Littérature traduite

  • La petite lumière Nouv.

    La petite lumière

    Antonio Moresco

    « Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant » :
    Ainsi commence La Petite Lumière. C'est le récit d'un isolement, d'un dégagement mais aussi d'une immersion. Le lecteur, pris dans l'imminence d'une tempête annoncée mais qui tarde à venir, reste suspendu comme par enchantement parmi les éléments déchaînés du paysage qui s'offrent comme le symptôme des maux les plus déchirants de notre monde au moment de sa disparition possible.
    L'espace fait signe par cette petite lumière que le narrateur perçoit tous les soirs et dont il décide d'aller chercher la source. Il part en quête de cette lueur et trouve, au terme d'un voyage dans une forêt animée, une petite maison où vit un enfant. Il parvient à établir un dialogue avec lui et une relation s'ébauche dans la correspondance parfaite des deux personnages.
    Cette correspondance offre au narrateur l'occasion d'un finale inattendu.
    La petite lumière sera comme une luciole pour les lecteurs qui croient encore que la littérature est une entreprise dont la portée se mesure dans ses effets sur l'existence.

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  • Histoire de tönle

    Mario Rigoni Stern

    Dans ce récit écrit sans artifices, tönle, berger du plateau d'asiago, à la frontière du royaume d'italie et de l'empire austro-hongrois, doit, pour survivre et nourrir sa famille, se faire contrebandier, soldat, mineur en styrie, colporteur d'estampes jusqu'aux carpates, jardinier à prague, gardien de chevaux en hongrie.
    Mais pour ce solitaire anarchisant, le monde finit avec la première guerre mondiale, quand le plateau se transforme en un champ de bataille oú il erre obstinément en compagnie de ses moutons. c'est avec eux qu'il repassera la frontière, prisonnier civil sur ces terres oú il fut libre. il mourra au pied du plateau. les romans de mario rigoni stern (1921-2008) sont devenus en italie comme en france des classiques.

  • Rendu à la liberté en 1951 après avoir traversé l'expérience des camps les plus durs du stali- nisme (notamment les terribles mines d'or de la Kolyma), Chalamov entreprend avec une ardeur farouche de renouer - à travers son oeuvre mais aussi grâce à une foisonnante correspondance - les liens rompus avec la vie et la création.
    L'interlocuteur privilégié est d'abord Alexandre Soljenitsyne. Chalamov confronte, avec celui qui fut le premier à défier aux yeux du monde le système communiste, sa vision de l'interne- ment concentrationnaire. Il rend hommage à Une journée d'Ivan Denissovitch qui vient de paraître, mais il n'en dispute pas moins avec son auteur de tous les détails qui font la force, la vérité du témoignage et la nouveauté d'une écriture.
    Jugeant cette terrible traversée comme un temps absolument funeste, il définit ce que signifie dès lors à ses yeux écrire sur les camps et fait ainsi apparaître, entre lui et le grand prophète slavo- phile, une fracture qui est encore aujourd'hui au coeur d'une vive polémique.
    Par ailleurs, Chalamov exprime son enthou- siasme à Nadejda Mandelstam (la compagne fidèle du grand poète du même nom) pour son livre Contre tout espoir, large fresque parcourant le monde artistique du XXe siècle russe. Ainsi naît une grande amitié dont témoignent ces échanges épistolaires. Quelques lettres à des amis du camp viennent compléter le volume.

  • « Ici, en haut, il y a une certaine heure. Les ravines et les bois, les sentiers et les pâturages deviennent d'une couleur vieille rouille, puis violette, puis bleue :
    Dans le soir naissant, les femmes soufflent sur leurs réchauds, penchées au-dessus des marches, et le bruit des clarines de bronze arrive clairement jusqu'au village. Les chèvres se montrent aux portes avec des yeux qui semblent les nôtres. » La douloureuse question qu'une vieille femme, après laspus et repentirs, pose au prêtre d'un village perdu de l'Apennin, dans Maison des autres, ne peut avoir de réponse : l'univers minéral et désolé où elle affleure, par la magie d'une prose obsédante, se referme sur le drame indicible qui fait le livre.
    /> Tout aussi dense est la rencontre d'un instituteur et d'un « veuf de village », à la fin de la guerre, dans Un moment comme ça, qui débusque le tragique sous l'apparence du sordide, et qu'on peut lire comme un double de Maison des autres dont la figure féminine serait absente.
    Mais le vrai mystère de ces deux récits tient à la façon dont leur rythme même transforme en consolation la profondeur du deuil.

