Antigone Mouchtouris

  • Cet ouvrage contribue au débat actuel sur la fonction des intellectuels. Il traite de la confrontation des élites intellectuelles et suggère que leurs conduites sont inscrites dans une démarche pour interpréter le monde, mais également pour imposer leurs propres idées aux autres. En d'autres termes, la compétition des élites intellectuelles nous interroge sur la question des idées et des êtres humains qui les font naître et les portent.

  • Où placer l'expression créatrice du corps ? Comment privilégier la vision politique des relations humaines qui se forme autour du corps juvénile ?
    Traditionnellement, en se focalisant exclusivement sur la question de la socialisation du jeune, on passe complètement à côté de la dynamique que produit son corps. A l'adolescence, le corps est en constant mouvement. Simultanément sa construction sociale prend le mouvement à bras le corps.
    Cet ouvrage explore une nouvelle manière d'interpréter les conduites juvéniles. Il se distingue des discours habituels sur le social, en privilégiant la dimension politique de ces actions - Politique au sens grec du terme. Il met en avant l'utilisation du corps par le jeune dans sa contre-culture. Regard contemporain critique sur les rapports établis, entre corps, éducation pour la santé et jeune. La société propose et le jeune dispose. L'analyse des représentations sociales nous offre une visibilité nouvelle des dynamiques de l'éducation pour la santé. Elles rompent avec les lectures normatives et moralisantes de cet aspect de la santé publique. Ce livre dévoile l'expression du corps dans les manifestations sociales en recentrant le débat théorique, sur une conception du bien-être. Le corps du jeune devient le topos des transformations sociales.
    Antigone Mouchtouris, Sociologue, Professeure des Universités, Université de Perpignan Via Domitia, est spécialisée dans le domaine de la culture et de l'anthropologie sociale. Elle a collaboré avec le CRESS du Languedoc Roussillon, DRASS, CRESS de l'Ile-de-France, elle était chargée d'enseignement et de la recherche à l'Ecole de Santé Publique à la Faculté de l'Université de Nancy, et à l'Ecole des Sages-Femmes de Montpellier. Toutes ces recherches ont été menées sur les représentations sociales en matière de santé dans la population jeune. Elle anime à l'Université, au sein du laboratoire VECT, la problématique des dynamiques sociales et pratiques culturelles, tout en continuant ses recherches sur l'anthropologie sociale.

  • L'oeuvre de Paul-Henry Chombart de Lauwe reste présente essentiellement dans trois domaines : l'urbanisme, les aspirations sociales et les dynamiques de la contre-culture. L'ouvrage focalise une constante de son travail de chercheur, celle qui consiste en la nécessité de créer des outils théoriques afin d'interpréter la complexité des conduites sociales. La lecture sociologique que nous propose P.-H. Chombart de Lauwe met l'homme au centre de tous les questionnements.

  • La métamorphose, présente dans la littérature et la mythologie, est aussi une catégorie sociologique. Elle se situe entre la forme et l'apparence, le visible et l'invisible, la norme admise et celle non admise. L'auteur la présente dans le monde contemporain en perspective de la réalité sociale, et l'introduit comme moyen de stratégie pour amener sa dimension sociologique. L'ouvrage amorce le débat sur la conception sociale du jugement à travers les enjeux de la perception en présentant les diverses formes de la métamorphose.

  • Cet ouvrage enrichit et nourrit le débat sur l'observation en tant que méthode d'analyse, qui exige de faire abstraction des préjugés et d'éviter tout raccourci intellectuel. Cette approche scientifique rompt avec l'empirisme naïf par la nouvelle démarche qu'elle nécessite pour comprendre la formation des conduites sociales.

  • La culture et l'accès à la culture sont considérés comme un moyen de démocratisation. Cependant la culture est un moyen de prestige social par excellence. Une politique culturelle se définit comme un espace à travers l'institution culturelle, la création artistique et le public. Comment ces trois réalités peuvent-elles se rencontrer et réagir ? Quelle est la dynamique qui se produit dans les rapports établis entre le spectateur l'institution et l'expression culturelle ?

  • Cet ouvrage explore les différentes contradictions de la culture populaire. Il se distingue des discours habituels qui ne retiennent qu'aliénation et manipulation. Où placer l'expression créatrice dite populaire ? Comment privilégier la vision artistique du monde ? Par l'analyse des expressions de la culture populaire, tant au niveau des acteurs qu'au niveau des époques historiques, il nous offre une visibilité nouvelle des dynamiques de l'espace social. Regard contemporain sur les rapports entre Culture, culture populaire et contre-culture.

