Noir Sur Blanc

  • Les ours dansants : de la mer Noire à La Havane, les déboires de la liberté Nouv.

    Pendant des siècles, les Tsiganes bulgares ont dressé et exhibé des ours, de ville en ville, et jusque sur les plages. En 2007, avec l'entrée de leur pays dans l'Union européenne, ils ont été contraints de relâcher les ours dans une réserve pour animaux sauvages. Mais aujourd'hui encore, dès que ces ours voient un humain, ils se lèvent sur leurs pattes arrière pour danser.
    Au fil de ce grand reportage littéraire en Europe de l'Est, la métaphore de l'ours dansant va prendre toute son ampleur : il n'est pas facile de retrouver la liberté. Ni de savoir quoi en faire. De Sofia à Tirana et de Belgrade jusqu'à Gori, la ville natale de Staline, en passant par Athènes, Londres et Cuba, Szablowski interroge des femmes et des hommes sur la difficile transition de leur pays vers la démocratie et l'économie de marché. Liberté, liberté chérie ? De même qu'avec les ours rendus « à la vie sauvage », qui ont été stérilisés et qui se heurtent à des clôtures électriques, la vie nouvelle des plus pauvres, à l'Est, n'est pas si simple, et le cocktail de souffrances et de nostalgie explique en bien des lieux les séductions de l'autoritarisme.

  • Faux Poivre relate l'histoire de la famille de Monika Sznajderman. Une histoire qu'elle a longtemps ignorée et qu'elle découvre grâce à des photos envoyées d'Australie par des parents dont elle ne connaissait même pas l'existence.
    Pour la sociologue polonaise Barbara Engelking, spécialiste de l'Holocauste, c'est « un livre extraordinaire qui montre l'enchevêtrement des histoires ayant fait la Pologne.
    L'auteure reconstitue le destin de ses aïeux juifs, trouvant des traces de leur existence dans les journaux, les archives d'infimes indices éparpillés entre le ghetto de Varsovie, Radom et jusqu'à l'Amérique et l'Australie. Elle présente avec le même soin les parents et ancêtres de sa mère, issus d'une pittoresque famille de la noblesse polono-saxonne. Leur histoire se déroule à Varsovie, à Moscou, en Volhynie, sur les domaines et les grandes villes que bouleversaient les Années folles.
    Monika Sznajderman évoque ces deux mondes avec une égale dévotion, nous faisant prendre conscience à la fois de la fugacité de l'existence et de la complexité des identités polonaises, ainsi que de la valeur et du sens de la mémoire. »

  • En 1991, Mariusz Wilk s'est retire sur les îles Solovki, archipel isolé de la mer blanche, véritable microcosme des dépouilles de I'empire soviétique. De là, il observe et tente d'expliquer le quotidien de la vaste Russie, ses contradictions, sa misère et ses grandeurs.
    À Solovki, se reflète I'histoire tumultueuse et complexe de la Russie avec ses hauts et ses bas. L'île abrite en effet depuis des siècles un monastère centre de I'orthodoxie, mais aussi les restes du SLON, premier camp de travail force d'Union soviétique, véritable laboratoire du goulag établi au lendemain de la révolution de 1917. Pendant les six ans de son séjour, Wilk a connu chacun des mille habitants de Solovki, évoqué avec eux leurs destins broyés, pittoresques ou cocasses, affronte avec eux un environnement hostile, mais aussi partagé leur fascination pour I'étrange beauté des paysages du Grand Nord.
    Wilk nous offre là un document d'une rare valeur, une véritable mine de renseignements servis par un style image et lyrique. S'il s'inscrit dans la lignée des écrivains-reporters célèbres en Pologne tels que Kapuscinski ou Krall, son regard original a la fois décalé, fascine et complice fera date dans le genre particulier du reportage littéraire.
    Mariusz Wilk (né en 1955) vit en Russie depuis plus de vingt ans. Opposant politique en Pologne, il y a été emprisonné pendant « l'état de guerre ». En 1989, il quitte la civilisation pour aller vivre dans les îles Solovki et, dix ans plus tard, en Carélie. Il a publié aux Éditions Noir sur Blanc : Le Journal d'un loup (1999), La Maison au bord de l'Oniégo (2006), Dans les pas du renne (2009), Portage (2010) et Dans le sillage des oies sauvages (2013).

