La Table ronde (réédition numérique FeniXX)

  • Les réfugiés du Kivu affluaient dans la petite ville de Kissenyi préservée de la mutinerie par la symbolique frontière du Ruanda Urundi. Dans un bar de la ville nous étions une demi-douzaine d'hommes, armés de vieux fusils et décidés à vendre chèrement notre peau pour préserver nos femmes, nos enfants et notre honneur. Un jeune garçon à l'allure sportive, le visage marqué par un collier de barbe noire, poussa la porte et nous lança un jovial « salut les gars ! ». J'eus de la peine à reconnaître en ce barbu poussiéreux, Paul Ribeaud que j'avais rencontré à Bukavu en 1951, il y avait neuf ans déjà. Dans ADIEU CONGO Paul Ribeaud apporte tout ce qu'il a vu pendant ces tragiques semaines. Il lui était impossible de faire rentrer dans ce livre tout ce qui s'est déroulé au Congo et dans les coulisses de l'O.N.U., impossible de reproduire les centaines de déclarations de politiciens africains irresponsables, impossible encore de tout raconter sur un pays grand comme l'Europe Occidentale. Mais il a écrit l'essentiel. Le lecteur y verra se dérouler le film du naufrage congolais. La nationalité française de l'auteur lui a peut-être permis de réussir là où un Belge aurait échoué : observer d'un oeil impartial les principaux acteurs belges et congolais de cette tragédie. Envoyé de Paris Match et seul reporter de la presse mondiale à avoir parcouru l'ensemble du Congo dès le début de la mutinerie de la Force Publique, Paul Ribeaud risqua plus d'une fois sa vie pour nous rapporter ce récit et ces photographies. Au nom de mes compatriotes belges du Congo, je lui dis bravo et merci ! J. Hurner.

  • Au mois de juin 1964, la situation est catastrophique au Congo, la rébellion a gagné les trois cinquièmes du territoire national. Plus rien ne semble pouvoir l'arrêter. C'est alors que les plus hautes autorités congolaises demandent à Moïse Tshombe, qui vit en Europe depuis un an, de rentrer au pays "pour tenter quelque chose". Seul, il a gardé suffisamment d'influence sur les masses pour pouvoir arrêter ce raz de marée. Nommé premier ministre, Moïse Tshombe s'efforce de rétablir l'ordre dans tout le pays, de relancer l'économie durement touchée par les troubles, de rétablir le prestige du Congo à l'étranger et aussi d'organiser le nouveau régime prévu par la loi fondamentale de Luluabourg. Après plusieurs mois d'efforts, l'essentiel est sauvé. Mais la peur de la rébellion disparue, les divisions reviennent. Les politiciens, qui avaient à l'heure du péril oublié leurs vaines querelles, relèvent la tête et les intrigues reprennent contre l'homme au pouvoir. Elles aboutiront à la destitution du premier ministre, proclamée illégalement le 14 octobre 1965 par le président Kasa-Vubu.

  • On retrouve dans ce livre la verve et l'humour qui faisaient déjà le charme de Mes mille et une voitures et de Mes dix mille cerfs-volants. Gabriel Voisin évoque cette fois les péripéties de son enfance, alors qu'en compagnie de son frère il découvrait les plaisirs de la chasse et l'ivresse de la liberté, au cours des vacances que les deux garçons passaient dans la campagne lyonnaise. Armés d'arcs et de flèches, puis d'un fusil rudimentaire de leur fabrication, ces deux braconniers en herbe mènent la vie dure aux étourneaux, aux corneilles et aux canards, non sans connaître de pittoresques mésaventures. Plus tard, ce sera la chasse en « voiture » en Seine-et-Oise et même certaine expédition en Égypte... Toutes ces aventures savoureuses sont contées avec humour, pour notre plaisir et celui de leur nostalgique narrateur : nous sommes un peu ici dans l'univers enchanté et pittoresque de Raboliot, de la Guerre des boutons ou de Tom Sawyer. Mais on voit naître aussi et prendre corps chez le futur constructeur de voitures et d'avions la vocation de l'ingénieur qu'il deviendra, et ce n'est pas le moindre attrait de ce livre qui, en même temps que l'évocation d'une jeunesse turbulente, nous apparaît ainsi comme le récit d'un « apprentissage » du métier d'homme.

