Paul Ricoeur

  • La religion pour penser - ecrits et conferences 5 Nouv.

    Pour Paul Ricoeur, l'autonomie philosophique n'est possible qu'à partir d'une « reprise » de ce qui n'est pas philosophie. Non philosophique par excellence, la religion a ainsi constitué pour lui un foyer de langages et de convictions qui lui a donné à penser pendant près d'un demi-siècle. De 1953 à 2003, les douze écrits et conférences présentés et annotés dans ce volume attestent la cohérence, la richesse et la variété de son approche laïque et philosophique de la religion. Du problème du mal à celui de la nature poétique du langage religieux en passant par l'évaluation de la justesse - ou non - des critiques (freudienne, marxienne...) de la religion, du rapport entre expérience et langage dans le discours religieux à des études spécifiques d'herméneutique biblique en passant par des réflexions sur le sacrifice, la dette et le don, Ricoeur s'appuie sur la religion pour penser, tout en ne cessant de penser la religion pour elle-même.

  • Trois visées philosophiques traversent cette suite d'études.Selon la première, est cherché pour le soi un statut qui échappe aux alternances d'exaltation et de déchéance qui affectent les philosophies du sujet en première personne : dire soi n'est pas dire je. Tenu pour le réfléchi de toutes les personnes grammaticales - comme dans l'expression : le souci de soi -, le soi requiert le détour d'analyses qui amènent à articuler diversement la question qui ? Qui est le locuteur de discours ? Qui est l'agent ou le patient de l'action ? Qui est la personnage du récit ? A qui est imputée l'action placée sous les prédicats du bon ou de l'obligatoire ? Enquêtes pour l'essentiel empruntées à la philosophie dite analytique, avec laquelle l'herméneutique du soi entre dans un débat serré.Deuxième visée : l'identité que suggère le terme "même" est à décomposer entre deux significations majeures : l'identité-idem de choses qui persistent inchangées à travers le temps, et l'identité-ipse de celui qui ne se maintient qu'à la manière d'une promesse tenue.Enfin c'est l'antique dialectique du Même et de l'Autre qui doit être renouvelée si l'autre que soi-même se dit de multiples façons ; le "comme" de l'expression "soi-même comme un autre" peut dès lors signifier un lien plus étroit que toute comparaison : soi-même en tant qu'autre.Autant de fragments stratifiés d'une philosophie pratique, qui a renoncé à toute ambition de fondation ultime, et qui pourtant ne manque ni de l'assurance ni de la confiance qu'engendre l'attestation de soi-même comme un autre.Paul Ricoeur.

  • Dans cette très belle méditation, un philosophe se débat avec l'espérance de survivre, tout en se trouvant dans l'impossibilité intellectuelle et spirituelle d'acquiescer à toute vision naïve d'un autre monde qui serait le monde en double, ou la copie, de ce monde-ci. Il faut faire le deuil de toute image, de toute représentation.C'est en 1996 que Paul Ricoeur, âgé de 83 ans, ose la question : « Que puis-je dire de ma mort ? » Comment « faire le deuil d'un vouloir-exister après la mort » ? Cette longue réflexion sur le mourir, sur le moribond et son rapport à la mort, également sur l'après-vie (la résurrection), passe par deux médiations : des textes de survivants des camps (Semprun, Lévi) et une confrontation avec un livre du grand exégète Xavier Léon-Dufour sur la résurrection.La seconde partie du livre est faite de textes écrits en 2004 et 2005, que le philosophe a lui-même appelés « fragments » (sur le « temps de l'oeuvre » et le « temps de la vie », sur le hasard d'être né chrétien, sur l'imputation d'être un philosophe chrétien, sur la controverse, sur Derrida, sur le Notre-Père ...). Textes courts, rédigés parfois d'une main tremblante, alors qu'il est déjà fatigué. Le dernier, de Pâques 2005, a été écrit un mois avant sa mort.Paul Ricoeur, grand philosophe du XXe siècle, est décédé le 20 mai 2005.

