The Hoochie Coochie

  • C'est l'objet du dossier annuel de la revue (associé à l'achèvement de la totalité des feuilletons en cours dans le DMPP n°10) qui nous a encouragé à refondre entièrement la maquette de DMPP. En effet, alors que nous souhaitions inviter Thierry Smolderen, historien émérite de la bande dessinée, à présenter quelques planches de reportages extraites de la revue anglaise du XIXe siècle The Graphic, impossible d'envisager une taille inférieure à la publication d'origine, à savoir le format journal. Ainsi, ce DMPP géant sera l'occasion de réunir une nouvelle fois la désormais traditionnelle équipe de la revue autour de la thématique du... reportage justement. Mais plutôt envisagé comme une fantaisie que comme du journalisme traditionnel. Pour le reste, le gadget figure désormais sur un coffret à démonter, les rubriques habituelles sont maintenues, et nous sommes plus qu'heureux et fiers d'accueillir Ben Katchor, Birgit Weihe, José Parrondo, Placid, Alex Chauvel, Orian Lassus et Jérôme Puigros-Puigener pour leur première participation à la revue !

  • Après avoir étudié le glissement d'une oeuvre pour enfant à une production adulte chez deux auteurs italiens (DMPP n° 8, 2012), Gérald Auclin s'attaque aujourd'hui à la question de l'héritage de Malévitch dans la presse jeunesse Russe des années 1930-1940. La grande qualité de DMPP a toujours été de multiplier les axes d'approche de la bande dessinée. Qui irait donc chercher, entre l'érotisme « bibliothèque verte » de Joko, les zombies oenologues de Martes Bathori, j'en passe et des meilleurs, le premier article d'importance consacré en France à ce génie de l'illustration que fut Lev Youdine ? Qu'un exégète de Malévitch se retrouve perplexe devant une bande dessinée de Boris Hurtel, qu'un amateur d'érotisme SM s'interroge devant la poésie de François Henninger, ou qu'un fidèle lecteur de Panpan se jette chez son libraire pour acheter le nouveau Blexbolex suite à la lecture d'une chronique, c'est bien tout le mal qu'on peut souhaiter à cette bizarrerie éditoriale.

  • DMPP Almanach, brillamment orchestré par Gérald Auclin (Victor Anthracite et les trafiquants de parapluies, 2008) prend le relai de la revue Dame Pipi Comix - au tirage confidentiel et aux moyens dérisoires en comparaison de la qualité du contenu -, et s'appuie sur le même groupe d'auteurs auxquels sont venus s'ajouter quelques signatures singulières. Mais l'invité de marque de ce numéro reste le regretté Gustave Verbeek. En effet, résultat d'un effort conséquent, le dossier consacré à cet auteur américain contemporain de Winsor McCay et sur lequel l'Éprouvette n° 3 (L'Association) se repenchait déjà en 2007, présente un travail, inédit en français jusqu'alors, dont l'ampleur dépasse toutes les tentatives entreprises autour de Verbeek. La restauration et traduction de la trentaine de pages expérimentales des deux séries Upside Downs et Tiny Tads sont complétées par un dossier biographique et critique conséquent et d'hommages d'auteurs tels que : Benoît Preteseille, Martes Bathori, Gautier Ducatez, O.P. et Lu-K, les frères Leglatin, Manü-Manü et Gérald Auclin. Complétant ce sommaire, DMPP n° 5 présente une revue critique - non exhaustive mais des plus pointues - des publications de 2008 en bande dessinée, la suite des aventures de Victor Anthracite, les illustrations trop rarement publiées de Céline Delabre et des bandes dessinées originales de Martes Bathori, Gautier Ducatez, François Henninger et Andréas Marchall.

  • Fidèle à sa ligne s'inscrivant dans la tradition des magazines de bande dessinée brassant diverses approches au sein d'un même numéro, Gérald Auclin entretient année après année sa formule imparable, associant critique, dossier d'étude, jeux en papier, feuilletons, histoires courtes et illustrations. Du côté du dossier, après un détour vers les périphéries de la bande dessinée et la Russie des années 1910 à 1930 (Lev Youdine dans DMPP n°9), DMPP s'intéressera cette fois à un auteur contemporain, méconnu et pourtant incontournable, à savoir Ben Katchor (Le Juif de New-York), qui mériterait décidément une reconnaissance au moins égale à celle des Ware, Burns et Clowes (pour ne citer que les plus grands auteurs américains de sa génération). Comme pour Matti Hagelberg, c'est la forme de l'entretien qui a cette fois encore été retenue, enrichie toutefois de quelques contributions extérieures remarquables avec en tête de celles-ci un brillant texte du Professeur A., traducteur de Katchor en France depuis plus de dix ans. Pour le reste, plusieurs feuilletons s'achèvent (Juliette en Juillet, Dur à cuire, Freddy « Opa » le retour), de nouvelles têtes pointent le bout de leur nez (Mai Li Bernard, Thomas Gosselin, Emelie Östergren, Sophie Guerrive), tandis que les réguliers restent fidèles au poste (Philipponneau, Hurtel, Ducatez, Viktoria Lomasko, J. & E. LeGlatin, François Henninger).