  • James Achilles Kirkpatrick, né en 1764 arrive en Inde en 1779, pétri par une ambition de soldat dans l'armée de Madras de la Compagnie des Indes Orientales et fort désireux de se faire un grand nom dans la conquête et l'assujettissement du sous-continent indien. L'Inde rendue prospère et régie par la dynastie moghole à partir du milieu du XVIème siècle, attire rapidement et progressivement les commerçants européens, notamment anglais, hollandais et français qui lèvent des armées pour défendre les routes et le commerce des épices qui avait commencé au XVIIème.
    C'est au cours de l'été caniculaire de 1797 que James Achilles Kirkpatrick devient enfin le Résident britannique de la Compagnie des Indes Orientales à la Cour du Nizam d'Hyderabad. Un an après, en 1798, âgé de 34 ans, il y entraperçoit Khair un-Nissa « La Plus Excellente d'Entre Toutes » une
    sublime beauté de seulement 14 ans, petite-nièce du Premier Ministre du Nizam et descendante du Prophète.
    Tombé fou amoureux de Khair au point d'en oublier toute ambition, il relève de nombreux défis pour arriver à l'épouser, le moindre n'étant pas que Khair vit enfermée derrière le Purdah, ce lourd rideau qui soustrait les femmes vivant dans le Zenana (le Quartier des Femmes ou Harem) au regard des hommes et que de surcroît elle est fiancée à un noble d'Hyderabad. Pour arriver à ses
    fins, alors qu'il est toujours en poste comme Résident, Kirkpatrick embrasse la religion musulmane, épouse la begum Khair un-Nissa en 1800 et se consacre à cet amour, sur fond d'intrigues de palais et de jalousies de harem.
    Juste avant que James Achilles Kirkpatrick ne meure soudainement des complications d'une hépatite en 1805, ses 2 enfants anglo-indiens, Mir Ghulam Ali alias William George Kirkpatrick né en 1801 et Noor un-Nissa, alias Katherine Aurora Kirkpatrick née en 1802 sont dramatiquement
    séparés de leur mère âgée seulement de 19 ans, et envoyés en Angleterre. Kair un-Nissa, obligée de rester en Inde et d'y subir les turpitudes d'un nouveau destin, meurt, elle, à l'âge de 27 ans, en 1813, sans avoir revu ses enfants, après avoir été « séduite, bannie et trahie ».
    Le moghol blanc est leur histoire, une histoire vraie, une tragique histoire d'amour qui déborde de rendez-vous clandestins, d'intrigues de harem et de palais, de conflits familiaux, religieux et d'espionnage. Une histoire qui fourmille d'anecdotes savoureuses ; depuis le début du XVIème siècle, les Moghols blancs, ces Portugais à Goa, ou ces Anglais ailleurs en Inde, comme Kirkpatrick, qui préfèrent le dhoti (pagne) indien à l'habit occidental sont une source d'embarras croissant pour leurs gouvernements respectifs dont Kirkpatrick et Kair un-Nissa feront d'ailleurs les frais.
    William Dalrymple déterre brillamment au passage des personnages hauts en couleurs tels que Hindoo Stuart voyageant avec sa propre équipe de prêtres Brahmanes chargés d'entretenir le temple dédié à ses divinités idolâtrées et ayant longtemps tenté de persuader les memsahibs à Calcutta de porter le sari ; ou encore Sir David Ochterlony, l'équivalent de Kirkpatrick à Delhi qui le
    soir emmenait en promenade, ses treize femmes juchées chacune sur leur éléphant caparaçonné.
    Il n'y a pas mieux placé que William Dalrymple pour métamorphoser l'histoire vraie d'un grand amour en une envoûtante saga mêlant passion, séduction et trahison. Le moghol blanc contient toute la gamme des événements et des émotions caractéristiques d'un chef d'oeuvre romantique ayant pour toile de fond d'instables alliances et les manoeuvres des grandes puissances, les
    ambitions mercantiles des Anglais mais aussi les rêves impériaux de Napoléon.
    Le moghol blanc, fruit de 5 années d'écriture et de recherches exigeantes, confirme William Dalrymple à la tête à la fois des grands historiens et écrivains d'aujourd'hui.

  • Joseph Czapski (1896-1993) a vécu de nombreuses vies au cours de sa longue existence. Étudiant à Saint-Pétersbourg pendant la Révolution russe, il s'installe à Paris durant les Années folles et devient peintre. Officier de réserve dans l'armée polonaise, il lutte contre l'envahisseur nazi dès les premières semaines de la Seconde Guerre mondiale. Mais il est fait prisonnier par les Soviétiques. Enfermé au camp de Starobielsk, il est l'un des très rares détenus à avoir échappé au massacre de Katyn (Voir Proust contre la déchéance et Souvenirs de Starobielsk, chez Noir sur Blanc et Libretto, ainsi que Terre inhumaine repris dans la « Bibliothèque de Dimitri »).
    Czapski n'est jamais retourné en Pologne après la guerre.
    Installé en région parisienne avec sa soeur et les intellectuels de la revue polonaise Kultura, il a travaillé sans relâche à faire connaître le sort de sa patrie soumise au totalitarisme.
    Personnalité publique de tout premier plan, il a donné sens à sa vie grâce à la peinture. Également peintre, Eric Karpeles révèle ici la complexité de Czapski en assemblant tous les fils de cette vie remarquable.