  • «L'ouvrage comporte trois parties nettement délimitées par leur thème et leur méthode. La première, consacrée à la mémoire et aux phénomènes mnémoniques, est placée sous l'égide de la phénoménologie au sens husserlien du terme. La deuxième, dédiée à l'histoire, relève d'une épistémologie des sciences historiques. La troisième, culminant dans une méditation sur l'oubli, s'encadre dans une herméneutique de la condition historique des humains que nous sommes.Mais ces trois parties ne font pas trois livres. Bien que les trois mâts portent des voilures enchevêtrées mais distinctes, ils appartiennent à la même embarcation destinée à une seule et unique navigation. Une problématique commune court en effet à travers la phénoménologie de la mémoire, l'épistémologie de l'histoire, l'herméneutique de la condition historique : celle de la représentation du passé.Je reste troublé par l'inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d'oubli ailleurs, pour ne rien dire de l'influence des commémorations et des abus de mémoire - et d'oubli. L'idée d'une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués.»Paul Ricoeur

  • De Ricœur on évoque souvent la pensée herméneutique et éthique. La réflexion politique est pourtant loin d'être absente. Elle constitue au contraire une préoccupation permanente, mais traverse des écrits demeurés dispersés jusqu'ici. Les principaux, souvent méconnus, sont réunis dans cet ouvrage, qui en sélectionne dix-sept, allant de 1958 à 2003.
    Comme toujours chez Ricœur, ces textes répondent à des demandes qui s'enracinent dans l'actualité. Pourtant, son effort philosophique leur donne valeur universelle et durable. Ricœur insiste ainsi sur le paradoxe politique d'une tension continuelle entre " raison " et violence, et sur des préoccupations contemporaines, qu'il s'agisse du " mal " et de la responsabilité morale en politique, de l'autorité et de la conviction dans la vie démocratique, ou de la tolérance, de la condition de l'étranger, de l'identité et des enjeux de l'élaboration, difficile, d'un ethos européen.
    Paul Ricœur (1913-2005). Dans la série " Écrits et conférences ", ont paru Autour de la psychanalyse (2008), Herméneutique (2010) et Anthropologie philosophique (2013).

  • Histoire et vérité

    Paul Ricoeur

    Est-il possible de comprendre l'histoire révolue et aussi de vivre - et, pour une part, de faire - l'histoire en cours, sans céder à l'esprit de système des « philosophies de l'histoire », ni se livrer à l'irrationalité de la violence ou de l'absurde ? Quelle est alors la vérité du métier d'historien ? Et comment participer en vérité à la tâche de notre temps ?Tous les écrits de ce recueil débouchent sur ce carrefour d'interrogations. Ceux de la première partie, plus théoriques, sont inspirés par le métier d'historien de la philosophie, que pratique l'auteur. Dans la seconde partie, c'est à travers des thèmes de civilisation et de culture (le travail, la violence, la parole, l'angoisse, etc...) que l'on s'interroge sur les chemins d'une unité qui ne soit pas une synthèse prématurée.

  • Le conflit des interprétationsCes « essais d'herméneutique » réunissent des textes qui portent la marque du bouillonnement intellectuel des années 1960. Les sciences humaines font éclater les cadres reçus de l'interprétation, et créent même un « conflit des interprétations ». Le premier mérite de Ricoeur, infatigable lecteur, est alors de reprendre longuement ce que disent les sciences de l'homme - linguistique, sémiologie, ethnologie, psychanalyse... - pour mesurer comment et pourquoi naît ce conflit.On est loin ici de toute « voie courte », d'une philosophie se contentant de rappeler à hauts cris le « sens » face à la « mort du sujet ». S'il s'agit « d'explorer les voies ouvertes à la philosophie contemporaine » par cette nouvelle donne, il faut passer par le détour de l'analyse longue. Un détour, plutôt rare dans l'aire de la philosophie française, est ainsi très présent : il passe par l'exégèse biblique et des disciplines religieuses, qui furent à l'origine du problème herméneutique. Au terme de cette analyse seulement, il sera possible à nouveau de « donner un sens acceptable à la notion d'existence ».Paul Ricoeur (1913-2005)Philosophe, monument de la philosophie française du XXe°siècle, il n'a cessé de nouer un dialogue avec les sciences humaines dans leur diversité et renouvelé les recherches exégétiques et bibliques.Préface de Jean Greisch

  • Ce livre s´inscrit dans le prolongement direct du précédent, La Mémoire, l´histoire, l´oubli, dont il explore l´une des pistes laissées ouvertes : celle de la reconnaissance. Ce thème, il le parcourt dans ses diverses acceptions, en partant pour cela de ses divers répertoriés par les dictionnaires : la reconnaissance comme processus d`identification (je reconnais cette table) ; se reconnaître soi-même (je me reconnais le même qu´hier ou qu´il y a vingt ans même si j´ai changé) ; la reconnaissance mutuelle (je vous reconnais dans votre différence, et même, je vous suis reconnaissant).

