Jean-Yves Le Naour

  • La paix introuvable.Le 11 novembre 1918, au matin, Georges Clemenceau déclare à son chef de cabinet : " Nous avons gagné la guerre, il nous faut maintenant gagner la paix, et ce sera plus dur encore. "
    En effet, outre la mauvaise volonté allemande, il faudra non seulement compter avec la diplomatie d'équilibre des Britanniques qui ne veulent pas trop affaiblir l'Allemagne au profit de la France, mais aussi avec les ambitions du président américain Wilson dont les principes démocratiques pour la reconstruction du monde - le droit des peuples, l'État-nation, la SDN... - privent les Européens de toute politique d'annexion.
    Loin d'être à l'apaisement, les années d'après-guerre sont marquées par le trouble et l'incertitude. La guerre continue à l'Est, dans les pays baltes en 1919, entre la Pologne et la Russie de 1920 à 1921, entre les Turcs et les Grecs de 1919 à 1922, tandis que la guerre civile en Russie cause la mort de 5 à 7 millions de personnes. Surtout, le spectre de la révolution bolchevique, victorieuse en Russie, s'insinue de l'Allemagne à la Hongrie en passant par l'Italie. L'ennemi n'est plus tout à fait le germanisme, mais le bolchevisme, infiltré sous la forme des nouveaux partis communistes d'Europe. Un monde radicalement nouveau est né, une nouvelle ère idéologique coincée entre Wilson et Lénine, deux messianismes à côté desquels la France et la Grande-Bretagne ne tiennent plus le premier rôle. En ces années où prévaut l'illusion d'une paix durable, les instabilités, les aigreurs et les déceptions attisent déjà le feu de la revanche.
    Clemenceau avait raison : il était plus difficile de gagner la paix que la guerre. Et la France, qui a gagné la guerre, a perdu la paix.
    Jean-Yves Le Naour livre une étude brillante et rénovée - parfois iconoclaste - de cette tragique sortie de guerre, étudiant notamment le traité de Versailles, dont le grand perdant ne fut peut-être pas l'Allemagne, mais la France.

  • " Après 1914, La grande illusion, l'historien Jean-Yves Le Naour explore les stratégies politiques, le quotidien des soldats mais aussi la vie à l'arrière du front. [...] La suite d'une somme appelée à devenir une référence. "Magazine Lire1915. Pour les Français pris dans la Grande Guerre, c'est l'enlisement. Le conflit entre dans une phase meurtrière marquée par des offensives aussi terribles qu'inutiles, auxquelles s'ajoute le cruel recours aux gaz asphyxiants. Sur terre comme sur mer, impossible d'échapper aux bombardements. Les zeppelins tombent sur Londres et Paris, les Turcs lancent un djihad en Afrique et au Moyen-Orient, les Allemands étrillent la Russie et écrasent la Serbie. Les Alliés, eux, enchaînent les échecs.
    Sourd aux critiques, le général Joffre conduit la guerre comme il l'entend et sacrifie, purement et simplement, 320 000 hommes. Pour les Français, 1915 est une année sans horizon. La crise politique et la lassitude grandissent sur les décombres d'une Union sacrée qui a vécu.
    Avec son talent habituel, Jean-Yves Le Naour s'immerge dans le quotidien des Français ; un récit haletant.

  • 1914

    Jean-Yves Le Naour

    Le premier opus de la série de référence sur la Grande Guerre enfin en poche ! En 1914, l'obsession de la guerre hante l'Europe. Elle occupe les esprits, s'affiche à la une des journaux, monopolise les conversations et les discours politiques sans que personne n'y croie véritablement.
    Quand elle éclate en juin, à la suite de l'attentat de Sarajevo, elle s'impose comme la solution, promet l'émancipation des nationalités et l'avènement d'un nouveau monde. Autant d'illusions qui font basculer le monde dans un engrenage qui va le broyer : pendant quatre longues années, la guerre sera mondiale, totale et terroriste.
    Conjuguant les approches diplomatiques, militaires, sociales et culturelles, Jean-Yves Le Naour fait revivre 1914 et renouvelle l'histoire de la Grande Guerre.


  • L'attentat contre Clemenceau : un récit historique aux allures de roman policier !