  • Difficile de trouver leitmotiv plus adéquat tandis que le dossier de ce DMPP #8 se consacre conjointement aux oeuvres de Benito Jacovitti et Massimo Mattioli. La couverture de ce nouveau numéro présente son équipe de rêve dans la droite lignée du précédent opus, sauf que la pornographie douce et l'érotisme grand-guignol tendent à contaminer un important nombre de pages. Du côté des exceptions à ce fondamentalisme pénien, Viktoria Lomasko se fend d'un reportage autour d'ateliers de dessin auprès de prisonniers en Russie, O.P. nous donne quelques nouvelles pages de Panpan et glisse un clin d'oeil à M. le Magicien, tandis que les Frères Leglatin ne ménagent toujours pas leurs Caporal & Commandant. Du côté des feuilletons, Martes Bathori se lance dans un conte fantastico-familial aux relents de souffre et de foutre, tandis que Joko nous dévoile un peu de l'envers du décor aristo de son sado-maso-soft Juliette en Juillet. Les illustrations saisonnières sont signées Romina Pelagatti, Otto T. n'a pas pu résister à la tentation de nous causer du sieur Jacovitti, le nouveau jeu en papier de Bastien Contraire prend la pente du Kama Sutra mécanique, Boris Hurtel s'empare avec plaisir de la pseudo-contrainte du récit de fesses, et les chroniques deux Abbé tentent de viser au-dessus de la ceinture. Gérald Auclin, en maître de cérémonie plus présent que jamais, entame un nouveau feuilleton sous forme de mini-récit, et s'adjoint les services de Vinvin Laporte pour un reportage de politique-fiction-modelée du meilleur mauvais goût. Parce que 2012 rime avec...

  • Ce numéro est dédié à Matti Hagelberg. Proposer une étude du travail de cet auteur relève autant du domaine de la bande dessinée que de l'ufologie, mais il était grand temps de déchiffrer les harmoniques hagelbergiennes pour que le plus grand nombre comprenne enfin l'importance de livres tels que Kekkonen ou Le Sultan de Vénus. Après s'être intéressée à Gustave Verbeek en 2009 et Charlie Schlingo en 2010, Matti Hagelberg - influence majeure de quelques piliers de la maison d'édition The Hoochie Coochie - était un choix logique pour les dossiers de la revue DMPP. Le reste de la revue propose les intrigantes adaptations de Lafcadio Hearn par Martes Bathori, la suite des aventures de Victor Anthracite par Gérald Auclin, ou les méandres de l'affaire Armand par Gautier Ducatez, parmi un cortège de participations aussi savoureuses qu'expérimentales (Bastien Contraire, Olivier Philipponneau, Boris Hurtel, les frères Leglatin...). Enfin, « L'oeil des 2 abbés », cahier critique à l'attention des lecteurs exigeants, a été affiné dans sa formule pour gagner en percussion.

  • Lauréate du Prix de la bande dessinée alternative au Festival d'Angoulême en 2009, DMPP est une revue alimentée par deux tendances fortes : création et patrimoine. Triés sur le volet par un rédacteur en chef visionnaire, une dizaine d'auteurs donnent toute sa mesure à la pratique de la bande dessinée en tant qu'expérience d'écriture. Autour des créations originales (Martes Bathori, François Henninger, Gérald Auclin, Gautier Ducatez...) se construisent, d'une part une revue critique visant à revenir sur des oeuvres récemment publiées, rares ou passées inaperçues malgré leur haute qualité artistique, et d'autre part un important dossier patrimonial montrant dans toute sa contemporanéité un auteur disparu. Ainsi après avoir remis en lumière pour la première fois en trente ans l'oeuvre de Gustave Verbeek, DMPP, dans son numéro 6 consacre une importante partie de son sommaire à Charlie Schlingo : deux articles reviennent sur l'auteur, mais aussi - fait moins connu - le rédacteur en chef que fût le regretté Jean-Charles Ninduab. Et tel un écho actuel à la poésie de son écriture, LL de Mars, Jean-Michel Bertoyas, Gérald Auclin et Stéphane Rosse (proche collaborateur de Schlingo) écrivent les plus belles pages de la vie rêvée de Charlie Schlingo. Critiques pointues, récits de très grandes qualités, DMPP est assurément une revue complète qui satisfera tout lecteur exigeant.

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