    Paul Ricoeur fait le pari que cette diversité lexicale n´empêche pas la constitution d´une philosophie unifiée de la reconnaissance, philosophie qui fait jusqu´ici complètement défaut et que Ricoeur est le premier à tenter.

  • Pour comprendre toutes les implications de la métaphore - en fait de la rhétorique et des «figures» dans le langage -, ces huit études suivent une progression qui va du mot à la phrase, puis au discours.Des origines à nos jours, la rhétorique a pris le mot pour unité de référence. En ce sens, la métaphore n'est que déplacement et extension du sens des mots.Dès lors que la métaphore est replacée dans le cadre de la phrase, elle n'est plus une dénomination déviante mais un énoncé impertinent. Emile Benveniste est ici l'auteur qui permet à l'analyse de franchir un pas décisif, avec l'opposition entre une sémiotique, pour laquelle le mot n'est qu'un signe dans le code lexical, et une sémantique, où la phrase porte la signification complète minimale.En passant de la phrase au discours proprement dit (poème, récit, discours philosophique), on quitte le niveau sémantique pour le niveau herméneutique. Ici, ce qui est en question n'est plus la forme de la métaphore (comme pour la rhétorique), ni son sens (comme pour la sémantique), mais sa référence, c'est-à-dire la «réalité» en dehors du langage. La métaphore, en dernier ressort, est pouvoir de redécrire la réalité, mais selon une pluralité de modes de discours qui vont de la poésie à la philosophie. Dans tous les cas, nous sommes fondés à parler de «vérité métaphorique».

  • Amour et justice

    Paul Ricoeur

    Amour et justiceLa cause est en général entendue : c'est « amour ou justice », mais non pas « amour et justice ». Dans le langage courant, et même à un niveau de réflexion plus élevée, a fortiori quand les deux concepts sont présentés en conflit, il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de ponts entre la pratique individuelle de l'amour du prochain et la pratique collective de la justice qui établit l'égalité et l'équité. Qu'on favorise l'une ou l'autre, l'insistance va à la disproportion entre amour et justice. Toute la réflexion de Paul Ricoeur tend à démontrer la proportion, les liens, la dialectique très profonde, la tension vivante et féconde entre amour et justice qui se font jour au moment de l' action, que l'un et l'autre revendiquent. Tous deux sont pris dans une économie du don qui déborde de toute part l'éthique dont ils se veulent les figures et dont ils se sentent responsables. Une logique de la surabondance vient toujours mettre au défi, sans jamais la rendre moins nécessaire, une logique de l'équivalence.Publiée d'abord en Allemagne, en édition bilingue, cette réflexion est inédite en français. Elle est complétée par deux articles du Fonds Ricoeur sur des thèmes proches.Paul Ricoeur (1913-2005)Philosophe, un des « grands » du XXe siècle, il a consacré sa réflexion à l'analyse du sujet, de son action et de son rapport au temps.

  • EssaisPeut-on écrire sur Freud sans être ni analyste ni analysé ? Non, s'il s'agit d'un essai sur la psychanalyse comme pratique vivante ; oui, s'il s'agit d'un essai sur l'oeuvre de Freud comme document écrit, auquel la mort de son auteur a mis un point final : une interprétation d'ensemble de notre culture, qui a changé la compréhension que les hommes ont d'eux-mêmes et de leur vie.Or, cette interprétation, précisément, est tombée dans le domaine public, tombée jusqu'au bavardage. Il appartient dès lors au philosophe de la justifier, c'est-à-dire d'en déterminer le sens, la légitimité et les limites.Comme le montre Paul Ricoeur, seule une méditation sur le langage peut fournir une structure d'accueil à l'exégèse freudienne de nos rêves, de nos mythes et de nos symboles. Et cette exégèse, en s'articulant elle-même à une réflexion «archéologique» sur le sujet, fait en retour éclater la philosophie du sujet, dans ses expressions naïves et prématurées.Le présent ouvrage ne se borne donc pas aux débats d'un philosophe avec Freud ; il libère l'horizon d'une recherche : la lecture de Freud devient l'instrument d'une ascèse du «je», délogé des illusions de la conscience immédiate.

