évoquent deux guerres mondiales, l'occupation, la résistance, et le dernier après-guerre où figurent à leur juste place les progrès et les angoisses de l'aventure atomique, la marche vers l'Europe, les premiers pas de l'homme sur la Lune... L'un parle en journaliste, l'autre en romancière. L'expérience était délicate d'écrire ainsi à deux voix. Il est assez remarquable qu'ils ne se soient pas coupé la parole.

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