  • Les écrivains célèbres, comme tant d'autres personnalités livrées à la curiosité des foules, constituent bien souvent des "cas". Soit qu'on les comprenne mal, soit qu'ils aient une légende, ils sont l'objet de critiques ou de reproches auxquels il leur est impossible de répondre. Au contraire, si l'on réunit leur "dossier", ils ne demandent qu'à se justifier, quitte à fournir eux-mêmes des éléments à "l'accusation". C'est ce rôle de procureur et de complice qu'a voulu jouer Gilbert Ganne dans ces "minutes de vérité" qui lui ont assuré, parallèlement à sa réputation de romancier et d'essayiste, une place unique dans le journalisme littéraire. Dans une préface révélatrice, il nous livre d'ailleurs sa méthode et nous explique son exigence face à ses interlocuteurs, de telle sorte que ses interviews s'apparentent à une recherche qui dépasse largement l'information et se hausse au niveau d'un genre littéraire. Pour qui sonne la minute de vérité ? Pour douze célébrités qui s'appellent Roland Dorgelès, Michel de Saint Pierre, Jacques Laurent, Jean Giono, Marcel Jouhandeau, Jean Mistler, Virgil C. Gheorghiu, Maurice Druon, Pierre de Boisdeffre, Jean Vilar, Jean-Christophe Averty et un disparu, le général Gamelin, dont les déclarations imprévues constituent un document exceptionnel. Douze personnalités prises sur le vif et dont les propos ont un accent inimitable : celui de la vérité.

  • Les night-clubs, les boîtes de strip-tease, les clubs nudistes, le Lido, les salles de garde, la p.j., les prostituées, les clochards, les suicidés, les cliniques d'accouchement... ou d'avortement, les taxis de nuit, les accidents d'automobile, les ivrognes, la brigade fluviale, les fugues des adolescents, les rondes de la brigade des agressions, le catch, les halles, les trafiquants de femmes, la morgue, les abattoirs, les chiffonniers, les maisons de rendez-vous, la police privée, les dancings, les soirées de Lipp, les habitués du fiacre, la salle Cusco, le bois de Boulogne et ses promeneurs solitaires.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Vatican II. L'Église va-t-elle revenir à ses origines ? Retour aux sources ? Jean Grandmougin s'écarte de la politique - s'occupe-t-il de la politique du ciel ? - afin de proposer aux chrétiens et à ceux qui ne le sont pas une expérience qu'il lui est advenu de faire du temps qu'il s'initiait à la philosophie. Ignorant tout catéchisme et toute théologie, il a abordé les Évangiles avec ce qu'il croit avoir été un oeil neuf. Sans déformation ni truchement. Fût-elle inorthodoxe, il nous restitue l'image qu'il a reçue alors de Jésus dans l'espoir, sinon qu'elle contribuera à une rénovation de l'Église - ce serait prétentieux - mais qu'elle hâtera une maturation. A-t-il tort ou raison ? Jean Grandmougin n'a pas la vanité de parler en théologien. La preuve en est qu'il mêle à son argument des poèmes qu'il écrivit, à la même époque, pour jalonner son itinéraire spirituel. Un nouveau Grandmougin ? Un Grandmougin poète ? Un homme vu sous un jour, en tout cas, que personne ne prévoyait.

  • Est-ce le livre le plus humoristique de l'année ? Jean Grandmougin, dont les éditoriaux sont écoutés deux fois par jour par les millions d'auditeurs de Radio-Luxembourg, s'essaie, pour une fois, au comique. Il nous raconte l'histoire imaginaire d'un plombier qui dépose son bilan et se présente aux élections. Élu, il devient par une série de gags - car toutes les bévues qu'il commet sont transformées en exploits par les journaux - le plus mirifique des chefs de gouvernement, le grand homme de la France, avant d'entrer, couronnement d'une carrière désopilante, à l'Élysée. Le livre est irrésistible d'un bout à l'autre. En riant, Jean Grandmougin fait la satire de nos moeurs politiques, de leur verbiage. Il ridiculise la logomachie. Seuls, ceux qui s'y trouvent caricaturés risquent d'en rire plutôt jaune. Noenoeil nous apporte un Jean Grandmougin pince-sans-rire en train de se gausser d'une politique dont il démasque sans pitié les faux-semblants. Chaque page dégonfle une baudruche.

