Robert Laffont

  • Antan a tout l'air de n'être qu'un paisible village polonais.
    L'existence y est ponctuée par le temps ; le temps d'aimer, de souffrir puis de mourir. Antan est situé au centre de l'univers - coeur du monde, coeur des hommes, coeur de l'Histoire. Mais qui préside à son destin ? Dieu, qui du haut des cieux lui envoie les maux et les bonheurs dévolus aux humains, ou le châtelain Popielski, envoûté par le Jeu du labyrinthe que lui a offert le rabbin qui, d'un coup de dés, renverse peut-être l'ordre des choses ? Un homme se transforme en bête, les âmes des morts errent sur le bourg jusqu'à se croire vivantes, des animaux parlent à une vieille folle, au cours ordinaire de la vie se substitue brutalement la guerre et son cortège d'événements diaboliques...

  • En trois volets (Les Noces dans la maison, Vita Nuova, Terrains vagues) Bohumil, pour mieux se regarder, s'écouter, se critiquer, se souvenir, a conçu un stratagème malicieux : faire parler sa femme. Tout commence le jour où la jeune Eliska fait la connaissance de son professeur alors qu'il est à quatre pattes en train de brosser le plancher de son rez-de-chaussée miteux où ils logeront pendant vingt ans. C'est de ce quartier de Liben que l'on découvre peu à peu un Bohumil Hrabal tel qu'en ses livres, extravagant, bambocheur, farfelu, qui a fait tous les métiers, qui aime biner les potagers et se promener sur les bords de la Vltava mais ne se noie que dans la bière et le cognac. Et qui tape frénétiquement sur sa machine Perkeo. Tendres et ironiques, chaleureuses et lucides, Les Noces dans la maison sont aussi, grâce à la plume multiple et bigarrée de Bohumil Hrabal, une invitation à aimer la vie, à la fêter avec jubilation et générosité.

  • Dvanov et son compagnon, Kopionkine, monté sur un cheval nommé Force du Prolétariat, parcourent la Russie en quête de " la génération spontanée du socialisme ".
    Leur errance les conduit à Tchevengour. " Ici, c'est le communisme et vice versa ", leur annonce Tchepourny, responsable de la bourgade et apôtre d'une utopie nouvelle. Sans avoir jamais lu Marx, Tchepourny a conçu le plan d'une communauté idéale. Pour le réaliser, il a massacré les bourgeois et interdit le travail. A Tchevengour, seul le soleil travaille. L'utopie se révèle être un ironique échec, et " le soleil se lève sur l'indigence du pays ".

  • " Bohumil Hrabal est l'une des incarnations les plus authentiques de la Prague magique; c'est l'incroyable mariage de l'humour plébéien et de l'imagination baroque. " MILAN KUNDERA.

  • Alors que les chars soviétiques entrent dans Prague et que leur père, dissident, se cache, Ondra et son jeune frère se retrouvent dans un petit village de la campagne tchèque, livrés à eux-mêmes.

    Inconscient de la portée des événements, confronté aux compromissions et aux lâchetés des adultes qui acquiescent tacitement au chaos d'un monde qui se défait, Ondra cherche à entretenir pour son petit frère l'illusion que tout va bien tandis que s'achève pour lui le temps de l'innocence.
    Magnifique évocation des constructions et des fantômes de l'enfance, ce roman à la fois tendre et apocalyptique nous promène à la limite du rêve, de la réalité et du cauchemar.

  • "Pendant très longtemps j'ai recherché le plan d'Umschlagplatz." C'est ainsi que commence ce livre dont on aura quelque peine à définir le genre. Un roman ? Une chronique ? Une confession ? C'est plutôt un témoignage. A ceci près que l'auteur ne fut pas un témoin de la catastrophe juive. Mais c'est un témoignage, au sens chrétien du terme. Et ce livre me bouleverse pour cela même : son auteur est un Polonais chrétien. Ce livre témoigne de ce qu'un Polonais porte en lui une blessure secrète, que ses compatriotes mêmes ignorent et veulent ignorer.
    Il la porte en lui, en son coeur, comme la Pologne portait en son coeur un peuple minoritaire qui lui était d'une certaine façon radicalement étranger. Ne parlant pas la même langue, ne se vêtant pas de la même façon, ne partageant pas la même religion, n'exerçant pas les mêmes métiers. Ce peuple majoritaire et ce peuple minoritaire, en son sein, vécurent sur la même terre depuis la fin du Moyen Age. Ce ne fut pas précisément une idylle.
    Plutôt une coexistence plus ou moins pacifique. Toujours est-il que cela s'acheva, comme on sait, dans la cendre.

