9782752901736

  • Lascaris d'Arabie

    Jean Soublin

    Le chevalier Jules Lascaris de Vintimille est dignitaire de l'ordre de Malte. Il a participé avec brio, sous les ordres de Napoléon, à la campagne d'Égypte, puis il a connu une longue période de disgrâce. Il s'exila en Crimée puis en Syrie où il devint un professeur de violon fort pauvre. C'est là que nous le retrouvons au début du livre, lorsqu'un colonel de Napoléon, Drovetti, se souvient de lui pour accomplir une manoeuvre diplomatique secrète.
    Lascaris a pour mission de s'introduire dans les tribus bédouines, de partager la vie de ces hommes - et femmes - en bleu, et de gagner leur confiance. Celle de leurs chefs avant tout, qu'il doit convaincre de s'unir en leur faisant comprendre que la France peut les aider à secouer et à se libérer du joug des Turcs. Ces tribus, qui couvrent les déserts de Syrie et d'Arabie, ont aussi la main sur les puits entre Damas et Bagdad.
    Lascaris se lie avec Fatallah, vendeur de pistaches, qui devient son homme de confiance. Il entre en contact avec Ibn Challan, le chef des Ruella, se fait passer pour un colporteur pour traverser les territoires de Corietain. Lascaris parvient à pactiser avec les émirs du désert qui songent à remettre la main sur Bagdad et acceptent de préparer le passage de la Grande Armée à travers le désert. Les Anglais ont la même intention que les Français. Ils ont dépêché sur place un certain Burckhardt qui donne un autre éclairage sur la personnalité de Lascaris tombé amoureux du désert et pas prêt à trahir " ses " Bédouins. D'ailleurs, lorsque Napoléon se désengage, trop pris par sa campagne de Russie, Lascaris leur reste fidèle. Menacé d'assassinat il passe pour de bon dans le camp adverse et se met au service d'une aventurière, elle-même à la solde des Anglais : Lady Stanhope, la propre nièce du premier ministre britannique. Celle-ci voudrait devenir princesse de Damas, et, blonde incendiaire, préfère les étreintes vigoureuses des esclaves aux propos tortueux de Lascaris.
    Notre (anti-)héros se noie dans la mondanité mais rêve encore : de devenir bédouin, de livrer la Syrie à l'Arabie pour que les Arabes forment un peuple unifié. La folie le gagne au Caire et il meurt en doutant, et en nous faisant douter, de ses propres souvenirs.
    La méticuleuse érudition de Jean Soublin fait des merveilles dans ce patchwork de correspondances, de rapports, de journaux intimes qui confère toute sa réalité à une existence qui a de quoi laisser rêveur.

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