  • Soixante-quinze ans ont passé depuis le jour du débarquement de Normandie. Ce petit matin de juin, la plus grande invasion par la mer jamais organisée dans l'Histoire allait s'avérer cruciale dans le dénouement de la Deuxième Guerre mondiale.   La bataille, aux dimensions épiques, impliqua 156 000 hommes, 7 000 bateaux et 20 000 véhicules blindés. Les événements du 6 juin 1944 furent menés par des individus héroïques, qui combattirent jusqu'à ce que les défenses allemandes soient détruites. C'est l'histoire de ces hommes (alliés, allemands, français) qui est racontée ici.   Pour évoquer les événements du D-Day, Giles Milton rapporte les récits des survivants : le jeune conscrit allié, le défenseur d'élite allemand, le résistant français. Depuis les stratèges du QG jusqu'aux soldats de la Wehrmacht dans les bunkers, D-Day : Les soldats du débarquement évoque avec force la terreur absolue de ceux qui étaient pris au piège de la ligne de front de l'Opération Overlord. Milton donne également la parole à ceux que l'on n'avait jamais entendus : la fille du boucher du village, la femme du commandant du panzer, le chauffeur du général.   Un ouvrage magistral.

  • À Saint-Pétersbourg, les bolcheviks ont déjà gagné la guerre civile. Mais en Sibérie, à l'extrême est de la Russie, les Iakoutes résistent et tentent un dernier assaut contre l'Armée rouge. En 1922, le général Anatoli Pepeliaïev, poète à ses heures, défenseur de la justice et de la liberté, rassemble les soldats dispersés de l'Armée blanche et met sur pied un détachement de volontaires pour soutenir l'insurrection iakoute.

    Face à lui se dresse un commandant de l'Armée rouge, Ivan Strod, anarchiste et futur écrivain à succès. Lui aussi est une figure énigmatique de la révolution de 1917. Les deux hommes, guidés par des idéaux très proches, sont devenus ennemis par la force du destin.

    Dans cet épisode méconnu de la guerre civile russe, Youzefovitch dépeint les passions humaines : l'amour et la souffrance individuelle qui se cachent derrière les idéologies, la soif de justice, mais aussi l'ambivalence des personnages, tout à la fois oppresseurs et victimes. Au coeur du récit, la rivalité tragique des deux héros, dans les neiges de Sibérie, se révèle comme une captivante histoire de vie, d'amour et de mort.

  • Dans cette brève histoire de la Pologne, le lecteur trouvera les faits essentiels qui se sont produits de la naissance de la nation jusqu'à nos jours. Michal Tymowski présente, sous la forme de dix-sept chapitres, les moments forts de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays avec en arrière-plan le cadre plus large de l'histoire de l'Europe.
    Ouvrage de référence, Une histoire de la Pologne est enrichie dans cette nouvelle édition d'une riche iconographie et d'un chapitre inédit sur l'après-1989.

  • L'art du reportage se porte toujours à merveille en Pologne, de nouveaux noms apparaissent, les champs d'investigation se renouvellent d'année en année. La jeune génération ne cesse pourtant d'évoquer toujours la même source d'inspiration : Ryszard Kapuscinski et Hanna Krall, considérés comme les inventeurs du reportage moderne, dans sa branche la plus littéraire.
    Soumis à un contrôle permanent et sévère, le reporter de l'époque communiste ne pouvait témoigner de la réalité qu'en déguisant le contenu de son texte. Puisqu'il était interdit de critiquer le système dans son ensemble, il fallait se tourner vers les destins individuels, vers le détail qui prendrait soudain une signification plus large, plus universelle, voire métaphorique. « Nous disions du reportage qu'il était l'art de voir la mer dans une goutte d'eau », rappelle le grand opposant Adam Michnik.
    Réunir en un seul volume les deux grands noms du reportage polonais (que liait par ailleurs une amitié réelle) permettra de faire découvrir leurs textes les plus anciens, datant de la période communiste, totalement inconnus à l'étranger, en dépit d'une qualité littéraire remarquable.
    Il est frappant de constater combien les récits-reportages de ces deux auteurs se complètent. Kapuscinski évoque les années soixante, Krall les années soixantedix, mais l'un et l'autre abordent souvent les mêmes thématiques et témoignent d'une grande empathie face aux plus démunis, aux victimes du système.

