Jean-Claude Caron

  • En révélant à Adolphe Thiers au printemps 1832 la cachette de la duchesse de Berry, clandestine depuis l'échec du soulèvement de la Vendée, Simon Deutz devient la réincarnation de Judas, « l'homme qui a livré une femme » stigmatisé par Victor Hugo. Mais au moment de sa trahison, ce fils du grand-rabbin de France est catholique, depuis sa conversion à Rome en 1828. C'est l'histoire de ce parcours, commencé en Allemagne en 1802 et achevé en Louisiane en 1844, qu'on retrace ici : celle d'un homme aux identités multiples dans la France postrévolutionnaire. Incarnation du « traître juif » avant que Dreyfus ne le supplante, Deutz cristallise l'émergence d'un antijudaïsme multiforme. Et si ce nouveau juif errant meurt oublié en exil, la littérature perpétue sa mémoire en construisant sa légende.

    Jean-Claude Caron est professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université Clermont-Auvergne.
    Il a consacré de nombreux ouvrages à l'histoire des violences socio-politiques dans la France du XIXe siècle. Ancien membre du jury du CAPES d'histoire-géographie et du jury d'agrégation de sciences économiques et sociales, membre honoraire de l'Institut Universitaire de France, , il est actuellement membre du Comité d'histoire de la ville de Paris.

  • Ce manuel aborde l´histoire de la France à l´époque de la monarchie constitutionnelle sous ses aspects politique, social et culturel, ainsi que la politique extérieure, modifiant sensiblement l´approche traditionnelle des années 1815-1848 ; elles sont en effet essentielles et novatrices dans l´histoire politique : mise en place du jeu parlementaire, qualité des débats, importance des questions sociétales soulevées, élaboration d´idéologies.Période essentielle aussi pour l´histoire sociale : « découverte » de la question sociale, revendications ouvrières, lutte pour le droit de grève ou le droit d´association.Période clé, enfin, pour l´histoire culturelle avec le romantisme, le plus fort mouvement littéraire, artistique, scientifique, philosophique que l´Europe et la France aient connu depuis la Renaissance.SOMMAIRE1 > Vie parlementaire et luttes politiques sous la Restauration2 > La société française dans la première moitié du XIXe siècle3 > La vie religieuse et culturelle4 > La révolution de 1830 et les débuts de la monarchie de Juillet (1830-1835)5 > Le triomphe de la société bourgeoise6 > La crise de la monarchie de Juillet et la révolution de 1848

  • Général des armées napoléoniennes, puis leader de l'opposition libérale sous la Restauration, Maximilien Sébastien Foy (1775-1825) a mené deux guerres. La première sur les champs de bataille, en particulier dans la Péninsule ibérique, théâtre d'une « sale guerre » immortalisée par l'oeuvre de Goya. La seconde, à la tribune de la Chambre des députés, où il se fait le défenseur des valeurs de 1789 face aux tenants d'une réaction contre-révolutionnaire. Pleuré comme un « héros-citoyen », le général Foy connaît son heure de gloire quand ses funérailles rassemblent quelque 100 000 personnes dans les rues de Paris. Cette biographie de l'homme public comme privé retrace son ascension sociale entre Révolution et Restauration et s'interroge aussi sur les causes du déclin de samémoire.

  • Héritière de la Révolution de 1789, la France du XIXe siècle se déchire à intervalles réguliers, accréditant l'image d'une nation vouée à la guerre civile.L'insurrection de Juin 1848 et la Commune de Paris (1871) sont les pics de ces affrontements révélateurs de profondes divergences idéologiques.

  • Le recours au feu, loin d'être une nouveauté, s'ancre dans l'histoire. La France d'avant 1914 est éclairée de flammes qui ne s'éteignent qu'épisodiquement : le monde rural est familier des incendies de granges ou de fermes, signes de conflits économiques et sociaux entre possédants et pauvres. L'incendie est également manifestation politique : à Paris, en 1871, le feu signe la chute de la Commune. La ville brûle et mettra des décennies à reconquérir les ruines. Utilisé par les militaires lors des guerres qui rythment le XIXe siècle, l'incendie est une arme redoutable et redoutée : la politique de la terre brûlée hante l'imaginaire des populations civiles. Derrière l'incendie perce la figure de l'incendiaire : un être malade ? un criminel ? un désespéré ? autant d'images qui angoissent les esprits du siècle et les criminologues. Jean-Claude Caron met ici en lumière un mode de protestation radical, une expression de la colère et du désespoir qui atteignit son paroxysme au XIXe siècle mais ne s'est jamais éteinte depuis.

