Noir Sur Blanc

  • « De la chute au pas de danse... J'ai voulu écrire un livre qui soit comme une main posée sur l'épaule. » Gaëlle Josse.

    Qui ne s'est senti, de sa vie, vaciller ? Qui ne s'est jamais senti « au bord de » ? Qui n'a jamais été tenté d'abandonner la course ?
    Clara, trente-deux ans, travaille dans une société de crédit.
    Compétente, investie, efficace, elle enchaîne les rendez-vous et atteint ses objectifs.
    Un matin, tout lâche. Elle ne retourne pas travailler. Des semaines, des mois de solitude et de vide s'ouvrent devant elle.
    Amis, amours, famille, collègues, tout se délite dans l'ordre ou le désordre de leur apparition dans sa vie. La vague de fond qui la saisit modifie ses impressions et ses sentiments.
    Ce matin-là dévoile la mosaïque d'une vie et la perte de son unité, de son allant et de son élan. Une vie qui se refuse à continuer privée de sens et doit se réinventer. Une histoire minuscule et universelle porteuse d'espoir.

  • Alors qu'elle vient de décéder, à 83 ans, dans le plus grand anonymat, les photos de Vivian Maier, pleines d'humanité et d'attention envers les démunis et les perdants du rêve amé- ricain, sont retrouvées par hasard dans des cartons oubliés au fond d'un garde-meuble de la banlieue de Chicago. Elle n'aura donc pas connu la célébrité, ni l'engouement plané- taire qui accompagne aujourd'hui son travail d'artiste. Elle a mené une vie de solitude et de pauvreté, lestée de lourds secrets familiaux et d'épreuves. Personnalité complexe et parfois déroutante, femme libre et perdante magnifique dont le destin s'écrit entre la France et l'Amérique, elle avait choisi de vivre les yeux grands ouverts.
    Vivian Maier, une femme en contre-jour est le portrait de cette invisible, photographe de génie qui n'a pas vu la plupart de ses photos et qui, pour payer son loyer, gardait des enfants.
    Une Américaine d'origine française, arpenteuse inlassable des rues de New York et de Chicago et nostalgique de son enfance heureuse passée dans les Hautes-Alpes.

  • Mimmo et Cristofaro sont amis à la vie à la mort, camarades de classe et complices d'école buissonnière. Cristofaro qui, chaque soir, pleure la bière de son père. Mimmo qui aime Celeste, captive du balcon quand Carmela, sa mère, s'agenouille sur le lit pour prier la Vierge tandis que les hommes du quartier se plient au-dessus d'elle. Tous rêvent d'avoir pour père Totò le pickpocket, coureur insaisissable et héros du Borgo Vecchio, qui, s'il détrousse sans vergogne les dames du centre-ville, garde son pistolet dans sa chaussette pour résister plus aisément à la tentation de s'en servir. Un pistolet que Mimmo voudrait bien utiliser contre le père de Cristofaro, pour sauver son ami d'une mort certaine.L'intrigue est semblable à celle d'un livret d'opéra : violence et beauté, bien et mal se mêlent pour nous tenir en haleine jusqu'au grand final.

  • Je m'appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière.
    Celle à laquelle on ne s'est pas préparé. Je suis née par césarienne. Je suis française. Je suis d'origine algérienne.
    Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Porteuse d'une maladie chronique. Asthmatique allergique. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper inadaptée. J'écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J'ai la sensation d'avoir une double vie. J'ai fait quatre ans de thérapie. C'est ma plus longue relation. Mon rapport à l'autre est inconstant.
    J'ai besoin de me contrôler. J'ai besoin de contrôler toutes mes émotions. J'ai besoin de contrôler l'autre. Je me crois polyamoureuse. L'amour, c'est tabou à la maison, les marques de tendresse et la sexualité aussi. Je n'aime pas les garçons mais j'aime leurs accessoires. À 25 ans, je rencontre Nina Gonzalez.

