Henri Atlan

  • La Terre est ronde : tout le monde le sait. Pourtant, pour nos ancêtres, elle était plate. Leur savoir était-il inférieur au nôtre? Et aujourd'hui encore, que savons-nous véritablement? Dans notre monde rationnel, peut-on s'affranchir des croyances?
    De la science à la religion ou aux mythes, de l'horoscope à la superstition ou aux sondages, Henri Atlan décline les mille facettes des croyances : elles demeurent un rouage essentiel de notre rapport au monde, une articulation fondamentale de la pensée, indispensables à la connaissance, à l'intelligence et à la liberté.

  • « Hasard et nécessité », la vie n'a pas fini de nous surprendre. Réduite à des interactions moléculaires mais étendue à des lois d'organisation inattendues, elle est aujourd'hui observée dans des systèmes vivants dont la logique interpelle et renouvelle la pensée rationnelle. Qu'est-ce que l'organisé ? L'auto-organisé ? Pourquoi et comment percevons-nous des ordres dans la nature, d'où viennent les significations que nous leur attribuons ? En quoi le temps des systèmes vivants présente-t-il des propriétés étonnantes ?Notre psychisme, nos sociétés, objets des sciences humaines au statut toujours aussi mal assuré, nous font penser l'organisation comme une création ininterrompue de nouveau, de sens, de vivant, entre et à partir de deux formes de morts, entre le cristal et la fumée.Contextes d'une méditation sur un vivant qui déborde la biologie : les sciences de la nature, l'expérience de l'identité et de la pensée juives, la vie te la mort : biologie ou éthique ?

  • Les avancées de la biologie contemporaine posent de façon nouvelle des problèmes philosophiques anciens, tels que ceux des rapports entre le vivant et l'inanimé, entre le corps et l'esprit, l'erreur et la vérité. La philosophie de Spinoza, bien que datant du XVIIe siècle, apporte à ces problèmes des solutions plus pertinentes que la plupart des philosophies plus récentes, développées dans les siècles qui l'ont suivie. En retour, les acquis actuels des sciences physiques et biologiques, notamment des neurosciences cognitives, permettent de porter un nouveau regard sur certaines notions propres à la philosophie de Spinoza, telles que sa « petite physique », la nature cause de soi, la notion de matière, l'essence des choses, les genres de connaissance, qui acquièrent de ce fait un surcroît d'actualité. Une approche tout à fait nouvelle de la philosophie, et de Spinoza en particulier, grâce à la biologie et aux sciences cognitives. Henri Atlan est à la fois médecin, biologiste et philosophe. Ancien chef de service à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu à Paris, il est professeur émérite de biophysique, fondateur et ancien directeur du Centre de recherche en biologie humaine à l'hôpital universitaire Hadassah de Jérusalem. Il est également directeur d'études en philosophie de la biologie à l'EHESS. Il a notamment publié Entre le cristal et la fumée, Les Étincelles de hasard, ainsi que, aux éditions Odile Jacob, Le Vivant post-génomique, qui ont été de grands succès. 

  • Après la pilule contraceptive, l'insémination artificielle, la fécondation in vitro, une prochaine étape sera l'utérus artificiel. Sans doute cette technique aura-t-elle d'abord des fonctions thérapeutiques, remplaçant les incubateurs actuels pour maintenir en vie les grands prématurés. Toutefois personne n'est dupe. Les techniques de procréation, initialement développées à des fins médicales, débordent inévitablement ces indications strictement thérapeutiques. Ainsi, les utérus artificiels seront utilisés pour des " désirs d'enfant " que la procréation naturelle ne permet pas de satisfaire. Tout en exposant les conditions de réalisation de l'utérus artificiel, Henri Atlan prend la mesure des retombées sociales et culturelles, économiques, politiques, religieuses, voire métaphysiques, de cette nouvelle technique. Mais tout cela n'est pas pour demain. Semi-fiction, ou expérience de pensée, ce livre éclaire d'une lumière plus brutale des problèmes bien réels et actuels. Continuant et achevant peut-être une évolution déjà commencée, la procréation, dissociée de la sexualité, sera de plus en plus médicalisée tandis que la parenté sera de plus en plus sociale, de moins en moins biologique. Rien n'est définitivement joué. Impossible de prévoir comment l'UA façonnera l'avenir des sociétés humaines. Et si les mythes et la fiction peuvent ici éclairer la technique, le " meilleur des mondes " n'est pas assuré.