  • On retrouve dans ces entretiens, réalisés entre 1981 et 2003, les grands thèmes ricoeuriens : " l'homme capable ", la justice et ses conflits, l'action éthique et politique dans la Cité humaine, le sens de la guerre, la force du compromis, la question du mal, les nouvelles questions politiques et morales (l'écologie, la bioéthique). Une curiosité : l'entretien entre Paul Ricoeur et Michel Rocard quand il était Premier ministre. Il s'agit de questions toujours actuelles, qui se posent et se reposent en permanence dans nos démocraties mal portantes. La méthode fait ici partie du contenu : presque toujours sont noués un contexte politique (la fin des idéologies et la séduction des solutions purement techniques), la mise en avant d'institutions (qui inscrivent les questions dans la durée), l'imagination ou l'utopie d'un avenir meilleur. Comme le dit Michaël Foessel, Paul Ricoeur, éducateur politique, ne cesse de rappeler à tous " la pression constante que la morale de conviction exerce sur la morale de responsabilité ". En ce temps de basses eaux démocratiques et d'expansion des populismes, ce rappel des principes de l'action politique et de leurs raisons n'est pas seulement utile : il est absolument nécessaire. Paul Ricoeur (1913-2005) est une des grandes figures de la philosophie française contemporaine. Préface de Michaël Foessel

  • Parallèlement à ses ouvrages de philosophie fondamentale dont Soi-même comme un autre représente la dernière étape, Paul Ricoeur n'a cessé de publier des articles dans des revues, mais aussi des préfaces dont la vertu pédagogique n'enlève rien à l'acuité

  • Parallèlement à ses ouvrages de philosophie fondamentale, dont Soi-même comme un autre représente actuellement la dernière étape, Paul Ricoeur n'a cessé de publier des articles dans des revues, mais aussi des préfaces dont les vertus pédagogiques n'enlèvent rien à l'acuité de la pensée. Lectures 1 inaugure une série de trois volumes destinés à reprendre ces textes jusqu'alors dispersés. Chacun d'entre eux portera sur un domaine privilégié par l'oeuvre de Paul Ricoeur : le pouvoir et le politique (Lectures 1), le récit et la poétique (Lectures 2), la question du mal et les rapports philosophie/théologie (Lectures 3).Dans Lectures 1 le lecteur retrouve les figures philosophiques qui ont accompagné la pensée politique de Paul Ricoeur depuis l'après-guerre : Karl Jaspers, Hannah Arendt, Eric Weil et Jan Patocka. A côté d'analyses centrées sur le «paradoxe politique» et le mal totalitaire, l'auteur d'Histoire et Vérité discute également les réflexions portant sur la justice sociale au sein des démocraties, ce qui lui donne l'occasion de débattre avec John Rawls.L'auteur d'articles, qui ne s'est pas contenté de discuter avec d'autres auteurs, se heurte aux interrogations dont le citoyen du XXe siècle a la hantise, à commencer par celle de l'intolérance et de l'intolérable. De même il s'est obligé à «penser l'événement», ce dont témoignent des pages sur la Chine, Israël, mais aussi des propositions pour l'Université. Ce premier recueil permet ainsi de prendre la mesure d'une philosophie profondément politique, d'une pensée soucieuse de la Cité.

  • Dans cet essai inédit regroupant trois textes issus d'une conférence donnée en 1967, Paul Ricoeur s'intéresse à l'idée d'une communauté ecclésiale. Le philosophe s'interroge d'abord sur la société, son obsession technique, son incapacité à produire du sens et sur la manière dont l'Eglise peut être un contrepoint d'utopie en son sein. Il cherche ensuite un langage capable d'intégrer en même temps les critiques externes de la religion (Marx, Nietzsche, Freud) et, d'une manière interne à la foi, une «déconstruction» des pseudo-rationalisations qui masquent la vivacité des textes bibliques.