  • « C'est l'histoire d'un fils qui part et d'une mère qui attend. C'est un amour maternel infini, aux portes de la folie. C'est l'attente du retour, d'un partage, et le rêve d'une fête insensée. C'est un couple qui se blesse et qui s'aime. C'est en Bretagne, entre la Seconde Guerre mondiale et les années soixante, et ce pourrait être ailleurs, partout où des femmes attendent ceux qui partent, partout où des mères s'inquiètent. » Une femme perd son mari, pêcheur, en mer, elle se remarie avec le pharmacien du village. Son fils, issu de sa première union, a du mal à s'intégrer dans cette nouvelle famille et finit par lui aussi prendre la mer. Commence alors pour la narratrice une longue attente qu'elle tentera, tant bien que mal, de combler par l'imagination du grand banquet qu'elle préparera pour son fils à son retour.
    Encore une fois, par son écriture sensible et sans faille, Gaëlle Josse nous entraîne dans les méandres de l'amour.

  • Curiosity Nouv.

    Curiosity, petit robot géologue, travaille sur Mars depuis 2012.
    Il reçoit tous les matins des messages de Dieu qui, depuis la Terre, lui dit quoi faire. Le rover ne s'est jamais habitué à sa planète, pas plus qu'aux températures glaciales ni, surtout, à sa solitude. Curiosity souffre, c'est un robot « sociable » désespérément en quête d'amitié et de sens à donner à son existence.
    En proie au désespoir, Curiosity s'accroche à une conviction :
    Dieu ne peut pas l'avoir fait social par hasard, une mission particulière l'attend ! Un matin pourtant, il comprend que Dieu va bientôt l'abandonner, sa mort est programmée. Le doute l'envahit. À quoi bon avoir vécu, si on est privé de destin ? Désespéré, il commence à écrire son testament. Les trois nuits suivantes seront pleines de révélations.
    Une immense métaphore de l'artiste condamné à sa solitude, et du désir de transcendance !
    Curiosity est suivi d'une nouvelle inédite de l'auteure, L'Agrandirox, récit de science-fiction d'après « La Superficine », de S. Krzyzanowski, qui s'ancre dans la période du confinement lié au Coronavirus.

  • Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d'une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d'une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l'espoir et la joie, l'accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.

    Après l'inoubliablement beau Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Maya Angelou poursuit ici son cycle autobiographique. Maya Angelou fut poétesse, écrivaine, actrice, militante, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes. Elle a côtoyé Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X et James Baldwin. À sa mort, Michelle Obama, Rihanna, Oprah Winfrey, Emma Watson, J. K. Rowling et beaucoup d'autres encore lui ont rendu hommage.

  • En Pologne, dans la région des Sudètes. La mort s'abat en série sur des chasseurs et des personnes maltraitant les bêtes. Janina Doucheyko, une retraitée cultivée et lunaire, pense qu'il s'agit d'homicides commis par des animaux. La police procède à son arrestation...

  • Et si vous aussi vous découvriez MODERN LOVE ?
    Quel point commun entre l'attente savoureuse d'une jeune femme qui vient d'envoyer un sexto, la surprise d'une femme dont l'époux disparaît pendant qu'elle met le poulet au four, et l'émoi d'un amour de jeunesse retrouvé grâce aux réseaux sociaux ? MODERN LOVE !
    Tour à tour cocasses, poignantes, impertinentes ou romantiques, ces histoires dessinent un véritable kaléidoscope de l'amour contemporain. On devient vite addict à ces héros et héroïnes du quotidien témoignant de leur désir et de leur fragilité... Modern Love est le plus beau portrait de l'amour dans tous ses états, au coeur d'un New York enchanté, quelque part entre Love Actually et Woody Allen.
    Créateur et responsable de Modern Love, la rubrique culte du New York Times, Daniel Jones a également collaboré à la production de la série-phénomène qui en a été adaptée.
    Modern Love a été édité en anglais par Daniel Jones, rédacteur en chef de la rubrique éponyme du New York Times et auteur de plusieurs livres de non-fiction. Les histoires ont été rédigées par une série de contributeurs du journal, souvent eux-mêmes auteurs, dont Mindy Hung, Trey Ellis, Ann Hood, Deborah Copaken ou encore Terri Cheney.