  • « Dans une petite salle, bondée de camarades, chacun de nous parlait de ce dont il se souvenait le mieux. Je pensais alors avec émotion à Proust, qui serait bien étonné et touché peut-être de savoir que vingt ans après sa mort, des prisonniers polonais écoutaient avec un intérêt intense l'histoire de la duchesse de Guermantes, la mort de Bergotte et tout ce dont je pouvais me souvenir de ce monde de découvertes psychologiques précieuses et de beauté littéraire. »
    La Recherche du temps perdu ou comment survivre, sortir de la déchéance, grâce au souvenir d'une lecture.

  • Deux minces recueils de nouvelles auront suffi à assurer à Bruno Schulz une place de choix dans la littérature du XXe siècle.
    L'ouvrage que consacre Jerzy Ficowski à l'auteur des Boutiques de cannelle et du Sanatorium au croque-mort est bien plus qu'une simple biographie. À dix-huit ans, peu de temps avant la mort de l'écrivain, Ficowski découvre le monde étrange de Schulz, les " régions de la grande hérésie ". Il n'aura de cesse par la suite de traquer et de recueillir les moindres feuillets et fragments de son oeuvre littéraire, épistolaire et graphique, tragiquement dispersés en 1942 lorsque Schulz est confiné dans le ghetto de Drohobych, sa ville natale, où il sera bientôt assassiné.
    C'est ce qui lui permet de retracer ici la vie de l'écrivain en contrepoint de la problématique de son oeuvre, d'analyser avec finesse le lien étroit chez lui entre le réel et l'imaginaire, de démonter le mécanisme de la " mythification de la réalité ". Dès l'enfance - " époque de génie " dont il s'efforcera toute sa vie de retrouver la magie -, un sentiment de profonde solitude favorise chez Schulz la création d'un univers bien à lui, où l'espace et le temps acquièrent des propriétés extraordinaires, " mythiques ", univers qu'il restitue dans ses nouvelles et ses dessins.
    C'est dans son art qu'il trouvera le seul moyen d'exorciser ses angoisses face aux réalités de la vie et des relations humaines, un sentiment perpétuel d'insécurité que ne fera qu'aggraver l'arrivée de la guerre. Un choix de lettres, à des personnes qui ont compté dans sa vie, complète admirablement, par ce qu'elles révèlent de sa personnalité et de son talent, cet ouvrage passionnant - et passionné.
    Avec ce portrait, Ficowski cherche avant tout à faire partager au lecteur cet " enchantement " initial de la découverte de Schulz, et ce n'est pas là son moindre mérite.

  • Le livre En 1177, le pape Alexandre III écrit une missive au roi des Indes, le fameux Prêtre Jean. Il choisit pour émissaire un moine médecin, maître Philippe. Personne ne sait où se trouve le royaume du Prêtre Jean, ni s'il existe réellement. On fait courir les suppositions les plus folles à son propos : qu'il est plus riche que tout autre royaume, qu'un des fleuves qui le traverse vient du jardin d'Eden, qu'il abrite la fontaine de Jouvence... Maître Philippe se met en route pour les Indes. Il part de Venise... et disparaît sans laisser de traces.

    Quelques siècles plus tard, ayant trouvé une copie de la lettre du pape dans une bibliothèque de Jérusalem, Nicholas Jubber reprend la quête de maître Philippe. Il se met en tête d'amener la missive à bon port. Avec Mike, son énergique compère, il fait le tour du bassin méditerranéen : après l'Italie et la Grèce, ils abordent l'Orient par la Turquie, puis l'Arménie, traversent ensuite différents pays du monde arabe (Syrie, Liban, Jordanie), font un crochet par Jérusalem et la Palestine, pour enfin atteindre l'Éthiopie à travers l'Égypte et le Soudan.
    Le voyage des deux amis est bien différent de celui de maître Philippe ; pourtant, Nicholas Jubber trace toujours des parallèles avec les bâtisses, les aliments, les odeurs, les couleurs et les gestes que l'émissaire du Moyen Age a dû lui aussi trouver sur sa route. Bons vivants et peu enclins à se laisser mettre des bâtons dans les roues, les deux voyageurs arpentent les souks, fuient devant les marchands, négocient avec les chauffeurs de taxis, dansent dans les night-clubs de Beyrouth, parlent à bâtons rompus avec des religieux de toutes les confessions, visitent les églises, les mosquées et les citadelles construites par les croisés... Avec beaucoup d'humour et une bonne dose d'autodérision, l'auteur nous rapporte les anecdotes du voyage, tout en interrogeant les coutumes, les traditions et l'histoire mouvementée des pays traversés.