  • La construction d'un espace politique, économique, social et culturel européen n'est pas une idée neuve. Mais au 19e siècle, l'idée se heurta à la force de la nation comme modèle politique.  De 1815 à 1871, l'Europe des nations domine la vie politique du temps : du congrès de Vienne et de la Sainte- Alliance à l'achèvement de l'unité italienne et allemande, des peuples aspirent à former des nations érigées en États, sous l'oeil bienveillant ou hostile des grandes puissances. Tout en dressant le portrait de ces puissances et des régions particulièrement concernées par la question des nationalités, cet ouvrage s'intéresse aux grands mouvements culturels européens - comme le romantisme - et montre l'essor économique parallèle de l'Europe.  Il analyse ensuite l'Europe des nationalismes de 1871 à 1914, période de tensions politiques, économiques, culturelles, militaires (naissance de la Triple-Entente et de la Triple- Alliance). L'accent est mis sur les mouvements d'idées, sur l'émergence simultanée de courants socialistes pacifistes et internationalistes et de courants nationalistes bellicistes et antisémites.
    L'Europe domine le monde par la colonisation et par la culture, mais cette domination externe s'accompagne de déchirements internes, autour des Balkans ou du Rhin, qui entraînent l'Europe sur la voie de la « marche à la guerre ». 

  • Le temps des Restaurations est pluriel, marqué par des discontinuités chronologiques, l'élaboration de modèles politiques différents et des formes de résistance multiples. Ce volume regroupe les contributions de spécialistes représentant près d'une dizaine de nations, revisitant le temps des Restaurations en Europe. Ces contributions témoignent de l'actualisation permanente de l'historiographie contemporaine, que ce soit dans le domaine politique, militaire, social, économique, culturel ou religieux.

  • Au Québec, les municipalités ont été récemment reconnues comme gouvernement de proximité. Si elles sont familières aux citoyens, leurs actions et leur fonctionnement interne ne sont pas pour autant bien connus. Le présent ouvrage apporte une vue d'ensemble sur le rôle et sur la place qu'occupent les municipalités dans l'action de l'État, et il ouvre la boîte noire de leur mode d'opération politico-administratif. Il adopte une perspective holistique qui empêche de réduire le rôle de la municipalité à la production de quelques services tangibles et qui resitue les questions de proximité dans les problématiques générales de la société.

    La municipalité est en première ligne pour le maintien d'un vivre-ensemble harmonieux et dynamique. Elle n'est pas un « gouvernement » comme les autres et son management doit tenir compte de sa spécificité. La municipalité ne sert pas seulement les citoyens ; elle les intègre comme coproducteurs des orientations, des services et du milieu de vie. Les élus sont plus que leurs représentants : ils sont des métagestionnaires qui décident autant des projets que des paramètres des opérations courantes. Il découle de ces particularités que la performance municipale est triple, à la fois organisationnelle dans la qualité de prestation des services, collective dans l'orchestration des initiatives de tous les acteurs du milieu et fondamentalement institutionnelle dans la confiance que les citoyens lui accordent pour les aider à s'épanouir. La responsabilité sur ces trois plans fait en sorte que le management municipal n'est pas une fonction de seconde classe dans la gestion publique et que son dynamisme est indispensable pour rendre efficace l'ensemble de l'action étatique.

  • Le contrat social qui fait de notre système de retraite un instrument majeur de solidarité sociale et intergénérationnelle est de plus en plus fragilisé. Devant le déséquilibre démographique et les déficits actuariels appréhendés, la tendance déjà lourde à faire entièrement reposer sur les individus la responsabilité d'épargner pour la retraite s'accentue, le rapport D'Amours l'a montré. Au-delà des inégalités que ce système imparfait perpétue, notamment à l'égard des femmes, c'est la possibilité d'une retraite décente pour tous qui est en jeu. Si l'on souhaite éviter que notre système de retraite bénéficie essentiellement aux institutions financières privées, la bonification des régimes publics et collectifs dans une optique de solidarité intergénérationnelle est non seulement un choix possible, il est plus que jamais nécessaire.

  • Cinquante ans après leur création, Le chat dans le sac de Gilles Groulx et À tout prendre de Claude Jutra ne peuvent nous laisser insensibles à leur quête de liberté, tout comme aux doutes et tourments qui les habitent. De quelle manière ces deux films résonnent-ils encore aujourd'hui? Ce dossier de 24 images cherche à réaffirmer l'inaltérable actualité du cinéma de Groulx et de Jutra en replongeant d'abord dans l'esprit de l'époque (témoignages d'artisans ayant oeuvré sur les deux films; récits de cinéastes sur leur rapport avec ces deux oeuvres) puis en créant des parallèles avec le jeune cinéma québécois actuel (absence de portée politique et sociale, « néovérisme » pessimiste, etc.).

  • Parue de manière bien à propos en cette fin décembre 2012 sous le titre de « Apocalypse now? », la plus récente édition de ­24 images­ s'intéresse aux productions cinématographiques qui tentent de saisir, à l'aube de toutes les apocalypses possibles, réelles et imaginées, les peurs qui hantent nos sociétés et quels modes de représentations celles-ci empruntent pour s'exprimer. Le DVD accompagnant la revue présente pour la première fois un film d'une production étrangère, soit ­Un lac­ de Philippe Grandrieux. Un entretien avec la productrice de ce dernier est publié pour l'occasion. Pour conclure, la revue dresse un bilan de 2012, retour qui n'échappe pas non plus aux spectres qui planent sur notre époque troublée.

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