    Jamais publiés jusqu'ici, ces textes de Paul Ricoeur offrent une réflexion philosophique rare sur le rôle d'une communauté confessante au coeur d'une société désenchantée et qui reste d'une troublante actualité.

  • Comment les hommes deviennent-ils humains ? Cette interrogation anime les « sciences humaines ». Mais celles-ci, remarque Ricoeur, se dispersent dans de multiples disciplines et tendent à l'homme un miroir brisé. D'où l'« urgence » à ses yeux d'une anthropologie philosophique, qui a une histoire plus ancienne mais qu'il croit riche encore de ressources inemployées. Cela ne l'empêche pas de dialoguer avec la psychanalyse, l'histoire, la sociologie, l'ethnologie ou les sciences du langage, et de déployer ainsi une réflexion parfaitement actuelle et ouverte. Car il n'y a décidément pas de réponse simple à la question : qu'est-ce que l'homme ? « Volontaire » et « involontaire », « agir » et « souffrir », « autonomie » et « vulnérabilité », « capacité » et « fragilité », « identité » et « altérité » : c'est par ces tensions que Ricoeur, pour sa part, exprime une telle complexité. Les textes ici réunis offrent ainsi une vue d'ensemble de sa propre philosophie, depuis sa conférence sur « l'attention », prononcée en 1939, jusqu'à son discours de réception du prix Kluge sur les « capacités personnelles » et la « reconnaissance mutuelle », rédigé en 2004 quelques mois avant sa mort.Paul Ricoeur est l'un des grands philosophes contemporains. Son oeuvre, publiée pour l'essentiel au Seuil, est traduite en de nombreuses langues.

  • La contribution de Paul Ricoeur à la théorie de l'interprétation, ou herméneutique, est considérable. Il figure parmi les maîtres de cette discipline, aux côtés de Schleiermacher, Dilthey, Heidegger et Gadamer. En marge des grands livres que sont Le Conflit des interprétations et Du texte à l'action, il a rédigé divers articles et contributions qui méritent d'être découverts ou redécouverts. Ils permettent de saisir sur le vif l'avancement de sa recherche à un moment précis. Certains textes analysent la métaphore, d'autres guident le lecteur à travers les divers enjeux du « problème herméneutique », du symbole au texte, puis du texte à l'action, considérée à travers ses implications éthiques. On y découvre aussi la volonté de Ricoeur de s'interroger sur le devenir de l'herméneutique, et son souci de confronter celle-ci à la philosophie analytique. Sa contribution à l'herméneutique biblique a été décisive. Il s'est penché en philosophe sur la Bible, donc sur ce qu'elle « donne à penser ». Deux études magistrales rendent compte de cet effort - sans équivalent dans la philosophie française - pour explorer les relations entre révélation et vérité d'une part, mythes du salut et raison d'autre part.Ce livre, préparé et annoté par Daniel Frey et Nicola Stricker, est le second volume de la série « Écrits et conférences », publiée sous les auspices du Fonds Ricoeur. Paul Ricoeur (1913-2005). Écrits et conférences 2 rassemble des textes du philosophe parus entre 1972 et 2006.

  • Paul Ricoeur a publié de son vivant une trentaine de livres - une oeuvre philosophique exceptionnelle. Il a aussi écrit de nombreux articles pour des revues françaises et étrangères, fait des conférences et donné des interviews. Conservés par le Fonds Ricoeur, certains de ces textes n'ont jamais été publiés en français, beaucoup sont aujourd'hui introuvables.Ce volume - le premier d'une série d' écrits et de conférences - reprend des textes consacrés à la psychanalyse, un thème qui a occupé peu ou prou, sa vie durant, le champ de la réflexion du philosophe. Quelle science est donc la psychanalyse ? Quelle vérité profère-t-elle, quelles preuves fournit-elle ? Que signifie, pour cette « science », la pratique concrète de la psychanalyse ? Qu'a-t-elle à dire sur la création et sur l'oeuvre d'art ? Quelle est sa place dans la culture et comment transforme-t-elle la culture ? Quelle est la place du récit en psychanalyse ?« Ricoeur lecteur de Freud » : tel aurait pu être le titre de ce livre, où la réflexion repose essentiellement sur l'oeuvre même de Freud, et non sur ses commentaires ultérieurs. Lecture de liberté et de probité intellectuelle, lecture critique mais à l'évidence admirative, qui ne demeure pas figée sur des positions définitives. Une lecture pour comprendre Freud.Paul Ricoeur (1912-2005). Écrits et conférences 1 rassemble des textes du philosophe parus de 1966 à 1988.