    " Coup de revolver contre M. Clemenceau. Le président du Conseil serait légèrement blessé " (Le Populaire) ; " Un attentat contre la France victorieuse. Dix balles contre Clemenceau " (L'Action française) ; " Le criminel serait un anarchiste " (La Croix) ; " Vive Clemenceau ! " (Le Petit Parisien) : la une des journaux, le 20 février 1919, dit assez l'émoi suscité par la tentative d'assassinat dont fut victime le " Père la Victoire " le jour précédent.
    La veille, en effet, à 8 h 40, Clemenceau prend place à l'intérieur de la Rolls-Royce conduite par son chauffeur Coujat pour se rendre au ministère de la Guerre. À l'angle de la rue Franklin et du boulevard Delessert, un jeune anarchiste, Émile Cottin, surgit et fait feu à sept reprises sur la voiture, blessant le président du Conseil. Moins d'un mois plus tard, Cottin est condamné à mort, mais le " Tigre ", fidèle à ses principes, obtient que sa peine soit commuée en dix ans de réclusion.
    Jean-Yves Le Naour, fort de sa connaissance de la période, dont il est l'un des meilleurs spécialistes, enquête avec son talent coutumier pour raconter les ressorts de cet assassinat manqué dont Clemenceau portera les stigmates jusqu'à la fin de ses jours. Un récit qui se lit comme un roman policier.

  • Placés dans des conditions effroyables, confrontés au spectacle quotidien de la mort, bien des poilus ne se sont jamais remis de leur première fois sur le Front. Certains sont restés hagards à vie, hurlant, criant sans raison apparente; d'autres sourds, pliés en deux, incapables de se relever. En Angleterre, on appela ce syndrome: le shell shock. Ces blessés-là furent si nombreux qu'on estime pour la seule France leur chiffre au minimum à 100.000.
    D'abord on ne sut pas quoi en faire. Puis les médecins se sont penchés sur leurs cas, convaincus qu'ils mentaient. Pour le vérifier, l'un d'eux imagine de les soigner à l'électricité, un choc pour un autre choc... On baptise cette technique le " torpillage " ! Baptiste Deschamps qui ne se sent pas fou refuse ce soin qui est abominable de surcroît et fait horriblement souffrir ! Un député vient à son secours et déclenche une bataille médiatique d'une ampleur immense qui rappelle un temps celle de l'affaire Dreyfus. Le poilu gagnera son procès mais la médecine têtue et ignorante poursuit ses expériences avec le soutien du gouvernement! Et d'ailleurs qui écouterait les divagations d'un certain Freud, cet autrichien pour qui la guerre explique seule ces névroses nouvelles ? Car, pour les aliénistes, nul doute que la folie est bien dans le camp des Allemands !

  • Julien Chapelant a été fusillé le 11 octobre 1914 pour reddition. Blessé, la jambe fracturée, il a été fusillé ligoté sur son brancard, ce qui a révolté l'opinion et soulevé des débats parlementaires jusqu'en 1934.La question qui se pose encore aujourd'hui est : le sous-lieutenant Chapelant était-il coupable ou innocent? A la manière d'un enquêteur, Jean-Yves Le Naour nous livre les faits et les témoignages qu'il a pu recueillir tout au long de son travail d'investigation. Il fait un travail d'historien inédit : donner la parole aux accusateurs et aux défenseurs. Au lecteur de se faire sa propre opinion.

  • Avec ce troisième opus de sa série-événement, Jean-Yves Le Naour poursuit avec talent son ambition : nous faire pénétrer les coulisses de la Grande Guerre grâce à une relecture originale et au plus près des réalités des quatre années du premier conflit mondial.
    Début 1916, Joffre planifie une offensive générale des Alliés, simultanément sur la Somme, le front russe, les Balkans et l'Italie. Mais les Allemands attaquent les premiers, à Verdun, le 21 février : 1,5 million d'obus s'abattent en une seule journée sur 12 kilomètres de front français ! Une puissance de feu jamais vue jusque-là. Le début de l'enfer...
    Sur la scène internationale, 1916 est marquée par la révolte arabe contre les Turcs, menée par Lawrence d'Arabie ; la Russie qui jette ses dernières forces dans la bataille avec l'offensive Broussilov et qui se désagrège de l'intérieur : la question n'est plus de savoir s'il va y avoir une révolution, mais quand elle aura lieu et sous quelle forme ; ou encore l'épuisement de l'Allemagne qui, asphyxiée par le blocus britannique, lance la guerre sous-marine à outrance.
    1916, enfin, c'est aussi et surtout une vie politique française particulièrement tendue : le mouvement pacifiste s'organise, les socialistes se divisent, l'Union sacrée se meurt, la Chambre et le Sénat se réunissent en comité secret pour se débarrasser de Joffre et d'Aristide Briand, etc.
    Avec le talent narratif qu'on lui connaît, Jean-Yves Le Naour nous fait entrer dans les coulisses du conflit, alternant les points de vue du pouvoir et du peuple, et même ceux des Anglais et des Allemands grâce au dépouillement des archives diplomatiques. Il fait ainsi tomber nombre de préjugés et d'idées reçues, dont le mythe de Pétain-vainqueur de Verdun : sa mise en avant a en fait répondu à un plan politique cherchant à diminuer Joffre !
    Un récit vivant, poignant, qui mêle avec brio faits, sentiments et réalités de la guerre.