  • Après avoir publié des ouvrages sur les passions sociales, la nostalgie, la honte et les remords, Antigone Mouchtouris poursuit un cycle de réflexions sur le rôle des émotions dans la vie sociale. Les analyses sociologiques sur la dimension sociale des émotions sont peu nombreuses. Ce livre comble cette lacune en privilégiant l'idée que tout commence par des émotions. Toutes les grandes transformations des actions humaines ont la particularité d'être à la fois personnelles et collectives ; elles ont la capacité de créer les liens sociaux qui aboutissent à de nouveaux rapports au monde. En privilégiant les émotions, cet ouvrage met en lumière leur propriété de mobiles des actions transformatrices.

  • En 1966, alors que le LSD était encore légal, les artistes étaient préoccupés par l'exploration du potentiel cognitif, la conquête de la « liberté interne ». Ils n'hésitaient pas à avoir recours aux psychotropes pour parvenir à des états seconds et à une conscience modifiée. Ils s'intéressaient aux philosophies orientales et au chamanisme de la Sibérie et de l'Amérique du Sud, à l'ayahuasca et au peyotl, dans leur recherche de nouvelles formes d'existence. Ce numéro riche en contenu explore, cinquante ans après, le rôle des prothèses chimiques dans l'art d'aujourd'hui et en quoi elles seraient supplantées par des « suppléments technologiques ». Nous pouvons nous demander si, en 2016, les artistes sont encore préoccupés par les « portes de la perception », s'ils cherchent une conscience augmentée, sinon une humanité transformée (H+). Avons-nous encore besoin de raccourcis spirituels, d'accélérateurs psychiques, d'électrochocs culturels?

  • La période de grandes transformations sociales que nous vivons actuellement est propice à l'émergence et au développement du sentiment de nostalgie, qui peut même devenir une attitude de vie. Tous les sociologues qui mènent des recherches sur l'immigration connaissent bien la présence de la nostalgie dans la vie des personnes qui en sont issues.
    L'analyse de ce sentiment nous permet de comprendre que l'être humain ne peut pas toujours être socialisé, ni s'adapter à n'importe quelles conditions de vie. Cet ouvrage interroge la nostalgie au niveau philosophique, littéraire, politique, ainsi qu'à travers ses manifestations dans la publicité et le cinéma.
    Un éclairage qui nous fait comprendre l'impact et l'influence de certains discours politiques qui exaltent le passé et nous aide à réfléchir sur la question de l'adaptation de l'être humain à son époque.

  • Apprendre à le gérer, résister à son accélération, se consacrer aux autres : le temps est aujourd'hui au centre de nos préoccupations. D'un côté, le quotidien apparait toujours plus surchargé, surbooké, laissant peu de temps pour aller à l'essentiel. De l'autre, face à ce temps sous pression, l'existence se décline en choix, en projets et accomplissements devant permettre de vivre pleinement sa vie.
    Comment, dans ce cadre, les devenirs se façonnent-ils dans les sociétés contemporaines ? À partir d'études de cas, cet ouvrage invite chacun à réfléchir sur son expérience du temps, quotidienne et au long cours.

  • Les émotions comme la honte et les remords sont des sentiments qui prennent leur source dans les rapports intimes des individus avec la société. L'originalité de cet ouvrage est de démontrer que pour l'individu, la transgression des règles et des interdits crée un mal-être.
    Ne pas être dans les normes de la représentation sociale peut devenir une souffrance mais aussi un levier pour modifier l'existant et a permis la société d'avancer au niveau des acquis sociaux.
    Cet ouvrage regroupe les recherches et réflexions de nombreux chercheurs européens qui ont ainsi donné naissance à « la vie intime des sentiments sociaux ».

  • Sans doute, seule la parole des femmes qui aspirent à construire une famille permet-elle de comprendre les mutations actuellement à l'oeuvre au sein de l'institution familiale. C'est dans son aspiration à l'indépendance économique et socio-politique que l'on peut trouver la racine du conflit entre la femme et la famille. La gestion de ce conflit, temporairement confiée à une tierce personne, apparaît comme une nécessité sociale, en attendant que les deux partenaires se reconnaissent mutuellement dans leurs nouveaux rôles.

  • Les jeunes de la nuit défraient les chroniques des journaux quasiment chaque semaine depuis une dizaine d'années. Ils sont devenus malgré eux les enfants terribles de notre époque. L'auteur analyse ici les discours symétriques des jeunes et des adultes sur la vie nocturne des cités. La liberté ou le laisser-faire accordés aux conduites nocturnes sont-ils une soupape de sécurité ou une menace pour l'ordre social ?