  • Professé d´abord et polycopié à Strasbourg dès 1953 puis devenu « Cours de Sorbonne » polycopié en 1957, ce Cours interprète avec rigueur le sens des trois mots du titre : « être », « essence » et « substance » - les concepts fondamentaux de la métaphysique occidentale. Ils représentent, comme tels, un progrès considérable de la raison conceptuelle par rapport aux Présocratiques, qui parlaient encore des « éléments ». Par la suite, ils eurent une importance exceptionnelle dans l´histoire de la philosophie, bien au-delà de la scolastique médiévale et de la métaphysique classique, puisqu´au XXe siècle Heidegger et d´autres se mesurent encore et toujours à eux. Comment Platon puis Aristote les pensent-ils ? Quel sens leur donnent-ils ? Outre l´intérêt intrinsèque du commentaire, très fouillé et très appuyé sur les textes, on note les connexions et les inversions que Ricoeur établit au sein des deux philosophies et entre elles, et son insistance, déjà, sur le langage. Il met aussi en relief des évolutions surprenantes : un second Platon a critiqué un premier Platon (celui des Idées), et un second Aristote a critiqué Platon en le simplifiant et même en le caricaturant.

  • In this series of interviews and dialogues which took place between 1981 and 2003, Paul Ricoeur addresses some of the central questions of political philosophy and ethics: justice, violence, war, the environmental crisis, the question of evil, ethical and political action in the polis. Philosophical issues are brought to bear on present-day concerns and the practical realities of contemporary politics. 
    How can the philosopher speak about politics without claiming superior insight or a higher order of knowledge? Ricoeur distinguishes three levels of society: `tools' (modes of production and the accumulation of technology), `institutions' (which are tied to national cultures) and `values' (which claim to be universal). The philosopher's task is to probe each of these levels and open up spaces for reflection, criticism and democratic deliberation. It is to explore the paradoxes of the political rather than invoking certainties dictated by conscience. Just as there no longer exists a grand narrative about the past, so too there is no longer any utopia capable of projecting the desired future. What remains is human creativity, which marks the source common to the institutional frameworks that are already present and the horizons that extend beyond them. The philosopher's engagement lies in the promise to revive this source at the very moment it appears to dry up under the weight of the real. 
    This volume of interviews and dialogues with one of the most important French philosophers of the post-war period will be of interest to anyone interested in the great political and ethical questions of our time.

  • Temps et récit III remet en scène les trois protagonistes de Temps et récit I et II : l'historiographie, la théorie littéraire du récit de fiction et la phénoménologie du temps. Mais le débat se déplace cette fois du travail de configuration temporelle interne au récit, au pouvoir qu'a celui-ci de refigurer, autrement dit d'éclairer et de transformer, l'expérience quotidienne du temps.L'hypothèse mise à l'épreuve par la première section de ce livre est que la phénoménologie, en s'élargissant et s'approfondissant, de saint Augustin à Heidegger, aboutit, en regard de la cosmologie, à une incontournable Aporétique du temps.La seconde section montre comment, à ces impasses de la pensée, la Poétique du récit peut répondre, et qu'elle y parvient plus précisément avec les ressources conjointes - entrecroisées - de l'histoire et de la fiction. Une réponse qui ne saurait résoudre les paradoxes soulevés par la spéculation philosophique, mais leur donne la réplique d'une création réglée, parente de celle naguère explorée dans la Métaphore vive.Un retour critique sur le chemin parcouru dans les trois volumes explore alors les limites que rencontre la fonction narrative dans son ambition à se mesurer aux apories que la phénoménologie du temps découvre et suscite : que le temps soit notre condition même marque une butée devant laquelle toute analyse s'interrompt.