  • Le premier livre sur la place de l'islam durant la Première Guerre mondiale, durant laquelle 600 000 soldats musulmans servirent la France.Entre 1914 et 1918, l'Allemagne de Guillaume II cherche par bien des moyens à allumer dans les Empires français et anglais une rébellion massive des musulmans. Pour ce faire, quoi de mieux que de pousser le sultan de Constantinople à proclamer la guerre sainte contre les chrétiens ? Tout est pensé, mûri, réfléchi par les stratèges allemands : le panislamisme et le djihad assureront la victoire du Reich.
    Ce projet, pris très au sérieux dans les ministères de Berlin, Londres et Paris, fut un échec, au sein d'un Empire ottoman en décomposition comme au Maghreb : Marocains, Tunisiens et Algériens servirent massivement dans l'armée française, et tous payèrent leur fidélité au prix du sang. Si les peuples musulmans exigèrent, durant et après la guerre, des droits nouveaux, ce fut le panarabisme, non le panislamisme, qui servit d'étendard commun.
    Pour rendre compte de cette réalité totalement méconnue, et pourtant passionnante, de l'histoire de la Grande Guerre et restituer tant les plans allemands que les questions qui traversèrent alors le monde musulman sous domination européenne, il fallait la connaissance intime de la période et le sens du récit de Jean-Yves Le Naour.

  • 1918 ou l'année de l'étrange victoire. L'issue de la Première Guerre mondiale est connue de tous et pourtant, en avançant avec les doutes, les peurs et les tâtonnements des contemporains, Jean-Yves Le Naour fait revivre une année à suspense. Il ravive de sa plume alerte le cours des mois chaotiques qui conduisent à l'étrange victoire alliée. Au printemps 1918, par trois fois - en mars, avril et mai -, Français et Britanniques ont le sentiment de frôler la défaite. On a l'impression de rejouer septembre 1914 ! On se bat sur la Marne, et Paris, bombardé, est en proie à la panique. De tous côtés, les fronts se resserrent : depuis mars 1918, la paix signée avec la Russie bolchevique libère 1 million de soldats allemands pour l'Ouest. Une course contre la montre s'engage avec un unique objectif : tenir. À l'été 1918 rien n'était écrit et l'Allemagne pouvait encore l'emporter. Fidèle aux précédents volumes, ce dernier opus dévoile les coulisses politiques en s'appuyant sur des sources inédites : les rivalités entre Pétain, Foch et le Britannique Douglas Haig, les guerres d'ego qui ont paralysé la situation au point de compromettre la défense nationale. Fait nouveau, par rapport à 1914-1917, les militaires sont désormais sous la coupe de Clemenceau et de Lloyd George. Passant d'un front à l'autre, Jean-Yves Le Naour nous entraîne jusqu'au dénouement avec sa maestria coutumière.