  • Composé de trois longues nouvelles encadrées par deux contes, Melancolia est un livre sur l'expérience de la séparation, ce trauma qui marque notre naissance puis chacune de nos métamorphoses. Pour la raconter et l'analyser, l'immense écrivain Mircea Cartarescu choisit trois étapes de la vie.
    Tout d'abord la petite enfance grâce à un jeune garçon qui se persuade que sa mère l'a abandonné alors qu'elle est juste sortie. « C'est là le point de départ de la mélancolie, de ce sentiment que personne ne nous tient plus par la main. » Puis l'âge de raison avec Isabel et Marcel. Frère et soeur, ils vivent au sein d'une famille ordinaire comme deux enfants perdus dans la forêt profonde. Lorsque la fillette tombe malade, Marcel se jure d'obtenir sa guérison en partant affronter ce qui le terrifie.
    Enfin l'adolescence. S'interrogeant sur la différence sexuelle, un jeune homme tombe amoureux. Son corps change. Mois après mois, il range les peaux devenues trop petites dans une armoire.
    Les thèmes favoris de l'auteur tels le passage du temps, la poésie, le réel et l'irréel, le masculin et le féminin, irriguent ces textes.

  • New York, 3 novembre 1954. Dans cinq jours, le centre d'Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d'Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l'immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l'épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un étrange passé.
    Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'événements tragiques. Même s'il sait que l'homme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige.
    A travers ce récit résonne une histoire d'exil, de transgression, de passion amoureuse d'un homme face à ses choix les plus terribles.

  • Lauréate du prix Nobel de littérature en 2018, Olga Tokarczuk nous offre un recueil de nouvelles qui vient confirmer l'étendue de son talent : qu'elle se penche sur les époques passées ou qu'elle s'amuse à imaginer celles du futur, elle a toujours le souci d'éclairer le temps présent et ne se défile devant aucune des questions qui se posent aujourd'hui à nous.
    L'esprit d'enfance, le désir d'immortalité, le délire religieux mais aussi le transhumanisme, le rapport à la nature, la fragilité de la civilisation : sans surenchère dans la dystopie, sans jamais de complaisance dans la noirceur, Olga Tokarczuk nous fait mesurer les espaces infinis de ce qui échappe à notre connaissance.
    Mais pour cette écrivaine qui excelle à découvrir des connexions et des correspondances, le salut réside assurément dans les puissances de l'imaginaire et dans l'acceptation par chacun de sa propre étrangeté.

  • À Nove Mesto, en République tchèque, Baba accouche d'Elena.
    On est le 1er avril, tout le monde croit à une farce : Baba est tellement grosse que personne n'avait vu qu'elle était enceinte de ce sixième enfant, arrivé vingt ans après les autres.
    La fillette grandit dans un monde de femmes, entourée par sa mère, ses tantes et ses soeurs. Le seul horizon possible est le mariage. Quand l'une d'entre elles, Magda, part en France, Elena pleure à s'en rendre malade. Elle pousse comme une herbe folle, s'ennuie à l'école et ne vit que pour ces mois d'août où Magda revient avec sa fille, Anna. Une amitié intense et fraternelle unit les deux enfants.
    Mais le pays se transforme : la guerre, le communisme, Tchernobyl, la chute de l'URSS... Les possibilités d'Elena se restreignent. Insidieusement, la distance se creuse entre les deux amies d'autant que pèse un secret, une vérité sèche, coupante comme une herbe en été.

  • Le personnage principal de ce Journal est Mr Charles Pooter. C'est un employé modèle d'une firme de la City avec ses gaucheries, ses susceptibilités, ses admirations naïves, ses indignations, ses scrupules, ses gaffes, sa modestie, son désir de bien faire, son respect des hiérarchies et son sens de la dignité. Quoiqu'il nous soit décrit des situations souvent absurdes ou ridicules, il s'efforce néanmoins, de façon maladroite mais ô combien touchante, d'agir en toutes circonstances selon son éducation et avec une scrupuleuse honnêteté.