  • Le livre Douze écrivains et un photographe de grand talent nous livrent leur regard singulier, oblique, poétique, l'écho de leur propre expérience, sur la région de la mer Noire.

    Ovide et Pouchkine furent exilés sur son rivage. Ses vagues ont porté le navire des Argonautes. Connue par la Grecs anciens comme l'Inamicale, elle est peu à peu devenue l'Hospitalière. La mer Noire. Sur ses rives, entre les ruines de civilisations disparues et les vestiges de la mégalomanie soviétique, renaît aujourd'hui une vie nouvelle. Ici, l'Est rencontre l'Ouest, l'Asie rencontre l'Europe. Secouée par les conflits, bénie par de multiples promesses de bonheur, la région de la mer Noire est un paysage de l'avenir européen : marqué par l'inquiétude, le renouveau et le désir de liberté. Que se passe-t-il ici, entre Constanza et Odessa,Yalta et Sotchi, Batoumi et Istanbul, sur les ruines de l'histoire la plus ancienne et la plus récente ? Un voyage aux frontières d'empires disparus, dans des lieux d'exil et de refuge.
    " Nous avons demandé à des écrivains originaires des États qui jouxtent la mer Noire et à des auteurs qui se sont promenés sur ses côtes ou ont rêvé de s'y rendre de nous parler de villes et d'horizons qui laissent transparaître un peu de l'avenir. Des régions surgissent, auxquelles s'accrochent des rêves, des souvenirs, des nostalgies, des paysages qui suscitent l'enchantement ou l'effarement. " Katharina Raabe, extrait de la préface.

    Les auteurs Douze écrivains et un photographe de grand talent nous livrent leur regard singulier, oblique, poétique, l'écho de leur propre expérience, sur la région de la mer Noire.
    Avec des textes de Neal Ascherson (Écosse), Attila Bartis (Hongrie), Mircea Cartarescu, Nicoleta Esinencu (Roumanie), Karl-Markus Gauss (Autriche), Katja Lange-Müller (Allemagne), Sibylle Lewitscharoff (Bulgarie et Allemagne), Aka Morchiladze (Géorgie), Emine Sevgi Özdamar (Turquie), Katja Petrowskaja (Ukraine), Andrzej Stasiuk (Pologne), Takis Theodoropoulos (Grèce). Et un essai photographique d'Andrzej Kramarz (Pologne).

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  • L'Âge de Kali est un recueil d'une vingtaine d'essais, fruit des dix années passées par l'auteur dans le subcontinent indien dans les diverses parties de l'Inde, mais aussi au Pakistan et au Sri Lanka. Grâce à un formidable don d'observation et de nombreuses rencontres, l'auteur dresse un tableau passionnant et parfois effrayant d'une région en proie à de formidables bouleversements ; il restitue aussi la complexité d'une société tiraillée entre changements et résistance aux changements.
    Au cours de ses déplacements dans le subcontinent, William Dalrymple a souvent entendu que l'Inde serait dans les affres de « l'âge de Kali ». Dans l'ancienne cosmologie hindoue, qui divise le temps en quatre grandes
    ères, l'âge de Kali, la quatrième période, est la pire : époque de conflits, de corruption, de désintégration, durant laquelle toutes les règles morales s'effondrent.
    Les témoignages qu'il rapporte de certaines régions semblent confirmer les prophéties les plus pessimistes : le Bihar, au nord, en pleine guerre des castes, est le théâtre de violences et de massacres, tandis que la
    déliquescence politique et la corruption en font presque une zone de non-droit. Au Pakistan, la région du nord de Lahore est infestée de bandits, et c'est à Peshawar qu'il rencontre un baron de la drogue. Et pourtant, à ce nord en plein chaos s'oppose un sud plus prospère et en voie de stabilisation.
    Mais à cette première ligne de partage s'en surimposent d'autres, et c'est la force du récit de Dalrymple de mettre en lumière toutes les tensions qui animent cette société, prise entre tradition et modernité : il montre,
    par exemple, l'importance persistante des castes, pourtant officiellement abolies, ou le poids des croyances religieuses (avec une poignante description de Vrindavan, « cité des veuves », ou le récit d'un exorcisme à Cochin.) Son entretien avec Baba Sehgal, première vraie rock star indienne, ou ses descriptions de Bollywood forment alors un contraste saisissant. Très instructives aussi sont ses interviews de Benazir Bhutto et d'Imran
    Khan, de même que sa rencontre avec des membres des Tigres Tamouls du Sri Lanka, en particulier d'un bataillon féminin de guérilleros.