  • «Si l'Histoire n'a retenu que les exploits du chasseur, c'est parce que le lion n'a pas d'historiens», écrit Jean-Yves Le Naour. À côté des grandes figures de proue, des êtres ordinaires ont eux aussi «fait» l'Histoire. Les destins des «oubliés» choisis ici éclairent d'un jour nouveau la vie politique ou sociétale du XXe siècle : la résistance allemande au nazisme à travers le portrait de Sylvin Rubinstein ; le combat pour le suffrage féminin dans l'entre-deux-guerres par Louise Weiss ; la prise de conscience écologique incarnée par René Dumont ; la révolte des prostituées emmenée par Grisélidis Réal ou encore la fronde du torero Manolete sous le franquisme... Souvent au péril de leur vie, ils ont défendu la liberté à l'instar du prêtre polonais Jerzy Popieluszko ou de l'Irlandais Bobby Sands, et furent parfois les révélateurs d'une époque dans ses excès : le dopage avoué par le coureur cycliste Tom Simpson, le star-system pour le footballeur George Best. Ainsi, Les Oubliés de l'Histoire racontent-ils une autre histoire, incarnée et empathique, familière et ignorée, mais tellement plus humaine. Les Oubliés de l'Histoire ont inspiré la série télé du même nom diffusée, en 2017, sur Arte et Planète +. Les replays de la série, documents iconographiques et réactions du public sont consultables sur le site : www.lesoubliesdelhistoire.fr

  • Le 1er février 1918, un soldat amnésique est interné à l'asile psychiatrique du Rhône. Tous les moyens sont employés pour l'identifier et le rendre à sa famille. Son portrait s'étale à la une des journaux et est affiché sur les portes de toutes les mairies. Plusieurs centaines de familles reconnaissent en lui un père, un fils ou un frère disparu à la guerre. Comment départager ces familles qui n'arrivent pas à faire le deuil de leur proche disparu ? Une longue et douloureuse enquête débute. Elle dure tout l'entre-deux-guerres et s'achèvera sur un procès à rebondissements où s'opposent tous ceux et celles qui ont reconnu en l'amnésique un de leurs parents. Les contemporains sont fascinés par cet homme sans passé : Jean Anouilh s'empare du fait divers pour écrire son Voyageur sans bagage et la presse baptise rapidement l'amnésique « le soldat inconnu vivant ». Cette histoire singulière révèle en réalité une profonde souffrance née de la Grande Guerre, une douleur intime et collective : celle du deuil impossible à faire pour les familles des soldats disparus. Dans une société qui voudrait tant oublier et qui n'en finit pas de se souvenir, il n'y a pas plus de certitudes que de corps à pleurer.

  • 1917, l'année-charnière.1917 est une année de rupture. Le peuple épuisé, las de la guerre, doute et réclame la paix. Chacun cherche une porte de sortie honorable : le gouvernement français hésite, la Grande-Bretagne s'effraie, le chancelier allemand Bethmann-Hollweg, qui voudrait en finir, est congédié, tandis que la Russie renverse le tsar. L'empereur d'Autriche-Hongrie, Charles Ier, et le pape Benoît XV élaborent quant à eux des projets de paix. En vain, personne n'étant prêt à en payer le prix.
    1917 est aussi l'année décisive du conflit qui marque la véritable naissance du XXe siècle, avec ces deux tremblements de terre que sont la révélation de la puissance américaine et la révolution bolchevique. La guerre, non plus nationale mais idéologique, échappe aux Européens et fait apparaître un monde nouveau, coincé entre deux messianismes : l'idéalisme wilsonien et le communisme.
    Après
    1914. La grande illusion, 1915. L'enlisement et 1916. L'enfer, Jean-Yves Le Naour continue de mettre son talent narratif au service de l'histoire et raconte avec brio cette année charnière. Se fondant sur des archives inédites et mêlant les expériences du peuple à celles des hauts fonctionnaires, il dresse un tableau complet qui n'épargne aucune grande figure. De l'échec de Ribot, alors président du Conseil, lors des négociations avec l'Autriche, aux basses manoeuvres de Clemenceau pour parvenir au pouvoir, tout est révélé.

  • 1914-1918 ; l'intégrale

    Jean-Yves Le Naour

    • Perrin
    • 27 September 2018


    La série référence sur la Grande Guerre en un unique volume.

    Offrant une synthèse dynamique des événements, Jean-Yves Le Naour, restitue au galop de sa plume ces effroyables années de guerre, quatre années de malheur au plus près du quotidien des Français. Alternant les points de vue d'en haut et d'en bas, s'attachant aux rumeurs comme aux faits établis, au ressenti aussi bien qu'au vécu, l'auteur livre un récit haletant des cinq ans (1914,1915,1916,1917,1918) qui ont changé le monde.
    Le Naour offre sa relecture singulière de ce moment de l'histoire, centrée sur l'être humain au coeur de ce drame mondial. Voici le roman vrai et la saga épique de la Grande Guerre. Un récit vivant, poignant, qui mêle avec brio faits, sentiments et réalités de la guerre.

