Langue française

  • À « Monsieur le Commandant », Paul-Jean Husson adresse cette terrible lettre. Signée de la main d'un intellectuel, écrivain renommé et académicien. Héros de la Grande Guerre également, attaché à la France de Pétain. Après la défaite de juin 40, son fils rejoint les résistants de Londres, laissant derrière lui son épouse Ilse. Paul-Jean Husson en tombe éperdument amoureux. Mais si sa nationalité allemande ne le dérange pas, il en va autrement de ses origines juives. Au point de le pousser aux dernières limites de l'ignominie.

  • « Des bruits couraient au sujet de ce bâtiment, où certaines personnes se seraient égarées et n'en seraient jamais ressorties...» Un homme se rend aux objets trouvés pour y récupérer son portefeuille, mais n'ignore pas ce qui se raconte à leur sujet. Un vieil écrivain aperçoit entre les mains d'un passager de l'autobus le livre qu'il aurait dû et n'a cependant jamais écrit. Un politicien, après avoir discouru, écoute la cassette de son intervention et découvre avoir été enregistré toute sa vie. Dans les vingt nouvelles qui composent ce recueil, le fantastique se faufile imperceptiblement à travers les interstices de la banalité.

  • En 1936, la guerre civile éclate en Espagne. Elle fera plus de six cent mille morts. Témoin des événements, George Bernanos condamne les exactions de la répression franquiste, dans ce journal aux accents de pamphlet, qui fit scandale lorsqu'il fut publié en France en 1938. Il y prend fait et cause pour les républicains, et dénonce le ralliement de l'Eglise espagnole au coup de force nationaliste du général Franco. Grands cimetières sous la lune est un récit de combat, fondamental, toujours actuel.

  • Ida

    Hélène Bessette

    Ida est morte, frappée par un camion. Sa disparition suscite le trouble : qui était cette femme discrète, dévouée à son travail de bonne à tout faire ? Rien ni personne n'élucide ce mystère. D'elle, il ne reste que les mots de celles qui ont croisé sa route. Des mots amers qui tracent en contrepoint un saisissant portrait : celui d'un monde égoïste et cruel, dont Ida était la victime silencieuse mais victorieuse.

  • « Mon inquiétude égale mon impatience. Je ressens un doute, la création est comme un miracle, et le doute est conséquence de l'incertitude du miracle. » Un moine bâtisseur est chargé de la construction de l'abbaye du Thoronet. Une oeuvre qu'il veut pure, vraie, réelle. Jour après jour, il décrit la vie du chantier entre travail harassant et discipline de fer, les difficultés techniques, la lente marche vers l'édification du lieu saint. Les doutes assaillent l'architecte. Pour parvenir au chef-d'oeuvre distingué entre mille, il faut allier l'expérience du métier et la spontanéité de l'art, apprivoiser l'inconnu. La création est, d'abord, un acte de foi.

  • La danse du roi

    Mohammed Dib

    Une femme et un homme. Ce sont deux destins complémentaires et dissemblables, liés seulement par l'expérience de la guerre, tiraillés entre un passé glorieux et un présent désenchanté. Leur double expérience incite l'un et l'autre à se parler, à se réinventer, et à créer ce qui leur manque, dans la parole. Ce livre se veut la geste, non du héros, mais de ce « roi » que le dernier des humains demeure en dépit de tout.

  • Le président Koyaga est un maître chasseur... et un dictateur de la pire espèce. Lors d'une cérémonie purificatoire, un griot des chasseurs et son bouffon lui racontent sa propre vie, sans omettre les parts d'ombre et de sang. Après avoir fait la guerre d'Indochine, Koyaga a en effet pris la tête de la République du Golfe en usant de la sorcellerie et de l'assassinat. Accompagné de son âme damnée Maclédio, il a parcouru l'Afrique, prenant des leçons auprès de ses collègues en despotisme. On n'aura guère de peine à reconnaître au passage Houphouët-Boigny, Sékou Touré, Bokassa, Mobutu.

  • L'astragale

    Albertine Sarrazin

    Ce livre culte est le récit autobiographique de la cavale d'Anna, dix-neuf ans, évadée de prison qui, dans sa fuite, s'est brisé un os du pied nommé astragale. Sa route croise celle de Julien : il deviendra l'amour de sa vie. Il parle comme elle le langage des prisons et va l'aider à échapper aux autorités qui la traquent. De planque en planque, de rencontre en rencontre, la jeune fugitive est prête à toutes les audaces pour défendre sa fragile liberté. Quoi qu'il en coûte, chaque rayon de soleil est à prendre.

