Pu De Rennes

  • Adolescentes et adolescents des villes et des champs : la dimension spatiale des inégalités éducatives Nouv.

    Cet ouvrage collectif, issu des résultats d'une recherche interdisciplinaire, contribue à l'identification des inégalités éducatives liées aux contextes et espaces de vie des adolescents âgés de 11 à 15 ans en France. Ces inégalités sont ici analysées selon plusieurs registres. Au plan politique, ces jeunes sont les bénéficiaires d'une politique publique universelle (statut de collégiens), qui se déploie aussi dans des contextes spatiaux différenciés, et de politiques ciblées (Programme de Réussite Éducative) ou d'actions publiques contingentes. Au plan de leurs pratiques dans leurs espaces de vie, ils se différencient par leurs loisirs, dont les activités numériques, et leurs mobilités touristiques, activités de temps libres plus ou moins bien articulées à leur scolarité. Des méthodologies de recherche plurielles appliquées à ces différentes sphères d'activités révèlent le jeu d'interactions multifactorielles qui transforment ou permettent d'interpréter ces différences en termes d'inégalités. Le lieu de résidence (du centre-ville au rural assez isolé) et sa distance métrique au collège comme aux autres équipements, le milieu social des parents et leurs stratégies éducatives, le genre des adolescents, les effets des politiques publiques sont autant de facteurs d'inégalités. Ces dimensions physiques, sociales et géographiques des espaces de vie des adolescents posent la question des conceptions des dimensions spatiales d'une justice sociale spécifique à la classe d'âge concernée.

  • Les émotions dans la recherche en sciences humaines et sociales : épreuves du terrain Nouv.

    La neutralité, en science comme ailleurs, est un voeu pieux, voire un leurre, à mieux comprendre, si ce n'est évaluer ou contrôler. Surtout, l'engagement sur un terrain d'études conduit à des surprises, voire à des déconvenues qui font le sel des ouvrages de N. Barley comme par exemple L'anthropologue en déroute (2001).

    Dans le cadre des approches sensibles en sciences humaines et sociales, les émotions ressenties par le corps, recueillies et partagées, avec plaisir ou déplaisir, ne sont plus considérées comme des perturbateurs de l'analyse mais comme des sésames d'accès à la compréhension humaine. Elles s'imposent à la chercheuse ou au chercheur, la/le surprennent; elles deviennent des guides utiles, des opératrices d'inclinaisons, voire de bifurcations, dans la recherche scientifique. Longtemps délaissées, les émotions ne constituent plus un obstacle à la rationalité mais un échafaudage à l'avènement d'une orientation théorique spécifique plutôt qu'une autre, à une modification d'attitude sur le terrain, etc. Émotion et cognition sont, pour le pire et le meilleur, définitivement intriquées.

  • Faire famille aujourd'hui : normes, résistances et inventions Nouv.

    Qu'est-ce qu'être parent aujourd'hui ? À partir d'une importante enquête qualitative auprès de familles, diverses du point de vue de leur configuration et de leur origine sociale et géographique, et de divers professionnels de la petite enfance, notre ouvrage montre que les familles sont loin de rester passives face à l'imposition de règles de conduite d'une "bonne parentalité". Elles interprètent différemment les normes, se les approprient, les rejettent ou s'y adaptent sur la base de compromis négociés avec les institutions et les professionnels de la petite enfance. Il est remarquable que le travail permanent exercé sur les normes familiales ne soit pas linéaire et aboutisse à la coexistence d'une pluralité de conceptions de la "bonne parentalité", plus ou moins innovantes, contestataires ou traditionnelles. Ce qui frappe aujourd'hui est cet enchevêtrement de normes traditionnelles résistantes, de normes contestées et négociées et de nouvelles normes inventées qui transforment les référentiels de la famille moderne. Plus qu'au déclin de l'institution familiale, souvent déploré dans le discours public et relayé par les spécialistes de l'enfance ou les observateurs de la vie sociale, notre enquête nous a confrontées à un processus permanent d'institutionnalisation de la famille tant par sa contestation des normes en place que par sa volonté d'inventer de nouvelles façons de "faire famille".

