Dominique Attias

  • De nos jours, l'enfant maltraité est considéré comme une victime que le Droit doit protéger. Mais pour édicter les mesures appropriées, pour éviter qu'aux traumatismes de l'agression ne s'ajoute celui de la judiciarisation, il faut comprendre la souffrance de l'enfant, rechercher les conditions propres à l'apaiser, et voir si elles sont compatibles avec les principes du droit en vigueur.

    Comment éviter qu'un enfant, déjà traumatisé par l'agression qu'il a subie, ne revive cette scène cruelle en la racontant à plusieurs reprises devant des policiers et des magistrats censés le protéger ? Comment éviter qu'un enfant victime ne se retrouve dans le box des accusés comme dans le procès d'Outreau ? Comment amener un enfant violenté et trahi par des adultes, et parfois par ses propres parents, à se retrouver en confiance face aux magistrats qui vont l'interroger lors du procès contre son agresseur ? Des juristes confrontent leur réflexion à celle de médecins, pédiatres, pédopsychiatres et psychanalystes, dans l'objectif de mieux protéger l'enfant au cours de son parcours  devant les tribunaux.

     

  • Comment faire pour que le placement soit réussi, qu'il soit accepté par les enfants et par les parents et que ceux-ci ne soient pas disqualifiés ?

    Pour placer un enfant, il faut le déplacer ; pour le transplanter, il faut le déraciner, l'arracher à sa famille, à ses frères et soeurs, à ses amis, à son quartier, le plonger dans un univers inconnu, étranger, angoissant. Comment faire pour que la rupture ne soit pas un traumatisme supplémentaire ? Comment l'accueillir, avec ses souvenirs douloureux, ses colères, sa violence, sa peur, comment faire pour que le placement ne soit pas une tragédie, pour que l'enfant se tranquillise, se stabilise, retrouve des repères, reprenne confiance en lui et dans les autres, et recouvre l'enfance qui lui a été volée ?

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