  • Il était une fois la Grande guerre ! Ce livre a pour but de faire le point des recherches universitaires les plus récentes et à les rendre accessibles à tous. Pour ce faire, nous ferons régulièrement appel à l'anecdote qui permet de fixer les connaissances. Être sérieux sans être ennuyeux, tel est notre but. Nous nous efforcerons de comprendre les causes de la Première Guerre mondiale, de montrer en quoi la Grande Guerre est radicalement différente de tous les conflits qui ont précédé. Ces quatre années qui s'écoulent de 1914 à 1918 et qui ont semblé durer un siècle pour ceux qui les ont vécues ont bouleversé le monde. En 1919, la Belle Époque est bien morte : l'Europe est ruinée, durablement traumatisée par la perte de 10 millions d'hommes jeunes, travaillée par des forces souterraines qui portent en elles les germes du totalitarisme. Surtout, la Première Guerre mondiale a ruiné les espoirs et les assurances du siècle précédent : le bonheur et le progrès ne sont plus que des mots creux, et plus personne ne croit à la marche ascendante de la science au service de l'humanité. Sur les décombres de la pensée européenne, de nouvelles fois font pourtant leur apparition : celle de l'homme nouveau prôné par le communisme, celle de l'homme régénéré soutenu par les fascismes, tandis que les démocraties, vidées de leur substance et sans énergie, se replient sur le pacifisme comme exutoire à la prochaine guerre, idéologique cette fois-ci, qui se profile à l'horizon. C'est aussi pour comprendre ce monde nouveau qui procède des tranchées de la Grande Guerre que ce livre est écrit. En un mot, étudier 14-18 vous fera comprendre le XXe siècle.

  • " Si je prouve que la société en faisant mourir un de ses membres ne fait rien qui soit nécessaire ou utile à ses intérêts, j'aurai gagné la cause de l'humanité ". Par ces mots, Cesare Beccaria invente en 1764 l'abolitionnisme qui ouvre le débat sur la peine de mort au siècle des Lumières. De Voltaire à Camus, en passant par Lamartine, Victor Hugo ou Jean Jaurès, la peine capitale est denoncée comme l'expression d'une justice aussi sommaire que cruelle et contraire à la simple humanité. De fait, ce pouvoir - laisser vivre ou " donner la mort " - suscite un malaise grandissant dans la France catholique. Fonctionnant à l'aube depuis 1832, à même le sol et non plus sur une estrade depuis 1870, la guillotine finit par être reléguée en prison en 1939, tandis que les circonstances atténuantes et la grâce présidentielle réduisent sans cesse le nombre de têtes abandonnées au bourreau. Cependant, de 1959 à 1981, dix-sept personnes sont encore décapitées. En racontant plus de deux siècles de débats politiques et philosophiques, appuyés sur une riche et rigoureuse documentation, l'historien Jean-Yves Le Naour éclaire cette part d'ombre au pays des droits de l'homme. De la Terreur des révolutionnaires à la guerre d'Algérie, la guillotine fut, on ne le sait pas assez, trop souvent élevée au rang d'instrument de gouvernement. II faudra attendre 1981 et Robert Badinter, ministre de la Justice, pour clore le débat : " Le temps est venu d'assumer nos angoisses et de nous appliquer à en réduire les causes. Le temps est venu de se comporter en adultes, même devant le crime ". Grâce à lui, la peine de mort fut officiellement abolie le 9 octobre 1981.

  • Imagine-t-on qu'à la veille de fuir la capitale, le 2 septembre 1914, le gouvernement français convoque Mme Fraya, une voyante mondaine, pour lui demander si l'ennemi s'emparera de Paris ? Sait-on que le président Raymond Poincaré a reçu cette même Mme Fraya à l'Élysée en 1917 pour lui poser des questions sur la fin de la guerre ? Ou encore qu'il a reçu une jeune bergère vendéenne qui, se croyant une nouvelle Jeanne d'Arc, prétendait avoir reçu de Dieu la mission de bouter l'ennemi hors de France ? Le prophétisme et la voyance : un aspect méconnu de la Grande Guerre. Pour répondre aux angoisses des Français, en ces temps de malheur, d'innombrables prédictions, des plus farfelues souvent, professées par divers charlatans, voyants, médiums ou autres tireuses de cartes, sont faites. Cette envolée de l'irrationnel est conditionnée par la peur de la mort. On se raccroche à tout ce qui peut redonner un peu de confiance. Jean-Yves Le Naour rend compte ici d'une culture populaire, longtemps ignorée par les historiens, et offre une nouvelle approche pour la compréhension du premier conflit mondial.