  • Manifeste pour une génération. Tel est le titre que Jean Grandmougin avait envisagé de donner d'abord à ce livre. Il a craint qu'il ne fût prétentieux et il aurait choisi "Bifur" - en souvenir de ce disque, le long des voies de chemin de fer, qui indiquait jadis une bifurcation - si ce rappel du passé n'avait été contre-indiqué pour un livre qui traite de l'avenir. Car il n'est question que de cela. Le monde change comme il n'avait jamais changé. Sous nos yeux, les événements s'accélèrent. Le monde tourne de plus en plus vite. Qu'allons-nous devenir si nous ne comprenons pas assez tôt ? Le plus grave est qu'avec la bombe H nous avons le feu de Dieu entre les mains. Serons-nous assez aberrants pour faire sauter la planète ? Trop de nos hommes d'État sont d'un autre temps. Sommes-nous sûrs qu'ils sont à la hauteur d'une époque qui n'a pas de précédent ? Les vieilles méthodes de gouvernement ne sont-elles pas périmées ? A grands traits, Jean Grandmougin brosse un tableau de cette situation. Il nous donne des orientations, des conseils. Il nous exhorte à vivre autrement. Sa conclusion ? Nous n'avons que vingt-cinq ans pour changer de tête.

  • Qu'est-ce que le rêve peut nous apprendre sur la sexualité ? Comment définir la sexualité éclairée par le rêve ? Telles sont les deux questions qui dirigent toute l'étude de Raymond de Becker. Ainsi il est naturel qu'une telle investigation débute sur un mode historique, car l'histoire de la sexualité dans les rêves est capable de fournir d'importantes données à la fois ethnographiques, sociologiques et psychologiques. Des clefs des songes et des traités médicaux qui en Égypte, à Babylone, à Ninive, aux Indes fournirent les premières interprétations, aux traités oniriques arabes et aux analyses de Freud, c'est toute une évolution du matériel d'images, toute une évolution aussi de la nature même des interdits et des névroses qui se traduisent dans le rêve. Partant d'une nature polysexuelle la civilisation a souvent été une marche vers la monosexualité, mais elle implique un jugement moral sur lequel la science n'a pas à se prononcer, estime Raymond de Becker. Le rêve n'a pas à diriger la vie, mais le rêve, selon lui, est un transformateur d'énergie. Et l'auteur s'attache à montrer combien le rêve charrie de fragments d'initiations perdues et suggère le chemin qui, de la multiplicité des amours, peut conduire à l'Amour absolu.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Simple et pourtant fabuleuse, telle fut la destinée de Sidney Bechet. Son histoire, telle que la relate fidèlement ce livre, ressemble assez - du moins en son début - à celle des grands musiciens noirs de la Nouvelle-Orléans, qui donnèrent à l'aube de ce siècle la première impulsion à la grande aventure musicale appelée jazz. De sa jeunesse bercée au rythme des orchestres de rue, de sa vocation précoce et irrésistible, de ses premières rencontres avec les maîtres de l'époque, de cette vie louisianaise âpre mais aussi joyeuse et colorée, Sidney Bechet gardait mille souvenirs pittoresques qu'il a su évoquer pour nous, et qui sont consignés ici. Les Parisiens lui firent en 1925 un accueil chaleureux, quand il fut présenté avec Joséphine Baker dans la Revue Nègre au Théâtre des Champs-Élysées. Beaucoup de lecteurs se souviendront de leur jeunesse au récit de ce spectacle, dont le succès fut sans doute pour Sidney une invitation à choisir la France comme seconde patrie. Ce prince du jazz, à la fin de la deuxième guerre mondiale, était un musicien estimé. La gloire pourtant, ne lui avait pas encore souri comme à Louis Armstrong ; certes, Sidney avait une classe comparable à celle du Roi du Jazz, mais il fallut qu'il se fixe en France pour qu'on assiste à son accession à la popularité. Sans altérer la tradition musicale de l'art négro-américain, Bechet réussit à conquérir un immense public, qui fut sensible au discours volubile et envoûtant de son saxophone soprano. Le miracle accompli par Sidney, ce "Tzigane du jazz" comme l'a nommé Frank Ténot, c'est d'avoir rendue accessible à des gens de tous âges, de toutes conditions, la vraie langue du jazz réputée (à tort) compréhensible pour les seuls amateurs avertis. Un Français comme les autres, aimant jouer avec son fils, soigner son jardin et cuisiner pour ses amis, tel fut Bechet au crépuscule de sa vie, et tel le dépeint cet ouvrage. Ambassadeur chargé d'années et pourtant infatigable, il quittait son pavillon de banlieue pour aller enregistrer son millionième disque ou pour aller jouer dans les plus petites villes de notre pays. Lorsqu'il est mort le 14 Mai 1959, chacun de nous a perdu un ami simple et attachant, à la mémoire duquel ce livre est un hommage. Tous ceux qui ont aimé Sidney Bechet, homme de grand coeur et artiste brillant, trouveront dans ces lignes qui retracent la passionnante histoire de sa carrière, le reflet de son sourire malicieux et fascinant.