  • Entre l'expérience de la "distension de l'âme" par le temps, telle qu'Augustin l'a décrite au livre XI des Confessions, et le travail de composition de l'intrigue, en lui-même achronique, tel qu'il est décrit par Aristote dans sa Poétique, il y a contraste. Or, c'est pourtant à l'intérieur de ce contraste que se trouve nécessairement placée toute figuration, et finalement toute pensée, du temps. Telle est la thèse maîtresse de cet ouvrage. En bref, le temps humain est un temps raconté. Paul Ricoeur montre d'abord que le récit comporte trois rapports mimétiques : au temps agi et vécu, à la mise en intrigue, au temps de la lecture. La première mise à l'épreuve de ce schéma devait être faite sur l'histoire : c'est qu'aujourd'hui elle se présente, qu'il s'agisse de la recherche d'"explications" ou de l'histoire "non événementielle" comme très éloignée du récit. Au terme d'une analyse fouillée des épistémologies de l'histoire, il apparaîtra que celle-ci reste, malgré tout, dans la mouvance du récit, fondée sur une quasi-intrigue. Un second tome traitera du récit de fiction, depuis l'épopée jusqu'au roman moderne. Et conclura par une étude du temps raconté, démontrant comment le mode historique et le mode fictif du récit s'y recroisent. Au terme de l'entreprise, c'est la poétique du récit qui sera en mesure de répondre aux apories contre lesquelles avait buté la phénoménologie de l'expérience du temps.

  • Du texte à l'action

    Paul Ricoeur

    Du texte à l'action rassemble les principaux articles rédigés par Paul Ricoeur depuis Le Conflit des interprétations (1969). Non sans lien avec la publication d'oeuvres maîtresses - La Métaphore vive et les trois tomes de Temps et Récit -, Paul Ricoeur n'a jamais cessé de s'interroger sur l'unité de son propre travail, et de déployer les divers registres de sa réflexion sous la forme d'articles, de conférences et d'essais. Du texte à l'action, qui rythme les étapes d'un parcours original - de la phénoménologie à l'herméneutique, de l'herméneutique du texte à l'herméneutique de l'action -, met l'accent sur les rapports qui interviennent entre une réflexion sur le discours et le récit, et une interrogation sur l'idéologie et l'action humaine au sein de la Cité.Ce parcours n'est pas dissociable de la volonté de confronter et d'échanger qui traverse tous ces essais : Paul Ricoeur y entrecroise sa pensée avec celle de Dilthey, de Heidegger, de Gadamer, mais aussi avec les sciences humaines, l'Ecole de Francfort, la philosophie du langage et la philosophie politique. Du texte à l'action manifeste avec éclat cette passion de philosopher qui caractérise toute l'oeuvre de Paul Ricoeur.

  • Parallèlement à ses ouvrages de philosophie fondamentale dont Soi-même comme un autre représente la dernière étape, Paul Ricoeur n'a cessé de publier des articles dans des revues, mais aussi des préfaces dont la vertu pédagogique n'enlève rien à l'acuité de la pensée.Après Lectures 1, consacré à la pensée politique, Lectures 2 met en scène un périple qui permet de découvrir diverses «contrées» philosophiques.Ce voyage fournit d'abord l'occasion de rencontrer les figures de la pensée existentialiste (de Kierkegaard à Camus, Sartre et Merleau-Ponty) vis-à-vis desquelles Ricoeur manifeste sa distance ou sa proximité. Il rend également possible une confrontation exigeante avec des auteurs qui ont exercé très tôt une influence profonde sur l'oeuvre de Ricoeur (Jean Wahl, Gabriel Marcel, Emmanuel Mounier, Jean Nabert). A ces «conversations philosophiques» éclairant rétrospectivement la continuité d'une pensée, qui débouche sur le projet d'une herméneutique du soi, succèdent des discussions avec les principaux représentants du courant structuraliste (Claude Lévi-Strauss et A.-J. Greimas). Celles-ci ont un double mérite : celui d'exposer rigoureusement les ressorts de l'anthropologie structurale ou de la grammaire narrative, mais aussi de jeter des lumières originales sur la notion d'identité narrative qui est au centre de la réflexion de Ricoeur sur le récit.Lectures 2 se présente donc comme un complément indispensable à Temps et Récit et à Soi-même comme un autre.

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