  • La biologie moléculaire depuis les années soixante a largement utilisé des métaphores empruntées à la cybernétique et à la théorie de l'information.Ces métaphores ont eu souvent pour effet de masquer la complexité des phénomènes biologiques. Elles sont dans ce livre analysées de façon critique et réinterprétées.La théorie de l'information est étendue aux conditions formelles de création d'information et sert ainsi à établir les bases d'une théorie de l'auto-organisation, non seulement en biologie mais aussi pour les sciences humaines.Le principe de complexité par le bruit permet de comprendre le rôle du hasard, ou «bruit développemental», comme facteur d'organisation dynamique des systèmes complexes.La biologie post-génomique actuelle redécouvre la pertinence de ces analyses et des applications de ce principe, notamment en physiologie cellulaire, en immunologie et dans les neurosciences.Publié en 1972, ce livre est aujourd'hui un classique.

  • Croyances

    Henri Atlan

    Comment expliquer le monde ?
    "Certaines croyances sont-elles plus vraies que d'autres ?" La terre est ronde : tout le monde le sait. Pourtant selon nos ancêtres, elle était plate. Leur savoir était-il inférieur au nôtre ? Et aujourd'hui encore, que savons-nous véritablement ? Dans notre monde rationnel, peut-on s'affranchir des croyances ?
    De la science à la religion ou aux mythes, de l'horoscope à la superstition ou aux sondages, Henri Atlan décline les mille facettes des croyances : elles demeurent un rouage essentiel de notre rapport au monde, une articulation fondamentale de la pensée, indispensables à la connaissance, à l'intelligence et à la liberté.

    Photographie : © Nick Ballon Conception graphique : Raphaëlle Faguer © Autrement www.autrement.com © Éditions Autrement, Paris, 2014.

  • Pierre Musso a introduit la conférence de Henri Atlan «Qu'est-ce qu'un modèle?», présentée à la chaire d'Enseignement et de recherche «Modélisations des imaginaires, innovation et création», le 24 mars 2011 à Paris, en rappelant cette phrase d'Alfred Fessard: « la principale idée directrice d'Henri Atlan est que si la notion d'information peut nous aider à reconnaître l'ordre biologique qui existe dans le monde vivant, ce n'est pas sous la forme d'une évaluation statique de la complexité structurale des systèmes, c'est comme taux de production (ou de destruction) d'information... dans ces systèmes, tels qu'ils se trouvent confrontés à leur environnement».

  • Évaluer l'importance d'une fraude financière est possible. Cependant, comment prendre la mesure d'un presque mensonge, de la mauvaise foi ? Par exemple dans l'industrie pharmaceutique ou dans les imbrications écolo-scientifico-idéologiques. Et comment arbitrer des manigances politiques, apprécier les supercheries de certains professionnels de la communication ?Henri Atlan, membre du Comité Consultatif National d'Éthique à sa création, choisit de nous éclairer à l'aide du concept d'onaa qui désigne en hébreu à la fois la fraude, dans les transactions financières, et la blessure verbale infligée par des paroles. Le monde de l'onaa est celui de l'entre-deux : on ne rêve plus ici de Platon, d'une vérité absolue, totale. À l'idéal d'une impossible pureté on substitue la conception d'une réalité plausible, imposant les limites de la loi pour imposer un moindre mal.Le monde de l'onaa est celui du presque vol, du quasi-mensonge. Nous sommes ici dans un univers de pratiques qui ne croit pas à la pureté d'une solidarité fusionnelle, garantie par la présence d'un dieu.Aujourd'hui, il semble qu'aucun discours, pas même l'usage d'énoncés scientifiques, n'est à l'abri de dérapages frauduleux, volontaires ou involontaires. En temps de crise financière et morale, qui fragilise les démocraties, Henri Atlan éclaire des textes quelquefois anciens pour repenser le statut de la fraude dans notre monde contemporain.Biologiste et philosophe, Henri Atlan a publié dans la même collection notamment : Tout, non, peut-être. Éducation et vérité (1991), Les Étincelles de hasard I et II (1999 et 2003), L'Utérus artificiel (2005).