  • Longtemps considérées comme appartenant au passé, les maladies infectieuses sont redevenues un enjeu majeur de la santé publique globale. De la crise du VIH/Sida aux multi-résistances microbiennes et à la pandémie de Covid-19, les fléaux continuent à hanter le monde. A partir d'une enquête ethnographique sur la tuberculose, l'une des maladies infectieuses les plus meurtrières du XXIe siècle, ce livre dévoile les pratiques ordinaires de lutte contre cette affection en France et en Allemagne. La tuberculose est une maladie sociale qui prospère en notre période de précarité croissante. Elle est aussi doublement altérisée dans les deux pays : comme une maladie du passé dans un monde tourné vers l'avenir et comme une maladie des immigrés dans un monde pétri de frontières nouvelles et anciennes. En joignant une sensibilité historique à une ethnographie fine de la lutte contre la tuberculose dans des institutions de soin et de prévention, l'ouvrage éclaire les hantises du passé et les paradoxes médicaux, politiques et sociaux qui informent la pratique clinique et la santé publique au quotidien. S'y rencontrent care et contrôle, confiance en la médecine et échecs de traitement, nécessaires actions de traitement ou de prévention et futilités professionnelles, souffrances iatrogènes et exclusions du soin.

  • Particulièrement touchées par l'épidémie, les femmes de l'immigration sont devenues des actrices clé de la lutte contre le VIH/sida en France depuis deux décennies. Issu d'une enquête ethnographique en immersion au sein d'associations "communautaires", cet ouvrage éclaire la grammaire du care que ces femmes déploient dans le domaine de la prévention comme du soutien aux personnes vivant avec le VIH, les capacités d'agir favorisées par ce modèle associatif ainsi que les rapports de pouvoir inégalitaires, incorporés et/ou véhiculés par diverses institutions de l'échelle globale à l'échelle locale. Première étude en profondeur sur le sujet, ce livre constitue une contribution notable tant à l'histoire de la lutte contre le VIH/sida en France qu'à la sociologie des migrations.

  • Ces dernières décennies, les migrations internationales ont considérablement transformé les manières de "faire famille". Des individus migrent pour rejoindre leur conjoint ; d'autres donnent naissance à un enfant dans un pays où ils n'ont pas le droit de séjourner ; des mineurs sont conçus à l'étranger par GPA ou PMA; des parents en couple mixte n'arrivent pas à transmettre la nationalité à leur enfant pourtant né sur le territoire. Soumises à des normes nationales et internationales, ces migrations ont un impact sur la formation et la dissolution de la conjugalité, sur la filiation et la parenté, sur la reproduction et la procréation. Ces moments constitutifs de la vie familiale sont régulés par un pluralisme juridique. Objet fluide, le droit est travaillé par le législateur et les juridictions, il est incorporé par les individus ordinaires et mobilisé dans des contextes sociaux où des acteurs ayant une position sociale et des ressources dillérentes interagissent.

    A l'aide d'un "passage par le droit", cet ouvrage interroge l'imbrication entre État(s), nation, liens familiaux et migrations. Il analyse, d'une part, comment le droit redessine le contour des liens familiaux et, d'autre part, comment les individus se saisissent du droit pour "faire famille" dans des contextes géographiques et juridiques variés. Grâce à des contributions qui dépassent les frontières disciplinaires et mobilisent des matériaux d'enquête variés, il montre que la transversalité des analyses en droit et sciences sociales est possible et riche.

    Aurélie Fillod-Chabaud et Laura Odasso sont sociologues, respectivement chercheure rattachée au Centre Norbert Elias (EHESS, CNRS, Marseille) et chercheure au Collège de France associée au Laboratoire Méditerranéen de Sociologie (Aix-Marseille Univ, CNRS, Aix-en-Provence). Cet ouvrage a pris naissance au cours de leur post-doctorat au LabexMed d'Aix-Marseille Université (2016-2018).

  • Les consommations de produits psychotropes (alcool, tabac, cannabis, autres "drogues") chez les adolescents attirent l'attention de la santé publique et des médias depuis plus de cinq décennies. Cette attention se focalise surtout sur les pratiques à risque : on en sait moins sur les sorties et consommations ordinaires des jeunes filles et garçons.

    Ce livre vise à comprendre la gestion et l'inscription de ces pratiques genrées au sein des relations familiales. Si la relation de confiance apparaît comme un mode privilégié des rapports parents-adolescents, en vue de développer une autonomisation responsable des jeunes, elle se trouve aussi mise en jeu et à l'épreuve dans la négociation et l'encadrement des sorties et des consommations juvéniles. On y observe par exemple une différenciation genrée qui reflète un certain rapport au monde et à ses dangers.