    À l'instar des personnages de Dickens ou de Robert Walser, Charles Pooter appartient à la classe des gens d'en bas, ceux dont la vocation est de regarder avec admiration, mais sans envie, le monde d'en haut. Car le sel de la terre, contrairement à l'opinion romantique, n'est pas le héros, le roi, le prophète, le révolutionnaire, bref, le grand homme porteur de foudres et de tempêtes, c'est le petit, le tout petit bourgeois qui, rentré de son bureau, le soir, enfile ses pantoufles et débouche une bouteille de porto achetée chez l'épicier du coin pour fêter une augmentation de salaire.



    C'est pourquoi Le Journal d'un homme sans importance se lit non pas comme un livre ordinaire, mais comme un évangile - livre d'un dieu ordinaire à l'usage d'hommes ordinaires.

  • La complexité grandissante du monde, l'interdépendance largement insoupçonnée de tous ses éléments, voilà qui exige, selon Olga Tokarczuk, « de nouvelles façons de raconter le monde ».
    Et si les deux premières décennies du siècle signent le triomphe des séries télé, la littérature n'a pas dit son dernier mot. Elle est la mieux à même de travailler à partir de fragments, de révéler un spectre plus large de la réalité, pour autant qu'elle se libère du vieux moi-narrateur.
    Le Tendre Narrateur, c'est l'invention d'une « quatrième personne du sujet », une voix à la fois impersonnelle et douée de tendresse, « la plus modeste forme de l'amour », celle qui permet de porter attention à tout ce qui n'est pas soi - les autres, les animaux, les éléments - avec la conscience d'une communauté de destin.
    Ce discours de réception au prix Nobel est suivi d'un texte intitulé Comment les traducteurs sauvent le monde et d'un inédit sur la période du confinement, La Fenêtre, dans lequel l'auteure expose les craintes et les espoirs que lui inspire l'avenir.

  • Le Fléau de Dieu est un roman sur la jeunesse d'Attila. Otage de l'empereur romain Flavius Honorius, ce Barbare, ce garçon à l'état de nature, sauvage et indomptable, observe l'empire corrompu et forge son caractère en opposition à cette société mourante. Le récit adopte le point de vue de deux personnages : d'un côté Attila, qui regarde la civilisation décadente de l'Empire ; de l'autre l'historien byzantin Priscus Panita, qui observe ce même pourrissement. Tout le roman est tissé de métaphores : la terre hurle « comme une femme qui sent déjà son ventre enflé prêt à projeter dans le monde des êtres nouveaux », Attila a des cheveux « comme des cornes » qui balaieront l'ancien monde. Ce récit constitue un véritable manifeste du mouvement scythe qui considère la révolution russe de 1917 comme un élan messianique, comme une union spirituelle néo-chrétienne, socialiste et révolutionnaire opposée à la pensée bourgeoise et au nouveau pouvoir soviétique.

  • T. Singer

    Dag Solstad

    À 34 ans, Singer, auteur sans succès ni inspiration, obtient son diplôme de bibliothécaire. Il décide de quitter Oslo pour prendre un nouveau départ dans une ville de province où personne ne le connaît. Il y tombe amoureux d'une céramiste, Merete Sæthre.
    Mais après plusieurs années, leur mariage se délite. Un jour, alors qu'ils sont sur le point de divorcer, la vie de Singer bascule : Merete décède dans un accident de voiture. Veuf à 39 ans, empêtré dans la culpabilité, Singer décide de s'occuper seul d'Isabella, sa belle-fille de 6 ans et de revenir à Oslo.
    À travers cet homme sans qualités, écrivain raté, analytique mais ratiocineur, Dag Solstad décrit notre monde avec une lucidité ironique grâce à laquelle les choses les plus ordinaires et quotidiennes se trouvent investies d'une folle puissance romanesque et prennent une force tragique et mystérieuse.
    Comment se débrouille-t-on pour, comme Singer, passer complètement à côté de sa vie ? Un roman brillant, à la fois drôle et déchirant.

