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  • Ce qu'est l'art

    Arthur Danto

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    • 17 May 2019

    Que signifie au juste « être une oeuvre d'art » ? Telle est la question posée ici par Arthur Danto. Mêlant réflexions philosophiques et anecdotes plus personnelles, Ce qu'est l'art remet en question l'idée communément répandue selon laquelle l'art serait un concept impossible à définir, au profit d'une argumentation essentialiste, mettant en lumière des propriétés universelles des oeuvres d'art.
    Pour Danto, toute oeuvre d'art, quelle que soit la façon dont on la considère, peut être définie selon deux critères essentiels : la signification, d'une part, et l'incarnation de cette signification, d'autre part, auxquelles vient s'ajouter la contribution interprétative du regardeur.
    L'une des grandes qualités de Danto est de toujours procéder de façon remarquablement accessible.
    Partant de la définition philosophique de l'art donnée par Platon dans sa République, Arthur Danto en retrace une histoire qu'il conçoit d'abord comme une succession de découvertes mimétiques, de l'invention de la perspective à celle du clair-obscur, en passant par les avancées opérées dans l'art du portrait. À l'appui de cet examen poussé de la richesse et de l'université du concept d'art, Arthur Danto convoque aussi bien des philosophes - Descartes, Kant, Hegel, Heidegger ou Charles Sanders Peirce - que des artistes - de Michel- Ange à Warhol, en passant par Poussin, le Lorrain ou Marcel Duchamp. Pour conclure, Danto revient une nouvelle fois sur l'un de ses exemples favoris : celui des Boîtes Brillo d'Andy Warhol, objets d'art indiscernables, visuellement, des objets qui les entourent, et pourtant définitivement - car philosophiquement - distincts.

  • Textes critiques ; 1950-1969

    Jacques Rivette

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    • 21 November 2018

    Ici réunis pour la première fois, les textes critiques de Jacques Rivette, parus entre 1950 et 1969, dans La Gazette du cinéma, Arts et Les Cahiers du cinéma sont une vraie leçon de cinéma, généreuse et passionnée. Ils portent très haut l'exigence critique, préfigurent l'apparition du cinéaste Jacques Rivette et accompagnent celle de la Nouvelle Vague.
    Ces écrits témoignent d'une grande exigence littéraire, indissociable de la finesse des analyses que développe Rivette et des concepts qu'il forge à propos de films dont beaucoup se sont depuis classés parmi les grands classiques du cinéma d'après-guerre.

  • Robert Kramer a écrit abondamment, avant, pendant, après les films, des « notes » et des projets, des fictions et des essais, d'innombrables carnets intimes et fichiers informatiques composés de fragments, comme des textes longuement mûris destinés à la publication.
    Cette matière considérable est l'un des ciments cachés de son oeuvre, où se négocie de manière plus explicite que dans ses films son rapport à la subjectivation politique, à l'autofiction ou aux entrecroisements entre documentaire, propagande et fabulation.

  • Plus le joueur obéit aux stimulations du programme, plus il se conforme sans retard aux ordres de la machine, plus il contraint ses gestes à suivre la cadence imposée et plus et son personnage triomphe, plus le héros qui le représente à l'écran accumule les victoires et multiplie les exploits. Autrement dit, plus l'avatar est libre, plus le joueur est esclave. En jouant à un jeu vidéo, on échange une soumission réelle contre une liberté simulée.

  • La contrée

    Ben Metcalf

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    • 8 February 2019

    Tout commence lorsque les parents du narrateur décident de s'éloigner de l'influence corruptrice de la ville pour aller s'installer à la campagne, en Virginie.
    Le narrateur déploie alors une galerie d'adolescents scabreux et d'adultes endurcis, que la terre coriace du Nouveau Monde a fait sombrer dans la folie. D'une misanthropie acharnée, il construit un récit labyrinthique qui sabote de l'intérieur tout ce que peut incarner la puissance du provincialisme ; et c'est par le biais d'une écriture aussi subtile qu'autodestructrice que le lecteur prend conscience que la terre elle-même n'est pas qu'une simple toile de fond mais bien la puissance influente, vivante, haletante et menaçante qui gît derrière chacune des misérables existences de ses occupants. La Contrée se lit comme un texte de Faulkner, en plus cinglant.
    La Contrée réjouira aussi bien les amateurs de Southern Gothic que ceux de métafiction. Avec pour décor les pins chétifs de Virginie, et pour protagonistes des parents violents, des délinquants sexuels racistes, des prêtres à la dérive et des poulets suicidaires, ce roman défiant les conventions littéraires nous livre une critique virulente du mythe national américain - à savoir que la ruralité engendrerait naturellement le Bien, tandis que la ville serait inéluctablement liée au péché.