  • « Sur la route devenue large et lisse, les lignes jaunes, tout au long des courbes, traçaient leurs messages en morse rapide. » Un jeune homme au volant d'une décapotable. À ses côtés, un inconnu embarqué pour rendre service à une amie et qui ne se sépare jamais d'un mystérieux sac. Au fil des kilomètres parcourus à toute vitesse, quelques mots, des silences et des malentendus, semblables à ceux ayant cours dans une guerre qui ne porte alors pas son nom. Et comme une compréhension qui s'ébauche...

  • - Georges Perec nous entraîne dans le récit d'une véritable course d'obstacles : la quête d'une augmentation de salaire. Selon une logique imparable, il examine tout les cas de figure possibles et imaginables. Mais de rebondissements en rendez-vous manqués, d'épidémies de rougeole en intoxications alimentaires, les perspectives d'une rencontre avec un très évanescent chef de service deviennent de plus en plus improbables.

    - Georges Perec est né à Paris le 7 mars 1936. Auteur majeur de l'Oulipo, il a obtenu en 1965 le prix Renaudot pour son premier roman Les Choses, et le prix Médicis, en 1978, pour La Vie mode d'emploi. Il est décédé le 3 mars 1982.

  • « Nous fîmes cercle autour d'elle. Nous fîmes vie autour d'elle. Nous fîmes amour, tristesse, détresse. Nous fîmes refus, protestation, résignation, disparition. Nous fîmes courage et lâcheté. Nous fîmes tout ce que l'on fait quand on ne sait pas quoi faire... » Man Ninotte, la mère invincible, a quitté le monde des vivants. L'écrivain aborde l'abîme de la perte dans l'aberration et la culpabilité. Pour conjurer cette absence fondamentale, fixer la mémoire, il dialogue avec sa soeur et convoque l'histoire des Antilles, remontant jusqu'aux origines de l'humanité. Le réconfort est à trouver dans la tribu que constituent soudain la famille et les proches. Car au-delà de la mort, la vie est là, la vie est en eux, la vie les aveugle.

  • Journal

    Jean-René Huguenin

    Jean-René Huguenin commence une nouvelle vie. À la veille de ses vingt ans, il décide d'écrire un chef-d'oeuvre. Ou rien. Ambitieux et plein d'orgueil, Huguenin se jette tout entier dans l'écriture. Ce Journal, pensé comme une création littéraire à part entière, raconte les espoirs et les déceptions d'un écrivain en devenir, révolté par une époque jugée désespérément vide.

  • Tigre en papier

    Olivier Rolin

    Martin raconte à la fille de son meilleur ami, mort depuis longtemps, ce que fut leur jeunesse à la fin des années 60, une époque où l'on croyait dur comme fer à la Révolution. Au Vietnam la « guerre du peuple » défaisait la puissante Amérique, la Chine était rouge pour l'éternité, le Che plus grand mort que vivant, les impérialistes étaient des tigres en papier. C'était dans la nuit des temps...

  • Remise de peine

    Patrick Modiano

    Dans ce récit aux contours autobiographiques, le narrateur, Patoche, évoque son enfance chez des amies de ses parents, pendant que sa mère court les scènes de théâtre dans toute l'Europe et que son père s'est fait chercheur d'or en Amérique du Sud. Le regard enfantin et naïf du narrateur dessine des existences adultes troubles, faites de mystères et de clandestinité. Remise de peine est imprégné des thèmes chers à Patrick Modiano : la quête paternelle et la mélancolie des errances parisiennes.

    Né à Boulogne-Billancourt en 1945, Patrick Modiano a écrit près d'une trentaine de romans, souvent autobiographiques. Il a été récompensé par de nombreux prix pour l'ensemble de son ouvre.

  • Quand paraît Sur la route de Jack Kerouac, Neal Cassady devient un héros, presque un mythe. Il est et restera à jamais l'enfant terrible de la Beat Generation et le précurseur de la contre-culture américaine. Une tête brûlée doublée d'un archange, tel apparaît Neal Cassady dans le roman d'apprentissage que tracent peu à peu ses missives.

  • Le Pressentiment

    Emmanuel Bove

    Charles benesteau a pourtant tout pour être heureux: une belle situation, une femme aimante, une famille, des amis.
    Mais il décide de changer de vie. installé dans un quartier populaire de paris, il s'invente un avenir digne de son idéal.