  • Trois siècles après une explosion nucléaire, le monde bascule dans un nouvel âge de fer.
    L'humanité subit d'étranges mutations. Certains individus ont l'apparence de centaures, d'autres crachent le feu à volonté, ou sont couverts de crêtes de coq. Frustes, méchants, ils vivent dans la saleté et se nourrissent de souris. Dans cet univers d'ignorance, qui pourrait fort bien évoquer la Russie de l'après-perestroïka, il est interdit de posséder des livres, décrétés radioactifs par le régime totalitaire du " Grand Mourza ".
    La passion de lecture d'un jeune lettré, Benedikt, va le conduire dans une quête acharnée d'ouvrages anciens. Au fur et à mesure de son ascension, il sera rongé par une peur irrationnelle : celle d'être la victime du Slynx, un félin imaginaire, métaphore de la cruauté, de l'égocentrisme et de l'aveuglement moral qui peuvent dévorer les hommes. Mêlant moeurs, légendes et superstitions de l'ancienne Russie, servi par une écriture truculente, ce roman relève également du fantastique et de la science-fiction dans la meilleure veine des classiques anglo-saxons.

  • Lettres écrites en 1989, dans lesquelles l'auteur relate sa tournée dans les universités des Etats-Unis (Ithaca, Détroit, Chicago, Cornnell, Urbano, Ann Arbor, etc.) et les événements angoissants puis heureux qui se déroulent, la même année, en Tchécoslovaquie.

  • 1939, Michel n'a pas dix ans lorsque les Allemands entrent en Pologne et envahissent sa ville natale.
    Sa famille est chassée de chez elle sous les sarcasmes des hommes en uniforme vert-de-gris. Quand les nazis sont délogés par les Russes, pas question de récupérer sa maison. Par les temps collectivistes qui courent, il ne fait pas bon réclamer sa propriété privée... La guerre finie, un voyage en train à bestiaux, digne du plus épique des westerns, attend Michel, sa cantatrice fantasque de mère et son impérieuse grand-mère.
    Les populations sont déplacées à travers la Pologne, pourtant la vie reprend son cours et chacun s'apprête à planter de nouvelles racines. La cage du communisme s'abat alors sur le pays. Voici le roman de ces innombrables Polonais que l'invasion allemande, puis soviétique ont jetés sur les routes de l'exode. Les péripéties d'une famille au destin contrarié par l'Histoire sont racontées par un garçon sensible et espiègle qui, dans le cataclysme qui secoue l'Europe, souffre surtout des frasques de sa mère.

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  • Après dix ans d'absence, Tatiana Tolstoï revient sur la scène littéraire française avec ce recueil de chroniques, publié dans la collection " Pavillons " en même temps que son premier roman, Le Slynx.
    Oscillant entre parodie, autoparodie et émotion, sautant d'un pays à un autre, survolant les siècles, elle aborde ici des sujets aussi divers que les errances de la culture russe dix ans après la fin du communisme, les moeurs d'outre-Atlantique, l'écriture, l'enseignement, le désir immodéré de maigrir, la beauté des jambes des femmes... Sardonique et compatissante, lyrique en dépit du féroce bon sens qu'elle affiche, Tatiana Tolstoï n'en finit pas de dire le bonheur d'agencer les mots en de fragiles et miroitantes constructions qui, comme les chapeaux défraîchis de la Belle Epoque, témoignent de la réalité éphémère mais sans prix de la vie.

  • Ca s'est passé comme ça jusqu'au jour où, admirant son ventre basané presque plat, coupé vers le bas par un étroit sillon qu'assombrissait un joli pompon de cheveux noirs, un pompon épais, bouclé comme de l'astrakan, j'ai regardé une goutte d'eau descendre de plus haut, sous son profond nombril, et je me suis soudain précipité, je me suis approché d'elle, je me suis agenouillé entre ses jambes pliées, je me suis penché et avec ma langue j'ai léché cette goutte que le soleil traversait, une goutte dorée comme une larme d'ambre.
    Le temps d'un été en Ukraine, Sara, douze ans, et André, neuf ans, vivent leurs premiers émois érotiques. Impudeur se conjugue avec candeur, et le sexe, inépuisable source d'étonnements, méconnaît la peur du péché... Malgré les violences de la guerre, qui chassent André vers un camp de déportation stalinien, le séparant de Sara, le petit garçon poursuit ses explorations sensuelles avec d'autres, et recrée du fin fond de la Russie " le vert paradis des amours enfantines ".

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