  • Crise de régime, menace climatique, luttes fratricides pour le pouvoir, majorité méprisée et humiliée par des gouvernants eux-mêmes contrôlés par des institutions financières sans visage... Les similitudes entre le monde de Game of Thrones et le nôtre sont nombreuses et troublantes, et expliquent sans doute le succès d'une saga populaire éminemment politique.
    Il n'en fallait pas plus pour que Pablo Iglesias réunisse autour de lui universitaires, intellectuels et activistes de Podemos, le parti issu du mouvement des Indignés qui bouscule la politique traditionnelle en Espagne comme en Europe, afin de nous faire part des réflexions que leur a inspiré la série.
    Pouvoir, légitimité, raison d'État, identités collectives, hégémonie culturelle, assignations de genre, constructions d'antagonismes : autant de concepts sur lesquels reviennent en détail les auteurs, dans un passionnant ouvrage de politologie collective où les situations et personnages de la série et les grandes théories de Nicolas Machiavel, Thomas Hobbes, Antonio Gramsci, Lénine, Carl Schmitt et Ernesto Laclau s'éclairent réciproquement.
    Mais ces réflexions et enseignements resteraient incomplets si ce livre ne revêtait un aspect performatif, en questionnant les stratégies et moyens destinés à passer d'une opposition au système - confortable mais inopérante - à un réinvestissement du politique dans une optique de changement réel, dans un monde où le pouvoir constitue l'enjeu majeur d'un rapport de force permanent.

  • Complexe, l'oeuvre du cinéaste Richard Linklater l'est autant par son jeu de bifurcations narratives ou sa manière de circuler entre les états psychiques que par la profusion des discours théoriques qui la peuplent. Ce premier ouvrage sur Richard Linklater, se propose d'explorer la diversité foisonnante des fictions de ce grand cinéaste du « moment ».

    De Slacker, qui se trame au gré des déambulations de ses personnages, jusqu'à Boyhood, tourné sur une période de douze années afin de témoigner au plus près de la lente maturation des corps, les films de Richard Linklater apparaissent comme autant d'occasions de briser l'étau de la dramaturgie cinématographique conventionnelle.

    Le temps n'y est plus un engrenage implacable mais le lieu des possibles, de l'ouverture et de la perte. À la fois multiple et cohérente, l'oeuvre de Richard Linklater est ainsi devenue au fil de trois décennies le creuset d'un cinéma du « moment » qui, dans sa quête d'un sentiment de présence au monde, révèle avec une attention sans cesse renouvelée la secrète puissance des songes et des temps de la vie habituellement regardés comme « faibles ».

    Premier ouvrage consacré à Richard Linklater, publié avec la complicité éditoriale de la revue Débordements et en partenariat avec le Centre Pompidou, Richard Linklater, cinéaste du moment se compose d'un important entretien inédit mené à Paris en juillet 2019 et des contributions critiques d'Adrienne Boutang, Fernando Ganzo, Romain Lefebvre, Raphaël Nieuwjaer, Judith Revault d'Allonnes et Jean-Marie Samocki, qui interrogent et approfondissent les thèmes essentiels de l'oeuvre engagée et polymorphe du cinéaste.

  • Recueil de témoignages d'actes d'hospitalité accomplis à Calais, en réaction à l'interdiction posée par l'article L 622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'apporter toute aide directe ou indirecte à un étranger en situation irrégulière en France.

  • Agnès a un cancer. Son ambulancier attitré s'éprend follement d'elle un périphérique après l'autre. Mais Agnès meurt (malgré l'amour). L'ambulancier qui ne pourra vivre avec elle choisit de vivre parmi elle, au milieu de ses meubles.