  • Pluie jaune

    Julio Llamazares

    Au seuil de la mort, un homme achève l'expérience extrême de l'abandon.
    Pour conjurer la peur, il parle. Il raconte avec une grande pudeur et une douceur infinie, sa cruelle traversée. Il réveille dans ce village oublié des Pyrénées aragonaises, les visages disparus que la maladie, la vieillesse, la guerre mais surtout l'exode ont emportés jusqu'au dernier - lui. Il évoque sa résistance obstinée contre les forces de la nature, contre les mensonges de la mémoire, les illusions du réel ou les exaltations de la folie.
    Ce chant âpre et fascinant - écrit dans une langue simple mais imagée, sensible, enveloppante, volontiers itérative au point de susciter ce sentiment étrange de déjà vécu - emporte celui qui écoute vers un point de vertige où s'évanouissent ensemble, dans la chute lente des feuilles de l'automne, l'éphémère et l'éternel.

  • Lune de loups

    Llamazares J

    Quatre jeunes gens traqués par la haine fratricide tachent de survivre dans la montagne, cachés dans les cavernes et les bois.
    La guerre civile passe au fond de ce récit avec sa cohorte de détresse, de violence et de mort. mais au fond seulement. l'histoire de ces hommes, de ces animaux nocturnes et solitaires, est plutôt celle d'un mauvais rêve, celle d'un voyage intérieur vers les sources mêmes du lyrisme et de la transfiguration poétique du réel. loin de nous enfermer dans la nuit sans issue d'un maquis condamne le récit ouvre sur un autre monde, moins visible et plus incarné à la fois, plus élémentaire et plus dense.

  • Il est question ici du triangle qui unit celui qui écrit, celui qui lit et le troisième - qui aux deux autres donne existence -, le mot. Entre les trois coule l'encre, sang noir de l'écriture.
    Tout écrivain « professionnel » est un dresseur de mots. Les « tueurs de lettres » ont été de ces dresseurs ; ils ont formé ce club, étrange petite société secrète, et chaque samedi, comme d'autres jouent aux cartes, fuyant un public de lecteurs de plus en plus décérébrés et voraces, ils se réunissent dans une chambre, bibliothèque ascétique, aux rayons vides. Chacun des tueurs de lettres va dérouler son récit dont aucune trace ne doit subsister...
    Et cependant un texte est là. Qui l'a écrit ? Pour témoigner de quoi ? Peut-on tuer les lettres sans effusion d'encre, sans qu'en épilogue le sang se mette à couler ?

  • Les années vingt

    Varlam Chalamov

    Préparées depuis le début du siècle par une profusion de mouvements à la recherche de formes neuves et de nouvelles théories, les années vingt en Russie voient l'apogée d'une vie intellectuelle intense en dépit des pénuries, des rivalités et des morts.
    En 1962, à la demande d'un éditeur, Chalamov fait retour sur cette période. retrouvant l'enthousiasme de ses années de jeunesse vécues au coeur du tumulte, il nous livre au fil de sa plume la matière brute de ses souvenirs. Quelque trente ans plus tard, malgré l'expérience des camps, ils n'ont rien perdu de leur exubérance initiale et les utopies de l'adolescence sont restées secrètement vives.
    À travers un détail pris sur le vif, les portraits des personnages que l'histoire littéraire et politique a plus ou moins retenus, ou encore le récit de sa propre expérience d'établi dans une fabrique de la banlieue de Moscou, l'écrivain ressuscite l'atmosphère unique qui régna en Russie à un moment où les esprits déchaînés étaient tous tendus vers l'espoir d'une vie nouvelle.

  • Friches

    Bashô

    Matsuo Munefusa, fils d'un petit samouraï, et plus tard célèbre sous le nom de Bashô, est né en 1644 non loin de Kyôto. Très tôt il se consacre à la poésie et, selon ses propres termes, " fait du haïkaï sa vie ". L'édition de René Sieffert, éminent et prolixe traducteur et commentateur de la littérature classique japonaise, restitue toute la complexité thématique qui porte cette forme brève et donne une profondeur à cet art de la simplicité et de la légèreté. Plus que l'alouette haut dans le ciel me repose au sommet du col.