  • Peut-on enseigner la vertu (Protagoras) ? Ou bien son apprentissage n'est-il rien d'autre que l'écoute patiente du savoir scientifique et la soumission à la vérité qui s'y dévoile (Socrate) ? L'efficacité scientifique a imposé la recherche critique de la vérité comme critère ultime en matière de formation, avec l'espoir d'une rencontre harmonieuse entre vérité, liberté individuelle et justice sociale. Mais la subtilité des problèmes d'éthique et de société que posent les sciences et les techniques sans donner les moyens de les résoudre fait éclater l'idéal socratique. C'est la revanche de Protagoras et de l'opinion, du poétique et de la rhétorique.Prenant la mesure de ses propres limites, la raison scientifique s'identifie ne peut plus fonder à elle seule un système d'éducation. Associée à la critique philosophique, elle doit partager son pouvoir - sans pourtant s'y dissoudre - avec le pouvoir politique et celui des médias.La recherche de concepts opérationnels a fait considérer la totalité, la négation et le possible comme de faux concepts, malgré leur rôle déterminant dans le développement des individus. Retrouver le tout, le non, le peut-être, au-delà du dénombrable, de la soustraction et du potentiel qui les ont remplacés, implique une relation nouvelle à la vérité et à la croyance, une recherche pragmatique du souverain Bien.

  • A tort et à raison... Comme dans une histoire qu'on attribue - probablement à Tort - au Talmud. Un maître rendait la justice entre deux plaignants devant ses disciples devant ses disciples. Au premier qui exposait son cas, le juge, après une longue réflexion, décida de donner raison. Mais, quand le deuxième eut fini de plaider, le juge lui donna aussi raison. Aux disciples qui s'étonnaient, alors le maître, après une nouvelle réflexion, répondit : « En effet, vous avez raison. »Cet ouvrage veut montrer qu'il existe plusieurs rationalités, différentes façons d'avoir « raison », légitimes bien que différentes, pour rendre compte des données de nos sens. Nous affirmons qu'avec raison, nous distinguons les objets et les méthodes des sciences physiques, des sciences du vivant, des sciences de l'homme, aux intérêts et aux enjeux différents ; et aussi ceux de traditions mystiques et mythiques où nous avons appris à reconnaître la possibilité d'une autre rationalité. Et qu'à tort certains tentent d'unifier le tout dans la synthèse d'une connaissance initiatique où se dévoilerait une Réalité Ultime éternelle et ubiquitaire.A tort et à raison au nom de quoi ? Au nom de la raison, bien sûr, mais d'une raison acrobatique et sans filet qui ne peut plus se prévaloir d'une métathéorie. Face aux risques de confusions qu'un besoin irrépressible de fonder l'Ethique (et la politique) en vérité objective explique probablement, il est un remède possible : l'humour sérieux de la multiplicité et de la relativité des jeux de connaissance, de raison, d'inconscient et de langage...

  • Comment des structures fonctionnelles aussi complexes que les virus et les réseaux de neurones émergent-elles ? Découlent-elles nécessairement d'un projet intentionnel, voire d'une volonté providentielle ? Ou bien ces ensembles complexes sont-ils capables de s'organiser eux-mêmes ? Henri Atlan tente, dans ce livre, de répondre à cette question fondamentale. Démontrant ici toute la richesse du concept d'auto-organisation, il fait apparaître les limites des modèles informatiques adoptés par la génétique depuis des décennies ; il fait émerger de nouvelles méthodes scientifiques pour modéliser le réel ; il bouleverse la façon dont inné et acquis se distinguent, se combinent et s'articulent. D'une redéfinition complète de la cellule à une analyse révolutionnaire des actions volontaires et à une nouvelle conception de l'unité entre le corps et l'esprit, Henri Atlan nous ouvre ici de nouvelles perspectives pour penser la complexité du vivant et de l'humain. Henri Atlan est à la fois médecin, biologiste et philosophe. Ancien chef de service à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu à Paris, il est professeur émérite de biophysique et directeur du Centre de recherche en biologie humaine à l'hôpital universitaire Hadassah de Jérusalem. Il est également directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Henri Atlan a, en particulier, publié L'Organisation biologique et la Théorie de l'information, Entre le cristal et la fumée, Les Étincelles de hasard, qui ont été de grands succès.

  • Les succès comme les excès de la biologie moléculaire se sont en partie construits sur la métaphore informatique du "programme" génétique. Henri Atlan s'interroge sur les implications de cette métaphore pour l'orientation des recherches et des interprétations scientifiques, mais aussi pour l'information destinée aux non-spécialistes, citoyens et décideurs. Des découvertes récentes concernant les prions, le clonage ou la biologie du développement viennent ébranler le modèle, relancer le débat sur les effets épigénétiques et soulignent les limites de ce nouveau réductionnisme. Les théories de la complexité et de l'auto-organisation du vivant, dont Henri Atlan fut l'un des pionniers, éclairent ces questions et permettent de les situer dans la perspective plus globale de l'évolution de la biologie moderne.