  • Cet ouvrage traite d'un sujet d'une extrême actualité : la destruction et le rapt culturel, véritable appropriation des biens et des oeuvres de l'esprit. La domination n'est pas que matérielle ou reposant sur la gestion du sol, mais est aussi intellectuelle. Elle sert à falsifier l'histoire et déposséder un peuple de son passé, tout en l'infériorisant. A partir du XVIIIe siècle, nous avons assisté dans l'histoire à un réel déplacement des biens culturels, à l'instar de ceux des êtres humains et des matières premières. La puissance d'un Etat est représentée par la mise à disposition de l'autre, provoquant chez les pays dominés un traumatisme social dans la formation de l'identité. Faire table rase du passé, de ce passé qui dérange. Cela démontre la façon dont le passé culturel fait peur. Se l'approprier ou le détruire sont des façons d'attaquer l'intime de la formation de l'identité de l'autre, afin que celui-ci ne puisse pas s'exprimer ou se révolter pour atteindre son autonomie.

  • Cet ouvrage rend compte des derniers travaux émanant des recherches menées par notre groupe dans le cadre du Réseau thématique Sociologie de la connaissance de l'Association française de sociologie et du Comité de recherche de même nom, créé par Georges Gurvitch en 1957, au sein de l'Association internationale des sociologues de langue française.

  • Différents imaginaires sociaux, actifs dans le monde commun et dans le monde savant, sont ici identifiés, analysés et interprétés : imaginaire du loup ; de la mauvaise mort dans les romans policiers contemporains ; du don du sang ; du voyage et du touriste ; de l'écrivain public et du passeur ; des publics des musées et de leur imaginaire ; de l'itinéraire imaginaire des visites muséales ; de l'Histoire et de la Préhistoire ; de la connaissance ordinaire, scientifique, et sociologique. Ces logiques sociales de l'imaginaire trament la vie collective. Cet ouvrage prolonge les recherches menées par notre groupe, dans le cadre du Réseau thématique Sociologie de la connaissance de l'Association française de sociologie et du comité de recherche du même nom, de l'Association internationale des sociologues de langue française.

  • Pour étudier les construits sociaux, les auteurs de cet ouvrage redéfinissent et mettent au travail les catégories et les classifications sociologiques les plus opératives. Elles sont exposées dans les textes fondateurs d'un certain nombre de penseurs majeurs, ici réactivés : Aristote, Platon, Leibnitz, Kant, Nietzsche, Weber, Durkheim, Mauss, Halbwachs, Heidegger, Goblot, Holton, Castoriadis, Axelos, Deleuze, Guattari, Foucault, Berger et Luckmann, Klein, Honneth, Descola, Boltanski, Thévenot, Bourdieu et plusieurs autres...

  • De génération en génération, l'oeuvre visionnaire d'Antonio Gramsci continue de révéler de nouvelles richesses. Aujourd'hui reconnu même par les conservateurs tant son génie ne fait plus question, ce grand auteur de gauche, victime par excellence du fascisme italien, attire à nouveau l'attention quand réapparaît la dérive autoritaire un peu partout sur la planète. Cet ouvrage livre une facette inédite de son oeuvre, pétrie d'une étonnante maturité épistémologique et permettant d'explorer de nouvelles perspectives. Tout en nuances, il permet de redécouvrir un Gramsci tour à tour humain, savant touche-à-tout, interdisciplinaire avant la lettre et philosophe politiquement engagé.

  • La tragédie ; socio-anthropologie d'une vision du monde Nouv.

    La tragédie est un genre théâtral, mais elle est surtout une vision du monde, un vécu ontologique et politique. L'histoire mémorable du héros, racontée et interprétée, est signifiante de la condition humaine. Elle est éclairante du passé et de notre présent le plus problématique. La mise à jour des racines grecques de la culture occidentale prolonge les recherches menées dans le cadre du réseau thématique Sociologie de la connaissance de l'Association française de sociologie, et du comité de recherche du même nom de l'Association internationale des sociologues de langue française. Comme les trois précédents ouvrages produits par ce collectif, celui-ci met en oeuvre une socio-anthropologie - convoquant l'histoire, la philosophie, la littérature, la narratologie et la psychanalyse - qui explore les multiples formes de connaissance, de conscience et de sensibilité, qui constituent notre rapport construit au monde, grâce auquel il demeure habitable.

  • Guerres, conflits, réveils nationalistes et même signatures de traités cristallisent autour d'eux nombre de représentations collectives : mythes de fondation ou d'identité nationale, mythologies de la chute, du paradis perdu ou de l'âge d'or... Et l'homme providentiel, dans les moments cruciaux de l'Histoire, revêt les habits du héros-sauveur, séduisant les peuples désorientés qui, pour le meilleur ou pour le pire, lui vouent un culte irrationnel.

    S'appuyant sur plusieurs exemples, spécialistes de littérature, philosophes, sociologues et anthropologues décryptent, à travers ce transfert sauvage du sacré sur le lien social, l'élaboration des mythes politiques de l'Antiquité à nos jours.

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