Gilles Del Pappas

  • Prenez deux hommes, l'un recherché par la police, l'autre toujours en quête d'un coup tordu. Faites-les cavaler à travers l'Amérique du Sud ; ajoutez des jolies filles, deux ou trois pincées de revolvers et de fusils, quelques truands interlopes et beaucoup, beaucoup d'or. Saupoudrez de coups de feu et de dollars. Incorporez des rebondissements et une bonne dose de suspense. Agitez le tout dans des paysages de folie. Laissez reposer quelque temps. Montez la température, parsemez d'amour et de sexe. Distillez de l'émotion. Faites revenir le tout dans la cité phocéenne. Servez bien écrit. La bouillabaisse façon Del Pappas est prête !
    Gilles Del Pappas signe ici un roman policier passionnant et diablement dépaysant. Le héros est un truand sympathique mais poissard, le méchant un authentique salopard, les seconds couteaux qui gravitent alentours résolument tordus... Et les femmes ? Toutes des... Sauf la bien-aimée du héros évidemment !

  • A la rasbaille

    Gilles del Pappas




    L'expression « avoir les boules » peut être saignante lorsqu'on veut lever la gagneuse d'un mac marseillais.

    HO CON A LA VOILE !
    Il me jette un regard étonné, il s'attendait au coup vicelard dans le bedelet ou pire dans les roustamboffis. Parce que... C'est pas la première fois que je lui fous une bonne rouste. Pourtant, c'est un ancien poids léger. Mais son passé de boxeur, ça date, et puis... moi j'ai l'énergie, la jeunesse... et lui le pastaga.
    - Allez, relève-toi fada...
    Cette histoire racontée par un autre que Del Pappas, l'amoureux de Marseille, surtout si cet autre était « Lyonnais » ou pire « Parisien », sonnerait « folklorique ». Au cas présent, notre homme nous taille une tranche de vie « avé l'assent » parsemée d'expressions aussi gouleyantes qu'un rosé bien frais. (glossaire fourni)

  • Tête de pioche

    Gilles del Pappas

    • Ska
    • 1 January 2016


    La circulation automobile à Marseille a des caractéristiques frappantes...

    « Il freine brutalement, et s'arrête tout juste. Un peu plus et il s'encadrait dans la portière du mec, qui l'engueule. Il voit la face congestionnée d'un pépé de mauvaise humeur, il a eu très peur. Il rigole : « Alors Pépé, t'as fait dans ton froc ? Il recule rapidement pour ne pas se trouver sur la file de gauche quand le feu repassera au vert, le conducteur de la bagnole qui le suit lui balance des appels de phares. - Fais chier ! » Il exhibe un magnifique bras d'honneur. »
    Gilles del Pappas brosse un portrait sans fard de certains travers observés dans la cité phocéenne, « comme si vous y étiez », avec l'accent et les mots pour le dire. Comme il est marseillais, on ne peut le suspecter de préjugé.

  • Alors qu'elle est plongée dans le dossier brûlant de la FIFA, Clémentine Paccini, jeune commissaire du 36 Quai des Orfèvres, forte tête et passionnée de gastronomie, est dépêchée en urgence en Marseille. Stupeur dans le monde du football et dans la France entière : le charismatique entraîneur de l'OM est retrouvé assassiné sur la pelouse d'un terrain d'entraînement. Au côté du directeur de l'enquête, Romain Dugrand, Clémentine va devoir jouer des coudes dans un milieu presque exclusivement masculin et pour le moins réticent à voir une femme se mêler du sport suprême à Marseille. Pourtant, rien n'arrête la jeune femme et son flair est tout aussi aiguisé que son palais. Quand d'autres meurtres se succèdent à la Commanderie, le centre d'entraînement marseillais, Clémentine va réveiller de bien douloureux secrets...




  • La rencontre de militants communistes et de nostalgiques de l'Algérie Française ne laisse rien présager de bon...

    - Alors, qui fait le "C"?
    - Ben... on a dit que c'était Lionel.
    Ils sont une vingtaine de militants, réunis là, dans le petit appartement de Robert. Il est huit heures. On attribue les tournées pour la distribution de l'Huma. Liette, la femme de Robert passe, la cafetière brûlante à la main.
    - Du café? Qui re-veut du café?
    Des doigts se lèvent.
    - Moi, moi...
    Marcel est un nouveau venu dans la cellule du coin. Un jeune homme qui a quitté la région parisienne pour s'installer, près de la gare Saint Charles, au Racati. Robert, qui s'intéresse un peu à l'histoire de Marseille, prétend que ce nom provient du provençal raquer. Ce qui veut dire en fait, dégueuler.

    L'humour est au rendez-vous malgré la noirceur du propos. À la manière Del Pappas, bon enfant, avec des dialogues qui fleurent bon le Marseille populaire.

empty