  • Au sein d'un cinéma portugais extrêmement vivace, João Pedro Rodrigues a imposé sa singularité depuis la fin des années 1990 avec une oeuvre de dixhuit films à ce jour qui réactive les genres cinématographiques : le fantastique post-Fantômas, le mélodrame à la suite de Sirk et Fassbinder, le film noir sur les traces de Sternberg...
    Entêtants comme les désirs souverains qui les animent, ses films ont gagné une reconnaissance immédiate dans les plus grands festivals. O Fantasma, Odete ou Mourir comme un homme suivent leurs personnages à travers les méandres de leurs obsessions, du réel sur lequel ils butent vers son dépassement. Les corps des acteurs ne cessent de s'y métamorphoser et les films de muter avec eux, dans un chatoiement infini des genres, sexuels ou animaux aussi bien que cinématographiques.
    Avec son directeur artistique, João Rui Guerra da Mata, il a également cosigné plusieurs courts et un long-métrage tournés à Macao, qui pistent les mystères et fantômes de l'ancienne colonie portugaise en mêlant l'aube rouge. Le cinéma et sa grande vie argentique de personnages humains ont fait place au film numérique en play-back d'une humanité éclipsée, «You Kill Me». » Article de Luc Chessel paru dans Les Inrocks en 2013, à la sortie de La Dernière fois que j'ai vu Macao :
    « Très loin : Macao, Las Vegas d'Asie du Sud, ancienne colonie portugaise, surpeuplée. Tout près : le Portugal d'aujourd'hui, aux rues désertées, dépossédé de ses moyens de production. Très loin : Macao (Le Paradis des mauvais garçons), un vieux film (1952) de Josef von Sternberg, avec Robert Mitchum et Jane Russell, l'Asie en studio par un Autrichien d'Hollywood. Tout près : le cinéma sans argent, et les petites caméras numériques permettant de tourner pour presque rien, directement, sans être vu. Très loin : le monde sans l'Europe.
    Tout près : l'Europe sans avenir. Très loin : les souvenirs de Guerra da Mata, son enfance à Macao. Tout près, une question : que faire de nos propres fantômes ?
    Le film hante cet écart, ce temps entre le proche et le lointain. Il y a l'histoire, qui est une voix off : celle du cinéaste Guerra da Mata appelé d'urgence par une amie disparue, partie chanter la chanson de Jane Russell dans les casinos de Macao, qui lui demande de venir la rejoindre pour la sauver d'une mystérieuse menace.
    Indiscernablement documentaire et fiction.
    Extrait de la présentation de Marie Borel :
    « Il a cette manière singulière, dévote et iconoclaste à la fois, d'apprivoiser les fauves, leur être-corps, si beau en ce monde profane. Constellations d'êtres au coeur fragile. Récits lents, rêves éveillés dont la mélancolie devient un accomplissement de paix. C'est par la terre que tout revient, sac et ressac telluriques, comme une marée. La durée brouille les sens et les humeurs.
    Portraits oniriques, échappées belles. Reconnaissance posthume. Douceurs inédites. Délices négatives. Force d'une nostalgie sans nostalgie, saudade, cet affect qui est le Portugal même. Ce qui brûle guérit. La dernière fois qu'il a vu Macao, c'était l'année du tigre et de

  • La question du réel est au coeur de l'actualité :
    Post-vérité, alternative facts, théories du complot, manipulations numériques, etc. À l'heure où la réalité semble souvent dépasser la fiction, la notion même de « réel » est aujourd'hui fragilisée. Au sein des pratiques cinématographiques actuelles, les frontières entre documentaire et fiction ne cessent par ailleurs de se brouiller, au point que beaucoup y voient des catégories devenues vides de sens.
    Plus de 30 cinéastes documentaires et/ou de fiction ainsi que d'autres artistes, critiques et philosophes, ont été invités à prendre position sur leur rapport au réel, dans un volume bilingue illustré qui paraît à l'occasion du quarantième anniversaire du festival du « Cinéma du réel ». Que recouvre pour eux cette notion ? A-t-elle (encore) un sens ? Est-elle utile ou illusoire ? Comment donner accès au réel ?
    Le cinéma sous toutes ses formes est-il un moyen privilégié de le faire ? Quelle est la responsabilité des cinéastes, face à l'incertitude de notre temps ?
    Qu'est-ce que le réel ? est un recueil de textes et de propositions libres d'artistes et de penseurs de différentes générations, aux pratiques diverses, qui se confrontent à la réalité précaire de notre époque.
    Il avance l'idée que l'image en mouvement peut encore être le moyen de faire face la à « réalité », de la comprendre, de réfuter ses formes usuelles galvaudées.
    La question n'est pas nouvelle : elle a été abordée par des théoriciens comme André Bazin, Serge Daney, Roland Barthes. Des mouvements aussi divers que le réalisme social, le néoréalisme et le cinéma direct en ont également fait la matière de leurs créations.
    Tout en poursuivant et en actualisant ces réflexions sur la relation complexe du cinéma au réel - sa relation d'inhérence, de transcendance, d'adhérence ou d'usurpation du réel, ses codes visuels et ses prétentions à l'égard de la question de l'authenticité et du spectateur, ou même sa déréalisation -, cet ouvrage collectif se constitue en geste créatif. À travers le témoignage, l'analyse associative, mais aussi l'anecdote et la subjectivité, ainsi que des formes expérimentales incluant des images photographiques et des collages, Qu'est-ce que le réel ?
    Propose un déplacement du discours sur le réel et sa représentation par quelques-uns des artisans du cinéma contemporain parmi les plus audacieux et les plus talentueux.

