Philippe Boisnard

  • À travers une histoire de la représentation, cet essai tente d'interroger la question de l'effacement du visage. Si, pendant longtemps, cet effacement était dû à des stratégies de pouvoir, politiques et économiques, il semblerait qu'avec la démocratisation des technologies, peut-être, ceux qui étaient les effacés de l'histoire de la représentation, peuvent enfin apparaître. Mais, à l'ère des réseaux, est-ce aussi simple ?

  • Présentation, enjeux Nous participons d´une réalité complexe, fissurée, en transformation rapide, traversées de forces antagoniques et abstraites, émergence de formes langagières en prise direct avec ces abstractions, ces tensions, ces fissures.
    Abandon du récit, de la tension propre au plaisir de lire, aux figures imaginaires ? Bien plutôt le contraire, parce qu´on sait à cet endroit toucher un noeud d´intensité, avec résonance monde.
    Et qu´il y l´équivalent probablement dans les formes par lesquelles ces textes émergent au monde : l´auteur ici pratique la théorie (accessoirement, il enseigne la philosophie), mais s´implique avec des performances orales et vidéo. Et lui non plus ne sépare pas travail personnel de confrontation au travail des autres, voir ce que fait Philippe Boisnard sur libr-critique, un des principaux sites de l´actualité littéraire du contemporain.
    Mais la raison de sa présence ici, c´est le texte : une suite d´hypothèses, des figures théoriques (la référence au ruban de Moebius), et l´assaut de la représentation - nous sommes six milliards sur cette terre, qu´est-ce qui en roule dans mon crâne, et sur quelles catégories ça frotte. L´identité du narrateur alors est peut-être le théâtre même de la fiction : l´identité qui se construit dans ce questionnement de la planète surchargée, usée, en risque, ne peut pas être la même que l´identité dans la société hiérarchisée du monde vieillissant, et jouissant de sa domination sur le reste du monde. Fiction politique ? Si c´était seulement ça, ce serait un exercice théorique.
    Une partie de ce texte avait été accueillie (comme par hasard) dans la revue Dock(s). Des adaptations en ont été faites à Strasbourg au TNS.

    FB

  • Cet hiver, Inter revient, 10 ans plus tard, avec un nouveau numéro sur l'art et les biotechnologies. Avec « Technocorps et cybermilieux », la revue livre un nouveau bilan et prend acte des enjeux actuels concernant la possibilité de fabriquer - bientôt industriellement - une vie artificielle, de provoquer une réingénierie du vivant. Les dix dernières années ont vu apparaître de nouvelles formes d'incorporation dans les réseaux, les prothèses et les hybridations. Les altérations de tout genre (psychotropes, implants, prothèses, extensions, etc.) révèlent de nouvelles possibilités physiologiques et mentales. Quelles sont les nouvelles figures du corps à une époque où l'humanité semble confrontée à l'alternative de la mutation ou de l'extinction ? Dans ce dossier, lisez des textes d'ORLAN, de Stelarc, et sur le Télescope intérieur d'Eduardo Kac. Découvrez des créations audacieuses et réfléchissez sur le devenir-cyborg, l'horizontalisation du monde, sur l'Anthropocène et le transinteractif.

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