9782882501967

  • Cette autobiographie du grand dramaturge polonais nous ramène au Journal d'un retour publié par Noir sur Blanc en 1996 qui relatait le retour de l'auteur dans sa ville natale de Cracovie depuis son exil mexicain. Balthasar commence par la période de 1996 à 2005 et la confrontation avec la Pologne libérale, puis remonte plus loin dans le temps et s'intéresse à l'enfance de Mrozek jusqu'à son exil en 1963. On y suit le chemin tortueux d'une destinée. Enfant pendant la guerre, il connaît l'occupation nazie, la libération, les années de privation, la construction de la république populaire. Son récit nous touche : élève timide, étudiant en architecture, journaliste, étudiant en art, caricaturiste pour un hebdo, collaborateur d'un cabaret, il ne compose sa première pièce de théâtre, la Police, qu'en 1958. Dés lors il a trouvé sa voie. L'honnêteté de l'auteur est évidente : il évoque ses années d'appartenance au parti communiste qu'il ne quittera qu'après ses premiers séjours à l'étranger. C'est en 1968 qu'il rompra avec la Pologne officielle suite à l'intervention à Prague des troupes du Pacte de Varsovie. Il ne nous cache rien de sa lutte pour regagner l'usage de la parole et de la langue polonaise, après l'attaque cérébrale qu'il subit en mai 2002, mais demeure fidèle à son image. Il reste le miroir de la Pologne dans lequel chacun se reconnaît, sans jamais tomber dans le pathos ou l'ennui.

    L'écriture de ce texte autobiographique est entreprise par Slawomir Mrozek atteint d'aphasie à des fins thérapeutiques suite à une attaque cérébrale en mai 2002. C'est pour lui l'occasion de livrer des réflexions intimes sur son identité et sur celle des personnes atteintes d'amnésie ou de la maladie d'Alzheimer. Son alter ego Balthazar lui permet de nous livrer sa vision toujours aussi intelligente et souvent désabusée du monde. Aujourd'hui l'auteur va bien et maîtrise à nouveau le polonais, l'anglais et le français. La thérapie par l'écriture a fonctionné.

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