  • L'aménagement du territoire concentre de très vives tensions politiques, alors que la concurrence internationale fait rage entre les grandes métropoles et entre les régions (y compris au sein de l'Europe). Les représentants politiques élus, ayant pris acte de leur impuissance face à cette évolution (ou conscient de l'intérêt qu'ils y trouvent), soutiennent et encouragent des projets d'aménagement qui ne font l'objet d'aucune concertation publique véritable. Cette tendance, dont l'origine se trouve selon Hacène Belmessous dans la construction du quartier de la Défense (EPAD, 1958), prés carré gaullien n'ayant à l'époque toutefois fait l'objet que d'une faible contestation, est symptomatique de la séparation toujours plus grande entre les habitants et leurs représentants élus, sur fond de retrait de l'État, et d'une défiance toujours plus grande des citoyens vis-à-vis de ces processus, qu'Hacène Belmessous qualifie de « dé-démocratiques ». Grand Paris, Notre-Dame-des-Landes, barrage de Sivens sont aujourd'hui le terrain de véritables batailles, qui voient s'affronter, parfois brutalement, la force publique et des individus « hyperréalistes » fermement décidés à entraver la marche du « lobby spéculo-marchand ».
    Si c'est bien d'un processus de « dé-démocratisation » auquel nous avons affaire, c'est notamment en raison de la mise en place de partenariats « publicprivé » (dont l'invention remonte seulement au début des années 1990, au Royaume-uni). À présent généralisée sans avoir fait l'objet d'une quelconque concertation éléctorale, ces partenariats consistent à confier la construction et la gestion d'équipements et d'aménagements publics à de grandes entreprises du BTP. Hacène Belmessous décrit ainsi de façon très instructive les cellules de communication spécialisées mises en place par ces « bétonneurs » à l'attention des politiques ainsi qu'à celle des usagers (thinktank, ou fondations). Lorsqu'on connaît la puissance financière de groupes d'envergure mondiale comme Vinci, Eiffage ou d'autres, leur proximité historique et « organique » avec les représentants élus au plus haut niveau, ainsi que leur présence au sein des principaux groupes de médias, on comprend que la consultation citoyenne ne constitue pas leur priorité (ils n'y sont d'ailleurs pas formellement soumis). Cette confusion des genres est devenue exemplaire de la désorganisation du fonctionnement républicain.
    Qu'en est-il alors des leviers d'action dont disposent encore les habitants-citoyens ? Depuis la lutte du Larzac (1971-1981), soldée victorieusement par le renoncement de Mitterand à l'extension de l'emprise militaire sur le plateau, il semble acquis que seule une mobilisation locale vigoureuse est susceptible d'infléchir un projet d'aménagement particulier. Autrement dit, en l'absence prolongée d'alternative politique, toute victoire lors d'une lutte locale ne constituerait que l'exception à la règle du renoncement institutionnel généralisé. C'est cette orientation pessimiste qui caractérise le présent essai : quand, peut-être, le barrage de Sivens ne verrait « reporté sine die », le dernier mouvement social enregistré en France, celui des émeutes de 2005 dans les périphéries des grandes villes françaises, aura simplement été réprimé, et leurs habitants, rayés de la carte citoyenne, victimes d'un « séparatisme social » plus que jamais à l'oeuvre.