  • Trente ans de chiffons ! Trente ans de vie parisienne ! Raymond Corot, figure bien connue du Tout-Paris, nous raconte sur le ton de la confidence l'histoire de son étonnante carrière. Ce livre est aussi celui de l'amitié ; l'auteur salue au passage les plus grandes personnalités des arts et des affaires, rencontrées au cours de ces années. Du jeune vendeur des Grands Boulevards au propriétaire de l'important magasin des Champs-Élysées, il y a des mètres et des mètres de tissus, d'anecdotes et de rencontres que Corot nous livre avec la plus charmante simplicité tandis qu'en arrière-plan défilent Megève, Cannes, Deauville, New-York...

  • Jean Grandmougin n'existe pas. Pour les Français qui se portent deux fois par jour à l'écoute de ses éditoriaux, il n'a pas d'opinion. On n'écoute pas Jean Grandmougin, mais l'art qu'il a d'exposer les idées des autres et le cours des événements. Que pense-t-il en son for intérieur ? Pour écrire Diagnostic de la France, Jean Grandmougin a rompu délibérément avec son personnage. Il a composé un livre, qu'il n'a pas voulu objectif, où il a tracé quelques croquis, d'une facture toute personnelle, sur l'état de la France, sa mentalité, son orientation. A grands traits il suggère le conflit de conscience des Français. Par contraste avec l'homme du micro, il joue de la satire, de la caricature. Son style devient caustique, ironique, cinglant. Jean Grandmougin écrit comme il ne parle surtout pas. Il laisse percer des appréhensions, des passions, une violence presque qui sont à l'opposé de sa gymnastique radiophonique quotidienne. Un homme apparaît derrière le masque impassible du célèbre éditorialiste, de Radio-Luxembourg.

  • Quelle est cette rébellion congolaise qui a provoqué un fabuleux imbroglio où se mêlent la politique, la diplomatie, la sorcellerie, tout cela planant sur une guerre horrible ? Pourquoi les massacres des blancs et des noirs ? Pourquoi les mercenaires ? Pourquoi Tshombé ? C'est tout le drame congolais que ces pages essaient d'expliquer. L'auteur, reporter du quotidien bruxellois La Libre Belgique, suit de près l'actualité congolaise depuis 1958. Il a interviewé les principaux acteurs du drame congolais, il a suivi Tshombé au Caire. et dans ses tournées à l'intérieur du Congo, et, en novembre 1964, il est monté sur Stanleyville avec la 5e brigade mécanisée de l'armée congolaise.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le Grand Combat du XV de France, roman de pack et d'épée dédié à Lucien Mias et à ses conquérants, ne racontait pas seulement ce qui s'est passé entre Springboks et Français en Afrique du Sud en 1958. C'était aussi, première chronique du rugby en librairie, le livre de l'amitié, du courage, de l'espérance jamais découragée et d'une fierté qui montait très haut. Dix ans exactement ont passé : dix ans de rugby, de victoires et de défaites, avec ses héros disparus et ses amis perdus. "Les grandes équipes ne meurent jamais", aime répéter Denis Lalanne qui le tient de Wilson Whineray, le plus grand des capitaines néo-zélandais. Après La Mêlée Fantastique, La Peau des Springboks et, écrit en collaboration avec Henri Garcia, Quinze Coqs en colère, voici Ce bleu des maillots et des guerres qui dit ce qui s'est passé entre All Blacks et Français en Nouvelle-Zélande en 1968. Et bien d'autres choses encore car, si les grandes équipes ne meurent jamais, c'est évidemment qu'il leur arrive de renaître.