  • L'intelligence et la culture ne suffisent pas à caractériser l'humain. Nous partageons avec tous les vivants une histoire commune, des mécanismes communs, que les chercheurs explorent de plus en plus finement. La vie a changé de statut. Les dernières découvertes établissent une continuité graduelle entre le non-vivant et le vivant et brouillent la frontière entre humain et non-humain.

  • Des matrones de l´Antiquité à l´utérus du futur, la grande aventure de l´enfantement.C´est assurément un heureux événement, si naturel, si banal, et si bouleversant. Longtemps, la naissance du petit d´homme est restée un merveilleux mystère, et une épreuve pour les mères. Avant que la science et la médecine ne viennent s´en préoccuper, on l´a nourrie de mythes, de croyances, de rituels parfois déconcertants. Par quel enchantement un bébé surgissait-il ainsi du ventre des femmes ? La naissance a toujours intrigué l´humanité et malgré son caractère intime, obsédé l´Église comme l´État qui ont tenté de s´en emparer. Lourde responsabilité que de porter le devenir d´une espèce !

    Comment expliquait-on autrefois l´apparition d´un enfant ? Comment l´accueillait-on ? Comment les femmes ont-elles vécu leur grossesse au fil des siècles ? Comment les méthodes d´accouchement ont-elles évolué ? Où en sommes-nous aujourd´hui ? Jusqu´où pouvons-nous aller ? Nous dirigeons-nous vers une nouvelle révolution de la naissance, vers une artificialisation complète de l´émergence de la vie ? Sans douleur, sans violence, et demain... sans mère ?

    En trois temps - La naissance autrefois, la révolution de la naissance, Naître demain - trois des meilleurs spécialistes, dont le professeur René Frydman, père du premier bébé éprouvette et pionnier des techniques in vitro, retracent ici cette prodigieuse épopée, des matrones de l´Antiquité aux futurs vertigineux que la science nous prépare. Désormais, procréation et sexualité peuvent être totalement dissociées ; on peut avoir un enfant si on le veut, quand on le veut, et bientôt comme on le veut, grâce à des technologies inédites : congélations des ovules pour les garder pour des jours meilleurs, sélection des embryons vierges de maladies héréditaires ou encore, perspective moins éloignée qu´on le croit, utérus artificiel qui fera naître des enfants à l´extérieur du corps des mères...

    En se penchant sur la manière dont on fait des petits d´homme, nos spécialistes, qui s´expriment sans tabou, nous interrogent aussi sur l´identité humaine, et nous entraînent dans une réflexion essentielle sur le devenir de notre espèce.

  • Trop souvent, la philosophie se présente comme une série de problèmes qui seraient à la fois inévitables et insolubles pour tout esprit normalement constitué et qui fait de la philosophie : Dieu, les relations du corps et de l'âme, la liberté, le bonheur, etc. Henri Atlan et Roger-Pol Droit souhaitent indiquer des chemins qui mènent ailleurs - paraphrasant ainsi le titre de Heidegger, Chemins qui ne mènent nulle part. Ils conduisent vers des contrées intellectuelles où ces grandes impasses, tout simplement, n'existent pas. La pensée juive, celle du Talmud comme de la Kabbale, la pensée indienne, celle du brahmanisme et du bouddhisme, forment des univers philosophiques où nos interrogations réputées les plus nécessaires n'ont plus de consistance.

    Il est donc possible de revisiter quelques grands thèmes fondamentaux de la pensée philosophique occidentale en montrant qu'ils ne possèdent plus, dès qu'on les déplace ailleurs, le même sens ni la même nécessité. Le dialogue entre Henri Atlan et Roger-Pol Droit avance dans cette direction, susceptible de modifier ce que nous appelons «universel». Les auteurs parlent clair. Leur échange de vues s'adresse à un large public. Aucune connaissance spécialisée n'est requise pour suivre cette tentative d'ouvrir la pensée à de nouveaux horizons. Pour faciliter les repères, les principaux textes auxquels les auteurs font référence sont reproduits sous forme d'encadrés.

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