  • Gianikian et Angela Ricci Lucchi traversent le monde et embrassent le xxe siècle depuis leur atelier milanais qui a tout d'un laboratoire d'alchimiste.
    Les images qu'ils nous adressent régulièrement, films, vidéos et installations, sont bien plus que des nouvelles :
    Ce sont des révélations.
    À partir de documents d'archives aussi bien que de films amateurs de la première moitié du xxe siècle, dénichés et collectés précieusement, Yervant Gianikian & Angela Ricci Lucchi recadrent, déplacent, resserrent, colorisent, ralentissent. Libérées du regard et de l'idéologie de leurs auteurs, désaliénées, les images de notre passé font retour mais autrement, comme si nous les voyions pour la première fois.
    Les artisans de cette révélation ont pris pleinement acte de la révolution opérée par le cinéma et ses dérivés, qui se sont imposés en arts de notre temps. Avec eux, le siècle devient simultanément vécu, filmé et regardé. Ses images persistent et reviennent. À travers la colonisation, le fascisme, l'impérialisme ou la guerre, les artistes créent une continuité inédite entre passé, présent et futur. Mystérieusement, par un effet duel de ce sortilège, le temps retrouvé fait à nouveau histoire tout comme ses images font poème, rendues à leur liberté sauvage et à leur pouvoir de sidération.
    À l'invitation du Centre Pompidou et en association avec le Festival d'Automne, Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi présenteront la rétrospective intégrale de leurs cinquante films et un inédit commandé pour l'occasion, avec une exposition consacrée à leurs installations, la première en France après la Biennale de Venise, le MoMA de New York ou le Hangar Bicocca à Milan (.
    À cette occasion, ils font paraître l'ouvrage Notre caméra analytique (Mise en catalogue des images et objets), leur premier livre en langue française.
    Le volume est ainsi composé :
    - de textes inédits détaillant le sens de leur démarche et les moyens techniques mis en oeuvre dans leur travail de cinéastes, notamment leur fameuse «caméra analytique » (qui consiste dans un procédé et ne se réduit pas à une simple machine) ;
    - d'entretiens rares ou inédits;
    - d'une sélection d'images en couleurs (16 p.);
    - d'un important cahier critique composé de textes existants et de nouveaux textes sollicités auprès de critiques, d'historiens et de cinéastes - d'une filmographie raisonnée.
    Quand nous filmons en vidéo le récit de Raphaël, le père de Yervant, qui raconte le génocide arménien dans Retour à Khodorciur, nous faisons le même travail que quand nous étudions des films d'archives, parce que c'est une autre forme de la violence. L'écouter ou regarder chaque photogramme participe de la même démarche et de la même attention épuisante. Et c'est Retour à Khodorciur qui a engendré Hommes, années, vie, notre film sur le massacre et l'exode des Arméniens, fait à partir d'archives trouvées en ex-URSS. Quand nous voyageons, nous cherchons des images d'archives et nous filmons des choses que nous laissons reposer, comme on laisse un vin s'ouvrir, avant de les utiliser. Nous voyageons toujours avec une caméra. Et si nous avons voyagé autant en ex-Yougoslavie, pour montrer nos films, trouver du matériel pour Inventaire balkanique et filmer de nouvelles images, c'est parce que nous avons voulu comprendre comment cette région des Balkans, d'où viennent des écrivains tels que Elias Canetti, Danilo Kis, Paul Celan ou Mircea Eliade, a pu sombrer dans une telle violence, une telle folie.

  • Le cinéma aujourd'hui ne cesse de se nourrir de ce qu'il n'est pas ou de ce qui lui est extérieur. De même l'art trouve dans le cinéma un certain nombre des points de tensions qui animent sa pratique : les relations entre le visible et le dicible, le rapport à la technique et à la reproduction des images, l'évolution des nouvelles formes de fiction, l'articulation entre le document, l'archive et la mise en scène du réel, etc.. L'écriture devient alors un des terrains d'expérimentation de tous ces mouvements de circulation et de tous ces points de passages :
    Un territoire à arpenter où s'éprouve la possibilité de dire ce que serait aujourd'hui une expérience du monde.

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  • Va toto!