    Ces pratiques constituent dès lors une entrée pertinente pour étudier l'autonomisation et la construction d'une vie à soi chez les jeunes, les pratiques éducatives genrées ainsi que l'échange, les non-dits et les mensonges parfois à l'oeuvre dans les relations familiales contemporaines.

  • La charnière des XXe et XXIe siècles a été marquée par la prise en compte de la diversité en éducation sous plusieurs aspects : genre et orientation sexuelle, ethnie, langue, culture, religion, état de santé, âge, territoire... Le projet d'intégration sociale se conçoit de plus en plus dans la reconnaissance des différences et de moins en moins dans l'indifférence aux différences. Pour maintenir l'objectif de l'émancipation sociale, la définition de la citoyenneté s'enrichit de dimensions nouvelles : des compétences qui permettent de s'orienter dans des univers complexes et un renouvellement du cosmopolitisme correspondant à la mondialisation.

    Cet ouvrage explore, dans différents pays, les aspects de cette diversité et les approches théoriques et méthodologiques, afin de mettre en évidence les capacités d'initiative des enseignants et tracer les contours d'une société inclusive.

  • À l'occasion du dixième anniversaire de la mort de Pierre Bourdieu, cet ouvrage interroge l'objet « travail » dans la sociologie de Bourdieu, et Bourdieu dans la sociologie du travail. Réunissant plus d'une vingtaine de contributions, entre exégèses, analyses historiques et enquêtes de terrain, ce livre souhaite montrer l'apport mutuel du sociologue et du travail : une réconciliation scientifique en somme.

    Avec le concours du conseil régional d'Île-de-France et son programme DIM-GESTES.

  • L'état de santé extrêmement dégradé des personnes vivant dans la rue est souvent présenté, par les professionnels de santé, comme la conséquence de leur refits d'être pris en charge médicalement. Pourtant, les personnes sans domicile expriment parallèlement leur sentiment d'être mis à l'écart du système de santé, voire même d'être rejetées par les soignants.

    Cet ouvrage propose des éléments de compréhension de cette situation apparemment contradictoire, en analysant au plus près les interactions entre les soignants et leurs patients sans domicile. Elles sont traversées de nombreux malentendus qui portent sur leurs rapports au corps, à la santé et au temps, et qui font que soignants et soignés sans domicile ont du mal à se comprendre et à coopérer. La relation de soin en devient problématique et risque de déboucher sur des conflits que chacun tente pourtant d'éviter via des processus de négociation des soins, des règles, des traitements et des rôles adoptés.

    Mais un paradoxe apparaît : alors que les négociations cherchent à pallier les difficultés créées par les nombreux malentendus entre soignants et soignés sans domicile, le compromis qu'ils mettent au point consiste précisément à maintenir ces malentendus.

    L'auteur conjugue une approche compréhensive, interactionniste et se fonde sur une enquête ethnographique conduite entre 2011 et 2016, par observations et entretiens, menés à la fois avec des soignants et des soignés sans domicile, au sein de la ville de Strasbourg.

  • Ce livre explore les possibilités et les limites de l'émancipation par la lecture à partir d'observations et d'entretiens biographiques recueillis pendant trois ans auprès de grands lecteurs et lectrices participant à des cercles de lecture. Ces lecteurs développent un souci de soi dans leurs pratiques de lecture, qui ouvre des possibilités de transgression à l'égard des normes de genre, tout en servant d'appui à la recherche d'une légitimité littéraire.

    Avec le soutien de l'ENS de Lyon et de l'université de Lyon.

  • Dans cet ouvrage, le corps devient un opérateur de la construction du lien aux autres. Omar Zanna y présente les possibilités d'éduquer ou de rééduquer par le corps à l'empathie et il nous invite à mieux comprendre comment construire ou restaurer un lien social dégradé. L'auteur offre ainsi la synthèse de dix années de son travail de recherche sur la place du corps dans l'éducation à l'adresse de tous ceux qui se préoccupent de pédagogie : parents, enseignants, travailleurs sociaux, étudiants.

    Avec le soutien de l'université du Mans.

  • Qu'est-ce qu'un logement doit assurer à ceux qui sont logés ? Cet ouvrage étudie la manière dont les politiques du logement ont traité de cette question. Des enquêtes permettent de suivre ces politiques dans le détail de leur réalisation, à travers les mesures destinées aux personnes dites défavorisées ou les organisations du logement social. En entrant dans le détail des procédures, des scènes et gestes observés, le livre analyse comment différentes conceptions de ce qu'un logement assure structurent l'action publique.