  • 177

    Jean-Yves Le Naour

    • Fayard
    • 14 May 2014

    Ils sont 177. Venus des quatre coins du pays, ils sont bretons, basques, alsaciens, normands, français de Tunisie, de Nouvelle-Calédonie et d´ailleurs. Parmi eux, des hommes qui croient au ciel et d´autres qui n´y croient pas, des hommes de gauche et de droite, des ouvriers et des bourgeois. Ils sont différents, et pourtant semblables, tous mus par le même idéal : vaincre l´Allemagne nazie et libérer la patrie. Mais pour devenir Béret vert, pour intégrer les prestigieux commandos britanniques qui vont ouvrir la voie au débarquement de Normandie, ils doivent en passer par un entraînement exténuant sous l´égide du commandant Kieffer, au terme duquel les moins valeureux sont impitoyablement éliminés. Moqué à cause de son allure juvénile, René Rossey a dû mentir sur son âge pour pouvoir rejoindre les Français libres en Angleterre. Lui qui n´a pas 17 ans, il s´accroche, veut prouver qu´il est un homme. Ils ne sont que 177 Français ce 6 juin 1944 aux côtés de 150 000 Américains, Anglais et Canadiens. Mais, ce jour-là, ils sont toute la France. Avec un grand souffle romanesque, l'auteur nous fait découvrir une dimension méconnue de cette page de notre histoire sur laquelle nous pensons avoir tout lu.

  • Le texte de Jean-Yves Le Naour, historien spécialiste du premier conflit mondial, s'adresse à des lecteurs avides de connaissances approfondies sur la guerre mondiale de 1914-1918.
    L'auteur livre un texte passionnant et enlevé, un récit poignant et riche en anecdotes qui donne au lecteur des repères chronologiques très précis permettant de mieux comprendre le déroulement des opérations et les grandes étapes de cette sombre période, tout en plongeant dans le quotidien de ceux qui l'ont vécue.

  • 15mn d'Histoire : une collection numérique de textes courts pour apprendre et comprendre l'Histoire en 15 minutes !
    15mn d'Histoire : une collection numérique de textes courts pour apprendre et comprendre l'Histoire en 15 minutes !
    Ils n'ont pas voulu cela. Devant l'étendue des souffrances, les millions de morts, la ruine des économies et le naufrage de la civilisation, les responsables européens se sont récriés et ont refusé d'endosser la responsabilité de la catastrophe. Ils n'ont pas voulu cela, et tous ont prétendu que ce sont les autres qui ont voulu la guerre, qu'il a simplement fallu se défendre, répondre à l'agression et lutter pour sa survie dans un combat sans merci.
    Quand l'horreur s'est imposée, que la guerre s'est enlisée en engloutissant inlassablement les vies et les richesses du continent, les yeux se sont ouverts, mais il n'était plus possible de faire marche arrière. La machine infernale était lancée. Elle conditionnerait tout le XXe siècle, un siècle de fer et de sang porté sur les fonts baptismaux des tranchées de Champagne, de Verdun et d'ailleurs...

  • Il est de bon ton de critiquer Plus belle la vie, série emblématique et quotidienne de France 3. Les intellectuels la dénigrent, l´extrême droite l´exècre, les islamistes la vomissent, et pourtant, chaque soir, ce programme démarré en 2004 et qui compte plus de 2 000 épisodes rassemble une moyenne de cinq millions de téléspectateurs. Cette réussite est-elle un hasard ? Rendez-vous familial fédérateur, Plus belle la vie ne correspond à rien de connu, avec son audience atypique qui réunit des jeunes et des vieux, des riches et des pauvres, des ouvriers et des diplômés du supérieur. On la dit politiquement correcte, et pourtant on y voit des homosexuels s´embrasser langoureusement et des drogués se piquer à l´héroïne, à la grande fureur du CSA. Parce qu´elle porte l´ambition de parler du monde tel qu´il est à travers la chronique d´un quartier, d´être un « laboratoire humain » et une caisse de résonance des problèmes de société contemporains, cette série dit quelque chose de la France et des Français : mais de quoi Plus belle la vie est-elle le nom ?