  • Ce livre constitue une synthèse survolant les siècles, de Ramsès II à Ferhat Abbas, replaçant ainsi dans leur perspective les événements du passé jusqu'à ceux de l'actualité la plus brûlante. Après avoir été façonnée par les Phéniciens, les Grecs, les Romains, la Méditerranée est devenue le berceau de la civilisation chrétienne. Ce n'est pas par hasard que le Christ est né sur ses rives, au carrefour des trois continents qui ont peuplé le reste de la planète. C'est en grande partie par la mer que l'Évangile s'est répandu. Au début du VIIe siècle, tous les États entourant la Méditerranée étaient chrétiens. A cet ensemble harmonieux, une civilisation extra-méditerranéenne, l'Islam, a porté un coup dont les conséquences ne sont pas épuisées. Successivement, les Arabes pendant sept siècles, les Turcs pendant cinq autres ont essayé de conquérir et de dominer les rives de la « mer Intérieure ». L'occident s'est trouvé en état de légitime défense. Aujourd'hui, l'expansion musulmane s'exprime par la voie des nationalismes arabes que nous-mêmes avons suscités. « L'Histoire de la Méditerranée » nous fait assister aux péripéties politiques et stratégiques de cette lutte dramatique, jusqu'aux ébranlements les plus récents du Proche Orient et du Maghreb.

  • Comment se peut-il que le portrait de Mao ait surgi dans le Cour de la Sorbonne, c'est-à-dire que, pour la première fois dans l'Histoire, une partie de l'élite du monde libre puise son inspiration dans une révolte contre la culture déchaînée à Pékin ? Comment se peut-il que, pour la première fois dans l'Histoire, par les oeuvres de Pékin, la guérilla urbaine et tout son cortège de pré-terreur fassent leur entrée dans les villes les plus policées d'Occident ? Comment se peut-il que, pour la première fois dans l'Histoire, une fourmilière d'agents aux yeux bridés sillonne et angoisse les continents les plus lointains ? Pour la première fois dans la littérature politique, Suzanne Labin, dans son dernier ouvrage : Le petit livre rouge arme de guerre, apporte une réponse complète à ces questions et rend compte d'un phénomène qui est peut-être l'un des plus étonnants d'une époque pourtant fertile en surprises. L'auteur, spécialiste internationalement réputée du communisme démonte avec mæstria et décrit avec brio les fils de l'immense toile qui a permis à Mao Tsé-toung, le "Pharaon-Émeutier", de déchaîner ou d'attiser des troubles dans tous les coins du monde en recourant à "l'hallucination intellectuelle de la révolution totale", à l'usage diabolique des ambassades, des restaurants, des agences de presse comme véhicules de sa subversion, à une fantastique réseau d'"écoles de la violence". L'auteur jette une vive lumière sur les traits qui distinguent l'entreprise chinoise de sa devancière soviétique : le trafic de la drogue, le rôle des écoliers si dramatiquement illustré en mai 1968 à Paris, le recours, comme nouvelle vague révolutionnaire, aux jouvenceaux physiquement disponibles, socialement irresponsables intellectuellement grisés, le caractère professionnel et téléguidé - avoué par Che Guevara - de la nouvelle guérilla qui s'étend désormais des brousses et des montagnes aux villes les plus modernes et dont Suzanne Labin offre la première analyse exhaustive.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Le nouveau livre de Claude Popelin "La Corrida vue des coulisses" a la valeur d'un témoignage assez unique sur le monde de la Tauromachie. Introduit dès sa jeunesse dans le milieu des éleveurs et des toreros, pratiquant en amateur l'art du "toreo", l'auteur était mieux placé que quiconque pour commenter la réalité d'une tradition millénaire, dont l'actualité ne se dément point. Mêlant les souvenirs vécus aux enseignements que lui a valus son expérience passionnante, il éclaire les problèmes techniques, analyse les instincts des taureaux sur lesquels butent souvent les spectateurs, surprend dans leur intimité les artistes de l'arène les plus réputés. Cela l'amène à conduire son lecteur au coeur de l'Espagne, du Mexique et du Midi de la France, partout où s'entretient la coutume populaire, dont le spectacle de la corrida est l'expression publique. Il lui permet ainsi de mieux connaître ce dernier et, si le coeur lui en dit, de le mieux goûter. S'adressant au néophyte, il pense aussi à enrichir les connaissances de "l'aficionado" déjà accompli, tout en soulignant l'émotion caractéristique d'une lutte dans laquelle l'homme, avant de songer à vaincre un périlleux adversaire, doit nécessairement triompher des faiblesses inhérentes à sa nature de mortel.