    Avec le soutien de l'Union sociale pour l'habitat et du groupe Caisse des dépôts.

  • Comment rendre compte de la pluralité des expériences du vieillir, de leur transformation et des manières dont nos sociétés en régulent les tensions, sinon en les replaçant dans leurs contextes et leurs dynamiques sociales ? Dans le prolongement des analyses de Simone Pennec à l'université de Bretagne Occidentale (Brest) et à partir d'objets et de terrains d'études variés en France principalement, et aussi en Belgique, au Brésil, au Canada, en Suisse, au Mexique, cet ouvrage analyse les manières dont les individus articulent leurs différents engagements au cours de la vie. Il montre comment certaines manières d'avancer en âge peuvent être soutenues ou au contraire déqualifiées.

    Les quatre parties de l'ouvrage rendent compte des effets des catégorisations des politiques publiques, de la participation des personnes vieillissantes aux différents espaces sociaux, du statut et des expériences des personnes et de leur entourage face aux transformations liées au vieillissement et du travail de soin, de la diversité de ses contextes, de ses registres et de ses acteurs.

    Cet ouvrage est destiné à des enseignants, des étudiants et des chercheurs en sciences sociales, à des praticiens de l'intervention sociale et des professionnels de santé, comme à l'ensemble des acteurs professionnels, politiques, militants ou citoyens concernés.

    Il a été coordonné par cinq enseignant-e-s-chercheur-e-s en sociologie : Françoise Le Borgne-UGUEN (UBO-Brest), Florence DOUGUET (UBS-Lorient), Guillaume FERNANDEZ (UBO-Brest), Nicole ROUX (UBO-Brest) et Geneviève CRESSON (Université Lille 1).

  • Face aux institutions, les individus socialement disqualifiés sont habituellement perçus dans une vision schizophrénique, comme des « dominés » disposant tout au plus de tactiques de résistance. En proposant le concept d'« acteur faible », cet ouvrage entend ouvrir une réflexion nouvelle permettant de penser les conditions d'autonomie des individus pris dans des relations asymétriques. Constituer des causes, délier les langues, rendre les voix audibles : trois processus sont ainsi examinés, à la lumière d'études de terrain (travail social, école, logement, centres sociaux, prison.) qui éclairent le jeu complexe des luttes de reconnaissance, des politiques institutionnelles et des dispositifs de prise de parole.

  • Ce livre analyse les discours « masculinistes », tels qu'ils s'affirment par exemple dans certaines organisations de pères divorcés. Côté scientifique, l'enjeu est clair : il s'agit de poursuivre le travail de déconstruction de la domination masculine en montrant que celle-ci n'a rien de naturel. Elle suppose des investissements et implique des coûts, pour les femmes bien sûr, mais également pour les hommes. Combinant prudence, rigueur et refus des tabous, ce livre revendique donc la vertu de l'insolence scientifique en posant la question des coûts des masculinités.

  • Tally's Corner est devenu un texte-clé dans l'analyse et la compréhension des phénomènes urbains liés à la pauvreté.
    Alors que les révoltes urbaines s'intensifient et que les habitants des grandes villes du Nord des Etats-Unis, des populations immigrées, connaissent un fort taux de chômage, une situation sanitaire difficile et la désagrégation de leur cellule familiale, Elliot Liebow procède au compte rendu détaillé des actes ordinaires de la fraction masculine la plus pauvre de la population noire d'une de ces grandes villes.
    En suivant au jour le jour quelques-uns des hommes qui traînent régulièrement, apparemment sans rien faire, au coin d'une rue, l'auteur, Elliot Liebow, montre comment ces hommes s'organisent afin de surmonter les difficultés sans fin auxquelles ils sont confrontés, comment ils fondent des familles, tentent de subvenir à leurs besoins et de conserver leur dignité. Si Tally's Corner a traversé les années et est devenu un classique de la sociologie, c'est que tant par son sujet que par son mode de collecte et de restitution des données, l'ouvrage constitue un modèle d'enquête ethnographique et de remise en question des théories dominantes sur la pauvreté.
    C'est aussi parce que son style simple et clair en fait un ouvrage romanesque accessible à tous qui emporte le lecteur au coeur d'histoires de vies permettant d'appréhender l'Amérique contemporaine en général, et la vie des Noirs américains pauvres en particulier.