  • Dans une série de douze essais, Glowinski s'attache à montrer comment l'intertextualité est un élément majeur de la démarche artistique de Gombrowicz. À travers l'étude de différents textes (romans, nouvelles ou
    articles), il décortique la façon dont Gombrowicz utilise la tradition (toute la tradition, de Shakespeare au roman campagnard polonais) non pas pour la dupliquer mais comme un matériau autorisant la création de nouvelles structures. La technique du sampling, par exemple, devenue une mode des années après sa mort, n'avait pas de secret pour Gombrowicz, qui bricolait le romanesque creux, utilisait à foison les citations, cryptocitations, les allusions, les paraphrases, la parodie ou le pastiche. Ainsi, il écrivit un compte rendu de lecture sur un roman qui n'existait pas, et l'ancienne calèche livra les thèmes majeurs de son oeuvre future : « Le domaine des rêves trop faciles. Les péchés de notre siècle transitoire. » Michal Glowinski compare Witold
    Gombrowicz à Igor Stravinski : dans l'oeuvre de chacun d'eux, ce qui en apparence n'est qu'un emprunt devient l'une des composantes majeures de leur originalité. La « parodie constructive » pratiquée par Gombrowicz fait de lui un virtuose de la sur-littérature.
    Une étude brillante qui permet de resituer l'oeuvre de Gombrowicz à la fois dans la tradition littéraire polonaise et par rapport à la littérature française du XXe siècle (avec notamment de très belles pages sur Sartre). Une invitation à relire le plus grand romancier polonais du siècle dernier, qui aurait eu cent ans en 2004, et à découvrir un de ses textes inédits.

  • Le livre Au VIIe siècle, le moine chinois Xuanzang se met en route pour l'Inde, afin d'étudier la philosophie bouddhiste chez les maîtres indiens. Suivant la route de la soie, il traverse le désert de Gobi et les montagnes glacées d'Asie centrale, bravant le blizzard et les brigands. En Inde, le moine visite de nombreux lieux saints et monastères pour nourrir sa quête spirituelle. Il revient en Chine dix-huit ans plus tard, après un périple de six mille kilomètres, et en rapporte plus de six cent textes sacrés bouddhiques, qu'il a traduits du sanscrit en chinois. Il consigna un récit de son voyage, qui est aujourd'hui une précieuse source d'informations sur l'époque, sur les régions qu'il a traversées et sur leurs populations, avant leur islamisation.

    Mishi Saran se lance sur les traces de Xuanzang à travers la Chine, l'Asie centrale et la péninsule indienne. Elle arpente les sites bouddhistes et les royaumes disparus d'Inde, du Pakistan et d'Afghanistan décrits par le moine pèlerin. L'auteur nous rapporte également une description du régime taliban de Kaboul, où elle se trouve peu avant les événements du 11 septembre 2001. L'auteur, née en Inde, expérimente un voyage intérieur à la recherche de ses propres racines, et établit ainsi des ponts entre le VIIe et le XXIe siècle.

    Un double parcours sur la route de la soie, à travers la spiritualité bouddhiste : celui d'un moine pèlerin du VIIe siècle, et celui d'une femme d'aujourd'hui.

  • Le livre Biographie de Margaret Stonborough-Wittgenstein, soeur du philosophe
    Ludwig Wittgenstein et du pianiste Paul Wittgenstein. Une figure marquante de
    l'intelligentsia viennoise de l'entre-deux-guerres. Mécène et maître d'oeuvre de
    bâtiments audacieux, elle fut un disciple de Freud, qui fit son analyse, et une
    pionnière, notamment, dans le domaine de la pédopsychiatrie. L'auteur Ursula
    Prokop est docteur en histoire et histoire de l'art. Spécialiste de la vie
    culturelle de la première moitié du XXe siècle, elle s'est notamment intéressée
    à l'architecture viennoise moderne.