    Pierre Creton

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    • 13 October 2017

    Va Toto ! raconte l'histoire vraie d'un jeune marcassin, qui, après avoir échappé à une battue, trouve refuge chez une femme dans la campagne normande.
    L'écriture du texte accompagne la réalisation d'un film, et le récit se poursuit une fois le film terminé.
    Il s'affirme comme un récit autonome. Le livre accompagne la sortie en salle du film, programmée en octobre et soutenue par l'ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion).

  • Un amour d'UIQ est un scénario non réalisé de Félix Guattari. UIQ (the unmaking-of) Un livre de visions / A Book of Visions permet de retracer le processus artistique et collectif enclenché par Silvia Maglioni & Graeme Thomson depuis la découverte du scénario original.
    Il donne lieu à des propositions multiples et sans cesse en mouvement, issues de différents travaux mettant en jeu le cinéma, la vision et la voix. Le livre travaille ces nombreux points de passage dans une édition réflexive et inventive autour de la force du cinéma potentiel, en mêlant partition visuelle et enjeux théoriques.

  • Le cinéma aujourd'hui ne cesse de se nourrir de ce qu'il n'est pas ou de ce qui lui est extérieur. De même l'art trouve dans le cinéma un certain nombre des points de tensions qui animent sa pratique : les relations entre le visible et le dicible, le rapport à la technique et à la reproduction des images, l'évolution des nouvelles formes de fiction, l'articulation entre le document, l'archive et la mise en scène du réel, etc.. L'écriture devient alors un des terrains d'expérimentation de tous ces mouvements de circulation et de tous ces points de passages :
    Un territoire à arpenter où s'éprouve la possibilité de dire ce que serait aujourd'hui une expérience du monde.

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  • Elle est la nuit

    Paul Clément

    • Post apo
    • 16 November 2020

    Un braquage qui tourne mal à Salt Lake City. Deux malfaiteurs en fuite. Une jeune femme, Laurel, prête à refaire sa vie loin de la folie de Los Angeles et de cette famille qui l'étouffe. Une seule et unique destination : Lewistown, Montana. La planque idéale pour les malfrats. Un nouveau départ pour Laurel. Mais, surtout, son terrain de jeu à Elle. À Lewistown, on ne réchappe pas à la nuit... Pour ce sixième roman, Paul Clément revient à l'horreur avec un thriller fantastique à la frontière des genres, entre suspense, action et violence parfois extrême.

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  • À Windrasor, l'un des orphelinats les plus prestigieux du duché de Morenvagk, le sort des pensionnaires semble joué d'avance. Une adoption peu probable ou un envoi au front, synonyme de mort certaine au service d'une guerre dont plus personne ne semble se souvenir des raisons, sont leurs seules perspectives d'avenir. Dans ce monde qui a perdu la tête, prisonniers du plateau imprenable sur lequel s'élève le célèbre orphelinat, Spinello et ses amis ne savent pourtant pas que le destin a prévu bien d'autres choses pour eux. Toutes les grandes aventures ont un point de départ, parfois perdu au milieu de l'immensité d'une forêt entourant un bien étrange établissement.

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  • Jusqu'à présent, les orphelins ont réussi à fuir, non sans encombre. Toujours à la recherche d'un futur meilleur et d'un endroit où vivre l'existence qu'ils méritent, ils découvrent qu'ils ne sont pas au bout de leurs peines ; loin de là. Car, à chaque étape de leur voyage, le destin semble bien décidé à leur glisser des bâtons dans les roues. Il ne leur reste que leur amitié pour tenir bon. Mais, alors qu'ils viennent de retrouver Iphis, la force de leur attachement mutuel sera-t-elle suffisante pour résister aux nouveaux coups du sort qui les attendent ? Parfois, la décision la plus anodine peut avoir des conséquences désastreuses...

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  • L'horreur des mots des gardes de la prison de Straham s'est abattue sur Spinello comme un couperet. Tous les pensionnaires de Windrasor vont être massacrés pour venger l'assassinat du Duc ! Et Spinello ne peut rien y faire... pas avant d'avoir quitté ces monstrueuses geôles dont Placide, Fradik et lui doivent impérativement s'évader. Les résidents de Windrasor ne sont cependant pas les seuls en danger de mort. Injustement condamnés avec les petits anges pour le meurtre du souverain, Théodore et Bartholomée entament leur dernier jour dans ce monde ignoble. À moins que le destin n'ait prévu de leur accorder une seconde chance ; une seconde chance du nom d'Iphis...

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