  • Ce livre réinterroge les modes de vie des personnes malades et les activités familiales d'accompagnement avec un nouveau regard fondé sur l'approche des capabilités développée par Amartya Sen. Il conduit à mettre en lumière l'appui que cherchent les familles dans le passé des personnes malades et à en déduire un processus de capabilités par faveur dont bénéficieraient ces personnes, par le souci et la contribution raisonnée de leur entourage familial au maintien d'un cours de vie auquel elles attachaient de la valeur, à la préservation de ce qui leur importait.

    Avec le soutien de la Fondation Plan Alzheimer.

  • Lieux censés incarner les inégalités sociales et concentrer les "problèmes sociaux", les quartiers populaires, en France comme aux Etats-Unis, sont régulièrement au coeur de controverses politico-médiatiques. Les jeunes qui y résident sont souvent l'objet de représentations caricaturales ou fantasmées allant de la "racaille", au rappeur, en passant par le sportif "doué". Dans ce livre, l'auteur tente d'apporter un éclairage sociologique nouveau sur un des aspects de la vie ordinaire de ces quartiers. Quelle place la socialisation sportive des jeunes occupe-t-elle dans la recomposition des classes populaires contemporaines ? C'est principalement à cette question que cet ouvrage tente de répondre en articulant les rapports de classe, de genre et l'appartenance ethnique.

    S'appuyant sur une enquête ethnographique approfondie dans des salles de sports de combat et de musculation au coeur de quartiers populaires en France et aux Etats-Unis, l'auteur a voulu mieux comprendre le style de vie des jeunesses populaires en observant des pratiques relativement peu étudiées. Il montre des jeunes sportifs ancrés localement qui demeurent fidèles à une culture "populaire" et à ses "valeurs" mais qui sont également des enfants de la "démocratisation" scolaire en voie d'acculturation à une culture "légitime". En entrant dans le détail de la socialisation sportive de ces jeunes, il interroge leur rapport au corps, aux savoirs sportifs et aux "autres". Ce livre intéressera tous ceux qui souhaitent comprendre, au-delà des préjugés, un aspect important de la socialisation des jeunesses populaires en quête de respectabilité.

  • Dans les travaux français de la sociologie de la jeunesse, la question du genre comme processus d'assignation sexuée des pratiques et des représentations, renouvelant la lecture des rapports sociaux de domination, n'est apparue que récemment.

    Poursuivant l'interrogation initiale des premières Rencontres Jeunes & Sociétés sur "les cadres et les modalités de la socialisation sexuée", cet ouvrage analyse les marginalités et les déviances juvéniles à l'égard des normes de genre. Les contributions étudient les modalités de production de pratiques et de représentations dont les contours, rapportés à l'ordre du genre et à ses critères de classements, ses catégorisations et ses comptages, tracent des groupes minoritaires, parfois placés sous un contrôle institutionnel qui marque l'évaluation d'une possible dangerosité sociale.

    Il s'agit donc moins de comprendre la reproduction des clivages sexués, que d'analyser la recomposition des marges du genre en même temps que le processus de normalisation qui fait des déviances d'hier, les normes d'aujourd'hui.

  • Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail.

    Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent.

    Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.

  • Cet ouvrage analyse de façon ethnographique les parcours et les pratiques d'une trentaine d'apprentis musiciens des deux sexes, dans deux établissements publics d'enseignement musical de profils sociologiques différents. L'apprentissage instrumental touche en effet différemment les filles et les garçons, tant d'un point de vue quantitatif que qualitatif : les filles sont plus nombreuses et se rencontrent majoritairement en classes de piano et de cordes, alors que les garçons se retrouvent davantage aux instruments à vent et aux percussions.

  • Les restructurations d'entreprises sont diffuses, en temps de crise comme de prospérité. Il est attendu des salariés qu'ils s'adaptent à cette nouvelle donne. Le mouvement social débuté en février 2016 contre la loi Travail s'est nourri de la contestation d'une opinion répandue : la réglementation du licenciement est un frein à l'embauche et un facteur de chômage. À rebours de cette idée reçue, l'ouvrage renoue avec l'analyse des causes économiques et financières, essentielles dans cette banalisation du licenciement. Cette dernière - loin d'être du ressort des individus - engage la responsabilité collective d'une société.

    Avec le soutien du Centre Pierre-Naville.

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