  • Singulier destin que celui de Nicolas Bokov. Écrivain doué dont La Tête de Lénine a contribué par sa mordante satire à l'écroulement du château de cartes soviétique, il se retrouve en 1988 SDF dans les rues de Paris.
    S'il n'a pas de domicile, l'auteur a cependant un atout de taille : sa profonde foi chrétienne qui lui permet de trouver dans l'inhumanité du quotidien des instants fugitifs de bonheur et d'espoir.
    Le livre que vous tenez entre vos mains témoigne du courage et de la sensibilité hors du commun de Nicolas Bokov, homme de lettres avant tout et malgré tout.
    Né en 1945 à Moscou, Nicolas Bokov y étudie la philosophie et les sciences sociales, tout en participant clandestinement au samizdat. Dénoncé, il doit s'exiler en 1975 et s'installe en France puis parcourt les États-Unis et l'Europe. En 1982, alors qu'il connaît de sérieux problèmes familiaux, il découvre la foi chrétienne, un étape de sa vie qu'il révèle dans son ouvrage La Conversion (Noir sur Blanc, 2003). Rentré en France en 1988, il se retrouve à la rue, expérience décrite dans Dans la rue à Paris (Noir sur Blanc, 1998). Il a également publié en français La Tête de Lénine (Laffont, 1982), Déjeuner au bord de la Baltique (Noir sur Blanc, 1999) et Opération betterave (Noir sur Blanc, 2010).

  • En 1816 Byron quitte précipitamment l'Angleterre après le scandale provoqué par son amour pour sa demi-soeur Augusta. Il gagne les rives du lac Léman. En 1857, à Paris, Tolstoï assiste impuissant et choqué à une exécution capitale et se rend également en Suisse. Tous les deux décident d'effectuer la même randonnée du lac Léman à l'Oberland bernois en tenant chacun leur
    journal intime. Les sujets évoquésoe Les paysages, la mort, l'amour, la Suisse où ils se trouvent.
    En 2001, Mikhaïl Chichkine décide d'effectuer le même périple et de mettre littéralement ses pas dans les leurs, à la recherche de leurs traces. Chemin faisant il se délecte de leurs journaux et rédige le sien. Au fur et à mesure qu'il avance sur les sentiers, ses pensées divaguent, il progresse de digression en digression.
    En sept jours de voyage naît un livre alors que tout un univers particulier, celui de Chichkine, voit le jour. C'est un livre surprenant et d'une grande richesse sur deux pays inégaux, la Suisse et la Russie, sur Byron et Tolstoï, Guillaume Tell et Staline, l'Oberland bernois et la Tchétchénie, des touristes, des réfugiés, des hommes de lettres, des terroristes, des monuments, des sommets
    alpins, bref la marche à pied et la vie, la mort et la littérature.
    L'auteur ne part pas les mains vides : depuis des mois il se prépare en compulsant correspondances et journaux, en traquant les citations pertinentes, en recherchant dans les ouvrages de l'époque de précieux indices. Son but est d'appréhender au mieux la façon dont pouvait se dérouler une telle marche il y a cent cinquante ans. Il est fasciné depuis longtemps par ce genre littéraire mystérieux à ses yeux, à la frontière de l'essai littéraire et du journal de route et
    quasiment absent de la scène littéraire russe. Il en résulte un ouvrage foisonnant, riche d'une culture multiple, une véritable mine de renseignements sur la vie littéraire, les faits historiques, la nature, les us et coutumes locaux.


  • Le livre


    Thomas Cook Travel Book Award

    Lors d'un premier séjour en Inde à l'âge de dix-sept ans, William Dalrymple découvre Delhi. Cette grande capitale le fascine. Il prend conscience que cet endroit recèle son cortège de richesses et d'horreurs. Cinq ans plus tard, il y revient et y voit le sujet d'un livre : le portrait d'une ville disloquée dans le temps. Des ruelles étroites de la vieille ville aux avenues plus larges de New Delhi, il déambule dans des lieux sous lesquels seraient englouties sept villes mortes. Ses larges artères englobent un cimetière de dynasties. Delhi est vouée à sans cesse renaître de ses cendres, à connaître de nouvelles incarnations, de siècle en siècle. Les djinns, autrement dit les esprits, hantent chaque maison, chaque coin de rue. Ils aiment tant Delhi qu'ils ne peuvent supporter de la voir vide et désertée, c'est ce que révèle à l'auteur un sage.
    William Dalrymple a passé quatre ans à Delhi après 1989. Il nous propose un panorama de la vie dans cette ville. L'historien revient sur l'époque de la colonisation britannique et s'attache au devenir des extravagantes constructions impériales anglaises. Le journaliste, le voyageur, quant à lui, friand de contacts humains, nous livre une galerie de portraits des habitants du Delhi d'aujourd'hui, dans leur incroyable diversité.