  • Requiem

    Rainer Maria Rilke

    Moins lu en France que d'autres oeuvres majeures de Rilke, Requiem fut, de son vivant, l'un de ses textes les plus largement diffusés. Écrits en 1908 et dédiés à un très jeune poète suicidé et à une artiste peintre à laquelle Rilke avait été presque fiancé avant d'épouser Clara Westhoff, dont elle était l'amie, ses deux volets représentent une expression déjà pleinement maîtrisée des thèmes qu'amplifieront les Élégies de Duino. Pour la première fois depuis les Nouveaux poèmes, Rilke se détourne du monde objectif et de " l'apprentissage du regard qu'il s'était fixé pour tâche, et revient à la question de la mort qui le hantait dès ses premiers poèmes, cherchant à lui donner une réponse qui ne relève d'aucune religion instituée. Deux autres " Requiem ", l'un de 1900, l'autre de 1915, complètent la présente édition.

  • c'est au milieu du xiie siècle que commence l'histoire du dit de hôgen.
    le japon vient de connaître la période la plus brillante de sa civilisation, et deux groupes mènent le jeu politique: d'une part la cour, dominée par les fujiwara, et d'autre part le clan des guerriers avec à leur tête les taïra et les minamoto, rivaux mais pas encore ennemis déclarés. les dits de hôgen et de heiji relatent une véritable révolution : l'éviction des fujiwara et la lutte sanglante pour le pouvoir entre les deux clans.
    on assiste ainsi à l'irruption de la province dans les affaires de la ville et à la naissance d'une classe féodale qui va contester le pouvoir central pendant des siècles. ces récits constituent la source où puiseront, à toutes les époques, les romanciers et les dramaturges. ils étaient à l'origine colportés par des aveugles, les moines au biwa, qui les racontaient partout, village ou château, à travers l'archipel.
    aujourd'hui, leurs thèmes vivent encore au théâtre, au cinéma et à la télévision.

  • disciple de husserl, jan patocka (1907-1977) a rédigé au terme de sa carrière ce magnifique essai qui reprend le débat ouvert entre husserl et heidegger sur le thème de la liberté.
    l'histoire peut-elle avoir un sens ? pour patocka, la philosophie qui a conduit à l'idéalisme a échoué dans sa prétention à saisir la subjectivité dans son rapport au monde, c'est-à-dire précisément ce qui fonde l'histoire. remontant aux origines de la philosophie européenne, il aborde alors les problèmes du choix, du souci de l'engagement, et de la violence. la charte 77 dont jan patocka fut le premier porte-parole, trouve ici une première tentative d'expression philosophique.

  • Le dit de heichû

    Anonyme

    Ce "dit" est une suite de petites nouvelles dont la succession constitue un véritable roman.

  • Avant de devenir le librettiste attitré de Richard Strauss ou l'auteur de la célèbre Lettre de Lord Chandos, Hugo von Hofmannsthal (1874-1929) a d'abord été un poète à la trajectoire fulgurante : l'essentiel de son oeuvre poétique a été écrite entre seize et vingt-cinq ans. C'est à ce titre qu'il figure dans toutes les anthologies de la poésie de langue allemande. Ce volume rassemble l'intégralité des poèmes publiés par Hofmannsthal de son vivant, complétés par l'essentiel de ses poèmes posthumes, et rend ainsi justice à l'une des oeuvres majeures de la culture viennoise du tournant du siècle dernier.