  • « J'ai écrit ce roman à Finchley, dans la banlieue de Londres, en 1946-1947. À une époque où ma femme et moi étions très proches du suicide. » Texte d'une modernité étourdissante et au lyrisme enivrant inspiré par l'expérience de son auteur, Le Roman de Londres suit le destin d'un couple russe exilé à Londres après la Seconde Guerre mondiale. Errant dans une ville qui les ignore, le prince Repnine et son épouse Nadia s'efforcent d'exister dans le désespoir de l'inappartenance. Dès le début, se dessine la terrible voie que le prince compte emprunter pour échapper au désespoir. Cette fatalité détermine le cours de ce roman épique, rappelant la difficulté de l'homme à vivre dans la confusion de l'époque contemporaine. Livre de toutes les personnes déplacées et portrait d'une ville tentaculaire, Le Roman de Londres est aussi un roman d'amour poignant et une réflexion profonde sur le libéralisme effréné.

  • L'affaire Ruffini ; enquête sur le plus grand mystère du marché de l'art Nouv.

    La saisie en 2016 d'une Vénus attribuée au maître de la Renaissance Lucas Cranach, de la collection du prince de Liechtenstein, révèle un scandale comme le monde de l'art n'en a jamais connu. L'un après l'autre, des tableaux passent sous le microscope de laboratoires américains et européens, dont plusieurs ont déjà été déclarés des faux modernes. Brillantes contrefaçons d'un maître faussaire ? authentiques chefs-d'oeuvre du passé ? ou tout simplement honorables copies d'époque ?
    Pendant cinq ans, à travers la France, l'Italie, le Royaume Uni et les Etats-Unis, Vincent Noce enquête pour retracer l'origine de ces tableaux et cela le conduit à la rencontre d'un homme retiré en Emilie, Giuliano Ruffini. Il proclame son innocence, mettant en cause marchands, experts, conservateurs et historiens d'art. Vrais ? Faux ? chacun des protagonistes livre sa part de vérité dans une affaire passionnante qui ébranle tous les fondements du marché et de l'histoire de l'art.
    Journaliste, écrivain, correspondant de The Art Newspaper à Paris et consultant éditorial de la Gazette de l'Hôtel Drouot, Vincent Noce a été pendant vingt ans critique d'art et journaliste d'investigation au service culture de Libération.

  • Hérétique, schismatique, Juif converti à l'islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abomi- nable, Jakób Frank a traversé l'Europe des Lumières comme la mèche allumée d'un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n'y avait qu'un pas - et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d'autrui. Il voulait l'égalité.
    La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stu- péfiante qu'elle semble imaginaire. Un critique polo- nais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu'il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l'écrire.
    On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cui- sines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l'on peine, l'étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu'on raconte aux petits enfants, les mariages où l'on danse, les rires et les premiers baisers.
    Ainsi que le dit le père Chmielowski, l'autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ».

  • C'est une sorte de miracle si l'on a pu exhumer les écrits de Fernando Pessoa, retrouvés dans une malle. Figurant aujourd'hui parmi les écrivains les plus célèbres du xxe siècle, il n'a en effet presque pas été publié de son vivant. Dans ce neuvième et ultime Manifeste incertain, nous assistons à l'éclosion non seulement du poète portugais mais aussi à celle de ses principaux « hétéronymes » - Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Alberto Caeiro et Bernardo Soares -, dont il avait soigneusement créé l'oeuvre et la biographie.
    Nous le découvrons en Afrique du Sud, durant sa jeunesse, puis à Lisbonne sous les traits d'un modeste employé de bureau. Mais qui donc se cache derrière ce personnage terne et effacé qui n'aura connu qu'un seul amour, platonique et malheureux ?
    Quittant le mode biographique, l'auteur nous entraîne ensuite dans ses propres aventures, en Afrique, dans le Sahara, aux États-Unis, en Chine populaire et dans différents pays d'Europe.
    Trois parties forment ce Manifeste - Avec Pessoa, L'horizon des événements et Souvenirs -, trois voix distinctes, entre biographie et autobiographie, narration et introspection.