  • Oeuvre maîtresse d'Ernesto Sabato, ce livre relate l'histoire d'un amour - celui qui unit et déchire tour à tour Martín del Castillo et Alejandra -, l'histoire d'une ville - Buenos Aires, héroïque, misérable et orgueilleuse -, et l'histoire d'une secte : celle des aveugles, impitoyable, dont le père d'Alejandra tente de révéler qu'elle gouverne le monde en secret.

  • Macau

    Antoine Volodine

    « Cela me plaisait de devoir être tué en Chine, sur une jonque à l'ancrage, devant un photogénique vieillard, dans une atmosphère chinoise saturée de puanteurs, de fumée de poisson frit, de tabac, de pétrole, d'eau sale. Après tout, j'étais venu pour ça, pour en finir, pour être ailleurs et en finir. » Près de quinze ans après Le Port intérieur, Antoine Volodine retrouve ses paysages familiers : les ruelles obscures de Macau, l'humidité sordide, la nuit où monologuent des personnages ambigus et sublimes. Il ajoute ici un ouvrage à la vaste construction romanesque qu'il a entreprise et qui compte actuellement plus de trente titres.

  • Minuit

    Patrick Deville

    « Il avait dû se tromper d'avenir dans un vestiaire du temps où il faisait du sport, et repartir avec celui d'un autre sur l'épaule. » D'abord, il y a le ton résolument moderne qui surprend : ce goût pour l'ellipse et les échappées, ce plaisir de la vitesse en prose. Puis, c'est le charme décousu des personnages qui opère : mélancolique et fantaisiste, chacun libère un parfum d'étrangeté à la fois déconcertant et familier. Enfin, c'est le génie de l'écrivain qui saisit : cette maîtrise de la fiction, l'insignifiant qui prend sens. Car finalement Patrick Deville, c'est surtout le jeu pur de la langue, reflet du monde fantasmatique qui traverse ses premiers écrits.

  • « Bons-Offices se dit « quelque chose est en marche » dont tout lui échappe et dont rien ne le concerne plus, quelque chose d'abstrait presque, mais d'apocalyptique, qui pourrait bien être l'Histoire. » Né à l'aube de la guerre, Paul Sanchotte, dit « Bons-Offices », grandit en Belgique, c'est-à-dire n'importe où sauf nulle part. Une catastrophe minière lui révèle les sombres entrailles de son pays. Avide de découvrir le monde, il devient médiateur humanitaire au Proche-Orient. Au coeur d'une terre par deux fois promise, il ne voudra choisir un camp contre un autre. Cela pourrait assurer son salut. Ou précipiter sa perte. Pour dire cela : un roman, bien sûr.

  • Hauts-quartiers (les)

    Paul Gadenne

    Didier Aubert, jeune écrivain mystique, a soif d'absolu. Atteint de tuberculose et perdu au milieu de la bourgeoisie d'une ville de province, sa quête spirituelle prend des allures de révolte. De dépouillement en dépouillement, cet homme en sursis fuit le monde pour toucher à la sainteté. En chemin, il accède aux vertiges de l'amour. Réussira-t-il à reconquérir sa noblesse perdue avant de mourir ?

  • Printemps 1956. Pour l'Algérie, c'est le temps de la guerre et de la lutte pour l'indépendance. Dans cette ville au flanc d'une montagne, ceux qui combattent risquent l'exil, la prison, la torture, la mort. Les femmes regardent le maquis où leurs maris font la révolution. Assia Djebar fait entendre les cris et les silences de ces femmes qui, tout autant que les maquisards, se sont battues pour voir leur pays libre

  • Quand éclate la guerre d'Algérie, Bachir, un jeune médecin, rejoint la résistance aux côtés de son frère Ali. Acculés dans leurs derniers retranchements, hommes et femmes perdent tous les masques dont la vie sociale nous affuble, et dévoilent la lâcheté et l'héroïsme, les vices et les vertus, le jeu et l'amour, le rêve et la cupidité, la ruse et la sincérité.

  • « L'Amérique semble prendre à coeur de précéder le reste de l'humanité dans la voie des pires expériences. » Pressentant l'influence grandissante des États-Unis sur l'ensemble du globe, Georges Duhamel part découvrir le Nouveau Monde en 1929. Des masses abruties par la consommation aux cris des porcs dans les abattoirs géants, il décrit tout, commente avec emphase, sans rien dissimuler de son horreur ou de son inquiétude. Un témoignage unique et romancé sur cette Amérique d'hier dans laquelle se dessinent les contours d'aujourd'hui.

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