  • Le 17 mai 1972, le commissaire Calabresi est assassiné à Milan. Ce policier avait été présenté, notamment par le journal contestataire Lotta Continua, comme responsable de la mort d'un anarchiste, Giuseppe Pinelli, dont on avait découvert le corps défenestré, en décembre 1969, dans le jardin de la préfecture de police : Pinelli avait été convoqué pour un interrogatoire après le massacre de la Banque de l'Agriculture - attentat qui relevait, on l'a su depuis, de la « stratégie de la tension » mise en oeuvre par des éléments néofascistes et d'autres liés à l'appareil d'État.
    Seize ans plus tard, en juillet 1988, Leonardo Marino, ex-militant du groupe Lotta Continua, s'accuse d'avoir participé au meurtre et met en cause ses camarades Ovidio Bompressi, Giorgio Pietrostefani, et Adriano Sofri. Au terme d'un périple judiciaire - sept procès en neuf ans - les trois hommes sont condamnés, sans preuve et sur la seule foi des « aveux » de ce « repenti », à vingt-deux ans d'emprisonnement, tandis que leur accusateur bénéficie de la prescription.
    Dans cette affaire, l'auteur retrouve maints aspects des procès en sorcellerie, qu'il a souvent étudiés d'un point de vue historique, notamment ceux qu'intenta l'Inquisition aux XVI e et XVII e siècles. La réflexion méthodologique sur les indices et les preuves, et l'analyse des démarches comparées du juge et de l'historien, se mêlent ici à une étude minutieuse des documents et témoignages, qui révèle l'inconsistance des accusations portées. L'affaire Sofri ne concerne pas le seul lecteur italien : comment fut-elle possible en démocratie ? Bompressi, Pietrostefani et Sofri sont victimes d'une erreur judiciaire qui peut et doit être corrigée.

  • Après Le Dit de Hôgen et Le Dit de Heiji, voici le troisième volet de la grande trilogie classique du Moyen Age japonais, Le Dit des Heiké.
    Il s'agit de la version épique des événements qui ont bouleversé les structures politiques et sociales du Japon dans la seconde moitié du XIIe siècle, à savoir l'intrusion dans la vie politique des deux clans guerriers des Taïra (ou Heiké) et des Minamoto (ou Genji), et de leur affrontement pour le contrôle d'un pouvoir qu'ils avaient arraché au clan aristocratique des Fujiwara, étroitement lié à la maison impériale.
    Le Dit des Heiké conte l'irrésistible ascension des Heiké, leur pouvoir absolu jusqu'à la mort de Kiyomori, le soulèvement des Genji, l'écrasement définitif des Heiké et l'instauration d'un nouveau système politique, le gouvernement des shôgun de Kamakura au bénéfice de Minamoto no Yoritomo (1147-1199). Ces récits constituent la source où puiseront, à toutes les époques, les romanciers et les dramaturges.
    Ils étaient à l'origine colportés par des aveugles, les "moines au biwa", qui les racontaient partout, village ou château, à travers l'archipel.

  • Dans le Berlin du début des années trente, un jeune homme qui hésite sur sa vocation et que sa famille destine à une carrière diplomatique, se trouve arraché à son train de vie bourgeois et à ses préoccupations d'étudiant par la rencontre d'une chanteuse de cabaret. Celle-ci ne s'appelle par pour rien Sybille : à la suite de cette figure énigmatique qui n'est peut-être qu'un reflet, le narrateur découvre la vie nocturne de la ville et plonge dans un univers cosmopolite fait d'inquiétantes rencontres et de fuites incessantes, que l'écriture d'Annemarie Schwarzenbach restitue en de brefs chapitres puissamment évocateurs.
    Dans cette nouvelle où l'homosexualité de l'auteur trouve à s'exprimer sous le masque d'un narrateur masculin, c'est l'énigme de désir et celle de la féminité qui viennent fracturer l'univers du héros, obligé de réviser radicalement les valeurs du monde bourgeois, et tenté de fuir dans l'alcool, la vitesse, la solitude ou la mort.
    Paru au printemps 1933, ce court récit d'atmosphère montrait la voie d'un « lyrisme narratif » dépouillé, à l'opposé des grandes fresques romanesques de l'époque. La date de sa publication lui confère une aura supplémentaire : il sonne le glas du Berlin cosmopolite sur lequel allait s'abattre le national-socialisme.