    L'auteur

    Historien et journaliste écossais, William Dalrymple parcourt l'Orient depuis une vingtaine d'années. Spécialisé dans la littérature de voyage, il est l'auteur de six livres parmi lesquels Le Moghol Blanc (Noir sur Blanc, 2005) qui a remporté, entre autres, le prestigieux Wolfson Prize for History. La Cité des Djinns (Noir sur Blanc, 2006) a reçu le Thomas Cook Travel Book Award. William Dalrymple est membre de la Royal Society of Literature et de la Royal Asiatic Society. Il vit avec sa femme et leur trois enfants entre l'Écosse, Londres et New Delhi.
    « Pour qui a le goût de l'échappée lointaine et aventureuse, William Dalrymple est un modèle. » (Le Figaro magazine)

  • Née de la rencontre d'un historien et d'une illustratrice ayant l'un et l'autre vécu à Varsovie, cette « histoire d'une métropole » vient combler un vide en même temps qu'elle invente une approche nouvelle, où l'image questionne, bouscule et parfois contredit la narration, en particulier sur les sujets de société les plus actuels. Cette histoire de Varsovie à l'époque moderne et contemporaine est racontée à travers dix chapitres transversaux, touchant notamment à l'habitat, au travail, à la culture, aux genres et aux minorités, aux déplacements, à la consommation, aux blessures de l'histoire, aux visions de l'avenir. Depuis l'ouverture de la ligne ferroviaire qui la relia à Saint-Pétersbourg en 1862, Varsovie s'est trouvée au coeur des échanges économiques et culturels entre l'Europe et la Russie. Devenue métropole, elle fut un lieu unique d'expérimentation de toutes les idéologies modernes, des plus progressistes aux plus mortifères. En soulignant les cassures violentes de cette histoire, mais également les continuités, l'objectif de l'ouvrage est de dépasser certaines idées reçues sur une ville qui n'apparaît bien souvent qu'à travers le prisme de la guerre, de l'Holocauste et de la répression communiste.
    Varsovie Métropole permet de mieux comprendre les forces et les mouvements qui ont fait la ville d'aujourd'hui, passionnante et paradoxale. En mêlant histoire et sciences sociales, critique de l'urbanisme et de l'architecture, le livre vient combler un manque pour tous les spécialistes de ces disciplines, mais aussi pour les voyageurs désireux d'en savoir un peu plus.

  • Joseph Czapski (1896-1993), peintre polonais, écrivain et témoin éminent des tragédies de son temps, a donné durant l'hiver 1940-41 des conférences sur Proust pour ses codétenus au camp de prisonniers de guerre soviétique de Griazowietz. Il ne pouvait alors s'appuyer que sur sa seule mémoire. Quelques notes manuscrites témoignent de cet exercice extraordinaire : Czapski a consigné dans des cahiers des noms, des mots-clés et des citations, en polonais et en français, qu'il a organisés visuellement par des lignes et des couleurs. Dans sa recherche de La Recherche du temps perdu, on verra comme la mémoire du lecteur et la main du peintre ont su coopérer.
    Les notes prises au camp de Griazowietz (distinctes du texte Proust contre la déchéance, mis en forme immédiatement après la guerre) sont ici pour la première fois reproduites, déchiffrées et traduites. Le processus de leur composition par Czapski est reconstitué et contextualisé. Dans un second temps, on découvrira l'importance exceptionnelle de l'oeuvre de Marcel Proust pour Joseph Czapski à travers maints passages inédits de son journal intime.

  • Dans les années 1976-1977, alors qu'il est correspondant à Paris pour le quotidien de Montréal La Presse, Louis-Bernard Robitaille se rend à plusieurs reprises en Europe de l'Est. Ses voyages sont le point de départ des quatre textes de cet ouvrage, consacrés à Berlin-Est, à Prague, à Varsovie et à Moscou et Tbilissi. L'atmosphère particulière qui régnait au-delà du rideau de fer inspire à l'écrivain de nombreuses questions, nourries par ses rencontres et une fine observation des villes et de ses habitants.
    Sans se prendre trop au sérieux, Robitaille cherche à comprendre la vie quotidienne « outre-mur » et à décrypter les tentatives de ses interlocuteurs pour se dégager de la chape de plomb du Parti.

    En homme de gauche éloigné de toute chapelle, Robitaille déclare que le communisme a été pour lui, en tant que journaliste, la grande affaire politique de son époque. Fasciné par cette « créature bizarre » qui a aménagé une immense prison à ciel ouvert dans le bloc soviétique, il se pose la question de sa rapide disparition : alors que l'on avait cru le monument communiste indestructible, comment se fait-il qu'il se soit évanoui si rapidement ?

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