     

  • 10 millions de morts, 20 millions de blessés, l'auto-destruction de l'Europe, la révolution bolchevique en Russie, la révélation de la puissance américaine et la naissance du fascisme : la Première Guerre mondiale a fait naître le XXe siècle. Ce Petit livre vous livrera toutes les clés pour comprendre la Grande Guerre : les crises qui ont provoqué le conflit, les rivalités économiques et coloniales, les questions nationales, le déroulement de la première guerre "totale".
    Un conflit qui fut industriel, psychologique, terroriste... terrible. Et dans la paix duquel on voit déjà en 1919, les prémices de la Seconde Guerre mondiale.

  • En 1916, le Christ apparaît à une bergère vendéenne et lui confie la mission de bouter les Allemands hors de France. Surnommée « la nouvelle Jeanne d´Arc », la jeune Claire Ferchaud suscite tout d´abord l´enthousiasme des croyants qui espèrent en l´intervention divine pour que la victoire soit donnée à la France, « fille aînée de l´Église ». Mais la République laïque et anticléricale n´est pas une fille obéissante, et si le président Poincaré reçoit la bergère à l´Élysée, sa mission militaire et religieuse est bloquée par les autorités publiques. C´est que l´affaire est politique : pour que la France soit victorieuse, le Christ a exigé que le pays se repente de ses erreurs républicaines et place son Sacré-Coeur sur le drapeau national. Derrière cette histoire singulière, se profilent des luttes de pouvoir entre l´Église et l´État mais aussi à l´intérieur de l´Eglise entre républicains ralliés et réactionnaires patentés. À travers l´épopée dérisoire d´une Jeanne d´Arc en bleu horizon, Jean-Yves Le Naour explore les rapports complexes entre foi, patriotisme et politique, sur fond d´une société traumatisée par la guerre et prête à tout croire pourvu qu´on lui promette la fin des combats.

  • Les compagnons de la Libération ; Philippe Kieffer Nouv.

    Sans passion pour l'armée, il sera pourtant le père des commandos
    français. Ce dandy des Antilles n'a même pas fait son service
    militaire, dispensé comme Français de l'étranger. Pourtant, le jour
    de la déclaration des hostilités, en septembre 1939, il s'engage
    comme matelot. Refusant la défaite de juin 1940, il répond à l'appel
    du Général de Gaulle et s'engage dans les Forces françaises libres.
    Impressionné par les méthodes des commandos britanniques, il intègre
    les prestigieux bérets verts et constitue en 1942, avec une
    vingtaine de volontaires, ce qui deviendra les « Commandos Kieffer
    ». Son but : participer au grand débarquement qui doit libérer la
    France...

  • Au sortir de la Première Guerre mondiale, Maurice Genevoix est loin d'être considéré comme le représentant des Poilus. À l'époque, et durant tout l'entre-deux-guerres, c'est Henri Barbusse, l'auteur du "Feu", qui incarne le rôle de porte-parole des combattants. Prix Goncourt 1916, scandale littéraire ayant soulevé des passions contraires, "Le Feu" est un choc, un livre suffocant qui, pour la première fois, raconte le quotidien des tranchées sans rien dissimuler des souffrances des soldats. Profitant de cette exposition, Barbusse s'engage en politique, embrasse les combats du pacifisme et du communisme, suscite critiques ou admiration. Genevoix, lui, enfermé dans l'étiquette régionaliste, se tient pour sa part à l'écart du tumulte du monde, préfère les parties de pêche et les promenades au bord de la Loire et construit sa réputation littéraire en dehors du témoignage, avec notamment "Raboliot". Pourtant, aujourd'hui, la fortune de la gloire littéraire s'inverse : avec ses cinq ouvrages de souvenirs rassemblés dans Ceux de 14 et sa panthéonisation, Genevoix prend sa revanche sur Barbusse, le prophète découronné. Comment cela a-t-il été possible ?

    Maurice Genevoix et Henri Barbusse : leur histoire raconte un siècle d'affrontement littéraire autour du témoignage et de la mémoire de la guerre, entre roman et récit, héroïsation et victimisation - deux regards sur la Grande Guerre, deux visions de la vérité.

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