  • Le premier et le dernier essai de l'écrivain espagnol josé bergamin ont été tauromachiques.
    Un demi-siècle sépare l'art de birlibirloque (1930) et la solitude sonore du toreo (1981). l'art de toréer figura dans sa jeunesse un modèle esthétique et éthique - comment écrire, comment agir -, puis, dans les dernières années, une question métaphysique - comment vivre, comment mourir. à la lumière d'un vers de jean de la croix, bergamin évoque dans ce livre les plus belles expériences spirituelles qu'il vécut en regardant toréer les plus grands, ses amis.
    Essayiste, poète, homme de théâtre, josé bergamin est l'une des grandes figures intellectuelles de l'espagne. malraux prendra ce républicain passionné comme modèle d'un des personnages de l'espoir.

  • Adeptes d'une pauvreté rigoureuse et évangélique, les franciscains sont paradoxalement amenés, du fait précisément de ce choix " scandaleux ", à examiner toutes les formes de la vie économique qui se tiennent entre la pauvreté extrême et la richesse excessive en posant la distinction entre propriété, possession temporaire et usage des biens économiques.
    Selon quelles modalités les chrétiens doivent-ils s'approprier l'usage des biens terrestres ? pour répondre à cette question, les franciscains furent nombreux, depuis le treizième siècle, à écrire sur la circulation de l'argent, la formation des prix, le contrat et les règles du marché. dans ce cadre, la figure du marchand actif, qui sait faire fructifier par son travail et son commerce un capital - en soi dépourvu de valeur - s'affirme positivement dans la mesure oú elle contribue à la croissance d'un " bonheur citadin ".
    A l'opposé, la figure du propriétaire foncier, du châtelain, de l'aristocrate qui conserve pour lui-même, thésaurise et ne multiplie pas la richesse apparaît comme stérile et sous un jour négatif. la réflexion franciscaine est donc à l'origine, avant même l'éthique protestante étudiée par max weber, d'une grande partie de la théorie économique européenne et, en particulier, de l'économie politique qui considère que les richesses de ceux qui forment la communauté civile sont une prémisse fondamentale du bien-être collectif.

  • La figure de Sabbataï Tsevi, le messie de Smyrne, hante l'histoire juive ainsi que l'histoire des mouvements apocalyptiques, d'autant qu'elle est restée très longtemps totalement inexplorée. Cette grande oeuvre de Gershom Scholem entreprend une évocation détaillée du personnage qui, dans toute l'Europe et en Orient, apparut comme le messie. C'est le fond même de la vague à la fois insurrectionnelle et religieuse qui est sondé à travers ses manifestations publiques comme à travers ses récits. Comment presque tout un peuple a cru à un moment à la fin du monde et s'y est activement préparé, comment le fol espoir de délivrance bouleversa les données historiques concrètes et l'ordre social ordinaire pour s'effondrer ensuite et jeter dans le désarroi le monde juif abusé, c'est la question à laquelle ce livre tente de répondre. Aborder l'histoire dans l'horizon de ce qu'imaginent les hommes et non sous l'angle étriqué de leurs conditions d'existence matérielle, tel est l'apport de Gershom Scholem à la démarche historique qui la renouvelle en profondeur.

  • Commentaire en yidich du pentateuque, le tseenah ureenah fut composé au dix-septième siècle.
    Cet ouvrage demeure l'un des textes les plus populaires de la littérature en langue yidich et, au-delà, de la littérature juive. son intérêt réside surtout dans la prodigieuse variété de son contenu qui rassemble de nombreux aspects de la vie et de la tradition juives. fondé sur une explication de la paracha (ou section biblique) alliant le sens obvie et le sens interprétatif, le texte intègre une multitude de sources : les principaux commentaires de la torah (rachi, nahmanide, bahya ben acher), des fragments midrachiques, des aggadot ou récits talmudiques, sans oublier des considérations sur les pratiques et la loi ou encore des passages éthiques.
    En cela, le commentaire sur la torah constitue une véritable encyclopédie de la pensée et de la tradition juives. ecrit dans un style simple, clair, privilégiant le récit, les dialogues et la narration, le commentaire sur la torah est une å'uvre très vivante et d'une profonde unité. destiné à l'origine aux hommes et aux femmes qui avaient une connaissance insuffisante de l'hébreu, il fut rédigé pour leur permettre l'accès aux sources saintes.
    Il nous plonge au coeur de la foi et des croyances juives. c'est le guide par excellence pour s'initier à la beauté des commentaires de la torah et comprendre l'essence de la sagesse d'israël.

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