  • A l'automne de la guerre d'Algérie, un journaliste revenait à Cherbourg après avoir été rappelé pendant un an comme officier de réserve. Au retour de cette expérience, où il avait appris dans un commando de chasse à connaître "ce couple divin, le courage et la peur", il trouva dans La Comédie de Charleroi une fraternelle résonance qui le poussa à relire toute l'oeuvre de Drieu La Rochelle. Pourtant, Jean Mabire avait tout juste dix-huit ans quand Drieu s'était suicidé une nuit de mars 1945 et il n'avait jamais rencontré l'auteur de Gilles. Mais depuis qu'on ne parlait plus de Drieu - qu'on ne devait plus parler de Drieu - le visage et la pensée de cet écrivain maudit attiraient avec une force étrange ce garçon d'une autre génération qui trouvait une âme de Viking à ce frère perdu. Pendant de longs mois, Jean Mabire a relu tous les livres et tous les articles de Drieu, s'attachant surtout aux textes les moins susceptibles d'être quelque jour réédités. L'engagement politique avait-il tué un écrivain ou révélé un homme ? Le message du Jeune Européen peut-il encore se déchiffrer ? Drieu garde-t-il sa place parmi nous ? Autant de questions auxquelles ce livre veut répondre. Près de vingt ans après la mort de Drieu, il fallait lui rendre la parole. Non pas pour qu'il plaide sa cause. Elle appartient irrémédiablement à une autre génération. Mais pour que le premier (et le dernier peut-être) Français d'Europe continue ce dialogue avec la jeunesse qui fut l'ambition de toute une vie, volontairement arrêtée à la cinquantaine, pour rester fidèle à ce que le fantassin de Charleroi avait été "au plein de son âge". "Drieu parmi nous", quel que soit le sceau du temps marquant certains gestes et certaines phrases de Drieu, n'est pas un livre historique. C'est un livre contemporain. Car Jean Mabire ne prétend pas justifier le passé de Drieu La Rochelle, mais inaugurer son avenir.

  • Le Commandant Jacques Abtey et le Fregattenkapitän Dr Fritz Unterberg-Gibhardt ont servi l'un et l'autre leur pays, avant la guerre et dans la guerre. Leur mission était exactement opposée, comme deux pièces identiques dans un jeu d'échec. Ils faisaient tous les deux partie du service de contre-espionnage. La mission de l'un consistait à envoyer des "agents" en France et la mission de l'autre consistait à découvrir et à neutraliser ces agents. Réciproquement, le Commandant Abtey avait des correspondants en Allemagne, dont s'occupait le Dr Fritz Unterberg-Gibhardt. Maintenant ils parlent de leurs combats, de leurs succès ou de leurs échecs, avec une liberté entière. L'action de ce livre se déroule sur une péniche qui descend le Rhin, dans un hôtel d'Anvers, à bord d'un croiseur ancré à Toulon, dans les bureaux de l'Ambassade d'Allemagne, aux abords d'un terrain d'aviation de Metz. On y trouvera comment et pourquoi un officier de la marine française accepta de livrer le "code" de la marine aux agents de l'Allemagne ; on y découvrira comment un soldat du Train des Équipages pouvait avoir communication de la critique des manoeuvres de l'arme blindée. Les drames de l'occupation sont évoqués avec force par les deux anciens adversaires. Ce n'est pas sans émotion que le lecteur français revivra la fin du "réseau interallié" vue du côté de l'Abwehr et s'interrogera sur la personnalité de la "Chatte". La silhouette mal connue, encore recouverte d'ombres, de l'Amiral Canaris, Chef du contre-espionnage allemand, domine la dernière partie de ce recueil. Les agents secrets - les vrais - ne sont pas des James Bond. La vérité est souvent beaucoup plus simple que se l'imaginent les romanciers : plus simple et plus incroyable.

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