  • Bienvenue dans le Far East ! Mour, sa femme junkie et leurs deux enfants bourlinguent dans les festivals de théâtre européens.
    En 2015, Ils décident de rentrer en Bohème. Après un voyage ponctué de nombreuses péripéties, dont un détour par la guerre du Donbass où Mour récupère Gérard Depardieu, la famille parvient à s'installer sur les rives de la Sázava, au sud-est de Prague.
    Mour est alors accusé d'avoir assassiné son beau-père. Il échappe à la justice et s'embarque dans un road trip à travers la région avec ses deux fils. À pied, en voiture et en bateau, ils rencontrent une foule de personnages bigarrés : gitans, prostituées, prêteurs sur gages, ivrognes ou voyous. Le voyage s'achève en apothéose réunissant un mariage, un bordel, la police tchèque et un tank russe.
    Dans ce roman très contemporain alternant scènes grotesques, descriptions poétiques, dialogues drôles et enlevés, chacun vit selon ses propres lois. Sur un rythme trépidant, transgressant les tabous, Topol aborde les grandes questions d'aujourd'hui : la religion, la famille, la survie au quotidien, le populisme et la menace russe.

  • « Ici repose pour l'éternité Joseph Bernstein, le rabbin des produits vintage. Si vous allez au Paradis, faites appel à lui pour une paire d'ailes bonnes et pas chères, story included. Si vous vous retrouvez en Enfer, des cornes et des sabots comme chez lui, vous n'en trouverez nulle part. ».

    Voici une famille de Juifs américains, les Bernstein, qui a réussi à Washington DC dans les années 1990 grâce au commerce en gros de vêtements vintage. Persuadés que tout, désormais, des habits aux idées en passant par les sentiments, est plus ou moins de « seconde main », ils s'efforcent de ne voir dans le passé qu'une valeur ajoutée.

    Soixante ans plus tôt, de l'autre côté de l'Atlantique, les Oxenberg achèvent de se hisser parmi la bonne société de la ville de Ia?i, dans l'étrange royaume de Roumanie. Jacques Oxenberg, dont on vante « les doigts beethovéniens », est le meilleur obstétricien de la région. Il vient d'offrir une auto à son épouse, laquelle lui a donné deux beaux enfants. Un gramophone égaye les soirées de leur jolie maison, mais dehors... les voix rauques de la haine commencent à gronder.

    Lorsque la riche Dora Bernstein et son fils Ben se rendront à Ia?i, durant l'été de 2001, les deux histoires se rejoindront, entre secrets de famille et zones d'ombre de la mémoire collective.

  • L'auteure de La condition pavillonnaire et de Quand le diable sortit de la salle de bain signe, avec Trois fois la fin du monde, un roman complètement différent des précédents et nous fait vivre une expérience littéraire d'une grande acuité.

    Après une cavale avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal se retrouve en prison, basculant dans un univers inhumain. Les gardes et les détenus rivalisent de cruauté retorse. Après une explosion nucléaire d'un type inconnu, il réussit à s'échapper et à se cacher dans une zone interdite. Esseulé, Joseph Kamal essaye de survivre en errant dans les maisons abandonnées. Il finit par s'installer dans une ferme désertée et se construit une nouvelle vie en phase avec la nature qui n'a jamais été aussi belle pour celui qui a pu fuir. Isolé de l'humanité, il lutte contre la déchéance et tente de garder une dignité.
    Trois fois la fin du monde, qui explore un monde en voie de déshumanisation, est servi par une écriture envoû- tante, d'une force poétique remarquable. Une tension permanente rend la lecture de ce roman crépusculaire impressionnant de justesse, aussi passionnante qu'op- pressante. À la lisière de la plume féroce de Thomas Bernhard, de l'expérience psychologique du Mur Invi- sible de Marlen Haushofer et des nature writing amé- ricains, ce nouveau roman de Sophie Divry la place définitivement dans la cour des très grands.

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